sur un tableau de Edward Hopper

Date : 5 février 2026

En 2024-25, à l’atelier d’écriture de Peuple et Culture Corrèze, nous avons travaillé à écrire sur/à partir d’œuvres d’art, pour en faire des podcasts.

Épisode 1 : d’après le tableau de 1956 Four Lane road (route à 4 voies) d’Edward Hopper, avec l’aide de textes extraits de
Les heures suspendues selon Hopper de Catherine Guennec
L’incendie de l’Alcazar de David Bosc
Soleil dans une pièce vide de Claude Esteban
Edward Hopper, de l’œuvre au croquis

 

Par la suite quand on aura fait tous les montages sonores, vous aurez droit à :

2 —La falaise d’Étretat en Normandie, avec ses 2 arches naturelles : la Porte d’Aval (40 m de haut) et la Manneporte (50 m de haut), célèbre, entre autre à travers le livre de Maurice Leblanc L’aiguille creuse, une des aventures d’Arsène Lupin.
Elle a aussi beaucoup été peinte. Nous avons regardé les peintures de :
DelacroixLe pied du cheval, Etretat – 1838 – et vers 1859
CourbetFalaises d’Etretat après l’orage -1870, ou La plage d’Etretat par temps de neige – ou autres peintures en 1869
MonetMer agitée à Etretat– 1883 – La Manneporte (1883 et 84), en 1886
Matisse en 1920 – coup de vent – EtretatFalaise d’Aval à EtretatFemmes sur la plage – Le rocher percé – Fenêtre ouverte sur la mer à Etretat – 1920-21
BraqueLa Falaise d’Etretat (1930)

Nous avons regardé ces peintures pour les décrire, parfois les comparer, et en tirer des histoires que voilà.
et écrire nos textes, avec l’aide de Victor Hugo aussi – Les travailleurs de la mer – 1866 , Maupassant, Flaubert, Raymond Queneau – Vlaminck ou le vertige de la peinture – 1949 , Jean Tolbiac : Les Falaises d’Étretat , Falaises d’ Olivier Adam , Henri Cueco – 120 paysages que je ne peindrai jamais – 2007 , David Bosc – La claire fontaine – 2013  et L’incendie de l’Alcazar – 2024

3 —Paul Klee, peintre allemand, né et mort en Suisse (1879-1940), a été professeur à l‘école du Bahaus notamment. Grand défenseur des dessins d’enfants et de l’art asilaire, il écrit ceci dans son journal :
« L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. Et le domaine graphique, de par sa nature même, pousse à bon droit aisément à l’abstraction. »
« Écrire et dessiner sont identiques en leur fond. « 

« Une ligne est un point parti se promener. Un dessin est simplement une ligne qui fait une promenade. «

Ses titres se caractérisent par leur richesse et leur invention. Il emploie des titres qui eux- mêmes « font image », par leur cocasserie, par l’association surprenante de termes incongrus, ou par leur pure poésie. On peut parler à leur sujet d’« évocation ». Dans la plupart des cas, Klee joue sur le registre connotatif : le titre se fait le vecteur d’une dissonance partielle ou totale avec les éléments identifiables du tableau et relance une lecture autre que celle qui semble s’imposer.

Nous avons regardé 3 de ses œuvres :
La Volonté, une encre au pinceau sur du papier 1933
Le fantôme loqueteux, couleur à la colle et à l’aquarelle sur papier et carton  1933
Figure du soir de 1935, un dessin à la gouache et graphite sur papier
afin de les décrire, de les interpréter, et de faire vivre et se rencontrer les figures représentées.
Accompagnés de textes de P. Valery, L’ange. Avec des dessins de P. Klee (extraits), Michaux, René Crevel Paul Klee (1930), Kurt Schwitters Anna Blume (1922), Tzara en 1929, et enfin le poème Le rêve du jardinier de Hermann Hesse en 1933.

