des nouvelles de Saint-Pardoux

12 mai 2019

« Partout nous cherchons l’absolu, et ne trouvons jamais que des objets ». Novalis

Hier, j’ai envoyé un mail à Jean-Pierre Larroche :
« je suis en train de ranger avant de partir et prêter ma maison à un écrivain(e)…
En rangeant ce livre, je me suis demandée si tu le connaissais, question collection :
Leanne Shapton, Pièces importantes et effets personnels de la collection Lenore Doolan et Harold Morris, comprenant livres, prêt-à-porter et bijoux, traduit de l’anglais (États-Unis) par Jakuta Alikavazovic, Editions de l’Olivier, 140 p., 18 €
à tout bientôt si t’es pas mort!!  »
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Ce matin, il fait beau avant de partir à Tulle (ici, encore avec un vent à décorner les bœufs ; justement, l’expression proviendrait des navires transportant des bovins : par grosse mer et par grand vent, la force du roulis poussait les bœufs tête la première contre la paroi du navire. Sous le choc, leurs cornes se brisaient, s’arrachaient même, ce qui causait parfois leur mort…)

Jean-Pierre me répond :
« non, je ne connaissais pas
ça donne envie d’aller voir ce que fait cette mise aux enchères
la semaine j’ai fait une razzia d’objet dans les étagères de notre dépôt de décor, une sorte d’évacuation totale (une forme cousine de la vente aux enchères)
et on a rempli notre carriole avec tout ça :
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il fait super beau ce matin, j’ai remis mon projet à plus tard
bon Dimanche
JP  »

 

 


petites victoires

10 mai 2019

• une trinité du mardi, d’Andrzej Brych, vue à Arles, chez CirCa
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ailleurs, faire pousser des petits marseillais…
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Mercredi 8 mai
Manée s’insurge : « C’était un jour férié, alors j’ai réussi enfin à faire mes devoirs ( une partie ! ) rageant en ce jour de célébration de la fin du nazisme de trouver si peu d’allusion à l’autre 8 mai, celui du massacre d’algériens à Setif, Guelma et Kherrata par l’armée de la France des droits de l’homme… »
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Je prends le bateau de midi pour aller bosser (grand luxe de certains transports en commun!), temps gris-vent-froid, peu de touristes.
Justement, en arrivant au port, on croise un ferry qui part vers l’Algérie, de loin qui devient parallélépipède flottant.
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En réponse à Manée, une fête à Neuneu est organisée sous l’ombrière du vieux port, pas très loin du quartier arabe-en-centre-ville-qu’on-voudrait-bien-qu’il-dégage !
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Depuis le temps que Christine me tanne pour que je réimprime des affiches épuisées, c’est l’occasion en ce jour d’en faire de nouvelles versions, qui font mal aux yeux !
& puis, des affiches de légumes, c’est bien pour le Lieu/lien !

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Jeudi, c’est la limite-temps pour envoyer à PEC par la poste ma machine à badges (+ des autocollants), qui servira mardi prochain avec les restos du cœur ! J’avais pas envie de porter presque 5 kg en + dans ma valise mais j’ai un peu trop laissé trainer..!
(Quant à ma grande listes de choses à faire depuis que je suis revenue de Tulle, j’ai délibérément ignoré toutes les choses emmerdantes..!)
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Je suis contente de revoir Alain Roger de passage à l’atelier, en belle forme. Faire une halte à Carcassonne direction Fraïssé, lors d’un voyage Marseille-Tulle?
« 21 petits monuments », voilà un bel intitulé !

Bon, faut rattraper des retards : aujourd’hui, 3ème affiche… (ça donne envie de poursuivre la série!)
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Avant (la seule qui me reste, affichée sur le placard de la cuisine, photographiée le matin pour la refaire..!) / Après… avec un texte couleur aubergine, paradis plus sombre mais radis plus gai!..!
Même pas sèches, j’en ai mis quelques unes dans mon carton à dessin pour la Corrèze..! Le début d’une collec’ …
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Comme le vase de Manée, toujours renouvelé et adapté au décor!! Faudrait que je pense aussi à faire des affiches de fleurs, les expressions de manquent pas!
Ailleurs, l’herbe est + verte ou + rase, comme les photos de Corinne des monts d’Arrée, que je ne connaissais pas, pour me persuader que la Bretagne intérieure est pas mal aussi (je sens la manœuvre..!)
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Sauf qu’on peut pas rentrer du boulot en bateau, hein..! Entre 2 espaces temps…
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Vendredi,un mail de rappel au réveil :
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je regarde mon emploi du temps déjà bien rempli, et à remplir encore..! Faut commencer à préparer certains ateliers, penser aussi au mois de juin…
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Gaëlle m’appelle avant que je ne le fasse, rdv lundi aprem, elle me dit de prendre un pull et des bottes, faut que j’emmène du soleil avec moi..!!
Pour Jean-Pierre aussi, ça semble urgent, avant samedi prochain :
JP
& puis, je reçois la newsletter de l’ENSA Limoges, avec entre autre ça , si jamais vous êtes par là:
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En regardant le programme, c’est pour moi l’occasion de découvrir ce boulot et son site où bon aller voir partout!

