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interprétation

17 avril 2018

Entendre une parole « muette », quelques belles pistes de réflexions

Le cinéma muet, pour aider à l’oralisation :
Avant que les frères Lumière n’aient créé le cinématographe en 1895, nous devons avant tout l’invention au physiologiste touche-à-tout Étienne-Jules Marey qui avait finalisé, en 1888, le fameux chronophotographe permettant de prendre de photographies à intervalles dans le but d’étudier le mouvement en décomposé de l’animal ou de l’objet photographiés et à son assistant, le photographe Georges Demenÿ qui avait inventé, en 1891, le phonoscope à la demande du professeur Hector Marichelle à l’Institut des Sourds-Muets de Paris : ce dernier lui avait demandé une projection d’un homme — le photographe lui-même « chronophotographié » — qui prononçait des mots comme « Je vous aime » ou « Vive la France ».

La parole dans le cinéma muet / Quelle écoute pour le spectateur ?,
de Natacha Thiéry
« J’admettrai, comme présupposé de mon analyse, que s’il ne rend pas les sons, ce cinéma n’est pas à proprement parler muet — c’est nous qui, face à lui, sommes sourds et forcés à l’être. Dans le cinéma muet, une forme de non-dit émerge dans l’écart entre des paroles effectivement prononcées et leur non restitution analogique, dans le paradoxe qui veut que ce qui est dit n’est pas entendu.Capture d’écran 2018-04-17 à 00.14.59
[…] La parole dans le cinéma muet est donc plurielle, à la fois volatile et impalpable dans les images, et écrite dans les intertitres. Dans les intertitres de dialogues, le sens des mots prononcés est détaché de leur énonciation. Dans les intertitres « informatifs », la polysémie de l’image muette est réduite, mais leur apparition répétée favorise l’émergence d’une certaine abstraction. Finalement, les intertitres du cinéma muet doivent être considérés davantage comme signifiants que comme signifiés. Considérés sous cet angle, les intertitres mettent au jour la relation paradoxale du texte et de l’image. En définitive, tout réside dans cette dichotomie entre signifié et signifiant : l’intertitre n’est pas le signifié de l’image qui en serait le signifiant. Il est bien plus signifiant et phénomène graphique que simple adjuvant de l’image. Non seulement l’intertitre imprime un autre rythme dans la vision du film — puisqu’il existe un temps pour voir et un temps pour lire —, mais aussi un autre regard.
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[…] Cette tentative de représentation analogique de la parole au cinéma a été baptisée non sans humour « complexe de Frankenstein » par Noël Burch : autrement dit, elle consiste dans « l’inscription du geste de la parole dans les images animées ». Le spectateur se trouve dans une situation paradoxale : les personnages sont, comme lui, doués de parole mais n’émettent aucun son, tandis que lui est forcé au mutisme et à la surdité. Les films lui présentent des doubles inversés.
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[…] Enfin, le cinéma muet sollicite le spectateur d’un point de vue physique, au-delà de la compréhension pensée et raisonnée. Il stimule la réceptivité de ses sens de manière inhabituelle. Certains — le goût, l’odorat, le toucher — restent inactivés lorsque la vue subit une sorte de rapt sensoriel. Les différents sens qui d’ordinaire peuvent recevoir les informations simultanément sont totalement séparés. Aussi, l’ouïe et la vue ne vont pas de pair. Par ce phénomène schizoïde, ce qui est vu n’est pas entendu, ou plutôt est entendu à un niveau différent — ou différé —, secondaire et fantasmé. Ce sont les yeux qui entendent indirectement ce qui se dit. L’œil écoute.
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[…] Rappelons que dans le cinéma muet, la parole et ses « entours » dépassent tout contenu signifié pour apparaître comme des signifiants. Dès lors, le lien qui unit cet art au spectateur est un lien complexe et paradoxal, intériorisé, intime, secret. Un miroitement épars de sensations physiques et de signes s’offre à la vue du spectateur, dont le corps muet entend par le regard les voix émanant de corps de surface projetés dans la profondeur et la densité de son propre corps, réceptacle vibrant d’émotions et de codes captés qu’il n’est pas nécessaire de déchiffrer. Sa composante sonore, si elle accompagne le rythme de la succession des images, facilite surtout la disponibilité de « l’écoute visuelle » du spectateur pour ce qu’il voit. Cette forme d’écoute n’est pas sans rapport avec une dimension sacrée, puisque le film relie véritablement le sujet-spectateur à son univers : or, dans cette écoute plus visuelle qu’auriculaire, l’œil subit une sidération presque hypnotique. […] »

