entre 2 mars

18 mars 2020

Revenons sur mon dernier séjour à Tulle, j’étais tellement occupée que c’était silence radio !

Aller vendredi 6 mars, raté ma correspondance à Toulouse (10 min entre 2 trains dont l’intercités qui vient de Marseille et qui est souvent en retard….), mais outre travailler dans le train, c’était aussi l’occasion de lire les 3 livres que j’avais commandés aux éditions Sombres torrents, dont le livre découvert à Tournai dans la bibliothèque de Camille :



J’ai la flemme de photographier quelques pages du livre, juste les titres des chapîtres pour vous donner l’eau à la bouche :
Dormir dans l’eau / Tenir dans l’espace / Envol textile / Light and colorful / Dansables / Le velouté des fleurs / Le paradigme du tapis / Comme sur des roulettes / Circulations chromatiques, entre le soleil et la nuit qui glisse / Move it, move it

& aussi ce petit livre, bien que je ne connaisse pas le travail de Thomas Salvador, mais le titre et le résumé m’avaient fait envie.

& après l’avoir lu, je l’ai donné à Federico, que ça pourrait interesser..!

Car Federico Rossin présentait l’œuvre documentaire d’Eric Rohmer (né à Tulle il y a 100 ans)

& puis, c’est extra, on peut voir la plupart de ces documentaires sur le site de Gallica
et spécialement ces 2 là qui m’ont enchantée (chacun ses goûts)
celui sur Victor Hugo à Jersey

et celui sur Mallarmé et le style

portrait par Manet ou Nadar…

& le lundi 9, on attaquait notre semaine du Printemps des poètes

Avec Dominique, on prend la navette de 11h35 à la gare, avec une provision de textes et de bonne humeur

Il n’y a pas foule, le chauffeur n’est pas au courant mais partant pour l’aventure, et il éteint sa radio, les passagers écoutent, ou pas, une dame préfère téléphoner, mais on ne s’arrête pas pour autant de lire (un peu plus fort). Dominique, qui a oublié son téléphone avec sa chanson enregistrée, chante gaiement à la place d’Henri Salvador entre 2 poèmes de Vian. On descend du bus, après le tour complet de la ville, enchantées, et le chauffeur aussi est content!

Mardi, même chose avec Serge, qui remplace, un peu inquiet de n’avoir jamais lu en public, les absent.e.s de l’atelier d’écriture. Il a choisi des textes qu’il aimait bien, dont un de Armand Gatti qui n’a pas l’air de plaire à une dame (trop politique ?)
C’est la navette plus vieille et plus bruyante qui nous emmène. Un couple de gros handicapés monte en cours de route et parlent extrêmement fort, écoutant quand même d’une oreille et disant c’est beau, plus calmes en fin de trajet. On n’est pas mécontents d’arriver de nouveau à la gare après notre périple qui nous a demandé de l’énergie…

 

Mercredi, avec Sylviane,

qui me fait découvrir (puisque je suis aussi voyageuse!) de superbes textes de Claude Ponti, que je m’empresse ensuite de commander à la librairie.
Un monsieur un peu simplet qui traine souvent en centre ville prend la navette, et au début refuse d’écouter et de s’assoir, en disant que la télé, ça suffit..! Puis il se calme et s’assoit à côté de moi, écoute, apprécie certains textes plutôt que d’autres, fait signe aux gens de se taire et d’écouter.
Le chauffeur est jovial, qui apprécie la pêche et nous demande des textes qui parlent d’animaux, il prévient en chuchotant tous les gens qui montent dans le bus : aujourd’hui, chut, il y a une lecture de poésie!
Il suggère aussi que ça ait lieu à d’autres moments dans l’année… pourquoi pas ?

Pour le chauffeur  (Cali) :

Jeudi, personne de l’atelier pour m’accompagner, alors je fais grève (mais je bosse comme une damnée!)

