pas de confinement pour l’écriture – 1

24 mars 2020

en attendant, comme le suggérait Leslie à la fin de l’atelier n°24, je vous envoie des « devoirs facultatifs » avant l’atelier du mardi !

C’est pas une punition, alors faites-le si vous en avez envie et le temps, et avec le sourire, car ça peut être top et ça peut faire du soleil dans les nuages du confinement…

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Atelier en rab jeudi 19 mars

Voici une page du journal de bord de La Pérouse :

& voici différentes lettres de Gaston Chaissac (prises dans différents livres de différents éditeurs, très petits ou plus gros) :

En vous inspirant de ces documents (style, ton, etc), écrivez votre journal d’un jour, et une lettre à envoyer à quelqu’un.e de l’atelier. (et à moi!)

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• Leslie m’a écrit hier lundi :
Essky ya un Natelier ce soir ?
(J’ai pas fait mes devoirs madame j’étais malade)
(je suis la seule qui a la grippe dans le covid intersidéral)

Alors oui, ça y est je confonds les jours.
Pourtant c’est pas très différent pour moi (hors tournée…)
Je me suis mis mardi en tête et après c’était foutu.
A demain
Leslie

• Manée me dit que c’est en train …
“mais en attendant je t’envoie une lettre dans la lettre ( sache d’ailleurs que j’en ai aussi commencé plusieurs que vous allez recevoir; je prends mon temps-puisque le temps de cet étrange confinement, qui à la fois s’étire et se précipite, va durer- et je me disperse avec plaisir et vertige entre jardin, rangements et lectures ); bref voici une lettre de Erri de Luca adressée à Nicoletta Dosio, enseignante de latin et de grec condamnée à un an de prison pour s’être opposée à la construction du tunnel du Val di Suza et emprisonnée depuis trois mois à Turin.
C’est aussi curieusement, avec le chant de la mésange, un écho aux sons que tu nous a envoyés pour l’atelier 25.

PS: Et à propos des mésanges, je retrouve un extrait d’une lettre de Rosa à Sonia Liebknecht du 2 mai 1917 :
« Je me sens plus chez moi dans un petit bout de jardin entourée de bourdons et de brins d’herbe que dans un congrès du Parti. A vous je
peux bien dire cela tranquillement : vous n’irez pas me soupçonner de trahir le socialisme. Vous savez bien qu’au bout du compte du compte, j’espère mourir à mon poste: dans un combat de rue ou au pénitencier.
Mais mon moi le plus profond appartient plus à mes mésanges charbonnières qu’aux camarades. »

• En recevant un mail de pub des éditions Parenthèses, je fais un lien d’épistolerie  :

 

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• Sylviane est la seule a avoir répondu aux consignes  :

 

 

Elle a écrit une lettre à Agnès et me l’a envoyée (ainsi qu’à Agnès, à qui ça a fait chaud au cœur) en fichier son.
(J’ai exploré différentes appli de retranscription pour obtenir un fichier texte… Ça aide, mais faut revenir dessus, et quid de la ponctuation !
Celle-ci (et les fautes d’orthographe et d’accords) est de mon fait, en écoutant l’enregistrement…)

Chère Agnès
Ce sont nos rencontres à l’atelier d’écriture les mardis dont j’ai la nostalgie. Ne crois pas que c’est pour les écrits que je produis. Certes j’aime m’acquitter de nos consignes et partager les mots que j’ai soigneusement  alignés.  Je m’efforce d’agiter ma plus belle plume, avec un peu de vanité; j’ai eu mes belles heures, mes beaux jours… Je ne sais pas expliquer ce que produit sur moi le glissement du stylo ou du crayon sur la feuille.
Aujourd’hui, j’ai décidé de commencer un grand ménage dans ma maison. Le printemps est là, c’est donc le ménage de printemps. Et il ne font rien oublier : le réfrigérateur, faire le tri dans les placards, laver les rideaux, …et faire les vitres, sinon les rideaux n’auront l’air de rien.
Ce soir, j’ai fait cuire des poireaux dans une grande marmite d’eau salée. Quel régal..! Les poireaux chauds en vinaigrette et le bouillon agrémenté de quelques vermicelles italiens.  Les poireaux sont le ménage de printemps des intestins et on peut le faire en toute saison.
Le temps est doux, il fait soleil, nous n’avons presque plus de chauffage. J’espère que tu te plais à Tulle ces jours-ci. Avec le confinement, il n’y a plus de circulation, ni des véhicule, ni des personnes.
La dernière fois où nous nous sommes vues, tu m’as dit envier l’endroit où j’habite. Aujourd’hui, c’est toi qui a l’avantage d’être dans une ville aux allures de campagne ; certes provisoire..!
Est-ce que tu écris pour toi ces temps-ci ? Comment passes-tu le temps dehors de ton travail ? Si tu ne travailles pas, cela ne doit pas être facile non plus de passer le temps.
Je te quitte; je veux garder du temps pour lire ce soir et il est un peu tard. C’est la première fois de ma vie que je vais me coucher sans avoir vu personne depuis 4 jours !
Bien affectueusement à toi.
Et bonne santé.
Sylviane