Capture d’écran 2018-04-17 à 00.08.50Rappelons que Charlie Chaplin avait engagé son ami Granville Redmond, peintre et comédien sourd, (et avait appris avec lui la langue des signes) pour son premier court-métrage Une Vie de chien (A Dog’s Life, 1918), (il a participé à ses 7 films entre 1918 et 1929).

Le « carton » au début de The tribe, de Myroslav Slaboshpytskiy, long métrage entièrement en langue des signes (ukrainienne?) sorti en 2014.Capture d’écran 2018-04-15 à 17.25.30

• Passionnantes réflexions sur l’interprétation en LSF, côté interprète(s) et metteur en scène, lors de l’élaboration du spectacle Dévaste-moi, d’Emmanuelle Laborit.
https://www.france.tv/france-5/l-oeil-et-la-main/51055-de-concert.html

Entre autre, lors d’une chanson de Bashung  »
— Est-ce qu’on traduit le sens ou est-ce qu’on fait passer un style ? Un style littéraire. Il faut faire un choix.
Si on révèle le sens caché d’un texte, l’implicite, on risque de perdre le côté littéraire, poétique du texte, et on tombe dans l’explicatif, on dévoile le sens du texte, on fait de la pédagogie, on devient professeur.
Et non ! moi je suis une artiste. »


voilà des…

12 avril 2018

C’était la semaine dernière, et cette semaine, on range les affaires, les images, et l’emploi du temps à venir se remplit de nouveau…

• Accrochage électrique chez N’a qu’1 œil, à Bordeaux, pour le we de l’Escale du livre.
Pour la 1ère fois, avec de l’aide et des écritures « autres », celles de Benjamin et de Mélanie, avec qui on a passé la journée à monter ce mur. Moment de suspens (disjoncteur?) quand on a branché le (long et compliqué) circuit : Fiat lux!
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• Après beaucoup de mois sans toucher à la terre (!), 2 céramiques vite faites qui sèchent à Albi, chez Violaine.
L’occasion aussi de parler céramique, essais, et mots-appellations, comme ces « chevalières préhistoriques » de Violaine Ulmer, que vous pourrez voir lors de différentes manifestations de céramique ce printemps et cet été (pour ceux que ça intéresse, Violaine participera aux « journées de la céramique », place St Sulpice, à Paris, du 28 juin au 1er juillet).
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• Une « chevalière préhistorique » sur une main préhistorique..? En tout cas, celle-ci me sied !
Et que voyez-vous ? Oui, c’est bien cela : bientôt un nouveau tourniquet à la ville brûle..!!
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• & puis, vite déjà, penser au 4 représentations de FAITES MOI SIGNE, ON S’ENTEND BIEN, au mois de mai à la Cave Poésie,
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• et préparer l’exposition C’EST QUOI ? à la médiathèque de St Orens, du 15 mai au 2 juin….
Ce sera aussi l’occasion de ressortir en ville (de St Orens) les affiches créées pour la Cave Poésie, affichées 15 jours à Toulouse dans les sucettes Decaux en février 2017.

