atelier d’écriture du jeudi – N°1

5 octobre 2020

Atelier 1 – jeudi 1er octobre

Aujourd’hui, nous nous retrouvons à l’église saint-Pierre, où a lieu mon exposition !
Nous allons partir à la fois d’œuvres visuelles (peu importe que j’en sois l’auteure) et de textes.

Voilà de nouvelles têtes pour cette nouvelle session d’ateliers d’écriture, chic!

 

Choisissez une œuvre qui vous plait et vous touche + que d’autres

1 • Pensez à quelqu’un.e à qui vous aimeriez faire partager vos impressions-sensations-idées…
Écrivez-lui une page pour l’inviter/l’inciter à venir, avec :
– une description et analyse succincte de l’œuvre
– et vos impressions et divagations à partir de ces observations

(Comme nous sommes dans l’église avec une acoustique spéciale, les lectures ont un petit air de prêche, un prêche pour venir voir une expo, c’est pas banal..!)

Michèle :

 

Parmi les œuvres que j’ai détaillées, ma préférence porte sur un socle beige ajouré, le rachis, qui supporte un cerveau gris, fortement oxygéné, comme le tien (!); le tout maintenu par de délicats filets de verre, les vaisseaux.

Sylvain :

 

 

Isabelle :

 

 

Agnès :

 

 

Marie-Jo :

 

 

David :

 

 

Chantal :

 

 

Sylviane :

 

 

Martine :

 

 

Raphaëlle :

 

 

Sylvie :
Samedi dernier, tu sais que je suis allée visiter l’exposition de Fabienne Yvert à l’église st Pierre. Tu te souviens que je t’avais parlé de ce travail de mots-objets, de ses mots-sens, de ses mots-jeux, mots-couleurs, mots-formes, mots-images, mots-lumières, mots-livres, mots-lampes, mots-poissons…
Pendant ma première visite -c’était le jour de l’inauguration- mon regard s’est répandu dans tous les recoins, sur tous les murs, j’allais, curieuse, d’un mot à l’autre, d’un livre à l’autre, d’une couleur à l’autre, d’un meuble à l’autre, ivre, sans pouvoir vraiment attacher mon regard sinon à un grand livre Grand Prix Mignono 2008. Ce grand livre est précieux, il faut le toucher avec des gants blancs, il est épais, ses feuilles sont de tissus, il est entièrement cousu et brodé avec une machine spéciale. Chaque page recèle des trésors comme ces grands livres enluminés.

Manée :
texte à venir aussi..!!

2 • à partir du modèle de ces traductions d’un poème de Wang Wei (Chine, VIIe siècle), adaptez votre texte pour en faire un poème.
Faites plusieurs versions, chercher des formes, travaillez le style

MARTINE :
Un phare rond au milieu de la mer
il est fait en terre car il est imaginaire
il ne brille pas
je vois vois des pages des pages tout en rondeur
je suis emmerveillé

Un phare vide
un livre sans écriture
mais des mots imaginaires
qui viennent et vont
la mer est là mais pas là
me laissant rêveur
pur fantasme

MICHÈLE :
C’est un lieu qui vibre de résonance hostile
A la moindre parole prononcée
Où la lumière des spots se joue de la pierre
Pour libérer mots et phrases. Envol.

SYLVIANE :
Un ours
plus mort que vif
pourtant, entends
l’univers qui le traverse
Rêves
la grande ourse dans le cosmos
comme des âmes qui brillent.

J’étais une chasseresse
il y a longtemps
aujourd’hui je me repose
sur ce grand tapis blanc
peau de l’ours
assagie par les années
mais toujours en prière
devant l’univers.

Sa découpe saute aux yeux
ses contours comme des vagues
sa blancheur immaculée
Aujourd’hui il ne reste que la peau
de ce géant du cosmos.

RAPHËLLE :
Exposition Fabienne Yvert
En position
Écoute les mots
Qui s’accrochent
Et qui décrochent
Les pensées
Pour toujours
Entremêlées

Ce sont les mots de Fabienne Yvert
Qui font écho à mes pensées
Elle les tort et les suspend
Reste à les lire ou les écouter

Fabienne Yvert aime le vert
Elle ne boit pas de verre
Mais fais des vers
Avec les mots,
Et des mots en verre

MARIE-JO :

SYLVAIN :
Sur les murs de la chapelle
Des mots, écris, dessinés, imprimés.
Il fait froid et tu es là,
Invisible…Immobile…

Il fait froid dans la chapelle
L’Artiste y a accroché des mots.
Il y a des livres aussi.
Tu aimais les livres.
Tu les feuillettes en silence.
Personne ne te vois.