Vendredi, c’est Sylvie, après une réunion spécial Coronavirus à la mairie où elle est adjointe aux Affaires Sociales et Solidarités.
On rate la navette de 11h35, alors on prend celle de 12h05 après une pause au soleil sur un banc… Au milieu jusqu’à la fin du parcours, nous ne sommes plus que 3 avec le chauffeur, c’est l’occasion d’écouter l’extrait de roman qu’elle nous lit, et comme elle n’a pas finit le chapitre, elle me lit la dernière page en descendant du bus (car je veux savoir la fin!!)

& ça m’a donné faim, et comme il y a du soleil (alleluia!), j’attends David à La Régalade, où, quand le monde retournera (en) rond, vous pouvez aller car c’est bon, sympa, pas cher !

Fin de l’épisode lectures toute la semaine dans la navette du centre ville…!

lundi aussi, petit tour à Bram fm pour enregistrer un entretien sur ce qu’on fait pour le printemps de poètes ; le nouvel animateur prépare tout pour ne rien oublier, imprime les papiers en 2 exemplaires pour moi et lui..
Par contre, tout ce que j’ai préparé pour une émission “spéciale” (les entretiens aux secours catho et pop, les lectures de l’atelier d’écriture passeront à l’as…
(trop de boulot inconnu en perspective pour ce nouvel animateur angoissé ?)
Je suis déçue (d’autant que ça représente beaucoup de temps passé), mais déterminée à ce que ça existe quand même, autrement, ailleurs !!

Le mardi, avait lieu l’atelier d’écriture n°23 au théâtre, en écoutant Marielle Macé

Pour Marielle Macé, la cabane est une formidable invention qui puise dans l’imaginaire et les savoirs collectifs et partagés. On la retrouve partout, théâtre des jeux d’enfants ou encore espace-refuge des populations déplacées. La cabane permet la poésie et élargit notre vision de l’hospitalité. À la croisée de la littérature et des sciences sociales, Marielle Macé nous entraîne sur des chemins sensibles, en quête d’espaces intacts et réinventés dans un « monde abimé ».
Marielle Macé est directrice de recherche au CNRS. Spécialiste de littérature française, elle a publié Nos Cabanes (2019) et Sidérer, considérer (2017) aux éditions Verdier, ainsi que Styles, Critique de nos formes de vie (2016) aux éditions Gallimard. Normalienne, agrégée, docteur (Paris-IV, 2002), habilitée à diriger des recherches (EHESS, 2011), elle enseigne la littérature à l’EHESS. Elle fait partie des animateurs des revues Critique (Éditions de Minuit} et Poésie (Éditions Belin). Au sein de la revue Critique, elle a récemment coordonné un numéro spécial « Vivre dans un monde abîmé » en 2019.

Pour différentes raisons, ça aurait pu être mieux, mais ici, c’est bien
& puis aussi, en partant et parlant plus du théâtre :

Faire une cabane de pensées, une cabane à penser, comme un outil pour mieux voir et comprendre le monde, ce qui lie les éléments pour que cette endroit soit tenable ; Sylvie a bellement (sans mouton) retranscrit la rencontre :
 

Mercredi et jeudi, revoir une maquette et commencer par faire du nettoyage d’un fichier repris d’années en années par commodité(s) et qui à force contient des fantômes informatiques, et plus beaucoup de forme !

& on va pas laisser ces filles avec une forme qui n’est pas la leur (non décidée) et ignorer l’appel de la couverture !

