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secours pop – 8

17 juin 2019

Réveil tôt pour être prête à l’atelier à 9h.
20190617_161213Aujourd’hui, c’est le dernier atelier de la saison (je me surprends à penser heureusement, car il n’y a qu’une seule personne jusqu’à 9h45, la jeune Mme Boukbir, qui n’a pas pu venir les fois précédentes car sa fille était malade, quand Nafisatou arrive comme une fleur…)

Il y aurait eu un autre atelier, et j’étais seule?
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Décris-moi l’endroit, la ville, le pays d’où tu viens, je n’y suis jamais allé.

• Mme Boukbir
Je viens du Maroc. & je suis fière d’être marocaine. Au Maroc, les gens accueillent les visiteurs étrangers comme s’ils venaient de la famille.
Parce que c’est une tradition marocaine, le patrimoine marocain est un grand patrimoine, connu dans le monde entier.
Moi je suis née à Aït Ishaq, un petit village de montagne inconnu entre les montagnes de l’Atlas, dans lequel je connais toutes les familles.
Chez nous, on n’a pas besoin d’un rendez-vous pour aller visiter la famille, chez nous on ne ferme pas les portes toute la journée, je peux rentrer chez la voisine le temps que je veux et je peux faire comme je veux, comme chez moi, parce qu’il y a toujours des femmes à la maison, les femmes ne travaillent pas, mais tout ça on ne peut pas le voir dans des grandes villes. Dans ce village, il n’y a que des maisons, il n’y a pas de grands bâtiments.

Pour écrire, le traducteur sur le téléphone aide à trouver les mots.
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J’écris pour Nafisatou, c’est donc une langue plus orale :
• Nafisatou :
Conakry, c’est une grande ville. Là où j’habite, c’est Kamsar, à 3 ou 4 h de Conakry. C’est beau, y’a beaucoup de sociétés canadiennes, pour exporter la bauxite, c’est au bord de la mer.
Y’a beaucoup de blancs qui travaillent là-bas, ou en vacances. Y’a une grande cité, des sociétés. Là-bas, quand tu travailles, tu vis bien.
On vivait en famille, avec les parents, la famille de mon mari. Ma belle mère était très jalouse. C’est pas toujours facile, mais c’est comme ça chez nous ; tu veux sauver ton mariage, tu acceptes tout.
J’ai pas visité tout le pays, je connais pas beaucoup.
Chez nous, quand tu travailles, tu vis bien. On peut toujours se débrouiller, presque tout le monde. On aime accueillir les étrangers.
J’aime la capitale, mais je n’aime pas rester là-bas, trop de banditisme, c’est agressif, des gens qui volent. Quelqu’un ne peut pas me voler comme ça, je fais attention. La nuit, tu es dans ton coin, quelqu’un peut venir, j’aime pas rester là-bas. J’aime les endroits tranquilles. Comme ici, pas une ville trop en mouvements.
On a quitté mon pays, maintenant on est en France. J’y pense, mais mes enfants me font oublier.
Si tu as les moyens, tu paies ton terrain, tu construis comme tu veux à la capitale, comme ça tu es tranquille. Si au village tu as du terrain, tu n’as pas besoin de payer.
Je préfèrerais habiter une maison, mais là où il y a du travail.
J’ai 3 copines qui ont des papiers, mais pas de travail.
En Italie, les personnes âgées restent chez elles, il n’y a pas de maisons de retraite, il y a du travail, les gens en ont besoin. Ici c’est plus difficile.
Si tu as des papiers & pas de travail, c’est comme si tu n’avais pas de papiers.
J’aime pas rester comme ça, je suis une femme indépendante.

• Puis les 2 femmes discutent :
— Chez nous, il y a la montagne et la mer, pas de désert.
— Pour y aller par Air Maroc, ça coûte 400 € A/R, mais des fois tu perds ta valise lors des escales. Par Air France, c’est 1000 €, pas d’escale, mais je préfère. Pour venir, le visa, tu peux payer 6 000, 7000 €. C’est pas le visa qui est cher, c’est le business des gens qui en profitent.
— Mon frère m’a dit : — Ma sœur, si je savais qu’en Europe c’est comme ça, je serais resté là-bas.
Si tu as une idée dans la tête, on peut te dire ce qu’on veut, tu ne crois rien. Tu penses qu’en Europe tout le monde a les nouveaux téléphones portables, qu’on fait ce qu’on veut, qu’on vit bien.
— Je voudrais faire du commerce, j’aime ça, parler avec les gens. Il faut se battre, tu es libre. Y’a pas quelqu’un derrière toi qui te dis c’est bien, c’est pas bien; t’es pas esclave. Il faut tenter sa chance, mais pour ça il faut de l’argent.
— Si Dieu me donne un peu d’argent, c’est ça que je vais faire : je vais en Italie, c’est moins cher, les vêtements, les sacs, je ramène ça au pays, je connais leurs goûts.
Je veux que mes enfants soient heureux.
— On est là à cause des enfants. Sinon…
Je suis divorcée, ma fille ne peut pas sortir du pays sans l’autorisation du papa.
Toute ma famille est en Espagne. Mon frère vient de monter son commerce de légumes, depuis lundi dernier.

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Une dernière question avant de se séparer, et en pensant au travail à faire pour le 17 octobre prochain :
Pour vous, c’est quoi la Misère ?
— T’as l’envie et le courage de faire des choses, mais tu peux pas le faire.
Il y a aussi la misère de l’argent, quand on est pauvre.
— Elle a tout dit !

On s’embrasse en se souhaitant plein de bonnes choses, des papiers surtout, et du boulot!!


atelier d’écriture du lundi n° 15

17 juin 2019

Manée m’a prêté le livre d’Hervé Brunaux, Leçons de choses, au Dernier Télégramme, dont voici des extraits :

20190614_091855 20190614_092012 20190614_092109 20190614_104604 20190614_091948 20190614_104556 20190614_092058

& vous, mêlez votre quotidien, pensées et activités personnelles, depuis 1 ou 2 semaines (ou plusieurs mois), et l’extérieur qui s’y télescope : des choses du monde, auquel(les) vous avez été confronté(es), dont vous êtes au courant, qui vous arrivent par divers moyens de communication…
Trouvez une forme qui vous convienne pour marquer la modification dans la répétition ou le défilé  du temps.
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Avant l’atelier, Sylviane passe faire un coucou, en allant à l’inauguration au bout de la rue du restaurant indien (Aroma, 8 Quai DE RIGNY) ouvert récemment par Salamat, jeune pakistanais dont elle connait bien toute la famille (et la cuisine : — De toute façon j’ai mangé chez eux, je sais qu’ils cuisinent bien, les hommes plus que les femmes !) depuis qu’elle donne des cours de français, et qu’elle a aidé pour que ce projet aboutisse (le banquier est invité, les gens du Cada qui se sont occupés de lui, la dame de la mairie qui s’est occupée du dossier, etc..!) La Montagne va bientôt faire un papier sur tous les restaurant de Tulle, dont Aroma…
Elle voudrait venir l’année prochaine à l’atelier d’écriture, nous discutons jours et heures.

Puis, voici Agnès, la 1ère arrivée, puis David, et Sylvie.
Hélène se fait opérer justement aujourd’hui, on la retrouvera à la rentrée, et Manée est à Paris, pour l’exposition de Marc Pataut, mais fera j’espère ses devoirs à la maison!
20190617_115542Jean-Pierre et Zoé passent en coup de vent direction Saint-Pardoux, en venant directement d’Augerville; ils devaient arriver avant, et on aurait eu un peu le temps de causer, mais là, je mets dans les bras de Jean-Pierre les choses préparées pour lui (les phrases en verre, de la colle invisible pour le verre ocazou, Dans les choux et l’affiche du FJT!) et ils filent, car c’est l’heure passée de commencer l’atelier! C’est le dernier de cette saison.
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David :
Dans ma vallée perdue, la rivière coule toujours mais c’est jamais la même eau.

Samedi en juin.
Je me suis exercé à sauter en VTT, se retrouver en l’air sur un vélo c’est pas naturel, tellement grisé par cette séance, je me suis ramassé la gueule par terre, je suis rentré chez moi tout esquinté.
Au Mali, un village Dogon a été rayé de la carte.

Dimanche au mois de mai.
J’ai passé mon dimanche matin à clouer des liteaux sur mon toit, jusqu’à 11h, la chaleur rendant toute tâche insupportable, je suis redescendu me mettre à l’abri.
Sur l’Everest, 11 personnes sont mortes, de folie et de froid dans la zone de la mort, dans un embouteillage. Chaque année ça recommence.

Vendredi en mai.
Je me prépare à accueillir des jeunes en médiation pour une exposition d’art contemporain, mon pneu arrière gauche éclate peu avant d’arriver, j’étais en avance, je suis en retard, j’ai les mains toutes noires.
En Sibérie, les ours polaires attaquent les gens, ils n’ont plus rien à bouffer, les glaces ont fondu trop tôt. Tout est déréglé.

Samedi en juin.
Aujourd’hui pas de vélo, il y a des champignons et c’est prioritaire sur tout. Je suis avec mon fils dans les bois, c’est beau, ça sent bon, on remplit nos poches en plastique de girolles. Ce soir, ce sera un régal avec un bon Cahors.
En Inde, sept personnes sont mortes en nettoyant la fosse septique d’un grand hôtel. C’est atroce et pourtant ça m’a fait rire. J’ai honte.

Dimanche au mois d’avril.
Je suis à côté de notre ruche. Ça s’agite là-dedans avec les belles journées, les premières floraisons, la colonie est devenue très forte. C’est fascinant à observer, peut-être aurons-nous un peu de miel, si tout va bien.
Tous les jours on parle des abeilles, et c’est pas gai, ça me rend misanthrope, limite haineux du gâchis planétaire dans lequel on se complait. Autant pour moi.

Dimanche au mois d’avril.
Ce matin, je vérifie ma grille de loto de la veille, je suis comme tous ces milliers de pauvres glands qui croient qu’un simple coup du hasard peut les sortir de leur condition.
En Angleterre, deux super-glands ont gagné au loto plus de 20 millions d’euros en utilisant une carte bleue volée. Ils sont aujourd’hui en prison, encore plus pauvres qu’avant.

Mercredi au mois de juin.
La box internet vient de rendre l’âme. Pour mon fils, c’est la fin du monde, l’apocalypse, l’enfer et la désolation ; à la maison tout le monde râle, j’adore.
Une gigantesque panne de courant vient de priver la moitié de l’Amérique du sud d’électricité. J’imagine l’ambiance dans les maisons. Ça doit être torride.