Les mots ont pris de formes,
Se sont solidifiés… Sable et Feu.
Tu étais un homme de lettres
Soudain tu as chaud.

SYLVIE :
promenade à l’église st Pierre
j’observe à la ronde les murs de l’exposition
lettres suspendus, mots-lumières, meubles-objets
mon regard divague avec ivresse
et s’attarde sur un grand livre Grand Prix Mignono 2008
il est comme un trésor

samedi à st Pierre
Fabienne Yvert expose
Des mots, mots-toujours
ils envahissent l’espace
ils se répandent partout
protéiformes
je tourne les pages d’un grand livre
Grand Prix Mignono 2008
grand livre enluminé et cousu

ISABELLE :
Heureusement qu’il y a encore des forêts
pour se réfugier
du vacarme assourdissant
des voitures, des tondeuses, des tronçonneuses.
Alors que le chant des oiseaux est si apaisant.

3 • à partir de ce modèle d’épopée, extraits de KHOUNAN-KARA, Une épopée touva (ed. Héros-Limite)
…(j’espère que cela vous donnera envie de le lire pour en savoir plus!)
Utilisez des éléments de vos textes pour écrire une épopée

AGNÈS :

 

 

MICHÈLE :
Des hautes collines
Progressant allègrement
Il s’élança
Pour déplacer le point de vue

L’ennui le poursuivait
Toujours menaçant

Il franchit la rivière
Continuant sa course

Des jours durant
Il chevaucha sans fatigue

Pendant un bivouac
Un serpent lumineux
Lui livra le secret

Il passa sept rivières
Chevauchant nuit et jour

La porte de la ville
S’ouvrit devant lui
Apeurés les hommes
S’inclinaient à son passage

D’un élan fougueux
Il pénétra dans le sanctuaire obscur
Il s’empara du coffret d’or
Devant les gardes sidérés

(le coffret contient des mots et phrases de l’exposition à tisser en sens ou à rapporter à l’exposition)

MARTINE :

 

 

RAPHAËLLE :
Sur la mer agitée
Elle naviguait
Sur la mer agitée
Elle se rapprochait
Domptant les vagues
Évitant la baume
Avec ferveur, elle avançait.
La lumière était sombre
Mais elle voyait.
La lumière rasait l’horizon
Mais elle savait.
Quand la pluie se mit à tomber
Elle trouva tous les mots pour l’insulter
Le temps n’était pas clément
Mais elle s’en moquait
Aspirée par son élan
Ivre de mots
Elle naviguait.
Elle était prête
À affronter tous les maux de la terre
Elle n’en ferait qu’une bouchée
Ou trouverait le bon mot
Pour terrasser les démons
Les mauvaises choses et les vilains mots
Elle naviguait
Elle franchit la tempête
Ne dormit que très peu
Jusqu’à ce que les mots
Tombent d’eux-mêmes
S’agencent et s’exposent
A sa pensée
Se tordent
Avec le verre, sous le verre
Dans le vers
Fabienne Yvert avait accosté,
Dans son bateau rien n’avait bougé
Elle sortit ses mots
Et les fit naviguer
Alors sous nos pieds
Devant nos yeux
Par delà le ciel
Il ne pleuvait plus que des mots
Que l’on se passait les uns aux autres.

SYLVIANE :
Contemplant l’univers
Luttant contre les vents
qui entravaient sa marche
la grande ourse
progressait.
Derrière elle
une nuit obscure
devant elle
une à une
les étoiles s’allumaient.
Alina s’avançait
quittait la profondeur de l’univers
pour rejoindre son royaume.
Au sommet de la terre loin du reste du monde
une vieille femme l’attendait.
Elle avait revêtu sa casaque de laine
les rubans rouges
et son plus beau collier.
L’ambre brillait
rappelant la Terre
les trésors enfouis.
Alina s’approchait
reniflant les appâts
que la femme exposait.
Sa lourde patte griffue
s’abattît sur un lièvre des neiges
le sang perlait sur la fourrure immaculée
la femme récitait des prières
éloignant l’esprit voleur.
Alina se délectait
de ce festin improvisé.
La femme versa le thé
dans les tasses si fines
que la lueur des flammes
les traversait.
La femme donnait le signal
« Bois quand tu as mangé ».
Alina, d’une griffe
souleva la tasse
la porta à son museau
des volutes blanches s’échappaient
l’ourse buvait
le délicat breuvage.