Nager dans la sérénité….
Ce serait bien comme programme!
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réflexions

10 avril 2018

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Se retrouver coincée du dos, qui suit une crise de foi(e), après/pendant des ateliers d’écriture en maison d’arrêt… chochotte ou trop réactive…
Où se posent des questions :
— qu’est-ce que je fais là et qu’est-ce que je peux apporter ? je ne me sens pas très adaptée à l' »exercice »…
— comment éviter de faire ce qu’on appelle « animation », sur une présence de quelques heures ?
— avec le thème cette année du dispositif « Dis-moi dix mots », sur l’oralité, et le projet à 2 intervenants, qui mêle écriture puis création sonore, possibilité de rejoindre le thème quels que soient les sujets qui nous occupent, et cela heureusement
— difficulté pour moi de travailler avec un groupe de personnes qui ont des niveaux et des rapports si disparates à la langue
— difficulté de lire quand je prête mes lunettes à un détenu pour que lui puisse voir clair
— leur besoin de parler va bien au-delà de l’écriture. Alors d’abord écouter, puis proposer d’écrire en lien avec ce qui vient d’être dit, puis écouter de nouveau.
— l’écriture est plus pauvre et figée que leurs pensées à 100 à l’heure. Pour ceux que je croise en atelier, ils ne voient pas l’intérêt de ces mots qui ressortent d’exercices plus thématiques que formels. Comment lâcher prise dans l’écriture, faire confiance à un bout de papier, créer une parole/écriture, quand la présence en prison exige une maîtrise de chaque instant ?
On me dit qu’une solution pourrait être des jeux formels prémâchés… Je m’y refuse, ils me paraissent infantilisants.
& je ne suis pas là pour une obligation de résultat, plutôt pour une petite séquence d' »ouverture ».
— Lire/montrer un peu de poésie, « classique » ou « contemporaine », pour comprendre que l’écriture peut prendre différentes formes, parfois surprenantes et personnelles.
Une réaction : « On trouve un éditeur pour publier ça ??!!!?? ». Le monde tourne sur la tête.
— & puis, bien sûr, ces gars aux parcours chaotiques, souvent dès l’enfance, que fait la société (et moi dans la société) pour les aider ? & quand ils sortiront?
Encore plus difficile de trouver un boulot avec un CV case prison.
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Ça me fait pas mal réfléchir dans le train direction Bordeaux le jeudi 5 pour l' »escale du livre » avec N’a qu’1 œil.
Emploi du temps serré : arrivée à 16h15, juste le temps pour aller à l’Utopia à 17h20 pour le nouveau film de Stéphane Mercurio (qui passe dans peu d’endroits et à peu d’heures, c’est la bonne coïncidence!) :

                    APRES L’OMBRE

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ci-joint le petit dossier du film, qui j’espère vraiment, vous donnera envie de le voir, car cette humanité fait du bien…
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& puis justement, puisque je suis chez N’a qu’1 œil, Carole me donne Le petit chtardier illustré, parloir d’images et de mots, récoltes de paroles réalisées au centre pénitentiaire de Bordeaux, dont elle me parle avec enthousiasme (de l’atelier de « récolte » et de son « dictionnaire »). Extraits :
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armure

