de ci de là

22 février 2017

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Photo du matin
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Un monsieur pas très jeune en survet’ baskets lunettes chante slam proclame danse dans le hall d’attente n°1 de la gare Toulouse Matabiau. C’est un peu drôle, il y met une énergie folle. Les gens le regardent et sourient, parfois un peu gênés. Personne n’ose s’asseoir juste à côté de lui. Un agent de la sécurité vient lui demander de se calmer. Il le prend à la légère et recommence un peu plus loin. Nouvelle intervention de la sécurité. Il prend l’agent par les épaules et lui fait voir la pendule en lui racontant je ne sais quoi. Il continue plus mollement puis va parler longuement aux jeunes installés/accoudés sur la haute table wifi.

Un monsieur âgé vouté qui parle tout seul petite casquette grosses lunettes visage rouge vieux sac de voyage et gobelet de café (qu’il touille) en plastique blanc à la main cherche une place. Elles sont toutes occupées. Je lui laisse ma place :
— Merci, charmante! Je fais le retour, mais mieux vaut être ici que en pèlerinage à Lourdes, quand même.
On attend le train, & puis voilà.

Personne ne se lève pour quelqu’un d’autre, ne prend un enfant sur ses genoux pour laisser une place.

Un petit homme avec une énorme contrebasse dans une housse bordeaux attend dans le hall, la tête levée vers le panneau d’affichage. Tous les trains sont à l’heure. La voie 5 s’affiche pour l’intercité 4657 de 11h49 à destination de Marseille-St Charles ; il prend immédiatement l’escalier mécanique. Est-ce qu’il faut un billet pour un instrument de musique « très encombrant » ? Il faut que je me renseigne.

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Quelqu’un au piano, qui joue bien Debussy.
Une femme en anorak noir ouvert attend debout dans le hall, avec une jupe longue imprimée panthère, un haut assorti plutôt lynx, et une valise à roulettes grise avec des motifs noirs façon léopard géant.
l’homme finit son morceau de musique, des voyageurs en attente assis sur les banquette applaudissent un peu, 2,3 claps discrets.

Un agent de la propreté rencontre un ami près du baby-foot, et lui parle brièvement en s’accrochant aux poignées.

« Pour votre sécurité, il est interdit de pratiquer toute activité sportive dans l’enceinte du métro ; merci. »
Je pense aux jeunes qui s’exercent au Hip hop à l’entrée de la gare en sous-sol, tout près du métro.
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Sur la route, au rond-point du 21 septembre (il faut être toulousain, pour reconnaître immédiatement cette date, explosion de l’usine AZF, en 2001)
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Je vais à Bagatelle retrouver l’association Partage (maison de chômeurs), pour déjeuner ensemble puis pour un atelier d’écriture.

Dialogue de sourd avec une stagiaire, qui change de place :
— le DAL
— Ah oui, c’est un plat
— Non, c’est le Droit Au Logement
— Ah oui, moi aussi je suis mal logé

Une dame âgée de 89 ans, très chic et parfaitement maquillée, qui déballe ses maux et sa solitude, qui ne se fait plus tellement de cuisine, alors qui vient là déjeuner et rencontrer d’autres gens. Elle ne veut pas trop manger de chocolat pour ne pas grossir ; elle semble bien maigre, mais dit qu’elle a un petit ventre, en le pinçant. Son petit fils, qui lui a installé internet, se demandait bien à quoi ça pouvait lui servir à son âge, dit-elle dédaigneusement. Nous dit qu’elle pleure quand quelqu’un lui envoie sur fb des vidéos d’animaux qui souffrent.

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Atelier d’écriture à la Faourette
En attendant les participants, Jean-Claude, qui anime habituellement l’atelier, me raconte qu’il était chercheur de mots en freelance à Paris pendant 20 ans, pour la pub. Chercher des noms à un produit, imaginer des produits qui n’existent pas encore. Dans les années 70-80, ils (une dizaine de chercheurs de mots) se retrouvaient régulièrement en « séminaire-brainstorming » au Moulin d’Andé !

A partir d’un concept, du cahier des charges du produit, trouver des milliers de mots ; puis n’en garder qu’une centaine, puis une dizaine ; le dernier choix étant effectué par l’entreprise. (& quand ils trouvaient une idée vraiment géniale, qui sortait du lot, jamais elle n’avait été choisie !) Il ne se souvient que d’un nom de parfum pour Caron, « le 3ème homme », et ne se souvient plus de noms de yaourts provenant de ces sessions..!
Puis en parlant d’écriture, me dit :
— Les seuls mots que j’écris, c’est sur le frigo.
Il faudra que je lui amène A feu doux, de Gérard Arseguel.
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et un mail de Cécile, de l’Atelier des arpètes :
« voici 2 de vos affiches trouvées sur mon parcours quotidien
plus exactement sur le boulevard des Récollets au niveau
de l’église Sainte-Marie des Anges ! ou cité Daste…
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avec une bonne surprise « sauvage » sur le verso des panneaux Decaux (cf photo ci-jointe)
c’est un grand plaisir de découvrir votre travail
merci ! »
Merci doublement!!
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