 


après la tempête

7 mai 2019

Qui sème le vent récolte la tempête ;
qui essuie la tempête en récolte le sel…
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• Un message de Manée, où il ne nous reste plus qu’à imaginer le parfum enivrant de cet extrême bouquet : « Avant de commencer enfin mes exercices je suis allée cueillir les narcisses que ton pot attendait… »
Où je suis bien fière d’avoir fait ce pot pour cet accompagnement!!
Qui donne envie de se transformer en papillon pour goûter de près ces petites corolles et frôler des ailes tous ces pétales-ailes blanches !
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Allez, un petit coup de mythe, avec Caravage
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« C’est pourquoi j’ai l’habitude de dire à mes amis que l’inventeur de la peinture, selon la formule des poètes, a du être ce Narcisse qui fut changé en fleur, car, s’il est vrai que la peinture est la fleur de tous les arts, alors la fable de Narcisse convient parfaitement à la peinture. La peinture est-elle autre chose que l’art d’embrasser la surface d’une fontaine ? ».
Leon Battista ALBERTI, De Pictura (1435)

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et pour ne pas oublier les arts « décoratifs », cet incroyable camée sur agate à plusieurs couches, de Georges Lemaire, « La mort de Narcisse », 1895, H. 8,1 ; L. 10,3 ; P. 1,0 cm (musée d’Orsay)

et puis bien sûr, pour revenir à Caravage et à Derek Jarman :


atelier d’écriture du lundi n° 10

6 mai 2019

Atelier 10, LE GAI LOGIS
20190505_114217Dans la nuit de samedi à dimanche, pour arriver à dormir dans la tempête,je pensais entre autre à l’abbaye de Conques.

20190505_144706Hier aprem, pour échapper à la tempête, je suis allée à Aix-en-Provence avec un ami voir une expo d’art contemporain. Qui était fermée à cause du vent (je suppose) car le bâtiment est dans un parc.
Du coup, pour contrer cette déception, Thomas m’a emmené sur les hauteurs d’Aix voir la maison de sa grand-mère, qui est pour lui un lieu fondateur.
Nous avons vu Le Gai logis (c’est le nom de cette maison!) de l’extérieur et à travers la végétation, mais il était content de retrouver cet endroit qui a peu changé, avec tous les arbres qu’avaient plantés son grand-père.

Puis nous avons été au musée Granet, sans grand enthousiasme au départ, mais on y a découvert quelques belles œuvres, et retrouvé d’autres.
Pour Thomas, le tableau de Cézanne Les Baigneuses , que sa grand-mère aimait particulièrement, poursuivait ce pèlerinage.

Nous avons tou.te.s ces lieux fondateurs à fort enracinement, qu’on nous a « donné » enfant ou que l’on s’est constitué adulte, qui nous posent, nous constituent des racines, peuvent nous servir de « doudou » ou de « grigri » dans la tempête…

Dans la préface du livre d’Annie Dillard, Pèlerinage à Tinker Creek, Brice Matthieussent écrit :
« Annie Dillard retourne sans relâche sur les lieux ou un infime miracle langagier s’est produit pour elle seule, à l’insu du reste du monde, vers ces carrefours secrets où l’éternité s’est incarnée dans le temps. Le langage, l’écriture, serait alors le seul moyen de communiquer à tous le plus intime, le plus secret, ce qu’Annie Dillard appelle la grâce ou la beauté, ce que Georges Bataille nommait quant à lui le sacré. On voit donc que le divinité d’Annie Dillard s’apparente davantage à celle de sainte Thérèse ou des mystiques qu’à l’image d’une religion instituée : le texte fondateur et son expérience vécue, non pas sa fossilisation en rituels, que l’humour ravageur de notre auteur ridiculise volontiers… »
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Dans Histoires de peintures, Daniel Arase écrit :
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Balzac, qui s’est beaucoup intéressé aux vêtements à travers ses personnages,  écrit :
20190506_101102 rejoignant là le Manteau Demeure, d’Etienne Martin.

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Au boulot ! :
Racontez, décrivez, analysez,…, (en adaptant si possible le style d’écriture à chaque sujet), ces GAIS LOGIS qui participent à/de votre vie, à travers :

