armure

30 mars 2018

Hier soir, à Albi, il y avait l’Iliade, adaptée et mise en scène par Pauline Bayle. Un fort moment de poésie, d’énergie et d’intelligence.
Plus des « images » de toute beauté, simplicité et force qui me resteront gravées.
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« Dans un élan commun, cinq acteurs mêlent leurs voix pour raconter les histoires d’Achille, Hélène, Andromaque, Hector et Agamemnon. Sur scène, tous s’affranchissent des clichés opposant hommes et femmes, lâches et braves, pour venir s’accomplir dans un geste bouleversant d’humanité.
D’un côté les Grecs, de l’autre les Troyens et entre les deux une guerre qui dure depuis neuf ans.
Parce qu’Agamemnon l’a humilié devant tous ses compagnons, Achille décide de se retirer du combat. Privés de leur meilleur guerrier, les Grecs vacillent tandis que les Troyens gagnent du terrain… Comment faire pour gagner la guerre sans Achille ?
Aujourd’hui, alors que l’Europe traverse une crise politique majeure, elle nous fait réentendre la voix d’Homère, lui qui nous parle de l’oppression sans jamais tomber dans le manichéisme et met en lumière toute l’amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes. Parce qu’il n’y a pas de héros, seulement des hommes prêts à tout pour échapper à la souffrance. »
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« NOTE DE MISE EN SCENE
24 chants et 15 337 vers pour raconter six jours et six nuits d’une guerre qui dure depuis neuf ans et ne se terminera qu’un an plus tard.
De prime abord, il semblerait qu’Homère nous montre comment la guerre permet aux hommes d’échapper à leur condition de mortels : en allant puiser en eux le courage de se dépasser et de faire face à la mort, ils accèdent à l’éternité.
Cependant, au fil des pages se dessine une tout autre vision du monde, empreinte de mesure et d’humanisme. Très vite la question se pose : et si le poète convoquait la force des hommes pour mieux nous parler de leurs faiblesses ? Ainsi le coeur de L’Iliade ne serait pas seulement fait de la gloire des êtres humains, mais aussi de l’amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes. »
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« Le point de départ de la scénographie est celui de la simplicité afin de laisser toute sa place au récit et à la langue. Seulement le strict nécessaire pour laisser agir la puissance de l’imaginaire chez le spectateur et met en exergue la puissance du récit homérique. »
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« Pour illustrer l’ensemble des aventures des héros, quelques accessoires : un peu de peinture ou de colorant pour le sang, des sauts d’eau pour la colère du fleuve, des paillettes pour les étincelles des armures, un micro pour le foudre de Zeus, du sable pour Ithaque. Capture d’écran 2018-03-30 à 09.37.41
Peu de moyens mais une imagination créative et métaphorique qui vient rendre sa poésie au texte et nous fait voyager à son bord. La scénographie est ainsi habilement réfléchie et brillamment mise en œuvre. »
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« Concernant l’économie de moyens, c’est quelque chose que je revendique. Je crois profondément en la puissance de l’imaginaire et que l’on peut raconter beaucoup de choses avec très peu d’outils. À l’inverse, je crois que redoubler d’effets et de moyens emprisonne trop l’esprit du spectateur et limite la représentation qu’il pourrait se faire du récit. Pour le dire d’une manière un peu triviale, je crois que moins tu en as, plus tu vois.
Capture d’écran 2018-03-30 à 11.24.49Pendant les répétitions, on a réfléchi aux moments qui nous semblaient les plus importants dans l’histoire et la dramaturgie et sur lesquels on voulait donner comme un coup de projecteur. Et dernière chose, très tôt pendant le travail, j’ai voulu utiliser des matériaux consommables (papier, paillettes…). En effet, je crois qu’utiliser des objets qui s’altèrent en direct rend plus concret le présent partagé entre ceux qui jouent et ceux qui regardent. »

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(Je n’y avais pas pensé, mais en sortant Violaine me dit que ce serait magnifique, la langue des signes avec bras et mains à paillettes…)