atelier d’écriture du mardi – 5

16 octobre 2019

Atelier 5 – mardi 15 oct.19
Aujourd’hui après la pluie nous sommes 6 + 1 participante éclair, Manée est absente à cause (!) de la biennale de Venise, ce qui rend jalouse Raphaëlle (et moi, mais je pense à Venise avec des bottes…!)

Avec un texte d’Olivier Leroi 123 conseils aux extraterrestres   (éditions Adélie)
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Que les dents soient plus dures que la croûte de pain.

 

Surtout ne pas attendre que les feuilles tombent pour se cacher dans les arbres.

 

Quand la viande tombée croque, penser à balayer sous peu.

 

Plus la population mondiale augmente plus la masturbation en voiture est dangereuse.

 

Dans l’attente de la princesse, se raser de près et se passer une onction douce sur le visage. Surtout ne rien dire.

 

Ne pas oublier de faire revenir le maquereau à la cocotte.

 

Ne pas attendre la nuit pour cueillir des tomates mûres.

 

Ne pas oublier de bien s’essuyer les pieds et de se sentir chez soi.

 

Se dire que c’est quand on a les pieds dedans qu’on se demande d’où vient l’odeur.

 

Ne pas tenir compte des samedis et des dimanches, penser juste au temps qui passe.

 

Bien s’assurer qu’il ne reste plus de branches dans les poches.

 

Faire en sorte que la disponibilité des uns rencontre l’adaptabilité des autres.

 

Surtout ne jamais se retourner quand on quitte la table du restaurant. Penser juste au vide qu’on laisse.

 

Ne jamais attendre la promise. Faire comme si elle était morte. Rester léger quoi !

 

Ne s’attendre à rien même si une envie de champignons cuits effleure l’esprit.

 

Ne pas mettre de la terre dans les plats, la mort arrive trop vite.

 

Vivre le temps comme il vient, ne pas oublier tout de même de manger des légumes.

 

Bien se souvenir que la peur n’est que complaisance.

 

S’appliquer vraiment à ne pas passer à côté de sa vie.

 

Penser plus souvent à ne pas penser.

 

Surtout ne pas se laisser aller à des angoisses d’amateur.

 

Se souvenir que l’amour n’est qu’une conséquence de l’ennui.

 

Ne pas hésiter à sentir que la nuit tape plus fort.

 

Se concentrer sur une branche de pommier (en fleur) en écoutant de la musique.

 

N’oublions pas que si les femmes font l’amour avec le cow-boy c’est parce qu’elles pensent au cheval.

 

Si on trouve des graines sur le chemin, ne pas hésiter à les planter sur le bord.

 

Quand la superbe est partout, méfions-nous du coucou.

 

Attendre même longtemps le réveil de la beauté.

 

N’oublions jamais qu’il y a des milliers de maisons au bout de milliers de chemin.

 

Ne pas hésiter à penser que croire aux apparitions c’est vivre dans le présent absolu.

 

Ne plus penser que les autres ne sont que des couleurs et de la chaleur.

 

Bien se souvenir de la première scène de ménage.

 

Notons qu’il est bien difficile d’habiter dans une tarte maison.

 

Observons que la longueur de la route est indépendante du choix du véhicule.

 

Bien tâter les chairs pour s’assurer que l’amour est dedans.

 

Bien s’assurer qu’avant l’amour il ne reste pas un cheveu long qui coupe.
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Ne mettre que des pulls marines pour monter sur des zèbres.

 

Faire en sorte que l’exigence ne freine pas l’expérience.

 

N’oublions pas qu’avoir un idéal, c’est fuir le présent.

 

Ne pas faire exprès des taches juste pour essayer la lessive.

 

Si l’on saute du coq à l’âne, s’assurer que ce n’est pas juste pour une question d’orifice.

 

Bien regarder les poils qui poussent entre les cuisses et de demander vraiment d’où l’on vient.

 

Laisser toujours pousser un peu d’herbe dans le jardin pour ne pas déflorer la nudité de la terre.

 

Ne pas subir forcément la prison pour traquer la fraîcheur.

 

Penser que c’est la nature qui fait de l’acupuncture quand on se pique aux ronces.

 

Ne pas penser que le miroir est déformant quand on ne supporte pas les autres.

 

Penser à enfoncer les doigts dans tout pour percer les secrets et détruire les illusions.

 

Ne pas confondre la muse éthérée et la musette accordéonnée.

 

Ne pas oublier que la lumière du jour n’est qu’une forme de repérage pour éviter de se cogner aux arbres lors des promenades nocturnes.

 

Ne pas écrire juste pour draguer, penser au fond.

 

Que le corps ne serve pas juste à supporter la tête.

 

Ne pas s’étonner d’avoir des aphtes si on confond l’éponge à toilettes et l’éponge à vaisselle.

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Ne pas hésiter à ne pas douter de la qualité de ses émotions.

 

Quand on klaxonne les corbeaux et les buses sur les piquets de clôture, ne pas s’attendre systématiquement à ce qu’ils s’envolent.