Le lièvre des neiges
avait eu quatre vies
à travers les quatre éléments
l’air le faisait s’envoler quand il était traqué
l’eau l’arrêtait, il ne savait pas nager
le feu changeait la couleur des son pelage
la terre était son royaume.

Alina devint femme
à la peau blanche comme lièvre.
La vieille femme n’était plus seule.

SYLVAIN :
Petit père un jour
Descendit du nuage
D’où il observait une ville.
Depuis des semaines, des mois, des années
Il ne se passait rien.
Et puis ce jour là son attention fut attirée
Par une lumière…
Bleue la lumière.
Rien à voir avec le fameux tunnel blanc
Celui là il connaissait déjà.
Donc, d’un pas léger, aérien,
Il franchit les quelques centaines de kilomètres
Qui le séparaient de la source de cette lumière.
Des vitraux !
Bon, lui les images pieuses le laissaient plutôt perplexe
Mais là, la cause de cette lumière était un projecteur.
Projecteur allumé, qui au fait de son inclinaison
Renvoyait son rayon vers la coupole de la chapelle
Et sur un vitrail bleu.
Petit père se posa comme une plume sur le toit,
Il pleuviotait, c’était glissant.
Un des vitrails était descellé, il risqua un œil :
Ce qu’il vit émerveilla.
Des Mots, partout des Mots !
Des Mots écrits, des Mots imprimés, des Mots projetés,
Et même des Mots en verre !
Partout Lettres, Dessins illustrant des Phrases…
Il faut absolument que j’aille voir cela de plus prés se dit il.
Il descendit devant la porte de la chapelle.
De l’intérieur lui parvenaient des bruits, des chuchotements,
Des humains écrivaient avec des stylos, sur du papier…
Il y avait même une dame avec un ordinateur !!!
Sans bruit il se mêla à cette foule studieuse.
Il s’apprêtait à lire par dessus l’épaule de l’un d’eux
Lorsque dans son oreillette retentit un signal.
C’était l’heure de la relève !
Il devait remonter sur son nuage
Et donner les consignes à son remplaçant. Dommage.
Il repartit donc en se jurant que la fois prochaine
Il descendrait plus tôt.

MARIE-JO :

SYLVIE :
La petite porte grise est ouverte
Kyoyo la visiteuse s’y faufile
la porte franchie,
la visiteuse découvre des murs en alcôve
plusieurs chapelles en enfilade
des murs d’alcôves
damier serré de couleurs arc-en-ciel
cascades de mots
photographies de plages
tapis tigre
secrétaire à pattes de poule
lampes mécano
ivre, Kyoyo va, d’alcôve en alcôve

la visiteuse Kyoyo s’arrête et hésite
regarde les verres étincelants
les porcelaines baroques
les aquariums à mots-poissons

encore une alcôve
plus grande
un tapis bleu nuit mène à un ciel
lanterne blanche, le ciel s’ouvre

la visiteuse Kyoyo se retourne,
grisée de mots
rideau d’eau et de lettres
tenture de lumière

un pilastre s’élève
à son pied
Le grand livre Mignono de l’histoire du monde est ouvert
il est épais et précieux
coloré des images de nos vies
les mots se cognent aux mots
les couleurs se frottent aux couleurs
la visiteuse Kyoyo tourne les pages souples du grand livre Mignono
la machine du temps a écrit sous la dictée de Fabienne Yvert

ISABELLE :
Des forêts ravagées par les flammes .
Les oiseaux ont cessé de chanter.
Des animaux galopent pour échapper à l’incendie.
Le vent s’est levé, une épaisse fumée a envahi le ciel.
Les hommes alertés par les odeurs de bois brûlés, ont pris eux aussi la fuite.
Ils courent vers le lac.
Ce sont tous des pêcheurs, ils font monter femmes et enfants sur des barques.
Et rejoignent l’autre versant pour l’instant épargné.
Ils entendent et voient de grands oiseaux d’acier, planant au-dessus d’eux, et qui plongent leur ventre dans le lac, et remontent pour déverser sur le brasier des trombes d’eau.
Puis arrivent différents engins rouges, aux lumières clignotantes, et aux effets sonores chantants
PIN, PON, PIN, PON
Tous les villageois se demandent comment vont-ils parvenir à maîtriser ce géant de flammes.