30 mars 2018

Hier soir, à Albi, il y avait l’Iliade, adaptée et mise en scène par Pauline Bayle. Un fort moment de poésie, d’énergie et d’intelligence.
Plus des « images » de toute beauté, simplicité et force qui me resteront gravées.
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« Dans un élan commun, cinq acteurs mêlent leurs voix pour raconter les histoires d’Achille, Hélène, Andromaque, Hector et Agamemnon. Sur scène, tous s’affranchissent des clichés opposant hommes et femmes, lâches et braves, pour venir s’accomplir dans un geste bouleversant d’humanité.
D’un côté les Grecs, de l’autre les Troyens et entre les deux une guerre qui dure depuis neuf ans.
Parce qu’Agamemnon l’a humilié devant tous ses compagnons, Achille décide de se retirer du combat. Privés de leur meilleur guerrier, les Grecs vacillent tandis que les Troyens gagnent du terrain… Comment faire pour gagner la guerre sans Achille ?
Aujourd’hui, alors que l’Europe traverse une crise politique majeure, elle nous fait réentendre la voix d’Homère, lui qui nous parle de l’oppression sans jamais tomber dans le manichéisme et met en lumière toute l’amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes. Parce qu’il n’y a pas de héros, seulement des hommes prêts à tout pour échapper à la souffrance. »
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« NOTE DE MISE EN SCENE
24 chants et 15 337 vers pour raconter six jours et six nuits d’une guerre qui dure depuis neuf ans et ne se terminera qu’un an plus tard.
De prime abord, il semblerait qu’Homère nous montre comment la guerre permet aux hommes d’échapper à leur condition de mortels : en allant puiser en eux le courage de se dépasser et de faire face à la mort, ils accèdent à l’éternité.
Cependant, au fil des pages se dessine une tout autre vision du monde, empreinte de mesure et d’humanisme. Très vite la question se pose : et si le poète convoquait la force des hommes pour mieux nous parler de leurs faiblesses ? Ainsi le coeur de L’Iliade ne serait pas seulement fait de la gloire des êtres humains, mais aussi de l’amertume que le sort fait peser sur la lignée des hommes. »
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« Le point de départ de la scénographie est celui de la simplicité afin de laisser toute sa place au récit et à la langue. Seulement le strict nécessaire pour laisser agir la puissance de l’imaginaire chez le spectateur et met en exergue la puissance du récit homérique. »
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« Pour illustrer l’ensemble des aventures des héros, quelques accessoires : un peu de peinture ou de colorant pour le sang, des sauts d’eau pour la colère du fleuve, des paillettes pour les étincelles des armures, un micro pour le foudre de Zeus, du sable pour Ithaque. Capture d’écran 2018-03-30 à 09.37.41
Peu de moyens mais une imagination créative et métaphorique qui vient rendre sa poésie au texte et nous fait voyager à son bord. La scénographie est ainsi habilement réfléchie et brillamment mise en œuvre. »
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« Concernant l’économie de moyens, c’est quelque chose que je revendique. Je crois profondément en la puissance de l’imaginaire et que l’on peut raconter beaucoup de choses avec très peu d’outils. À l’inverse, je crois que redoubler d’effets et de moyens emprisonne trop l’esprit du spectateur et limite la représentation qu’il pourrait se faire du récit. Pour le dire d’une manière un peu triviale, je crois que moins tu en as, plus tu vois.
Capture d’écran 2018-03-30 à 11.24.49Pendant les répétitions, on a réfléchi aux moments qui nous semblaient les plus importants dans l’histoire et la dramaturgie et sur lesquels on voulait donner comme un coup de projecteur. Et dernière chose, très tôt pendant le travail, j’ai voulu utiliser des matériaux consommables (papier, paillettes…). En effet, je crois qu’utiliser des objets qui s’altèrent en direct rend plus concret le présent partagé entre ceux qui jouent et ceux qui regardent. »

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(Je n’y avais pas pensé, mais en sortant Violaine me dit que ce serait magnifique, la langue des signes avec bras et mains à paillettes…)


partie 2

29 mars 2018

verthier soir, 2ème partie des recherches-présentation avec Arthur et Janick pour « faites-moi signe, on s’entend bien ».
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titre 1
Le langage articulé est un nouveau venu dans l’évolution.
« Au commencement était le Verbe »… Pas tant que ça, mon dieu…

titre 2
Platon prétend que la langue des signes est nécessaire aux sourds, car sans elle, puisque sans voix, comment atteindre le savoir et la Raison ?
Pour Aristote, Sans « logos », pas de Raison.

 

titre 3Au 12ème siècle, en Italie, on invente les premières formes d’alphabet manuel.
Au 13ème s, St Bonaventure écrit un alphabet manuel utilisé pour mémoriser des préceptes catholiques.

titre 4

Pour communiquer quand c’est nécessaire, les moines ont mis au point un langage des signes, qui peut varier d’un monastère à l’autre.
Les moines qui vénèrent le silence et la pauvreté apprennent aux sourds riches à parler.

titre 5Le « salam » est structuré comme un langage poétique à partir du turc ; l’équivalent en français pourrait être : envoyer un rasoir pour dire « venez discrètement, c-à-d en rasant les murs
(et non pas vous êtes rasoir…)titre 6