Sylvie :
Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Le robinet de la salle de bain fuit, il faudra bien que je prenne le temps d’appeler le plombier.
La semaine dernière, c’était jeudi, B. m’a laissé 4 messages pour me dire qu’il venait d’être arrêté par les gendarmes alors qu’il pointait quotidiennement à la caserne de la rue de la Botte. Il a été conduit dans un centre de rétention, on appelle ça un CRA. Les gendarmes lui ont fait peur et lui ont dit, au moment où ils le menottaient, qu’il avait un billet d’avion pour le soir même pour Kinshasa. Je ne sais pas quoi faire.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Ce matin pour la première fois ce printemps, j’ai mis les volets en tuiles. Le soleil est déjà chaud.
En écoutant la radio, ce que je fais chaque matin, une femme politique parlait de son engagement pour l’environnement et de cette idée qu’il fallait démanteler les centrales nucléaires. C’est un nouveau chantier économique. La France possède des savoirs-faire dans ce domaine.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Depuis plus de 3 semaines, je dois porter une grande gouache chez l’encadreuse. Elle part à la retraite à la fin du mois et je voudrais lui confier ce dernier travail.
Dimanche soir sur la route en rentrant de Périgueux, j’ai écouté du théâtre radiophonique. Une pièce d’une jeune dramaturge écossaise — associée au théâtre d’Edimbourg — était jouée. Une histoire de démon qui redoute l’amour et le désir, et qui pour cela va anéantir l’Europe et faire de la Méditerranée une frontière dangereuse et infranchissable.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Les asperges étaient très belles au marché. Asperges sauce mousseline ou en risotto ? Je peux en prendre un peu plus pour faire les 2 recettes.
Je me souviens avoir lu un grand article, posté sur les réseaux sociaux, sur les commémorations du débarquement du 6 juin 1944. De larges extraits des mémoires du général de Gaulle y étaient retranscrits. Il expliquait pourquoi il refusait de participer aux côtés des anglais et des américains à ces commémorations qu’il considérait comme la commémoration d’une invasion.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Une vieille dame que je visite régulièrement vient de m’apprendre à faire du crochet. Je connais maintenant 3 points.
En Malaisie, les bateaux remplis de plastiques et d’ordures n’ont pas pu accoster. Ils ont été rejetés. Beaucoup d’images de plastiques sur les mers, d’oiseaux faisant leur nid avec des déchets, de poissons morts étouffés, d’arbres dont les branches attrapent des sacs poussés par le vent.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Enfin j’ai pu mettre mes nouvelles chaussures rouges, elles brillent un peu. J’ai aussi pu mettre du vernis sur mes ongles de pied. J’aime bien cette fantaisie.
En parlant avec une voisine, elle me signale une femme — 65 ans environ — qui semble dormir dans la rue. Je prends quelques renseignements et la rappelle dans la soirée : cette femme a maintenant un logement mais elle a vécu dans la rue autrefois. Les services sociaux la connaissent.
Ma voisine est un peu rassurée, mais ce n’est tout de même pas la réponse qu’elle attendait.

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Les orchidées de la cuisine sont en fleur, sur les 5, 4 ont des fleurs : rose parme, tachetée de rouge sombre, blanche bordée de rose avec le cœur jaune, blanche veloutée. Il faudra aussi que je prenne le temps de rempoter quelques plantes du balcon, j’ai un petit arbuste qui commence à souffrir dans son pot trop petit.
Je viens de terminer la lecture d’un livre qui s’appelle « Pourquoi l’amour c’est si compliqué », il a été écrit par un médecin anthropologue et sexologue. Sa question est de savoir pourquoi il y a tant de violences entre les hommes et les femmes et tant de malentendus. On parle d’égalité Homme-Femme…

Chaque matin j’ouvre mon agenda, (il est griffonné de rendez-vous).
Ma plaque d’immatriculation est tombée, hier soir, je l’ai raccrochée avec un trombone, c’est tout ce que j’avais sous la main. Un peu ridicule, je sais, quand je suis allée chez le garagiste.
Chaque matin j’ouvre mon agenda, il est griffonné de rendez-vous. J’ai toujours peur de l’oublier quelque part, d’oublier une rencontre, de ne plus me souvenir.
Depuis 1987, je les garde.

 


le dimanche au soleil

16 juin 2019

20190616_120431Comme hier j’ai fini de travailler sur le blog à 2h du mat, je me réveille à 10h, du soleil par a fenêtre, qui rentre dans ma caverne !

C’est trop tard pour aller à la piscine comme je le projetais,
j’ai pas envie de speeder et c’est un peu loin à pied,
et ça ferme à 13h le dimanche (!), + évacuation des bassins 20 mn avant…

Du coup, s’installer au soleil de l’encadrement de la porte enfin ouverte en grand, faire le lézard travailleur, se recharger en chaleur (& les tullistes compensent leur manque de vitamines D en mangeant du foie, des abats et du bon fromage plutôt que de l’huile de foie de morue, des sardines ou des rollmops?!)
20190616_125230Reprendre des forces et moins se sentir moins éloignée de sa vie marseillaise (même si y’a pas la mer et que l’horizon de la cour est bouché!)
Faire quand même gaffe à ne pas prendre un coup de soleil, car qui après croirait à la pâle peau de pluie des tullistes citadins.?!
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En profiter même si j’ai faim (alors manger des carottes on the rocks et une poignée de cerises!) car le soleil ne reste pas très longtemps au bord de ma caverne, et ça me fait un bon moteur, de travailler au soleil avec chants d’oiseaux.
Manée m’a apporté une petite table que je mettrais dehors tout à l’heure, mais il manque une chaise longue! (enfin, pour 2h d’utilisation en 15 jours, ça ne fait pas partie du mobilier indispensable..!)
& en repensant à ce que disait Jeanne vendredi soir, bientôt nous serons des migrants,Tulle sera plus près de la mer et mon cabanon aura disparu…
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D’ailleurs, Manée, qui est à Paris avant le vernissage demain de l’exposition de Marc Pataut au Jeu de Paume, doit visiter d’autres expos ce dimanche et m’envoie une vue de la caverne :
IMG_5705
20190616_173444Justement, pour échapper à la caverne, je vais un peu travailler au Lieu/Lien où le soleil entre, après être passé par des chemins détournés au-dessus de la ville
20190616_17343420190616_174530Jusqu’à une récré au soleil du Globe ;
ça doit être pas mal d’habiter là-haut en face!
En hiver, le pâle soleil chauffe l’appartement?

Ça me fait penser à Gilles, qui hier était furieux d’avoir été mis sous curatelle (sans être prévenu…) par son assistante sociale après une facture impayée d’edf de 1500 euros.
— Ils m’ont privé de ma liberté, c’est grave !
Même s’il a maintenant un peu d’argent sur son compte (gagné aux jeux de hasard), il ne peut pas l’utiliser, il a été placé « pour son bien » et sans son accord… (mais il surveille tout de près, car un détournement est vite arrivé, pense t’il…)
& il s’inquiète de savoir de combien il va pouvoir disposer pour ses grandes vacances à Bordeaux, chez son copain, avec leur escapade prévue 15 jours à Barcelone, dans la famille du copain…

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&/mais si on est à Paris,
ça doit être pas mal d’aller au Jeu de Paume
à partir de mardi (jusqu’en septembre!)
Marc Pataut de proche en proche

Avant-propos de Quentin Bajac dans le catalogue d’expo :
« L’exposition « de proche en proche » de Marc Pataut (né à Paris en 1952) au Jeu de Paume présente une sélection d’une vingtaine de projets photographiques réalisés entre 1981 et aujourd’hui. Confrontant des œuvres issues de différentes séries, elle met en avant la manière dont le travail documentaire de Marc Pataut traite du rapport des individus à eux-mêmes et à la société.

L’œuvre de Marc Pataut porte la trace de sa formation, au début des années 1970, dans l’atelier du sculpteur Étienne-Martin à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (où il enseignera lui-même la photographie de 2001 à 2018). Depuis les années 1980, après un court passage par l’agence Viva, il se consacre à une production artistique, nourrie de débats, d’échanges et de luttes, au premier plan de laquelle s’inscrivent les dimensions humaine et politique.

Ses expérimentations, fondées sur la collaboration qu’il instaure avec les personnes associées à la conception de ses œuvres, émanent du contexte dans lequel il intervient : l’artiste prend en compte l’histoire des lieux, le domaine d’activité des personnes et leurs situations sociales.

Tout en inscrivant le travail de Marc Pataut dans une histoire du portrait photographique, ce volume souligne la dimension humaine d’une démarche inspirée par les liens qu’il articule entre corps et territoire, ainsi que l’intérêt de l’artiste pour l’éducation populaire : « C’est se cultiver, mais aussi faire en sorte que les autres se cultivent, c’est produire de l’invention, c’est pour moi l’idéal de l’institution. C’est à la fois travailler pour soi et pour les autres, une interface entre moi et le monde. Cela pourrait être ma définition de la photographie. »

& une petite visite préparatoire, vue sur Slash :
Les deux débuts
Le travail effectué à l’hôpital de jour d’Aubervilliers en 1981 est fondateur de cette démarche. Intervenant « infirmier-photographe » à mi-temps, il donne des appareils photo à un groupe d’enfants souffrant de troubles psychotiques. Marc Pataut découvre, dans la pratique photographique des enfants, un rapport au langage et au corps qui le bouleverse.
« J’ai compris qu’un portrait n’est pas seulement un visage, que la photographie passe par le corps et l’inconscient, par autre chose que l’œil, l’intelligence et la virtuosité. De l’hôpital de jour, je retiens qu’on peut photographier avec son ventre, que le portrait est un rapport de corps — comment je place mon corps dans l’espace face à un autre corps, à quelle distance. »

En 1986-1987, il entreprend une série de photographies de son propre corps. Il réalise un ensemble de onze cadrages en gros plan de son ventre pour exprimer la violence subie par d’autres corps. Il intitule ce travail _Apartheid _et le présente sous deux formes : en affiches sur des panneaux publicitaires de 3mx4m dans la ville du Blanc-Mesnil et en tirages argentiques encadrés, dans la mairie. Parallèlement, il réalise Mon corps, une série inédite composée d’une multitude de photographies. Ces trois séries ancrent l’engagement de l’artiste avec le médium photographique dans son rapport intime au corps et au portrait et composent une partie importante de l’exposition du Jeu de Paume.