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& puis, pour poursuivre le ménage de printemps, Jeanne range des livres chez sa mère et retrouve des merveilles, dont ce livre sur les affiches polonaises de mise en garde au travail :


En haut à gauche, affiche Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski

 

Milieu : Papa, fais attention
(Andrzej Kowalewski)

En dessous, page de gauche :
Ce n’est pas comme ça qu’on fait le plein.

Droite :
– Tu as choisi le mauvais cheval
– Tu bois tout ton gain
– L’alcool au travail/ mauvais travail


En haut à gauche : Vérifie (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
À droite : Arrête — les doigts ne repoussent pas — presse la viande avec le poussoir
En bas à gauche : Les étourdis — épouvantails des chauffeurs
À droite : – la mort sera plus rapide (Roman Ciéslewicz)
– N’aveugle pas    – Piétons, attention

En haut à gauche : Ne pense pas à autre chose
À droite : Aie l’esprit au travail (Stanislaw Zagórski)
En bas à gauche :
– un petit verre augmente les risques d’accident au travail (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
– entrée interdite aux personnes étrangères au travail
À droite : après l’eau-de-vie — avant l’accident (Waldemar Swierzy)

En haut à gauche :
– Ne risque pas
– ne descends que comme ça
À droite milieu :
par ici le passage est plus sûr

Milieu : pas besoin de légende…
(Waldemar Swierzy)

 

En bas à gauche :
protège tes mains (Maciej Urbaniec)


En haut à gauche :
– Ne tend pas de pièges aux autres  – Protège ta santé
À droite : Ne fais pas de bruit inutilement (Maciej Urbaniec)
En bas à gauche : Ne fais pas de bruit (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
À droite : Le bruit est l’ennemi de la santé

En haut à gauche : une mauvaise chaussure blesse (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
À droite : Ne blesse ni tes mains ni les boulons – abandonne les vains espoirs (!!)
En bas à gauche :
– le coût de l’inattention
– la négligence peut vous coûter cher
– un fusible supplémentaire protègera l’installation électrique
À droite : Ne touche pas à l’installation électrique si elle est endommagée (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)


En haut à gauche : On en fume une ?
À droite :
– il voulait nettoyer ses vêtements à l’essence (Roman Ciéslewicz)
– ça a commencé par un mégot

Milieu : attention bête dangereuse (Maciej Urbaniec)

En bas à gauche :
Ne néglige pas tes égratignures
À droite :
Avec une mains comme ça, tu ne gagneras rien (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)


En haut à gauche : Fini le jeu sur la chaussée
À droite : une bouteille d’oxygène, c’est comme un bébé (Stanislaw Zagórski)
En bas à gauche : Respecte les normes de charge à porter (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
À droite : Ne transporte pas plus que ne le prévoient les normes
– Danger de mort pour celui qui transporte des charges au-dessus de ses forces. Fais-toi examiner. Va voir le médecin (Roman Ciéslewicz)


En haut à gauche :
L’essence empoisonne ton sang
À droite :
Évite les décharges. Observe les dates de révision de ton matériel

Milieu : Ton ennemi

En bas à gauche, à gauche :
– Maintenant tu peux nettoyer
En bas à droite :
Une burette appropriée pour chaque recoin (Waldemar Swierzy)


À gauche : Veille à la culture au lieu de travail (Wladislaw Przystanski-Zdzislaw Osakowski)
À droite : Moi je n’attends pas pour faire de l’ordre dans mon atelier. Fais de même (Waldemar Swierzy)

Beau, non ?! (& comme quoi le travail est dangereux..!)
Des échos dans ma bibliothèque :

et un message hier de Christine, qui confine par moment sur instagram :

bon ben, va falloir aussi ranger mon atelier pour aller y bosser (sans danger et sans oublier d’être libre malgré le confinement..!) et ranger la bibli pour retrouver des trésors..!!

Pour finir, une photo envoyée par Manée, qui conjugue affiche (une repro de Delaunay?), fleurs, céramique ,et impression textile… (au boulot….!)