1 — une maison,

• Agnès :
Il est un château en Corrèze. Non, pas le rose d’Aragon, pas celui de Peyramaure. Un château qui fait parti de l’histoire de famille. Comme un château en Espagne. Comme une vantardise, une légende, un conte lu aux veillées. Ou bien comme une protubérance…. « Mon château », c’est bien le nom que lui donne ma mère.
C’est au château que travailla mon arrière grand-mère. Cuisinière. Au service des DB. Une belle demeure, sobre malgré ses deux tours, son élégant perron de pierres. Un jardin entretenu, sage et millimétré, sans fioritures extravagantes. Les propriétaires ? « Des gens respectables ! Des gens bienveillants ». Leurs enfants, ils venaient, comme une récompense, s’attabler pour quatre heures à même la table de la cuisine. La table des petites gens. Les tartines joufflues et débordantes de confitures maison, englouties avec sourires et délices. Une seule fois, alors qu’elle était venue chercher sa grand-mère, ma mère, enfant, eu la permission de visite. Et c’est là je crois le cœur de l’histoire. Dans le grand hall, un immense escalier de pierres à double voies – Elle ne l’a, dans sa mémoire, gardé que démesuré. Vision d’enfant. En rapport avec sa maison à elle, avec toutes les autres maisons qu’elle connaissait. Ces petites maisons de pierres, où tout ou presque se résumait à cette humble pièce de vie, mais aussi quelquefois de sommeil. Sombres souvent. Sobres, toujours – Aux murs accompagnant les marches, les portraits peints des aïeux. Démesurés, endimanchés et solennels. Bien trop figés, bien trop sérieux aux yeux de cette enfant. Si sérieux qu’encore aujourd’hui, à presque 92 ans, quand parfois ma mère puise une fois encore au creux de sa mémoire ces souvenirs inoubliables d’enfant et nous en conte l’histoire, on peut lire dans ces yeux un peu de cette peur qu’elle ressentie alors. De cette peur, mais aussi de cet enchantement. De ce quelque chose de presque féérique, impalpable, encore si présent.
Comment un château peut-il atterrir dans l’histoire d’une descendance de sans biens, d’une lignée d’ouvriers de la terre ? Grâce à des confitures délicieuses englouties avec bonheur par d’honorables enfants. Grâce un grand escalier de pierres ornés de portraits sérieux, fiers et imposants.

2 — un jardin, un espace naturel (Agnès, tu l’as déjà fait lors de l’atelier de la semaine dernière)

• Manée :
A la fois maison et un espace naturel
Une maison à peine mais plus qu’une maison…une cabane de vigne construite par Antoine mon grand-père, maçon et paysan, en pierre, couverture d’ardoise comme une vraie maison et à l’intérieur comme dans une vraie maison, une cheminée. Une pièce en bas et une au dessus avec un plancher de bois, accessible de l’extérieur par un fenestrou. Une odeur de terre et de bois.
Sur un coteau ensoleillé toute la journée avec une vue sur la vallée d’une petite rivière nommée La Franche Valeine, avec la vigne d’Antoine, des pêchers qui donnaient de petites pêches dorées, succulentes, des fraises des bois à la saison. Des herbes folles et des fleurs sauvages. Les raisins avaient une peau épaisse que j’aimais garder longuement dans la bouche.
L’hiver il m’allumait la cheminée, je lisais, par la porte toujours ouverte je le voyais tailler la vigne, j’aimais le bruit du sécateur sur les ceps. Avec lui, là, je me sentais à la fois protégée et libre. 

3 — une œuvre d’art,

• Agnès :
J’ai découvert cette œuvre de Murillo sur les bancs de l’école. « Le jeune mendiant », au milieu d’autres images, dans les pages d’un livre scolaire. Entre celui de géographie et celui de français, je ne saurais dire. Encore moins quel était le sujet de la leçon. Je ne peux dire non plus ce que je ressentis alors. Tout cela semble effacé. Seul me revient si clairement en mémoire, le tableau au jeune garçon. Net. Précis. Gravé. Comme indélébile. Et je pense que toute ma vie je pourrais parcourir les musées, les livres, les salles d’expo, être ébahie devant des œuvres belles, touchée, emportée, attentive, en observer les moindres détails, cherchant les messages donnés, admirative aux talents de l’artiste, aucune ne restera si bien gardée dans ma mémoire. Aucune autre que celle d’un jeune garçon pouilleux aux pieds sales et vêtu de guenilles, assis dans la lumière d’un soir au sol d’une pièce lugubre et vide. Auprès d’un panier, d’une cruche et de quelques fruits. Seul. Dans cette mémoire, comme un lien immatériel, un dialogue virtuel tissé entre deux enfants.
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• Manée :
Un film documentaire peut il être considéré comme une œuvre d’art ?
Oui.
Alors je choisis « Monique – LIP » un film de Carole Roussopoulos, une féministe, pionnière de la vidéo. A la suite d’un licenciement, Jean Genet lui conseille d’acquérir ( avec ses indemnités) une des premières caméra vidéo pouvant être portée et manipulée par une seule personne; elle choisit par ce moyen de donner la parole à ceux et celles qui sont tenus au silence dans les journaux ou à la télévision.
En 1973, les salarié-e-s de l’usine de montres LIP à Besançon occupent leur entreprise menacée et décident de la reprendre en autogestion. Monique Piton raconte devant la caméra les quatre mois de lutte et la difficulté pour les femmes pourtant très actives de trouver une place dans un syndicalisme dominé par un monde d’hommes. Jusqu’ici rien de très nouveau et original.
Ce qui fait art c’est dans le récit de Monique l’idée de remplacer le mot femme par le mot arabe et le mot homme par le mot blanc ( voir l’extrait vidéo) et cette idée géniale permet à la fois de prendre toute la mesure des postures de domination ( aussi bien à l’égard des femmes que des arabes ) et en même temps de rire grâce à un humour fin et féroce.

(je te remercie pour cette découverte extra !!)