Le portrait
En 1989, l’artiste commence à travailler le portrait. Marc Pataut. de proche en proche met cette pratique en évidence de manière non chronologique afin de confronter des œuvres de différentes séries et formats les unes aux autres. Le visiteur découvre ainsi un large corpus du travail sous la forme de tirages argentiques, mais aussi de documents et de publications : Aulnay-sous-Quoi ? (1990-1991), un travail réalisé avec une classe d’élèves de seconde d’Aulnaysous-Bois à partir de lettres de lycéens résistants condamnés à mort en 1943 ; Emmaüs (1993-1994), des portraits pris à différentes distances de compagnons d’Emmaüs à Scherwiller en Alsace ; Humaine (2008- 2012), des portraits de trois habitantes volontaires de la ville de Douchy-les-Mines ; enfin, une série de portraits réalisée avec six patients et deux soignantes du centre psychiatrique de jour Victor-Hugo, à Béziers, intitulée Figurez-vous… une ronde (2012-2016).

Ne Pas Plier
En 1990, il fonde avec Gérard Paris-Clavel, Ne Pas Plier, une association engagée dans une lutte contre la société néolibérale et sa culture publicitaire utilisant le rassemblement, l’image et la parole dans l’espace public. En 1996-1997, ils collaborent avec Médecins du Monde qui cherche à mettre en évidence la difficulté d’accès aux soins pour des personnes sans-abris. Intégrant la participation de SDF, vendeurs salariés d’un journal aujourd’hui disparu intitulé La Rue, le projet se concentre sur leur pratique de l’espace public en leur permettant de photographier cet environnement, puis de publier les images dans le journal. Ainsi naîtra une longue amitié avec l’un d’eux, Antonios Loupassis (1950-2017), un architecte d’origine grecque, dont la pratique photographique est exposée dans l’exposition.

Le territoire
De 1994 à 1995, Marc Pataut photographie les habitants du Cornillon, un terrain vague situé à l’emplacement du futur Stade de France à Saint-Denis.
« En novembre 1993, le site du Cornillon, dans la Plaine Saint-Denis, a été retenu pour être celui du Grand Stade où devait se dérouler la Coupe du monde de 1998. Avant de devenir le lieu médiatisé d’un événement mondial, ce terrain de vingt-cinq hectares était le territoire d’un petit nombre de personnes, que les expulsions ont peu à peu chassées avant que ne commence le chantier dont les cabanes ont été démolies lorsqu’il s’est ouvert. J’ai compris qu’ils étaient sauvés par leur rapport à l’espace, au ciel, aux plantes et à la nature. Ils entretenaient un rapport d’intimité avec un territoire très vaste. »
Le Cornillon-Grand Stade a fait l’objet d’une publication (Ceux du terrain, Ne Pas Plier, 1997) et a par ailleurs été exposé à la documenta X de Cassel.

L’éducation populaire
À la demande de deux responsables de l’association Peuple et Culture Corrèze (2001-2002), Manée Teyssandier et Philippe Salle, il rencontre, photographie et filme des hommes et des femmes qui, chacun à leur manière, définissent le « pays de Tulle ». Cette enquête, intitulée Sortir la tête, est exposée dans des villages autour de Tulle, puis dans l’exposition intitulée Des territoires qui se tiendra à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2001. Cette œuvre transmet l’intérêt que l’artiste porte à la question de l’éducation populaire. À ce propos, il explique :
« C’est se cultiver, mais aussi faire en sorte que les autres se cultivent, c’est produire de l’invention, c’est pour moi l’idéal de l’institution. C’est à la fois travailler pour soi et pour les autres, une interface entre moi et le monde. Cela pourrait être ma définition de la photographie. »

& pour finir la soirée, un message de José (et de Brian Eno), alors que je suis en train de préparer les ateliers d’écriture de demain (pages blanches…) :
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un trou de pluie d’une semaine

16 juin 2019

lundi pluie
20190610_133521C’est férié, pas d’atelier d’écriture aujourd’hui faute de participant(e)s, (mais mettre au point le texte qui présente sur place la Forêt du souvenir)…
A la place, un pique-nique royal avec Iris et Manée, et un gros bouquet de fleurs!
Qui fait du bien alors que le ciel nous tombe sur la tête, drôle de Pentecôte.

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Du coup ce matin, fallait réagir pour se mettre du soleil au cœur ; l’occasion de sortir mes belles bottes (d’occase, exprès pour Tulle!!) en caoutchouc roses, faut c’qu’y faut, et la petite veste fleurie de Violaine! (j’ai pas mis de pull chaud dans ma valise, erreur..)Capture d’écran 2019-06-10 à 21.00.24
Mais faut croire au soleil pour jeudi, avec la fête du Foyer des jeunes travailleurs, et vendredi soir, pour nous!

Je finis la lecture de Papiers de Violaine Schwartz (POL), dont voici une page d’écriture d’un entretien :
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Pour le projet autour de la linotype du Populaire du Centre, j’ai besoin de documents comme ces manuels techniques.Capture d’écran 2019-06-11 à 10.13.36
Je suis touchée en voyant les marques noires de doigts sur les pages, qui me rappellent des heures lointaines de réparations, à consulter les manuels pour mieux comprendre les petits détails techniques;Capture d’écran 2019-06-11 à 10.14.51Capture d’écran 2019-06-11 à 10.15.48
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Puis, un rdv au CDI du lycée, avec Manée, qui retrouve son ancien bureau dans la salle de réunion! Penser à un projet pour l’année prochaine (là tout de suite, la réforme de la rentrée désorganise les possibilités.)

Moi je suis contente de voir cette affiche sur le poteau!

Manée me rapporte cette parole d’un enfant, que j’adopte aussitôt : Tulle est un trou de pluie

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Puis dans l’après-midi, je vais à PEC, en suivant une famille canard le long de la Corrèze; j’arrive juste à temps pour voir Barbara Métais-Chastanier, autrice et dramaturge qui sera accueillie en artiste associée, la saison prochaine au théâtre L’Empreinte :
« Barbara Métais-Chastanier proposera chaque mois un cycle de tribunes, des ateliers d’écriture et de lecture à voix haute ouverts à tous. La Femme® n’existe pas et Nous qui habitons vos ruines seront présentés cette saison. Elle compose, dans le cadre du temps fort de lancement de saison et d’inauguration de la Scène nationale, une nuit ouverte au Théâtre de Brive, le vendredi 12 octobre de 20h à 8h, sur le thème de la nuit.
Les tribunes:
Pensées en dialogue avec la programmation, ces rencontres nous invitent à penser, interroger ou mettre en critique le monde dans lequel nous vivons. Les regards singuliers de chacun de nos invités nous permettront de continuer à faire résonner les questions soulevées par les différents spectacles présentés cette saison.

Destiné à toutes et tous, qu’elles ou ils soient amoureux ou non du théâtre, le pratiquent ou ne le fréquentent pas, ce cycle de débats permettra de mettre en partage les questions qui agitent notre époque, et permettra d’interroger du même coup la place qu’occupe le théâtre aujourd’hui. Au cours de ces rendez-vous réguliers, nous chercherons avec nos invité.e.s à déplier cet endroit d’où le théâtre pense le monde et le réfléchit : en quoi sommes-nous prêts à croire ? Est-on dément lorsqu’on agit de façon démente dans une société démente ?

Comment vivre une vie juste dans un monde qui ne l’est pas ? Voilà quelques-unes des interrogations qui guideront nos rencontres au cours de cette année. »

Justement, voici l’article de Serge dans l’Echo, à propos de Bobo :
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& avant de partir, je récupère le flyer pour vendredi, et nous décidons des A3 qui seront affichés.
9 juin distrib large-1
Puis au courrier, à l’adresse de PEC, une lettre de Violaine avec des chaussettes pour être belle et bien dans mes pompes..! (Les chaussettes hautes en cette saison, c’est pas du luxe!!)
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mercredi pluie
Justement le lendemain, ça pleut et ça caille, quand on se retrouve à 9h1/2 à la Forêt du souvenir!!
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On installe une table pour poser et préparer les affaires,

et nous faisons un 1er essai d’accrochage des regards,
déterminer leurs emplacements et hauteurs, et techniques d’installation…20190612_095246 20190612_101819IMG_5595IMG_5598
IMG_5592Manée m’apporte une cape-imper qui protège un peu de la pluie et du froid, mais on a tous froid aux doigts, le 12 juin…

Elle fait un petit reportage photo, ainsi que Serge, pour annoncer l’inauguration de vendredi dans l’EchoIMG_5630
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On observe que les regards à lunettes sont plus « contemporains » que les autres…
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En rentrant de la matinée d’installation, 1/4 d’h sous la douche brûlante pour se réchauffer (et ré-apprécier l’eau qui tombe!) et se décoincer un peu le dos…
& un petit tour à PEC, en marchant vite, ça réchauffe, pour le texte A3 à afficher aussi, en vertical cette fois, sur la vitrine du lieu/lien…
foret V3-2foret V3-2-1
foret V3-2 2Sans titreLe soir, un message du Secours pop puis de resf,

malheur du calendrier et du choix des heures,
on ne pourra pas être partout…
pet

jeudi soleil
20190614_142306L’article de Serge est paru dans l’Echo,

alors que nous poursuivons l’installation,
mais aujourd’hui avec un temps agréable
(il serait temps, justement!!)
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Si jamais cet article peut faire venir quelques personnes, ou donne envie d’aller voir ce bel endroit entouré des jardins ouvriers…
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Iris, que nous voyons ici sous haute protection, nous apporte un super pique-nique et fait des photos de travailleurs en mouvement(s)…
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David, qui aime être dehors, dans la nature, dit qu’on est mieux là qu’au bureau…
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Provenant de différents documents souvent petits, photos d’identité, de famille, etc, vu de près certains regards sont très pixelisés, ou comme celui-ci devenu pictural, comme échappé d’une fresque italienne
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DSC03093DSC03104DSC03102DSC03095DSC03094 DSC03096DSC03112DSC03100 DSC03088 20190613_120136 20190613_114806 DSC03119DSC03117
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• Le soir, nous passons de ces regards aux portraits joyeux affichés sur la façade du Foyer des jeunes travailleurs, pour une fête de quartier à l’ambiance bon enfant avec un public mélangé de tous les âges.
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Patrick Fabre
, le photographe, est bien sûr là, ainsi que son grand fils, qui habite à Toulouse et œuvre à ouvrir des squats pérennes…
20190613_191451C’est aussi pour moi l’occasion attendue de présenter Adama, qui a fait de la radio en Guinée, à Stevelan (qui a sa photo sur la façade!) de la radio locale associative Bram fm

La nourriture a été préparée la veille avec le ROC (c’est délicieux!), et les occupants du FJT tiennent les stands de bouffe et le bar.
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Parmi les stands, il y a les 2 gars de Terror Print, de Limoges, qui font (faire) des badges et de la sérigraphie. Ils ont repris et adapté pour ça des formules et des textes de mon cru, et j’en suis bien contente!!
On aura bien l’occasion de se revoir!