L’abbé de l’Epée est aussi célèbre dans le monde des sourds que Durandal ou Escalibur :
des épées chrétiennes.
Que l’eusses-tu cru, c’est plus-que-parfait !
Qu’ils néotomalaliassent, ça ne donne pas envie de parler…

 

titre 7Pereire est plus connu pour avoir obtenu en 1780 l’autorisation d’un cimetière juif à Paris, (à condition que les enterrements soient effectués « nuitamment, sans bruit, scandale, ni appareil, en la manière accoutumée ») que pour son enseignement à des sourds avec dactylologie et orthophonie

titre 8Au commencement était le signe / le verbe – répétez – le verbe / le signe – répétez – la verve / le singe – répétez – la verge / le songe – répétez – la vierge / le mensonge – répétez – le message / le sauvage

titre 9Dans les grandes plaines des USA, Chaque tribu indienne a sa langue. Pour se comprendre et commercer, les indiens des plaines, Kiowas, Comanches, Cheyennes, Arapahos & Sioux, ont élaboré une langue gestuelle commune.

titre 10tintin

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indien 2salut vulcainpereire

 


depuis le temps

28 mars 2018

• Vendredi dernier, un atelier toute la journée à la Cave Poésie avec 19 enseignants (collège, lycée, en français, arts-plastiques, histoire, …, et documentalistes). J’avais préparé pour cette rencontre des supers carnets qui nous ont aidé à travailler, réfléchir, expérimenter, penser au support… (et pour moi lors de sa fabrication, penser à un carnet différent, joyeux et plein de surprises…)
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La première surprise a été des retrouvailles inattendues avec une copine du Havre, alors au début de sa carrière de professeur d’arts-plastiques, qui habite maintenant dans le coin, et qui m’a offert-rapporté un pot de confiture venant de chez ma grand-mère, plusieurs dizaines d’années après!!

En fin d’après-midi, les cahiers étaient devenus des « petits livres » assez réjouissants.

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• d’Albi à Toulouse, retrouvailles également avec la sncf et des installations qui me laisse rêveuse (encore plus le matin tôt mal réveillée..)
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• & puis 2 autres matins, où le rêve disparaît bien vite : ateliers d’écriture en prison, dans le cadre de « Dis-moi 10 mots ».
(Un conseil, pour la prison et l’aéroport : ne pas mettre une salopette, ennemie du portillon détecteur de métal…)
20180321_204857D’autres carnets, reliés avec des fils de scoubidou… et jugés trop petits pour certaines grandes mains, ou trop beaux pour écrire dedans…
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Pour le moral, le temps pourri et l’éloignement n’aident pas, même si on retrouve sa « liberté » une fois la dernière porte ouverte.
Liberté au milieu de « rien ».
Installée plus loin sur un rond-point de zone grise semi industrielle, avec une station de lavage et un marchand de verdure décorative, une boulangerie-cafèt avec une pub dans les toilettes censée redonner du (des)goût, pour attendre l’heure du retour, au chaud-sec
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• Autre zone de la gare la nuit, où j’attends le dernier car retour Toulouse-Albi à 23h23 (+ 1/4 d’h) (pas assez de clients pour un train…? raté le dernier de 21h20 à 5mn près, 2h passées en compagnie d’Hélène Bessette, de laissés pour compte divers et variés, de pauvres qui attendent le train de nuit pour Paris, de jeunes chiens curieux, …) avec, c’est nouveau, un message diffusé obsessivement-obscènement tous les 1/4 d’heure : » Nous vous rappelons que la mendicité est interdite dans l’enceinte de la gare »… (heureusement, ce n’est pas la voix de Simone!)
Petit car, qui ne peut pas s’arrêter en cours de route pour laisser descendre quelqu’un si l’arrêt de cette ville n’est pas prévu dans la desserte (« sinon, je risque de perdre mon boulot » explique le chauffeur), et où on ne peut monter sans tickets comme dans le train. Une jeune fille ne peut plus rentrer chez elle, un trop pauvre reste sur le carreau, ou plutôt sur le banc en pierre de la gare routière. A l’arrivée, dans l’avenue jouxtant la gare d’Albi, une femme en survêtement hagarde-égarée fait les 100 pas sur le trottoir d’en face sous une pluie battante à 1h1/2 du mat.
Il y a des jours où la vie semble plus belle que d’autres…