4 — de littérature,

• Agnès :
Cela fait maintenant presque trois jours qu’il m’accompagne. Autour de nous l’enchevêtrement du monde, frénétique et inexorable, sous la lumière qui tangue. Qu’importe ! Assise au bord du lit, j’attends. Je n’ai qu’à tendre la main pour le toucher. Surtout, ne pas précipiter les choses. Laisser s’égrener lentement les dernières minutes. Comme la plupart du temps quand le plaisir est intense, je m’efforcerai de prolonger l’histoire. C’est la règle du jeu que je me suis fixée. Immuable. Avec tant d’autres les jours se succèdent, semblables, sans que la magie n’opère. Mais avec lui comme avec un petit nombre d’élus, elle est arrivée dès les premiers mots. Ne m’a plus lâchée. Notre aventure n’aurait pu durer que quelques heures, cinq ou six tout au plus. Il valait mieux alors laisser le bonheur en suspend. La fin sera comme toujours douloureuse. Elle promet d’être si belle. Bientôt je soulèverai la couverture, et d’un geste hésitant, je reviendrai à l’endroit même où j’ai laissé ma marque. Ses derniers mots passeront par ma bouche, dans une ultime jouissance.
Et qui sera l’auteur prochain d’un aussi beau voyage ?

5 — un vêtement

• Agnès :
S’habiller pour paraître. S’habiller pour apparaître. Vêtir le bon costume pour faire face au monde. Les costumes devrais-je dire, chacun approprié à la tâche qui lui incombe. A l’occasion. A ce qu’on veut dire, mettre en scène. A ce qu’on juge que les autres en attendent. Aux circonstances.
Mais pour faire face au monde, il faut être à son aise également. Faire concorder aux besoins des circonstances le bien être du corps. Carapace oui, mais carapace dans laquelle on respire. Qui nous laisse libre de nos mouvements. Pas carcan.
Voilà les deux contraintes qui s’imposent à nous lors du choix d’un vêtement. Quelquefois, trop souvent, nous en oublierons une. Nos armoires en sont la preuve. Dans chaque pile on attrape presque toujours le dessus, de tous les vêtements suspendus aux cintres ce sont souvent les mêmes qui vont prendre l’air. Nos fiers élus sont donc ceux qui cochent les critères : du bien être, et de la bonne apparence. Le tout bien sur sans se renier soi-même.
Diabolique le choix du vêtement.

• Manée :
C’était rue de Rennes il y a des années, dans la devanture d’un magasin ( aujourd’hui on dirait plutôt une boutique ), un gilet de laine couleur jaune ( autrefois j’aurais pu écrire sans hésiter un gilet jaune ). Je l’ai tout de suite beaucoup aimé, sa couleur, sa forme plutôt courte ( je suis petite, les vêtements trop longs ne me vont pas ou en tout cas je me persuade qu’ils ne me vont pas ).
J’ai tourné longtemps autour, je suis partie, revenue et je ne sais
vraiment pas pourquoi, je ne me suis pas décidée à entrer dans le magasin. ( Je ne crois pas que c’était à cause d’un prix dissuasif), j’ai renoncé malgré mon envie.
Ce que je sais, c’est que depuis, j’en garde l’image exacte avec la même envie et toujours le même plaisir même si jamais je n’en ai retrouvé un qui me plaise autant,  pas même les années, comme en ce moment où le jaune est à la mode.

6 — un objet

• Agnès :
Qu’emporteriez-vous si tout ce que vous pouviez prendre devait tenir dans une boîte à chaussures ? C’est le jeu. La question qui avait été proposée par l’agence spatiale française lors du départ pour plusieurs mois dans l’espace d’un de ces brillants spationautes. Pour exemple était détaillé le contenu éclectique et surprenant de ce qui l’accompagnerait durant son long voyage. Lui cependant espérait bien revenir, et retrouver ainsi les biens dont il se privait seulement pour un temps. Je me prêtais alors au jeu en y ajoutant une difficulté. Et de taille ! Qu’emporterais-je qui tienne dans une boîte à chaussures si je devais abandonner, pour toujours, tout le reste ? Pensant tout d’abord ne jamais arriver à me détacher de tant de ces choses accumulées au fil des ans, je fus cependant surprise de pouvoir assez rapidement faire ce tri imaginé irréalisable.
Pourtant bien sur, le jeu terminé, rien ne s’imposa à moi.
Les murs d’une maison ne sont pas élastiques. Il est bon quelquefois de faire le vide si l’on veut que l’endroit reste vivable. De ce fait je continue donc à me battre (au sens figuré, ne vous inquiétez pas) pour me défaire – quand c’est indispensable !… – de la moindre chose. Et chaque fois le dilemme est exaspérant, chaque fois presque un crève cœur est le détachement.
Peut-être faudrait-il que je songe à faire un tour dans l’espace ?