Ici Gaëlle en plein tirage, pour le blouson de son fils (qui a un gros badge de KKC Orchestra, le groupe hip hop phare qui joue à 20h20), et une affiche!
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Les affiches (1ère impression noire en photocop sur des papiers de couleur!) sont une libre adaptation des Outils utiles..! :
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J’aime bien celle imprimée en blanc sur blanc! Bien sûr, je ne pense pas à leur en demander plusieurs pour donner à Manée et à Jean-Pierre, mais José m’a dit le lendemain qu’il m’en gardait une sous le coude…
Je pars à 21h30 quand je commence à m’ennuyer, d’en avoir plein les oreilles, et le dos avec l’humidité, et l’atelier d’écriture du lendemain à préparer… mais ça s’est poursuivi en musique jusque très tard, parait-il…
— En rentrant, je lis le mail de Julie, la professeur de français des 6ème6 de Villeparisis, qui ont fait le petit travail que je leur ai demandé, voici la 1ère fiche :
Livret de vie
Mon portrait : physique et psychologique
Je m’appelle Alya. Je suis une fille, j’ai les yeux verts et marron, j’ai des cheveux  chatain clair et mi-longs. J’ai 11 ans et je fais 1m60. Mon porte-bonheur est chichou mon doudou de naissance, je le traine partout avec moi. Je me trouve ouverte d’esprit à l’écoute de mes amis, famille et camarades de classe mais je suis trop curieuse parfois j’aime tout savoir sur tout.
Mes passions
Mes passions sont la danse le chant et l’apprentissage de poésie. J’adore les maths mais je n’aime pas trop le français au niveau des classes grammaticales et de l’orthographe.
Ma vie en adulte
Je veux devenir orthodontiste ou assistante en cabinet d’orthodontie.
Le monde dans 10 / 20 ans
Déjà il n’y aurait plus de racistes, puis plus de pauvreté, que des classes moyennes ou riches pour les plus chanceux au niveau économique (plus de SDF, plus de sans-emploi et que des familles heureuses).
Ce qui est trop difficile à écrire / dire
Mon harcèlement : j’ai du mal à le dire c’est un sombre chapitre de ma vie car ces personnes ne se sont pas arrêtées à la violence verbales mais ils se sont permis de me frapper mais ce qui m’a fait le plus de mal c’est que mes propres amis se sont retournés contre moi c’était horrible maintenant j’ai du mal à faire confiance aux autres.

Je ne sais pas encore ce que je vais faire avec tous leurs documents… Ce n’est pas rien!
et Rdv dans 10 ans?

vendredi menaçant, pluie du soir
De 9 à 11h, l’atelier d’écriture du Secours pop…
Jour et horaires mal choisis, car beaucoup vont à la mosquée…
Ce matin, comme d’hab : Adama, Mohamed, et Nafisatou.
La consigne du jour :
Votre quotidien, pensées et activités d’une semaine depuis vendredi dernier, et l’extérieur qui s’y télescope.

Adama
Vendredi 07/06/
Journée un peu trop chargée par rapport à différentes activités.
Matin, un rendez-vous au CADA le ROC pour le dépôt et envoi de mes dossiers et les différentes preuves pour la CNDA (attestations, photos).
Dans l’après-midi vers 14h, je suis allée à l’épicerie sociale récupérer l’aide alimentaire.
A 14h30, je suis allée assister à l’assemblée générale du Secours populaire, où presque toute la cérémonie a été une réussite totale, avec des discours émouvants où toute la salle était en larmes parce que on a été honoré à plus d’un titre. « Merci Maman Aysé » pour tout.
Après l’assemblée, tout le monde s’est dirigé vers le dépôt du SP pour son inauguration (on a eu le plaisir de recevoir les autorités en place, moi particulièrement j’ai serré la main à Mr Hollande (une joie immense encore) « Merci Maman Aysé ».
Après l’inauguration on a mangé, dansé, chanté, photos.
• Le samedi il y a eu la braderie chez nous, de belles choses et il y a eu beaucoup de gens.
• Le dimanche repos, lundi jour férié.
Mardi aux resto du cœur, j’ai vu les gens m’apprécier, causer de mon sourire, ma taille, ma tenue, mon teint.
Mercredi au SP, pour la distribution alimentaire.
Jeudi matin, mon assistante du CADA m’appelle pour me poser quelques questions sur les preuves que mon avocat a reçu.
La bonne nouvelle aussi était que ma voisine a eu sa protection pour 10 ans, la nouvelle était tellement bonne qu’on a toutes les deux pleuré 5mn sans se rendre compte, elle a fait plein de bénédiction pour moi aussi pour que mon résultat soit positif.
L’après-midi, je suis allé à la distribution alimentaire du SP.
Le soir, j’ai assisté à la cérémonie que le CADA de Tulle a organisé, j’ai été présentée à un journaliste.
A 21h, j’ai commencé à regarder ma série.
• Ce matin, je suis allée à l’atelier d’écriture.
(une semaine de réussite).

Mohamed
• Le 7 juin 2019, c’était l’inauguration du Secours Populaire de Tulle FD Corrèze.
A ce sujet, j’étais dépassé par l’émotion qui m’a frappé lors de l’assemblée générale.
A l’inauguration, il y avait l’ex président M. François Hollande qui était comme l’invité de cette cérémonie. Pour tous, pour moi, je ne pourrai pas tout expliquer de l’honneur que j’ai eu en tant que bénévole dans la fédération.
Notre secrétaire générale, Mme Aysé Tari, qui est notre maman qui nous fait vivre comme on a notre maman avec nous, tous les jours, très joyeuse, très sympa ; grâce à cette maman j’ai pu serrer la main au président François Hollande. Les mots me manquent pour dire l’honneur que j’ai eu.
Cette cérémonie était une réussite dans ma vie.
• Du samedi au lundi, je me reposais à la maison.
• Le mardi, je faisais la distribution alimentaire.
• Hier jeudi, 9h à 12h, j’étais au Secours populaire pour préparer la distribution du soir. A 14h, j’ai remplacé Yohann à la distribution de viande. C’était ma 1ère fois de le faire, mais je m’en suis sorti.
A 17h30, comme j’étais invité avec mon assistant social ROC, je me suis présenté au lieu de cérémonie.

Nafisatou
vendredi
Je pars à la mosquée.

J’ai des courses à faire, je pars à l’épicerie de la Croix Rouge.
(On ne fait plus de cuisine pour tout le monde, la dame est fatiguée, elle doit s’occuper de son mari.)
samedi
Au secours populaire, la brocante. Des habits pour mes enfants, ils étaient contents, je connais leurs goûts. Ma fille aime les chaussures, elle veut toujours être jolie, mon fils aussi.

dimanche
J’étais à la maison avec les enfants. On parle de l’avenir, chacun dit ce qu’il aimerait faire, travail, études…

Mon fils, tout son soucis, c’est le foot.
Ma fille, elle fait la cuisine, en apprentissage, son patron lui a proposé de travailler avec lui, elle se trouve bien là-bas.
lundi, mercredi
A la maison. Si j’ai un rendez-vous ou envie d’aller trouver quelque chose au magasin, je sors, sinon, j’aime pas toujours sortir.

Je fais le ménage, ce que j’ai envie de faire. Je dors, je regarde la TV, mais pas trop. Youtube, j’aime les films indiens, les séries, la musique en Guinée, je mélange.
jeudi
Au Secours populaire pour la distribution, je suis passé à la Croix Rouge, j’ai rien trouvé.

Je suis heureuse pour ma sœur guinéenne qui a eu ses papiers hier ; si quelqu’un est heureux, moi aussi.

Chaque jour, je pense à avoir mes papiers, j’ai envie de travailler, sinon tu peux rien faire.

à 17h justement le soir, rassemblement sur le parvis de la cathédrale, pour demander la régularisation de Bobo.
J’aime particulièrement cette photo, vue sur le site de La Montagne, avec le regard de Mohamed près de l’affiche et l’œil d’Aysé…
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Parmi les 150 personnes présentes, « le maire de la ville, Bernard Combes : « Bobo était totalement intégré et résidait depuis plus de six ans à Tulle, a-t-il rappelé à l’assemblée. Mais aujourd’hui, la décision n’est plus entre les mains de la préfecture. Ce sont maintenant des procédures administratives complexes, sur lesquelles il nous est plus difficile de peser, et à une échelle où nous avons peu de liens directs. D’où l’importance de se mobiliser. »
& quand le Sporting Club de rugby de Tulle se mobilise pour Bobo, c’est chouette : « Il était arrivé au club sur la pointe des pieds et était devenu un vrai ami. Le SCT est en train de se mobiliser pour lui, et on va croiser les doigts pour qu’on se retrouve ici avec lui un jour. »

Le même soir, notre rassemblement-inauguration est à la même heure, je renfile mes bottes pour être à la Forêt du souvenir...
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Malgré nos craintes, il y a un peu de monde, et beaucoup de discussions sous ou devant les yeux qui nous regardent dans la forêt…

La libraire est là avec sa fille. Le maire a téléphoné pour demander des indications pour venir, car il ne savait pas où était l’endroit !
Un voisin jardinier, qui est venu nous parler alors qu’il n’y avait encore personne, a une formule assez terrible en parlant d’un maquisard :
— Il a été tué comme un sanglier.
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Avec le vent, à un moment, les photos bougent un peu et font du bruit. Tout le monde est aux aguets.
Dans la forêt, des hommes recherchent et parfois trouvent les yeux de leurs pères.
L’un d’eux pourtant n’a plus son visage en mémoire (sauf en photo justement), et ne se souvient que de 2 allemands dans l’encadrement de la porte quand leur père leur a dit au revoir.
La montée du RN les inquiète fort.
Une vieille dame, restée à ‘extérieur de la forêt peu praticable quand on a du mal à se déplacer, trouve ces regards trop cinématographiques et pas assez tragiques.
Une autre dame, elle, a tout de suite été « transpercée » par ces regards et est très émue.
DSC03114…Il ne faut pas les lâcher des yeux…
On se retrouvera mardi midi au même endroit avec une classe pour pique-niquer, après qu’ils aient vu « Un sac de billes » au cinéma.