 


l’avenir dans les mains

27 février 2018

Le 27 mars va arriver à toute blinde, pour la « partie D’eux » de Faites-moi signe, on s’entend bien, à la Cave Po…
• Alors, j’ai été à Montpellier rencontrer Carlos Carreras, interprète LSF qui n’a peur de rien et grand expérimentateur-performeur, branché poésie. C’est Janick qui m’avait parlé de lui et qui nous avait mis en contact. (On peut voir plein de vidéo, qu’il a posté sur youtube).
Bon, il est trop occupé pour qu’on bosse ensemble ce coup là, il s’envole demain pour la Martinique, pour Billes de verre, éclats de plomb, un dialogue imaginaire entre Franz Fanon et Antonin Artaud…
Mais il m’a parlé de ça :
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J’ai capturé l’image sur une video qu’il a faite pour essayer les gants lumineux… Bien sûr que l’idée m’a enchantée!!!
• & puis, ces illustrations m’ont faite rêver, dans le livre d’Oliver Sachs Des yeux pour entendre : représentation du langage dans l’espace.
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• J’ai mis super Arthur sur le coup : il va falloir qu’on « invente » des machines-magie à faire voir le son… Il a commencé illico à carburer, des idées images-son dignes de Mélies, il m’a envoyé une photo de sa bible :IMG_74351_resized_1
• & puis hier, j’ai reçu un mail d’une copine de fac, la seule année que j’ai passé à Censier (et dans la rue contre la loi Devaquet). Elle est tombée sur Papa part, Maman… dans une librairie et l’a acheté en voyant mon nom. Puis, internet, et hop, une adresse mail pour un bonjour. D’autant qu’elle sera à Bordeaux en avril pour l’Escale du livre..!
& ce soir, en travaillant et regardant des docs, de site en site j’arrive sur celui de la revue Vacarme, avec le super dossier des sourds et des malentendus, dont un article qui porte son nom… Le monde fait les rapprochements au hasard, vous croyez?
• C’est le jour, d’ailleurs : comme je reliais (à ma façon, sur word..!) la volonté de l’abbé de l’Epée, en 1762, de mettre au point un alphabet à deux mains et une gestuelle assimilée à la structure syntaxique du français écrit, à Raoul-Auger Feuillet, danseur, chorégraphe et maître à danser, qui élabore en 1700 un système d’écriture permettant la notation des chorégraphies…(Son ouvrage « Chorégraphie, ou l’art de décrire la danse par caractères, figures et signes démonstratifs », aura un retentissement considérable pendant plus d’un siècle et demi.)


Béatrice Massin, grande dame de la danse baroque revisitée, m’envoyait une invitation pour un spectacle qui aura lieu la semaine prochaine…
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Ça donne très envie de retravailler ensemble (après notre Coco, le roi du balai) à un projet fou qui mêle baroque « déconnant » en gants phosphorescents et LSF…
• Ces coïncidences me font penser à Delphine aussi, à qui j’ai envoyé un mail la semaine dernière, et qui m’a répondu :
Chère Fabienne,
quand je reçois des messages comme le tien, je me dit que la transmission de pensée c’est très concret ! Parce que moi aussi je pensais à toi hier alors que je mettais à jour la page « sélection du moment » – sélection de livre s’entend ! – sur le site du Café Plùm. En ouverture, comme un frontispice, des mots de toi : « Penser que ciel commence à hauteur des semelles ».
• & puis, une « découverte » : en LSF, on écrit le L à l’envers, comme les lettres typo, pour les imprimer à l’endroit dans l’espace visuel de l’interlocuteur..!
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• & un nouveau verbe : néotomalalier (1er groupe)
Comment écrire dans un texte une action qui est spécifique aux sourds : s’exprimer en langue des signes, en un seul mot ? Henri Gaillard forge ce mot à partir du grec pour donner Noétomalalier.
Le terme se décompose en deux parties : noéto, être compris, intelligible (du grec noêtos), et alalie, sans parole (du grec alalia).
La définition donnée dans « L’Écho de la Société d’Appui Fraternel des Sourds-Muets » (1889) est la suivante : « Énonciation de pensées par gestes ».