fin avril – début mai

4 mai 2019

Lundi mistral, damned, c’est raté pour le rencard nage prévu de longue date avec Christine ; pendant que je me creuse la tête pour l’atelier d’écriture, les marins pompiers font un exercice de sauvetage…
Allez, je vous fait un petit reportage, pour bien démarrer la semaine :
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Mardi : un message de Manée avec des fleurs, qui n’a pas pu venir hier à l’atelier d’écriture, mais qui y participe. & peut-être d’autres ?
Car les pivoines sont fanées et les prochaines pas encore fleuries, les tulipes ont poussé toutes seules dans le pré des ânes et ils ne les ont pas mangées.
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Merci les ânes!!
On vient de finir avec Céline, des éditions Un Thé chez les fous, la maquette, elle la couv, moi l’intérieur, de réédition de Quand on naît dans les choux, qui sera imprimé chez Maugein la semaine prochaine.
C’est une grande 1ère : un livre tamponné qui ne l’est plus mais qui est « pareil »…
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et puisqu’il y a 80 pages, c’était l’occasion de rajouter invisiblement (!.. chou pour chou..!) 2 pages dans le texte, alors reprendre les vœux..!
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Mercredi 1er mai
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Comme je mets en ligne le matin le post sur l’atelier du lundi, je trie quelques photos pour trouver du muguet :
l’occasion de partager ces quelques fleurs de câpriers, écloses comme un cadeau (plus en été) et qui ne durent qu’une journée, et qui sentent délicieusement bon ;
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on peut manger les boutons avant, câpres au sel ou au vinaigre, auquel cas il n’y aura pas de fleurs, ou après, au vinaigre, câprons au bout de leurs pédoncules… 20140622_085508P15-06-11_21.37[02] Hélas ici en bac, avec vent et sel, en hiver le câprier morfle et perd toutes ses feuilles, et repart chaque année de presque zéro… Ce n’est certes pas une plante correzienne..

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Le soir, dans la série comment dire-montrer les choses en une phrase, je découvre Sorry Children, avec textes et photos :
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Jeudi
je reprends une affiche disparue, qui reste une des « indispensables »…
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A Tulle, il y a ce festival qui démarre, sur un sujet qui me tient à cœur, et qui me fait regretter de ne pas y être. (voilà le programme)
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J’espère que vous y avez vu ce soir ou aurez l’occasion de voir Après l’ombre, de Stéphane Mercurio. Je l’ai vu l’année dernière (le petit dossier du film sur le blog ici)
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Le dimanche 12 mai, il y a aussi ce film là que j’aimerais voir, mais à cette heure là,  je ne serais pas encore arrivée, damned..!

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Si vous ne connaissez pas le site carceropolis, c’est l’occasion d’aller voir

Vendredi
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20190503_153736En allant porter des affaires-après-tri à Emmaüs, je vais y faire un petit tour au rayon livres… Beaucoup de livres d’art classique, moderne et contemporain, visiblement issus d’une « vraie » bibliothèque d’un(e) marseillais(e) (beaucoup de catalogues d’expos entre autre marseillaises) et autres livres qu’on y voit rarement ou pas en telle quantité comme l’œuvre complète d’Alain Fleischer (ce qui me fait ricaner, j’avoue!)!!. Le « beau » livre de Raphaël, à la ville brûle, aussi, Variations sur un même ciel...
Qui me font me poser des questions moi qui me dit qu’il faut encore que je vide maison et atelier petits-trop pleins. J’imagine ma bibliothèque pour tout ou partie à Emmaüs… : qu’est-ce que j’aurais envie de (r)acheter, vivre avec ? Peut-être faudrait-il s’imaginer dans cette situation pour faire le grand tri….
Je suis revenue avec 3 livres…
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Le soir, ça bouge ou ça va…
Pendant que je suis au téléphone avec Violaine qui risque(!) d’avoir trouvé une maison de 300m2 avec jardin et mini budget pas loin de Lautrec, des messages fleurissent.
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Pendant que je cause avec Violaine et Andreas, affalée dans le canapé, je remarque sur le mur dehors des traces argentées d’escargot au soleil du soir.
Un escargot qui s’est envolé ou qui a été voir de l’autre côté…

Justement, voilà un petit arc-en-ciel à l’horizon, merci le ciel!
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& Corinne va faire sa formation, youpi. Son message est accompagné de photos bretonnes avec textes affichés qui m’interpellent.
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C’est quoi et qui ? Une jolie idée !
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Facile et peu chère à mettre en œuvre et adapter dans une ville, faudrait que je l’envoie à Yann à la Cave Poésie à Toulouse et à Maya à la Maison des Écritures de Lombez, ce serait la belle occasion d’un petit bonjour. Quant à Tulle, on a notre vitrine du Lien/lieu..!

Samedi
Resized_20190504_115239Carine a reçu mon paquet en verre, avec comme cadeau surprise la grosse bague sculpturale en argent, une des 1ères faites par Violaine, que je ne portais plus depuis des lustres et gardais néanmoins, quel bonheur que ça circule et que ça fasse des heureuses!!