Une 1/2 heure après, alors que nous sommes en ville avec Manée et Jeanne en train de discuter, parler du présent et de l’année prochaine (et bailler de fatigue plus que d’ennui), le ciel nous retombe sur la tête…
Le soir, Gégé partage cette bonne nouvelle de Suisse, une grande journée de grève et manif des femmes :
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& Serge m’a rapporté la carte de visite d’un verrier de Meyssac (Julie ne m’a pas rappelée) dont il a vu des pièces lors d’une exposition, Sylvain Zanibellato :

et je reçois un mail d’Isabelle Braud, qui est à ou vers Limoges, que je n’ai pas vue depuis … (comment est-t’elle au courant, ça doit être la newsletter de l’ENSA qui partage l’info…)
« Si près
Tu aurais quand même pu me le dire
Is. »
avec la photo d’un livre-carnet (?) totalement oublié, mais dont je reconnais le papier et mon écriture …
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Toujours à suivre, alors….
samedi
Au réveil j’entends la pluie dehors, alors je reste au lit à rêvasser et penser… et redormir.
Anna me réveille en me téléphonant à 9h1/2 pour savoir où sont les pinces à linge (donc à Marseille, on met le linge à sécher dehors !)
Après un tour au marché pour des framboises (et des petits artichauts, et du bon fromage, et des petits pois, et du miel, faut s’encourager), au magasin de tissus, en cherchant du coton en 90 cm pour refaire mes stores dont le tissu actuel est déchiqueté d’usure au soleil, la dame m’apprend les calamités du moment : canicule en Corse et invasion de sauterelles en Sardaigne.
Le trou de pluie a du bon…
Alors pour finir, un extrait d’une affiche des Terror Print (qui rappelle… etc.)
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inaugurations et commémorations

10 juin 2019

• Dans le train, Gaëlle m’envoie des photos des plastifications qu’elle est en train de faire, pour le projet de la forêt du souvenir :
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• Vendredi 18h, c’est l’inauguration des nouveaux locaux du Secours populaire.
Le ciel menaçant se dégage juste à ce moment, pour qu’on attende (longtemps) au soleil les officiels qui se font désirer. Après la coupe symbolique du ruban tricolore, tenu par les enfants d’Aysé (!), devant la porte d’entrée par François Hollande, c’est la visite des locaux,
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Iris me fait remarquer l’autocollant dans la salle des ventes,
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puis là-haut, il y a l’affichage de l’atelier d’écriture que David a fait pour nous,

avec en rouge l’affiche (faite dans le train, merci les communications modernes!) pour Bobo
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Puis avant le buffet, c’est l’heure interminable des discours avec un aréopage d’officiels,  :
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IMG_5574Elle est belle Aysé, avec la petite aile rouge du secours pop qui lui gratte la tête !

(D’ailleurs Adama et une amie à elle veulent absolument se faire photographier avec Hollande, et elles le feront après les discours!)

On a des nouvelles de Bobo: il est finalement en centre de rétention; comme des papiers lui manquaient ils ont été transmis à un avocat de la Cimade qui le défend, affaire à suivre en priant ste Rita…
Aysé, qui en a gros sur la patate, profite de la belle brochette pour en parler énergiquement…: regardez cette petite video prise par Manée Aysé/Bobo et appréciez, à droite (!) le sourire du secrétaire général de la préfecture. IMG_5576 Le discours final lui reviendra. Il parle de la France qui accepte le plus de demandes d’asile (ah bon…), des conditions de demande d’asile : « il y a une règle. Pour certaines situations, il n’y a pas de raison que la demande d’asile aboutisse. Certaines décisions ne sont pas du goût de tous, mais le respect de la justice, c’est le principe d’un état de droit»; des « gens » qui sont légalisés, et des droits de « ces gens-là »; « ces gens-là » (à prendre avec des pincettes) ce terme revient sans cesse dans son discours…
(je pense à la chanson de Brel : Faut vous dire, Monsieur / Que chez ces gens-là / On n’pense pas, Monsieur / On n’pense pas / On prie /…/ Faut vous dire, Monsieur / Que chez ces gens-là / On n’vit pas, Monsieur / On n’vit pas / On triche /…/ Faut vous dire, Monsieur / Que chez ces gens-là / On n’cause pas, Monsieur / On n’cause pas / On compte /…/ Parce que chez ces gens-là, Monsieur / On n’s’en va pas / On s’en va pas, Monsieur / On s’en va pas…)
Pour se requinquer, voici la belle Adama, avec le badge du secours pop et l’autre avec sa phrase : faire le choix de se relever quand on est tombé
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• Samedi, c’est le marché, avec ciel bleu, et le rdv avec Manée et Iris au « caveau », le café du marché avec terrasse au soleil.
Dans La Montagne, que nous apporte Dominique qui y était aussi, un article sur la forêt du souvenir :
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« La Forêt du souvenir a été imaginée en 1994, pour le cinquantième anniversaire du 9 juin 1944 par les membres de Peuple et culture. Manée Teyssandier, membre de l’association, se souvient bien de la naissance de ce site. « Nous sommes d’une génération qui a toujours entendu parler des événements de juin 1944, on connaît l’histoire mais pas les visages des victimes », indique-t-elle. Alors pour le cinquantième anniversaire et pour mettre en place une commémoration « moins ritualisée », PEC avait mené un important travail de recherche de photographies auprès des familles : Patrick Teyssandier a contacté les familles et elles se sont mises à parler, ce qui explique l’importance des archives que PEC a pu collecter.
Les photos des victimes ont donné vie à une affiche et Henri Cueco a suggéré de planter des arbres en leur souvenir. L’idée était de planter 99 arbres en souvenir des 99 pendus, mais faute de place, moins d’arbres ont été plantés sur un terrain appartenant à la mairie », confie-t-elle. »

Depuis 1994, les arbres qui avaient notamment été plantés par les enfants du conseil municipal avec l’aide des services techniques ont poussé. Et la Forêt du souvenir a été oubliée.
Il a fallu qu’une membre de PEC (Iris, allemande…) se trouve par hasard face au panneau de la forêt pour que les souvenirs resurgissent », rapporte Manée qui ajoute : « Alors nous nous sommes interrogés et l’année dernière (en juin 2018), nous avons décidé d’organiser un événement dans ce lieu, pour le faire vivre. » Ainsi, sur chaque tronc d’arbre fut affichée la photo d’une victime. Un moment très émouvant notamment pour les familles qui étaient conviées. »
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Peuple et culture (PE), qui est à l’origine de la Forêt du souvenir, y organise, cette année, deux rendez-vous, en marge des commémorations officielles, le 14 et 18 juin. Si le 14 juin sera inaugurée l’installation Ça nous regarde réalisée par Fabienne Yvert et qui expose pendant l’été les photos des regards des victimes, le 18 juin, des scolaires notamment de l’école de la Croix-de-Bar y rencontreront les membres de PEC et l’artiste.  »
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Dans un vraiment tout autre genre, et parce que il ne faut pas laisser échapper ces petits bonheurs, au marché, en faisant les courses j’ai trouvé une tomate qui nous regarde aussi…
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• Dimanche, à 17h, rdv à la gare avec petite pluie pour la commémoration du 9 juin 44.
20190609_170043Je reprends paresseusement — et parce que je suis incapable d’une telle prose —, les propos en ligne de La Montagne :
« Dans un silence funèbre, encadrés des portes-drapeaux, officiels et représentants du Comité des martyrs sont venus déposer des gerbes au pied de la stèle, avant que ne retentisse La Marseillaise. Puis, suivant un schéma millimétré, le défilé s’est formé en direction du Haut-Lieu de Cueille, au son de la Marche funèbre. « 20190609_190247

La stèle est en face du grand immeuble remarquable (j’aime bien cet immeuble extra laid comme une verrue, je me dis qu’il faut faire quelque chose avec lui!), avec des gens à toutes les fenêtres. Et comme il y a plein de monde, on ne voit rien de ce qui se passe (dont l’ordonnancement est sonorisé), sauf être ensemble avec des parapluies…

 

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On suit la route dans l’ordre ordonné : la fanfare, les drapeaux, les officiels, les familles des victimes, et enfin « les gens ».

 

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Quand on fait partie « des gens », c’est une marche ensemble, où on se dit bonjour et on discute calmement, sur une grande route coupée à la circulation entre verdure et zone commerciale.
Iris qui a vu un parapluie avec du texte me suggère cette idée (qu’elle est bonne)…

 

« Albert Charles. Armand Léon. Boissier Yves. Bonnet Georges. » Espacés d’un lourd silence, les noms des 99 pendus puis des déportés jamais revenus sont énoncés par des élèves du lycée René-Cassin. Face au monument, derrière lequel sont alignés les drapeaux des anciens combattants, les visages des officiels sont graves. Parmi eux, l’ancien président François Hollande, qui n’a pas manqué une cérémonie depuis 1986. « Cette reconnaissance est vraiment importante pour les familles », assure Philippe Armand, honoré de son invariable présence. »
Capture d’écran 2019-06-09 à 22.52.27En « vrai », dans la foule (au-dessus du mur commémoratif, à gauche), on ne voit rien de tout ça, (sauf qu’auparavant on a vu Hollande en arrivant qui a salué du monde, dont Manée, en relevant son intervention-opposition auprès d’un élu FN — enfin non justement, RN, ça a beaucoup changé depuis le négationnisme qu’il lui a dit —qui se joignait au cortège des officiels au début de la commémoration…), on voit juste les arbres sur la colline en face, un bout des drapeaux, les gens qui attendent-entendent et les voix amplifiées.
Ce moment d’énumération des noms est assez émouvant, mais je me pose une question : pourquoi toujours dire/lire le nom de famille avant le prénom (j’ai remarqué ça aussi sur les photos de PEC sur les arbres, et là, il n’y a pas l’explication « militaire-état civil » officielle, puisque c’était justement redonner de l’humain..!!!)
Et des élèves entament d’une petite voix le chant des partisans. C’est pas prévu que tout le monde le chante en chœur et avec cœur, en ces temps de vigipirate et de gilets jaunes…