Francis Bacon (1909-1992) déclare : « Je voudrais que mes peintures donnent l’impression qu’un être humain est passé à travers, comme une limace laisse trace de sa bave, il laisse trace de la présence humaine et des événements passés… »
et qui disait à propos de Van Gogh : « très proche de la violence de la vie [qui], lorsqu’il peignait un champ, était capable de vous délivrer toute la violence de l’herbe. »
Van Gogh a peint en 1888 : le peintre sur la route de Tarascon. Cette toile, brûlée lors du bombardement de Dresde, Bacon en avait une reproduction dans son atelier.
Bacon a peint
– 6 grandes études pour un portrait de V.G. en 1957,
– puis un paysage d’après V.G.
V.G. dans un paysage, grande toile qui est au MAM à Beaubourg,
– et enfin un hommage à V.G. en 1960.
Nous avons observé toutes ces toiles pour écrire ces textes, avec Gilles Deleuze – Francis Bacon, logique de la sensation, PhilippeSollers –  Bacon avec V. G., Pierre Guin et l’aide supplémentaire de Antonin Artaud, de Michel Leiris, Eschyle, et Shakespeare dans Macbeth

4 —Phillip Guston (1913-1980) est un peintre américain, membre de l’école de N.-Y., ami de Pollock et Willem De Kooning, marqué aussi par les peintres muralistes mexicains. En 70, reconnu comme grand peintre de l’expressionnisme abstrait, il déroute tt le monde avec de nouvelles peintures figuratives, avec des figures inspirées des comics de Robert Crumb, une narration, représentant des objets simples, soulier, livre, paysages urbains inquiétants, avec des figures du K.K.K., renouant avec les thèmes sociaux de ses 1ères peintures. Il deviendra aussi un grand ami du romancier Philipp Roth.
François Dilasser (1926 -2012) est un peintre français autodidacte, marqué par Gauguin, Bissière et l’abstraction informelle de l’école de Paris. Dans les années 70, il transcende les catégories (abstraction/figuration), coloriste au trait faussement hésitant, il témoigne dans sa peinture d’une expressivité et vision personnelle.
Il nous a semblé pertinent de mettre leurs œuvres en relation, en regardant :
Yellow light, de Guston, grande peinture de 1975, en lien avec la série des bateaux feux de François Dilasser (1992)
Outskirts – (faubourgs) de Guston, 1969, en lien avec série les Régentes (d’après Franz Hals, les directrices de l’hospice de vieillards de Haarlem, en 1664) – de Dilasser – 1995
à propos duquel Paul Claudel – La peinture Hollandaise (Franz Hals – Les Régentes – 1664) a écrit :
« Quelque chose de plus implacable que la justice qui est le néant »

Nous avons cherché à les décrire et analyser, à les interpréter et à les mélanger dans différentes histoires.
Avec l’aide aussi de textes de Guston sur la peinture, de Sollers dans le remarquable De Kooning, vite, De J.-P. Abraham, des poètes américains Richard Brautigan (68) et Jack Spicer.

5 — L’imagination, stimulée par l’observation de l’informe, est la première étape de la création artistique.  Léonard de Vinci l’a mise à l’œuvre en interprétant des taches sur les murs, V.H. avec de vastes compositions de taches d’encres. Justinus Kerner,l’écrivain romantique allemand, qui s’intéressait aussi au spiritisme, pliait des morceaux de papier tachés d’encre, les dépliait ensuite, et la forme de la tache obtenue lui inspirait des écrits. Ces expériences préfigurent aussi le test de Rorschach où le psychanalyste soumettait à ses patients des taches pour interpréter leurs réponses.
Nous avons observé un dessin à l’encre de Hans Arp de 1929, et une suite de dessin de l’artiste contemporaine Annette Messager, petite pratique magique quotidienne pendant le mois de mai 1973, Album collection n°43, composé de 32 dessins et écritures manuscrites, où elle écrit chaque jour son prénom à l’encre noire sur une feuille qu’elle replie aussitôt en 2 dans les 2 sens, puis interprète la journée à vivre selon la tache obtenue.
Nous avons pratiqué nous-même l’encromancie en écrivant chacun notre prénom, puis écrit des histoires à partir de l’interprétation de ses taches d’encre, et du dessin de Hans Arp.
Avec l’aide d’Anette Messager dans différents catalogue, également de Benjamin Peret, dans sa liste extraite de Mort aux vaches et au champ d’honneur (1950), d’extraits de Héros-Limite (1953) de Ghérasim Luca.

Bon voilà, yapluka finaliser les montages…

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