Photo sur le tapis, pour nous rappeler nos projets de tapis avec Christine Patry-Morel?
Merci Carine!!
(& tant qu’à faire, si vous avez envie de lorgner le travail de Violaine…)

Dimanche
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La boucle est bouclée. Levée tôt, alors commencer à préparer l’atelier d’écriture de demain!
Méga mistral toute la nuit, ça fait un sacré boucan, tout bouge et vibre dans la maison des 3 petits cochons, et c’est pas fini !
L’occasion de regarder la météo marine (mauvais quand c’est noir ou rouge foncé!) de la semaine prochaine aussi.
A Tulle, il semblerait qu’il pleuve beaucoup, bien que Manée me le cache dans son message : « Les narcisses sauvages sont fleuris ds le pré et les ânes les épargnent semble t-il mais vu qu’il sans cesse je ne suis pas encore aller en cueillir bien que ton pot s’impatiente… « 
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Cette nuit, dans la tempête, pour dormir et me désangoisser, j’ai pensé à des choses agréables-douces-réconfortantes ou calmes et stables, à fort enracinement pour pas m’envoler dans les rafales hostiles.
Capture d’écran 2017-10-24 à 09.56.19Comme retrouver cette forte impression physique ressentie à l’abbaye de Conques quand j’ai ouvert la porte du transept (). En regardant une carte, je m’aperçois que Conques n’est qu’à 2h de Tulle, j’espère que vous avez été y faire un tour (plutôt en dehors des périodes touristique et de pélerinage).

Dans un autre genre (!), Corinne m’a envoyé un mail breton avec une nouvelle méthode possible (mais qui semble ne pas marcher…) pour obtenir une augmentation..!
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Voilà qui donne envie de rouvrir les Nouvelles en 3 lignes, de Félix Fénéon, et sa grande leçon de style :
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atelier d’écriture du lundi n°9

1 mai 2019

Lundi 29 avril.
Au courrier ce matin,20190429_120510 20190429_120452 (1)
J’avais mis le réveil tôt pour mieux me creuser la tête pour les consignes du jour, de midi à 14h au Lien/lieu… & si vous avez un petit creux :
Sans titre-1RENOIR
Merci encore une fois de jouer si bien le jeu des règles que je vous donne, même si ces derniers ateliers, Agnès est un peu seulette au Lien/lieu…!
Donc des textes, sans enregistrements :
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Atelier 9 : DITES-LE AVEC DES FLEURS
Lire ces extraits d’Un dernier jardin de Derek Jarman
Puis, au boulot…!

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1 — Décrivez 2 endroits dans la nature ou « avec nature» en ville ou chez vous que vous aimez bien, « contre toute attente », c’est-à-dire auquel on prête généralement peu d’attention.

Agnès :
C’est ici l’endroit où je me réfugie quand tout va de travers. Quand tout se bouscule. Quand le navire prend l’eau. Un squelette d’os de granit. En équilibre précaire. Au sein d’un linceul de verdure sauvage. Assise au centre de ce carré de pierres, comme au centre d’un cercle magique destiné à quelques cérémonies païennes, je laisse lentement le temps se déposer. Disparaître. Revenir à l’essentiel. Bercée par la musique du vent, des chants d’oiseaux, des bourdonnements d’insectes, le murmure de la source proche. L’architecture est sommaire. Misérable. Disloquée. Il est pourtant encore comme un cœur qui bat au creux de ce jardin d’abondance, riche et disparate, où poussent sans contrainte herbes folles, arbustes emmêlés, fleurs sauvages, baies, mousses et champignons, adventices en tout genre. Là est mon île. Posée sur cet océan vert.

Comme chaque année, les premiers réveillés furent les forsythias et les primevères. Les uns lançant leurs branches dorées vers le ciel, comme des gerbes de feu, tandis que les autres éclaboussaient la mousse des allées de leur élégance multicolore. En roses tendres, palettes de jaunes, mauves élégants, violets profonds. Sous le figuier encore nu, la table attend les soirs d’été, les jours de fêtes. A ses branches des photophores bricolés dans des boîtes en fer blanc. Aujourd’hui le lilas embaume la terrasse. Les cœurs de marie balancent dans le vent leurs clochettes parme. Et il pleut dans ce vent les pétales blancs des cerisiers en fleurs. Comme des confettis jetés aux amoureux le jour des noces. Le long de la maison, les arabesques vert tendre des fougères grimpent droites et altières vers le ciel. L’azalée flamboyante et prétentieuse veut être reine de la fête. Elle nargue le monde avec sa chevelure éclatante couleur de sang. Les tulipes déjà se déshabillent. Les rosiers sont tout en boutons. Pissenlits et orties sont aussi de la partie. Ils n’ont pourtant pas reçus d’invitation. Les pivoines au cœur lourd se préparent. Dans le jardin tout bruisse. Tout vibre, tout s’éveille. Tout renaît. Tout change. Cette année encore est revenue l’heure des recommencements. Et cette année encore je veux bien croire en quelque chose qui commence.