Puis, again, avec cette belle expression, c’est l’heure des dépots de gerbe(s)…
« Des gerbes de fleurs sont à nouveau déposées, dont une remise conjointement par le maire de Tulle Bernard Combes et le bourgmestre de Schorndorf, Matthias Klopfer. Les deux villes célèbrent cette année le cinquantième anniversaire du jumelage. » Puis les officiels serrent la pince aux 28 porte-drapeaux (dont les drapeaux pendouillent comme y’a pas de vent, on ne sait pas à quoi ils correspondent, les différents commités de ceci celà avec les ors de la république), et c’est fini, flop, circulez, on reprend la route en groupes dispersés, on rentre en ville, y’a plus rien à voir et la pluie a cessé…
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Sauf les fleurs moches et « mortes » accrochées là où les hommes ont été pendus…

En repartant, on a doublé le mec du RN avec sa nana perché sur des talons aiguilles. Aysé l’avait en travers, car elle qui l’a aidée quand elle était en difficultés, elle ne lui dit même pas bonjour, et a fait un commentaire RN sur le fb du secours pop, concernant Bobo..!
En photographiant un message de Manée : (& des nouvelles de Bobo, qui a été menotté lors de son arrestation, ce qui est illégal, mais bien sûr pas de preuve…)
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Après ça, on a été se requinquer au Globe avec Iris et Manée, le café populaire au soleil, où il n’y avait que des hommes de toutes nationalités d’origine et des conversations en diverses langues, de l’humanité et pas d’ordonnancement dans le souvenir…

& pour finir, un petit texte de Bobo :
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& une précision de Manée, suite à la lecture de ce post :
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embarquement quand on fête le débarquement…

6 juin 2019

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Voici ce qu’il a écrit, lors des ateliers  :

Je me nomme Bobo, c’est à dire douleur, dès mon enfance j’étais un peu turbulent, toujours en train de faire des jeux un peu brutaux. C’est pour cela, un jour ma mère a décidé de m’inscrire dans une école de rugby. Malgré l’école de rugby, je me suis aussi intéressé à d’autres domaines, tels l’aéronautique, la mathématique, la chimie et la physique.
Je suis une personne simple, avec un cœur ouvert qui est toujours disponible à servir les autres et à partager avec n’importe quelle personne

Avant d’arriver à Tulle, j’étais à Limoges depuis presque 6 mois.
Au jour de mon arrivée à Tulle, j’étais complètement perdu, parce que d’où je venais, j’avais déjà tissé plusieurs relations, donc il me fallait encore fournir beaucoup d’effort pour repartir avec de nouvelles bases.
C’était un peu compliqué, mais vu que j’avais en moi d’autres talents, alors j’ai essayé de l’exploiter pour mon intégration.
J’avais fait un constat rapide que dans cette ville, les gens s’intéressaient beaucoup au sport, surtout au rugby. Moi-même, j’ai pris l’initiative d’aller au siège de Club de Rugby de Tulle et j’ai rencontré les dirigeants, et ils m’ont montré et expliqué toutes les démarches administratives pour obtenir ma licence en tant que joueur.
Après avoir obtenu ma licence, c’est à partir de là que tout est allé en bonne voie, et j’ai commencé à fréquenter d’autres personnes en plus. Il y a eu aussi des nouvelles portes qui se sont ouvertes pour mon intégration à Tulle.

Quand j’étais petit, je pensais que la vie était facile mais en grandissant j’ai su que c’était autre chose.
Parce que dans la vie humaine, il y a des moments où on se trouve dans des difficultés qu’il faut surmonter ou soit surpasser pour mieux appréhender l’avenir.
Il arrive un moment où on se pose des questions pour savoir si on est dans la bonne voie de notre destin, ou soit on est déjà égaré.
La vie en soi nous réserve beaucoup de surprises, il faut tenir compte de certaines réalités.
Parfois, il arrive des moments où on pense qu’on a gagné mais on se trompe parce que la vie humaine sur cette terre est un combat perpétuel.
Dans la vie humaine, il y a des moments positifs et négatifs.
Les positifs sont les moments où on trouve quand même le sourire dans notre vie, c’est un bénéfice qu’il faut beaucoup capitaliser pour aller plus loin avec nos projets.
Les négatifs sont les moments où on se trouve en face des réalités auxquelles on ne s’attendaient pas. Malgré ça, il ne faut pas abandonner, nous devons tenir compte de points négatifs comme enseignement pour rebondir.

Et cette phrase, devenue affiche et autocollants, c’est de lui :
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Comme ça me met en colère, j’espère que ça va me donner d’autres idées d’affiches et autocollants moins gentils…

Ça me fait penser aussi à ce que disait François Sureau sur France-inter ce matin, sur les commémorations du débarquement :
« Le devoir de mémoire, quand on voit la manière dont on nous bassine avec, on a l’impression qu’il est à la mémoire vivante ce que le devoir conjugal est à l’amour », lance l’avocat.
Il estime qu’il faudrait « décrasser les cérémonies de leur côté officiel ». Face à l’accumulation de paroles, l’avocat pense à qui étaient ces hommes. « Ils n’étaient pas la France officielle, qui elle était du mauvais côté. C’était des jeunes réfractaires venus de tous les milieux. Des noirs, de arabes, des juifs… »

Encore une phrase de Bobo, sur un badge à porter fièrement :
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bobo


léger et grave

5 juin 2019

Être loin, mais déjà se rapprocher, avant de venir en fin de semaine…

• Dans la grande liste de choses à faire, la 2ème phrase qui sera en sel, pour Saint Pardoux:
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• Regarder la meteo, en pensant à ma valise et à l’emploi du temps… Dieu du ciel, faut qu’il fasse beau le 13, le 14 et le 18  (et les autres jours aussi..!!)
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• Ici, mon champ est bleu… se préparer au vert…
et puis, quand je vais revenir, le soleil sera dans le creux plus à droite du Frioul, apogée d’été, avant de vite déjà de repartir vers la gauche sur l’horizon, mesure du temps qui passe…
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& puis aujourd’hui en nageant-barbotant, vu 2 étoiles de mer sur les rochers devant… Ça faisait 2 ans que j’en n’avais pas vu (et jamais plus que 2 par an!) est-ce que c’est bon signe?
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Documents envoyés, David a été tout accrocher au Secours Populaire, pour l’inauguration des nouveaux locaux vendredi à 18h
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• Penser à l’accrochage, et répondre aux questions de la journaliste de La Montagne, pour le projet à la forêt du souvenir :
( pour les non tullistes : le massacre de Tulle désigne les crimes commis à Tulle par la 2e division SS « Das Reich » le , trois jours après le débarquement en Normandie. Après une offensive des FTP, les et , au cours de laquelle les troupes allemandes assassinent dix-huit garde-voies, l’arrivée d’éléments de la « Das Reich » contraint les maquisards à évacuer la ville. Le , après avoir raflé les hommes de 16 à 60 ans, les SS et des membres du Sipo-SD vouent 120 habitants de Tulle à la pendaison, dont 99 sont effectivement suppliciés. Dans les jours qui suivent, 149 hommes sont déportés à Dachau, où 101 perdent la vie. Puis la division Das Reich se rend à Oradour-sur-Glane le 10 juin…)
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Dominique et David ont isolés et imprimés tous les yeux des pendus et déportés du 9 juin 1944 à Tulle, et Gaëlle va plastifier tous ces regards à l’Ensa à Limoges vendredi, pour qu’ils résistent aux intempéries et nous regardent bien droit dans les yeux…
Voilà notre texte pour accompagner ce projet, avec un rdv le vendredi 14 juin:

9 Juin 44, la forêt du souvenir nous regarde
L’affiche de Ramon et le « livre blanc » réalisés à partir des photographies des pendus et des déportés recueillies par Peuple et Culture ont redonné visage, regard, vie et dignité à ces hommes.
50 après les crimes, des arbres ont été plantés, devenus aujourd’hui une forêt du souvenir, ils reverdissent chaque année, poussent, étendent leurs racines et s’élèvent vers la lumière.
Aujourd’hui, alors que Jean Viacroze, le denier survivant revenu de déportation vient de mourir et regardait avec inquiétude le renouveau du fascisme, Fabienne Yvert, artiste en résidence à Peuple et Culture, propose une installation dans les arbres : que les yeux de ces hommes nous regardent et nous prennent à témoin dans cette forêt.

Des yeux pour nous rappeler leur histoire, notre histoire, et celle de l’humanité.
En 2019 des crimes de guerre existent chaque jour, des femmes et des hommes et leurs enfants meurent toujours à cause de leur nationalité, de leurs idées, de leurs opinions politiques ou leurs croyances religieuses, d’être simplement au mauvais endroit au mauvais moment, d’une stratégie locale ou mondiale à visée souvent économique.
La planète Terre est menacée, des migrants fuient leur pays pour pouvoir survivre et leur destin est suspendu aux décisions administratives.

Rendre tout cela « vif » au bout de leurs yeux, que leurs regards nous accompagnent avec leur humanité, nous sondent et nous aident à penser, à refuser l’inacceptable et à être ensemble.

à ce propos, si jamais :

• & puis José m’a téléphoné aussi pour la fête du Foyer des jeunes travailleurs : le sérigraphe-fou (je ne me rappelle plus son nom!) va adapter à sa sauce une des affiche-outils (on se sait pas laquelle..!) que tout le monde pourra se sérigraphier, chouette, ça va circuler !!!
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• Enfin, ce matin, coup de téléphone de Manée :
— Est-ce que tu écoutes France-Culture? Il y a une émission sur la typographie où on parle de linotype..!
Non, je n’écoutais pas, mais j’ai écouté (ce qui me donne des idées pour le travail sur la linotype du Populaire du centre, à Limoges, je suis en retard pour ce projet..!), et vous aussi, écoutez! :
(Où il y a aussi de belles chansons!!)
D’ailleurs, je suis en train de ranger ma maison pour la prêter à une petite famille délogée suite aux effondrements d’immeubles de la rue d’Aubagne, et en rangeant, il y a cette boîte que j’ai gardée (les espaces-bandes, qui coulissent pour régler les blancs dans la ligne,  ça va bien avec Robert Pinget!):
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le rire, le soupir, et le sourire, sortant des choses

3 juin 2019

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Il y a de quoi soupirer, il y a déjà plein de méduses, et ça va continuer..!! (mais je ne me suis pas brulé les doigts ni fait piquer!)
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comme celle en verre,
si magnifique,
des verriers naturalistes Blaschka,
Pelagia noctiluca
(plus rose que sur cette photo)

 

 

 

 

& puis, en répondant ce soir à un questionnaire de Marceline Roux sur les lieux d’écriture, repenser à ce que se disent Didi-Huberman et Marianne Alphant…
Si vous n’avez jamais vu cette conversation, voilà un cadeau qui donne le sourire ! (et si vous n’avez jamais lu Marianne Alphant, foncez!!)