Un peu de conjugaison (au présent, allez) pour finir..: (en se disant que c’est pas un cadeau à prononcer pour les sourds qui oralisent!!!)
Je noétomalalie
Tu noétomalalies
Il noétomalalie
Nous noétomalalions
Vous noétomalaliez
Ils noétomalalient….


laisser haler

13 février 2018

Hier, c’était le lundi au soleil. J’ai compris qu’ici, il fallait vite en profiter pour une longue virée en vélo au bord de la Loire; la preuve: ce mardi matin la neige fondue nous retombe sur la tête! Mais les petites pousses vert tendre sur les arbres et le chant des oiseaux le matin ne trompent pas : bientôt le printemps, ouf ! (déjà plus visible à Toulouse et à Marseille?)

D’ailleurs le soir, un message de Julie (dont je me souviens parfaitement!!), liant les 2 villes :
« Bonjour Fabienne,
Je suis Julie, on s’est rencontrées à Toulouse l’an dernier, j’étais dans le Master de Création Littéraire, j’habite Berlin. Je peux te donner d’autres mots-clés si ça ne fait toujours pas tilt : j’ai participé à ton interview au bol rouge et tu m’as dédicacé tous mes livres 🙂
Je suis actuellement en résidence au collège des traducteurs de Arles et j’adorerais pouvoir te revoir, à Marseille comme tu me l’avais proposé ou peut-être à Arles si tu passes dans les parages? Par ailleurs, j’ai fait découvrir ton travail à une amie traductrice Suisse et ce serait vraiment chouette de pouvoir te la présenter. »
Après la Loire, en mars aller voir le Rhône et la Garonne…

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we sur le motif à l’île d’Arz

13 février 2018

l’occasion pas loin d’ici d’allier la mer à la campagne, et de continuer à écrire sur l’eau..!!

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un temps de neige

6 février 2018

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le lundi au soleil

6 février 2018

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Après-midi :

atelier d’écriture avec une classe de 1ère littéraire ; 2ème rencontre. Leur donner des outils qui puisse les aider à écrire, libérés des contraintes scolaires (sauf qu’on est à l’école…), des fragments comme des briques pour s’amuser à construire, faire des expériences, chercher la curiosité et redonner du corps à la platitude…
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juste devant le grenier à sel

2 février 2018

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crue

1 février 2018

La Loire descend un peu, profiter d’un bout de ciel bleu pour une minuscule promenade jusqu’à ce que le chemin qui a réapparu soit vite coupé (et je n’ai pas de bottes en caoutchouc…)

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possibilités d’un plan de coupe

1 février 2018

Les Mousselines (le tissu, pas la purée…) appelées au XIXème  « eau courante, tissu d’air, brouillard » « qui était plutôt par sa finesse une vapeur qu’un tissu ».
Dehors, mercredi 31 janvier, il brouillasse toute la journée.

il y a toujours d’autres possibilités de conception…
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Comme les vêtements en un seul morceau de Geneviève Sevin Doering, qui ont fait leur chemin. Qui ne sont plus des « boîtes-à-corps » avec la couture d’épaule, mais qui se posent en équilibre sur les épaules et enveloppent le corps & lui laissent sa liberté. Le tracé d’une pensée.
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Une sorte de vêtement holistique?
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ou une surpeau, comme aujourd’hui pour aller dehors on utilise un suroît…
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projets

17 janvier 2018

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La photo du jour, qui rend bien compte de l’ambiance, avant de retrouver le « ailleurs » qu’ici pour les projets en cours ou à élaborer : ça bouge, des idées à cent à ‘heure, un arc-en-ciel…