2 — 3 fleurs (quelles qu’elles soient) que vous préférez ou qui ont une histoire dans votre vie :
décrivez-les (observation + affectivement) sans les nommer (les autres les reconnaitront-elles ?) + une histoire qui s’y rattache

Manée :
• Jaunes, très jaunes et parfois si denses qu’elles peuvent colorer tout un pré et de loin cela peut ressembler à un grand aplat jaune, très jaune. De près, un cœur jaune et des dizaines de pétales fins serrés les uns contre les autres. Et qui, plus tard se transforment en une sphère blanche, aux parois presque transparentes, si fragiles qu’il suffit de souffler légèrement dessus pour qu’elle se disperse aussitôt.
Des fleurs négligées, négligeables. Enfant, je les trouvais tellement belles. Un jour je me promenais avec Berthe, la personne qui me gardait ( pendant que ma mère faisait la classe tout près de là et que je ne comprenais pas pourquoi je ne pouvais pas la rejoindre alors que d’autres enfants étaient avec elle) et j’ai vu un pré couvert de ces fleurs jaunes sous le soleil. J’ai dit que je voulais cueillir des fleurs pour ma mère, Berthe m’a répondu que ce n’était pas de belles fleurs pour faire un bouquet et n’a pas voulu me lâcher la main.
Plus tard, c’était presque la tombée de la nuit, j’ai échappé à la vigilance des adultes et le pré étant tout proche de l’école où nous vivions, j’y suis revenue mais toutes les fleurs s’étaient refermées si bien que la vision d’avant est devenue presque comme un rêve.
Depuis ce jour j’ai une prédilection particulière pour les prés recouverts de ces fleurs au tout début du printemps.

Agnès :
Dans sa jupe aux pans immaculés, son cœur d’or. Le tout juché sur son échasse solitaire. Elle peut voir loin. Voir qui va venir la cueillir. Elle attend. Bercée par le vent léger du printemps. Lumineuse et élégante. Dressée dans son nid de verdure. A l’impudent qui viendra la dévêtir elle psalmodiera son amour. Ou pas. Comme on lit les cartes. Comme un sortilège. La roue tourne. Quel présage attend le déshabilleur ? Un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout… . Enfant, j’ai tant de fois récité cette naïve mélodie. Tant de fois déshabillé les ventres ronds, doux et jaunes de leurs frêles dentelles. Espérant quelques si beaux messages. Et l’amour de princes charmants. Il a passé le temps. Ô les cœurs !

Enfant, j’ai connu l’ivresse très tôt, non pas celle des vapeurs d’alcool ( encore que chez les grands- parents nous avions droit à de bonnes rasades de vin dans les fraises du jardin ou encore de temps en temps les jours de fête a un petit canard, un sucre imbibé d’eau de vie …) mais celle des  senteurs d’une fleur qui me faisait tourner délicieusement la tête : une fleur sauvage qui poussait avec les orchidées dans les prés légèrement humides et vallonnés, six pétales d’un blanc très pur, un cœur jaune bordé de rouge orange et une odeur forte et magnifique. De leur tige coulait un suc un peu collant. Je les cueillais à pleine mains dans l’herbe de juin déjà un peu haute.

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Dents de lion, Dents de lion.
Le matin, au cœur d’une couronne de longues flammes ciselée, le bouton dodu et tendre. Dans son élégant habit de velours.
Dents de lion, Dents de lion.
Le midi, au bout de sa hampe, le pompon jaune d’or. Crinière belle et indocile. Couleur de miel. Parfums amers.
Dents de lion, Dents de lion.
Le soir, comme au ciel un feu d’artifice argenté. Le cœur rond hérissé de cent parachutes fragiles. Evanescents. Rêvant déjà d’ailleurs lointains. Espérant le vent.
Dents de lion, Dents de lion.
Dents de lion je t’ai cherché,
Dents de lion je t’ai cueilli,
Dents de lion je t’ai mangé,
Dents de lions par mon souffle tu t’en es allé dans ce vent.
Et dans ton voyage, mille fois je t’aurai bien suivi. Jusqu’à ces ailleurs. Même jusqu’au cœur des savanes. Même jusqu’à la bouche des fauves.

C’est une fleur qui donne de l’espoir car elle est la preuve que sur rien peut naitre de la beauté et que la pauvreté peut se transformer en richesse.
Elle peut pousser sauvage toute seule sur des gravats, des délaissés et fleurit jaune sur de grandes tiges, pétales un peu larges qui semblent fragiles mais ne le sont pas. On la surnomme «  belle de nuit » ou primevère du soir » car elle s’ouvre à la tombée de la nuit. Les amérindiens l’utilisaient déjà comme plante médicinale sous forme d’huile.  
J’en ai arraché sur des gravats et implanté dans mon jardin, elle fleurit jusqu’aux premiers froids, c’est souvent elle la dernière couleur avant l’hiver.

Il est le gentil de cette comptine. L’ami du romarin.
Il est le fragile, le flamboyant. Eparpillé aux talus qui bordent des routes.
Il est celui qui ramena la vie aux champs des morts. Celui que l’on porte pour eux à la boutonnière ces jours de souvenir.
Il est de Claude, de Gustave.
Il est symbole de ces endroits où l’homme a laissé la nature belle. Où il ne l’a pas encore salie.
Chaque année je le guette au jardin. Et j’espère sa révérence.