 


atelier d’écriture du lundi n°14

3 juin 2019

Bon, ça branle dans le manche : aujourd’hui, personne à l’atelier..!
& la semaine prochaine, c’est férié, ce sera aussi des devoirs à la maison..!?
Allons-y…
(moi aussi, ça me démotive, alors que je me creuse la tête pour cet atelier, je me sens seulette!)
Du coup, voilà un exercice relativement facile et plaisant à faire, j’espère, pour que vous ne désertiez pas complètement… (et qui aurait été plus rigolo à faire ensemble, c’est tant pis pour vous..!!!)

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« C’était leur façon d’être : ils ne montraient jamais la moindre émotion. Exactement comme quelqu’un qui baille ou qui épluche une pomme de terre. »
Charles BukowskiWomen

& un extrait de « Quand le diable sortit de la sdb » de Sophie Divry (néanmoins, je ne vous recommande pas ce livre, contrairement au Bukowski…)
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Et vous,
vous aimez les hommes, les femmes, les enfants, les animaux, les œuvres d’art,…, comment ?

En plus de l’énumération, trouvez des comparaisons imagées et savoureuses quand cela s’impose !
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• Emmanuelle :
J’adore les gens.
Mais parfois je n’aime pas les gens.
Même si j’aime la plupart des gens.
Il y a une différence entre aimer et adorer.
(Aimer est plus fort)
Je n’aime pas les gens qui ne doutent jamais de rien.
Je n’aime pas les gens qui disent « Et bonjour », et pourquoi le ET devant, et ça sert à quoi ?
Je préfère les gens qui ne disent pas du tout bonjour mais qui regardent les autres. Comme des timides qui scrutent pour mieux parler après, les caméléons je les appelle.
Je n’aime pas les gens qui parlent de la mise au monde de leurs enfants. Ce sont surtout des femmes j’ai remarqué. Je n’aime pas cette impudeur, je n’aime pas qu’elles fassent une surenchère dans la souffrance et qu’elles instaurent une échelle de la douleur, je n’aime pas qu’elles parlent de sang ou d’écoulements en tout genre.
Je préfère quand celui ou celle qui n’a pas accouché ne parvient pas à dire en mots ce qu’il a ressenti en émotion lorsqu’il a tenu l’enfant dans ses bras, quand rien ne sort de sa bouche, l’air et les syllabes lui manquent comme s’il était en arrêt cardiaque, c’est étrange c’est toujours une histoire de cœur.
J’aime les gens qui écoutent.
Je n’aime pas les gens qui écoutent en rattachant toujours leur propre histoire à celle des autres.
Moi je fais ça. Tout le temps. Il faut toujours que je trouve des putains d’exemples d’anecdotes pour répondre à celui ou celle qui me raconte une mésaventure. Je ne sais pas si je fais ça pour engorger le tout de ma propre empathie et faire passer ce message à l’autre « non tu n’es pas seul », ou si c’est juste parce que je me la raconte grave.
Je n’aime pas que les personnes des médias et réseaux sociaux racontent à tout va que les voitures hybrides c’est plus écolo, mon œil c’est quand même de la consommation nucléaire, mon œil comment va-t-on recycler tout ce putain de lithium ?
De lithium.
J’aime les gens qui dans le métro regardent leur plan dans un guide de tourisme et essaient de faire le lien avec les noms de stations affichées au-dessus des portes coulissantes.
J’aime bien aussi les enfants qui mettent leur doigt sur l’autocollant montrant le petit lapin qui pourrait se faire pincer très fort ses doigts à lui. J’aime bien les gens qui arrivent à dormir debout en s’endormant assis sur un strapontin et en ne lâchant vraiment jamais leur sac à provisions.
J’aime les gens qui montrent une photo de leur enfant qui tient un petit animal dans ses bras.
J’aime les gens qui décident de ne pas tout fermer, qui refusent les clôtures et les barrières, et surtout les portails qui s’ouvrent avec une télécommande, oh non non pitié pas la télécommande…
Je n’aime pas les gens qui ne supportent pas qu’on ne ferme jamais les portes.
A une époque, on m’a raconté que les hommes qui ne supportaient pas ça avaient tendance à confondre les portes de leur foyer avec les cuisses de leur femme.
Je ne sais pas si psychanalytiquement ça se tient.
J’aime les gens pas trop à la mode.
J’aime les gens qui font avec ce qu’ils aiment ou ce qu’ils peuvent.
Je n’aime pas les gens qui accumulent des objets.
Moi je fais ça. Depuis des années mon taux volumique matériel et personnel grossit, les éléments inutiles et matérialisés de ma vie je ne les compte plus, je ne choisis plus un logement en fonction de sa surface habitable mais en fonction des possibilités de son espace de stockage.
Je suis toujours nourrie de bonne intentions, prête à me débarrasser de tout à chaque instant. C’est une utopie que j’entretiens, j’imagine sans doute qu’un jour j’ouvrirai un espace de dons où je rangerai bien comme il faut tous les objets dont je devrai me délester avant de mourir. Et de donner exactement le bon objet à la bonne personne qui me rendra visite sur cet espace de troc en stock…. J’imagine que depuis toutes ces années je troque des sourires des amis et des mercis contre des objets de mon patrimoine dérisoire, je ne suis pas sûre que cet amour du don soit complètement complètement gratuit….
En Suède on a le droit de mettre des petites pancartes sur le bord de la route où il est écrit LOPPIS ; Loppis c’est un petit bout de son chez soi où l’on met des objets désuets mais souvent jolis, et qui trouvent une nouvelle histoire d’amour avec le visiteur de passage.
En Suède si vous prenez un petit objet dans le Loppis de quelqu’un, le propriétaire dudit Loppis vous offrira en sus une tasse de café avec un petit gâteau à la cardamome, tout en engageant la conversation. C’est le Fika.
J’installerai un Loppis dans la maison de la dernière partie de ma vie. Il y aura aussi du café mais pas seulement.
J’aime, pour le moment, ne pas avoir d’autre plan.


journal de bord (de mer)

2 juin 2019

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Le soir en rentrant de mon séjour lointain, en voulant prendre une galette sur les étagères, pour manger avec du fromage, que vois-je ? Une petite souris dans le paquet!
20190529_074127Je la fais prisonnière en fermant le paquet avec une épingle à linge, mais pas suffisamment : en voulant ouvrir la porte contre le grand vent, un geste maladroit, et elle en profite pour se carapater sous le buffet!
Damned. Mais le piège et sa gourmandise ont bien fonctionnés dans la nuit! Voilà ma jolie prisonnière du matin, qui s’est envolée peu après dans le terrain vague, libérée par fort mistral qui secouait sa petite cage…20190531_102108

Super timing de l’envoi, merci Manée, bien reçu le colis avec beau scotch  de ne pas plier qui contenait la machine à badge et des livres, 5 kg de trop pour mettre dans la valise !

Même de loin, Manée a l’œil à tout..!! (et moi la tête comme une passoire cabossée!)
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Bon, j’avoue, les fèves mangées à Tulle étaient meilleures que celles-ci !

 

& puis, cette semaine lors d’une rencontre en ville, j’ai repensé à ce film vraiment étonnant et formidable, une « adaptation » d’Une chambre en ville, de Jacques Demy : si jamais vous êtes des fan de Demy et si vous vous souvenez du film, vous apprécierez encore plus celui-ci, intelligent, subversif et drôle(ment) tragique, qu’on ne voit pas à tous les coins de cinéma !

Ce we aussi, c’était le festival de films d’art singulier organisé par Pierre-Jean Wurtz et Hors Champs à Nice. Je voulais y aller, mais pas place de train disponible (!! merci oui-non!) ni assez de temps… Ce festival a lieu tous les ans, le 1er we de juin, on peut le noter à l’avance dans son agenda (ce que j’avais fait, d’autant que je voulais voir le film sur Angus Mc Phee!).
De temps en temps, Pierre-Jean peut aussi faire une programmation « ailleurs », à la demande… Ce serait bien, à Tulle , non?!
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Il y a aussi le dictionnaire, qui recense plus de 110 courts métrages sur l’art brut et singulier sur 10 ans de programmation des rencontres Hors-Champ au MAMAC de Nice. Les acteurs, réalisateurs, commentateurs et historiens de cet art, interviennent largement dans l’ouvrage. De Laurent Danchin, Lucienne Peiry, Bruno Montpied, Jano Pesset, Guy Brunet à Caroline Bourbonnais…Ouvrage unique sur ce sujet, avec une filmographie jamais constituée…

& puis, toujours au sujet de films, un mail de l’IMEC qui projette le film de Grémillon :Capture d’écran 2019-06-02 à 11.53.46
Mais si Caen est trop loin, on peut le voir

Vendredi 7 juin à 18h, il y a l’inauguration à Tulle des nouveaux locaux du Secours populaire. Ce sera l’occasion d’afficher certaines choses faites en atelier d’écriture au Lien/Lieu, comme ce « dictionnaire personnel », ici la lettre S :
abecedaire secours pop


mardi à Melun

1 juin 2019

Mardi matin à Melun, et avant de prendre le train, prévoir du temps pour mettre ma valise à la consigne de la gare, pour rentrer ensuite directement en tout début d’après-midi…
A la consigne, une dame qui doit venir du sud troque ses sandales contre des chaussures fermées et sort sa polaire de son sac à dos avant de l’enfermer dans le casier métallique…Il pleut un peu et ça caille.

Émilie vient me chercher à la gare avec des couleurs flashy sur les jambes, un collant résille rose sur un collant bleu pétrole, ça fait délicieusement mal aux yeux!
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Comme hier, petit tour à la salle des profs avant de commencer la « tournée » : 4 groupes, 5ème et 6ème, timing d’1/2h, 3 profs de français et Émilie au CDI…

2 « ambassadeurs » extra vont nous accompagner dans ce périple toute la matinée, Mouhamed-Yacine et Aïssatou,
ils sont tout beau et joyeusement sérieux!!

1ère étape, dans la cour, le CDI :
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On me propose d’enfiler une blouse, avec des mots-questions épinglés, des feutres dans la poche si je veux écrire directement les réponses aux questions dessus, ou sur des post-it, avec des épingles pour les accrocher.