 

Quand on respire profondément l’odeur des ses flatulences, être conscient de son narcissisme.

 

Peindre à l’eau de Cologne en pensant aux aveugles.

 

Bien se caler dans son fauteuil et faire la liste de tous les objets de la maison.

 

Se méfier des conseils des dépressifs.

 

Ne pas se sentir concerné par la détresse combinée des femmes.

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Que les rondeurs se louent pour 1 heure.

 

Qu’après le mou arrive le dur.

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(si vous voulez en savoir plus sur le travail d’Olivier Leroi, vous pouvez aller , car l’artothèque a plusieurs de ses œuvres)

1 — Dressez une liste personnelle de conseils pour des extra-terrestres.
Appuyez vous sur votre expérience et observations. (Il doit y avoir un sens aux propositions, même s’il est parfois partiellement caché.)
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Les gauchères sans se concerter se sont mises du même côté de la table
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Leslie

 

Dominique

 

David

 

Raphaëlle

 

Sylviane

 

Jeanne

 

Johanna
(qui est arrivée exceptionnellement après et partie avant, alors j’ai recopié son texte, après avoir admiré son savoir écrire vertical de gauchère:)
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— Toujours commencer la journée par donner des miettes aux oiseaux.

­— Sentir l’onde lumineuse et croquer ce début de journée à plusieurs dents.

— Faire la vague avec le monde extérieur et se laisser inspirer.

— S’encombrer de peaux encombrantes, éviter le masque.

— dresser le couvert de la gourmandise… attendre les lève-tard puis savourer son café.

— Entendre une musique passer et suivre l’harmonie de loin.

— Participer à la danse du monde. Ne pas savoir à quoi ça sert mais en chercher le sens.

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2 — Parmi les lectures, notez 4 propositions qui vous intéresseraient si vous débarquiez sur terre.
En choisissant 1 des vôtres en plus des 4 conseils retenus, sur une grande feuille, dessinez-tracez-écrivez une carte avec des mots pour relier ces 5 propositions.

Leslie :
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Jeanne :
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Dominique :
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Sylviane :
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David :
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Ou passez à l’extrait (au début) des Mémoires d’un tricheur de Sacha Guitry (1935, Gallimard) :

« Du jour au lendemain, un plat de champignons me laissa seul au monde.

       Seul, car j’avais volé huit sous dans le tiroir-caisse pour m’acheter des billes – et mon père en courroux s’était écrié – « Puisque tu as volé, tu seras privé de champignons ! » Ces végétaux mortels, c’était le sourd- muet qui les avait cueillis – et ce soir-là, il y avait onze cadavres à la maison.

       Qui n’a pas vu onze cadavres à la fois ne peut pas se faire une idée du nombre de cadavres que cela fait.

      Il y en avait partout.

       Parlerai-je de mon chagrin? Disons plutôt la vérité. Je n’avais que douze ans, et l’on conviendra que c’était un malheur excessif pour mon âge. Oui, j’étais véritablement dépassé par cette catastrophe – et n’ayant pas assez d’expérience pour en apprécier l’horreur, je m’en sentais, pour ainsi dire, indigne.

       On peut pleurer sa mère ou son père, ou son frère – mais comment voulez-vous pleurer onze personnes! On ne sait plus où donner de la peine. Je n’ose pas parler de l’embarras du choix – et c’est un peu pourtant cela qui se passait. Ma douleur sollicitée à droite, à gauche, avait des sujets de distraction trop nombreux.

[…]

Le jour de l’enterrement, derrière ces onze cercueils que je suivais, la tête basse et les yeux secs, je me demandais si le fait d’avoir été miraculeusement épargné ne me donnait pas l’air un peu d’avoir, assassiné tout ce monde, – cependant que, dans mon dos, l’on chuchotait :

     « Savez-vous pourquoi le petit n’est pas mort? … Parce qu’il a volé !»

Oui, j’étais vivant parce que j’avais volé. De là à en conclure que les autres étaient morts parce qu’ils étaient honnêtes…

     Et, ce soir-là, m’endormant seul dans la maison déserte, je me suis fait sur la justice et sur le vol une opinion peut-être un peu paradoxale, mais que quarante ans d’expérience n’ont pas modifiée. « 

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3 — Choisissez 2 parmi les 4 conseils retenus pour les développer en s’inspirant de Guitry : soyez excessif(ve) et inventez votre morale.

Bon, pas de résultat avec le temps imparti…
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& puis, Leslie, qui chante magnifiquement, m’a donné ce disque (c’est elle à gauche)
Un de ces conseils :
Avoir sur soi 3 cadeaux à offrir à tout moment, 1 pour quelqu’un qui aime écrire, 1 pour quelqu’un qui aime manger, 1 pour quelqu’un qui n’aime rien
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Iimage qui me fait penser au conseil de Sylviane (revu par David) :
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Elles-Ils joueront à Marseille début décembre, venez !
Avec cet autre conseil de David : être au four & au moulin n’est pas une question de duplicité
(ni d’ubiquité…)