3 — Ré-vision du langage des fleurs.
Il y a des tableaux de concordance qui existent, affichés chez les fleuristes ou dans les calendriers désuets, par exemple :
Anémone   Persévérance  /  Anis  Promesse  /  Arum   Ame  /  Aster   Amour confiant  /  Azalée   Joie d’aimer  /  Bégonias  Cordialité  / Etc..
Et développé : par exemple, l’œillet possède des significations multiples en fonction de sa couleur.
• L’œillet rouge est introduit dans les traditions européennes vers le début du XXe siècle comme étant le symbole de la journée du travail. En Italie, en France comme en Autriche, elle se porte à la boutonnière pendant la journée du 1er mai.
• Dans le langage des fleurs, l’œillet rouge pâle suscite le respect et l’admiration, tandis que l’œillet rouge vif symbolise l’affection et l’amour profond.
• Toujours sur le plan sentimental, l’œillet blanc représente l’amour pur. Selon certaines personnes, elle représente même la fidélité, la pureté du fait de sa blancheur. Ainsi, la fondatrice de la fête des Mères aux États-Unis, Anna Jarvis, a choisi l’œillet blanc comme emblème de cette fête. Dans la vie quotidienne, offrir un œillet blanc signifie qu’on souhaite de la chance au destinataire.
• L’œillet rose a quant à lui, une histoire qui relève de la religion chrétienne. Selon la légende, lorsque Jésus a été crucifié sur la croix, sa mère, Marie, versa des larmes qui devinrent des œillets roses une fois qu’elles touchèrent le sol. Dans « la Madone à l’œillet », une œuvre de Léonard de Vinci, on aperçoit aussi que Marie tend un œillet à son enfant Jésus. L’œillet rose représente ainsi l’éternel amour d’une mère.
• L’œillet mauve incarne la fantaisie, tandis que le violet symbolise une humeur capricieuse et maussade.
• Lorsqu’on offre une fleur d’œillet panaché à une personne, cela signifie une réflexion par rapport à la demande de l’autre personne.
• Offrir de l’œillet jaune à quelqu’un signifie qu’on le méprise ou qu’on veut le quitter.
• Quant à l’œillet vert, il est traditionnellement offert lors de la fête de la Saint-Patrick en Irlande. Il était aussi le signe de reconnaissance des homosexuels dans l’Angleterre victorienne (Oscar Wilde était réputé pour en porter à son veston).
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Et une autre fleur « courante » :
• On rapporte qu’en 1778, Parmentier ayant fait un petit bouquet de fleurs de pommes de terre, « il le présenta au roi Louis XVI, qui le plaça de suite à sa boutonnière ».

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Faites un tableau (fourni) fleurs/concordances inventées et fantaisistes,
avec un bref « historique » de votre cru.

Essayez d’adapter un style d’écriture à chaque fleur.

 

Agnès :
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La rose est introduite en France par un explorateur parti de longs mois parcourir le vaste monde.
Durant son périple, il fit une halte de plusieurs semaines au royaume de Pasdechance où la culture des rosiers existait depuis des siècles (On en faisait présent aux jeunes mariés le jour de leurs noces). Là, il pu enfin recevoir du courrier de sa bien-aimée. Il reçu le pli scellé acheminé par de nombreux et valeureux coursiers avec un immense bonheur, ignorant ce que contenait le message. Sa lecture fut pourtant bien douloureuse. Pendant son absence, bien longue, sa chère et tendre, après avoir passé des mois à se morfondre, avait décidé qu’elle ne voulait plus attendre pour être heureuse. Ainsi avait-elle pris un amant. L’explorateur tomba dans une profonde torpeur. Une mélancolie immense et ravageuse. Souvent, afin de crier aux quatre vents son chagrin, il partait à cheval parcourir la campagne. Un jour au détour d’un chemin, apeuré par un animal sauvage, son cheval se cabra et le cavalier atterrit dans un champ de rosiers qui bordait la sente. Il en revint perforé de toutes parts par les nombreuses et féroces épines. Ce jour là il ordonna à ses valets de faire les bagages, et regagna la France et sa demeure au pas de charge. Tout juste arrivé, il alla rendre visite à sa femme, et lui offrit un énorme bouquet de roses. La dame ne sachant rien de ses fleurs-là prit le bouquet à pleines mains. On raconte que son cri déchirant fut entendu jusqu’à des kilomètres à la ronde, et qu’elle ne pu plus jamais se défaire des épines enfoncées aux plus profond de la chair de ses mains, dont elle ne pu plus jamais se servir. Pas même pour les caresses.

L’ancolie, demosten propia en latin, fait parti de la famille des déprimélacées ; longtemps considérée comme une adventice et de ce fait, rangée au rang des orties, ronces, chiendent, liserons et invasives en tout genre. Pour cause, ses soi-disant effets néfastes sur l’humeur, capable d’entraîner jusqu’à une mélancolie profonde. D’où son nom commun, ancolie, dont il est le raccourci.

La primevère jaune, appelée communément « coucou » dans le sud ouest du massif central, annonce la venue de nouvelles. Son nom qui nous vient de la renaissance – primo vers à cette époque – symbolise l’échanges de billets doux rédigés en vers dont le début du printemps était le moment propice.

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