Alors la page d’ouverture donne déjà envie d’y être ! (ou ça sera reporté….)

jeudi soir, de la poésie iranienne à la médiathèque

sauf que les poètes contemporains dont il est question ont tous plus de 80 ans et que le décor de la médiathèque ne fait pas rêver…
Mais apprendre qu’en 1896 en Iran, naît une nouvelle poésie où il n’y a plus forcément de rimes, que Lamartine a beaucoup influencé la poésie iranienne, que des petites filles qui jouent s’interpellent dans la rue par le 1er vers d’un poème très connu (je ne sais plus l’auteur)  “Mais où vas-tu si diligemment ?” et que c’est pour elle une langue naturelle…
& puis, il y avait un musicien formidable, Mohsen Fazeli, qui jouait du târ (en habits de tous les jours) :

vendredi soir à la librairie Préférences, concert-lecture en hommage au poète Pierre Peuchmaurd, avec Pierre Mainard, éditeur, (et Laurent Albarracin, qui a écrit sur son œuvre et présenté une anthologie)

Pierre  Peuchmaurd a aussi publié
le journal de Maurice Blanchard chez Patrice Thierry, réédité depuis par ?(cherchez!),
quel livre (et esprit) formidable !

 

 

Puis, aller au Lieu/lien préparer le local, mettre le chauffage pour pas qu’on se caille trop et faire vite (et bien) fait une vitrine pour le lendemain :
 
Samedi (on sera moins de cinquante, et pas tassés, pour les nouvelles normes de rassemblement en période virale)

On attend “le monde”, c’est pas le quart d’heure marseillais, c’est la demi-heure (ou plus) tulliste… Manée a mis son pantalon jaune qui fait du soleil et va bien avec l’affiche !!

A midi, débutent les lectures de Sylviane, David, qui lit un texte de Pascale, Manée, qui lit un texte de l’atelier et des poèmes de Mahmoud Darwich, et Sylvie, qui lit (en primeur pour nous tou.te.s) ce qu’elle a écrit lors de l’atelier de mardi au théâtre
(contrairement à ce que les photos laissent penser — je les prends de côté, où je suis — la salle n’est pas vide, il y a un peu de monde!!)

Vous pouvez retrouver ce que Sylvie nous a lu ici


Puis monsieur Madiane, traducteur et interprète syrien (que je suis bien contente de rencontrer), nous lit des poèmes dont celui-ci (je fais la voix française et lui lit en arabe, mais je ne sais pas toujours où nous en sommes de la lecture alternée…!) ( je l’ai enregistré, mais il vous faudra attendre un peu pour le ré-entendre…!)

Jeanne a filmé :

Puis pause et apéro dehors, mais ça caille dur.
On rentre pour la 2ème partie, où je lis mon texte énervé de l’été avec les poubelles à la mer…

Je retrouve dans l’ordi cette capture d’écran, dans le dossier :

Raphaëlle a enregistré la lecture de loin, mais ça dure 20 min, et puis, je ne sais pas trop quoi en penser, c’est à reprendre…
voilà le début :

[…]  (et ce qui a déclenché ça : )

[…]

 

& après, on a mangé des bonnes choses apportées par tou.te.s, et puis, une fois (presque )tout le monde parti, tout rangé, nettoyé.
Avant de fermer le local, j’ai passé la serpillière, une serpillière de rêve :

& puis, après cette semaine tendue de boulot, aller se promener, il fait beau et y’a pas foule, un petit tour aux jardins partagés près de la Forêt du souvenir.
En passant devant, admirer la typo sur l’ancien gymnase :

& dimanche, le train, avec peu de monde, de rares masqués. Pas de contrôleurs (ce qui me donne toujours le regret d’avoir un billet, ou de ne pas avoir pris celui d’avant, au changement à Toulouse, qui était en retard et donc à mon heure, bien que l’attente au soleil en lisant ne fut pas désagréable !)

Booming de Mika Biermann
Contente de l’avoir fini pour ouvrir cette vraiment belle découverte :

Rentrer juste à l’heure pour pouvoir voter avant 20h, voter avec des gants… (la lumière verte sur la photo tulliste fait hôpital à souhait!)

& après avoir lavé les vitres des embruns, aller cueillir dans la nuit juste 2 freesias, pour le parfum et pour le regard de la chouette…