(c’est chiffonné car je l’ai photographiée en la sortant de ma valise!)

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Parmi leurs réalisations, un tableau-écriture avec des élastiques ; il y a un marteau, clous et élastiques si je veux rajouter quelque chose, mais le temps file et il reste plein de choses à découvrir et à discuter…
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Des assiettes qui donnent envie de manger dedans (ou de ne pas manger, en les regardant!)
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répondre aux questions, expliquer certains processus de fabrication… et il est temps de continuer la visite.
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Coursive, accompagnées et guidées (j’ai ma délégation de la bibli départementale!) par nos ambassadeurs.

C’est derrière cette porte.

C’est toujours un moment important quand on ouvre la porte, car on est très attendu derrière..!!
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La classe est répartie en 3 « pôles », il y a plein de choses affichées, on suit le parcours.
1— La boite à questions :
tirer une question au sort, et y répondre.
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Il y a un blanc sur la feuille verte, car il y a une question dont la réponse improvisée me semble trop difficile, je la mets dans la poche de ma blouse en disant que j’y répondrai ultérieurement 20190529_145452
(il faudra que je le fasse!)
2— post it,  3 trucs bien et pas bien :
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Voilà déjà un peu de temps qu’ils se livrent à l’exercice! Nous en parlons un peu.
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On me demande de rajouter mon post-it à ce mur aux papillons jaunes. (je ne me rappelle plus de ce que j’ai écris…)
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3— un carton d’objets pour faire un poème :
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Au boulot!
Je sors les éléments un par un et note sur la feuille blanche qu’on m’a donné :
Un ballon jaune
un coussin rayé pour ne pas avoir mal au cou
une copie quadrillée
une bulle d’imagination
une bouteille vide qui ne tient pas en équilibre
un petit catalogue Lego
des mouchoirs, ça peut toujours servir
un agenda avec un contrôle d’espagnol le 14 février
une boîte de Coulommiers, « c’est rustique » la Seine et Marne
des feuilles de Canson 90 g 200 pages perforées avec un cercle sur la 1ère page
c’est « la trousse noire à Célaine », qui a hâte de la récupérer
des feuilles d’arbre (de la cour ?)un peu séchées cassées
un petit ours gris avec les bras attachés ensemble et le nez bleu
4 crayons, dont un crayon papier HB vert vif
un petit sachet en plastique vide et transparent
de la poésie qui sourit avec un cœur et des yeux roses
Dans un carton vide
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Il est déjà temps de partir voir une autre classe! (Sur la photo, Giulia photographie le tableau avec mon sac à dos sur le dos, moi j’ai ma blouse en guest star et les filles me porte sac et kabig..!!)

Coursive, suite, nous avions déjà remarqué cette porte en passant devant tout à l’heure :
20190528_104348La poésie contre les risques majeurs? (ça me fait penser au super livre de Ryôichi Wagô : Jets de poèmes – dans le vif de Fukushima, édité chez Po&psy)20190528_114532
là encore, un parcours super bien préparé :
1—VIP, nous nous asseyons dans le cercle de chaises, accueil super, bar et service.
Comme je suis un peu intimidée, je ne veux rien, ni café ni jus d’orange, heureusement, les filles de la bibli réparent mon indélicatesse avec savoir-vivre, elles..!…20190528_111415
2— des sacs poétiques,  avec objet et enveloppe fabriquée contenant 3 questions
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A chaque fois, j’ouvre l’enveloppe, et réponds à une des 3 questions tirée au sort
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Dans ce sac, l’objet est le gilet jaune fourni par la prof!
La question : — est-ce que vous êtes engagée pour une cause ?
Je réponds non, mais…je leur demande le silence, car c’est important : je leur parle des ateliers en prison, du fait de la prison, des ateliers avec les migrants et les « pauvres », indispensables en ces périodes électorales inquiétantes… Ils applaudissent spontanément, le futur est encourageant….!
3 — abécédaires
20190528_114435Sur les tables alignées, plein d’abécédaires très beaux (et un mode d’emploi que je n’ai vu-lu qu’après, affolée par cette profusion!)

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Particulièrement magnifique!
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Quels boulots!!
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4 — Ping-pong poétique
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Je m’assois un milieu du cercle, avec une boîte de numéro sur les genoux. Je tire un numéro, et celui ou celle qui a le numéro me pose une question à laquelle je réponds illico
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Je leur ai demandé de prendre une photo à la fin! (heureusement qu’il s sont plus fort dans l’organisation de leurs jeux que moi en photo!)
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Merci à Cécile d’avoir guidé ce travail de la classe d’une main de maître (de professeur de français!)
Damned, il faut déjà partir pour la dernière classe, nous sommes en retard sur le timing

Coursive autre aile, les ambassadeurs toquent à une porte blanche :
Les élèves assemblés attendent derrière la porte, et nous accueille avec un discours lu par une élève.
Le prof a un Polaroïd (et des problèmes de pellicule)…
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Pendant ce temps, je réponds à quelques questions de groupe ou particulières. D’une classe à l’autre, c’est toujours un peu les même préoccupations qui reviennent.
Dans Maman ment, « votre père s’en va avec une sale pute noire » n’est pas passé inaperçu..!!! J’explique le contexte, une femme délaissée pour une plus jeune (et martiniquaise en l’occurrence), qui se défend en attaquant et en disant de saloperies pour blesser elle aussi, tellement elle est malheureuse et en colère. Comme c’était choquant et très violent, ma mère n’ayant jamais eu de propos racistes auparavant ni depuis, garder ces paroles telles quelles, leur impact explosif qui rend bien compte de la situation…
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Puis le prof propose un tableau à faire ensemble, avec  feutres et peinture à l’eau (sans eau!)

Leur nom, un dessin, quelque chose à dire écrire…

comme un portrait de la classe.

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Après avoir écrit moi aussi sur leur tableau, je leur propose avant de partir de faire une photo avec toutes leurs mains autour ; j’aime bien cette photo!

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C’était 2 jours intenses, plein de rencontres émouvantes, côté professeurs et élèves, découvrir leur inventivité et spontanéité, répéter les mêmes choses mais différemment, faire passer des messages :

écrire, c’est un formidable espace de liberté et d’invention
on peut écrire sans être à l’école, sans suivre les règles « obligatoires »
chercher sa parole, sa façon personnelle de dire les choses
utiliser aussi l’écriture pour nous battre contre ce qui nous blesse, pour ce auquel on croit
pouvoir mettre des mots « vulgaires » mais savoir ce que l’on fait, pourquoi on choisit ce vocabulaire
l’écriture est aussi physique, expérimenter différents matériaux et supports
les critiques servent aussi à avancer, à réfléchir à ce qu’on a fait
la poésie et la création, c’est la vie
et c’est absolument formidable de faire ça, même si c’est pas toujours facile d’en vivre!

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Le lendemain, ces mails qui résument l’autre côté de cette expérience réussie :

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lundi à Villeparisis

1 juin 2019


Direction collège Gérard Philippe, pour des rencontres avec des classes de 6ème et de 5ème, qui ont travaillé sur mon boulot avec leurs professeurs de français et le cdi, (et la compagnie Bouche Bée), à l’initiative de la bibliothèque départementale de Seine et Marne.

Arriver en avance gare du Nord, pour acheter des tickets et trouver le bon quai… Avant l’accès aux quais de banlieue, un contrôle de migrants (semble-t’il), zone de sécurité avec paravents au milieu qui forment un cercle où on ne voit pas ce qui se passe, tout le monde à filmer à l’extérieur avec brouhaha, sgloup
« La Mathurine a eu bien peur » comme disait la grand-mère de Bruno en racontant l’arrivée dans une gare parisienne d’une provinciale. (C’est sa même grand-mère qui avait affiché dans son placard ce mot génial pour les cambrioleurs : « attention pièges, vous hurlerez de douleur »..!)
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Emmanuelle vient comme convenu me chercher à la gare, très occupée entre ces rencontres et la soirée théâtre de ce soir, grand moment!
Passage par la salle des profs, et rencontre de la prof de français qui a mal au pied gauche, gonflé après être restée trop debout, et montée sur un tabouret pour recoller le choux ! « Si vous saviez combien de fois j’ai recollé ce putain de choux qu’est trop lourd & qui veut pas tenir… »
Visiblement, il y a des préparatifs importants pour ma venue…

Les profs blaguent entre eux, et répète la consigne de base en 3 points : (je découvre et prend note discrétos)
(on ne chambre pas)
– ni sur le physique
– ni sur les habits
– ni sur les papas & les mamans..!!

La sonnerie retentit, en route pour la 1ère classe au rez de chaussée, 6ème et 5ème mélangés, avec leur professeur sympathique.
Rien qu’en entrant, je suis impressionnée par tous les élèves assemblés et par le tableau !
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Eux sont très intimidés !
On commence par des petites scènes tirées de Papa part, maman ment, Mémé meurt.
Je m’assois devant à côté d’un élève qui me demande tout de suite avant que ses camarades commencent :
— Pourquoi mettez-vous de la vulgarité dans vos poèmes ?
— la poésie, ça n’est pas exclu de la vie, c’est aussi les mots de tous les jours, comme on peut parler parfois…
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Leur professeur leur demande pourquoi ils ont choisi ça, ce qu’ils ont aimés
— Ça joue avec les mots,
— on peut faire différentes intonations
— à la fois triste et drôle

 

Un 2ème groupe nous lit/mime « liberté, égalité fraternité mon cul »
—drôle, au 2nd degré

Pour répondre à tous à cette question que beaucoup posent, j’explique qu’il y a aussi une autre version, autre approche : « liberté égalité fraternité bonne chance » et pourquoi utiliser l’une ou l’autre.
Il y a beaucoup de questions préparées sur la poésie, le « métier » de poète, l’écriture, pourquoi-comment….

Puis, des élèves présentent leurs dessins affichés :
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Ce bon dessinateur a sorti son carnet de croquis lors de cette heure de rencontre et m’offrira son dessin et mon portrait, MERCI!
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C’est assez émouvant de les entendre expliquer leurs dessins
qu’ils auront tous la générosité de m’offrir
(je repars avec un sacré butin!!)

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20190529_152127 (1)20190529_152054 (1)20190529_152104 (1) Lors de cette présentation un camarade intervient pour demander pourquoi il y a le drapeau homosexuel ? Juste pour faire beau.
Je leur dis alors qu’on devrait voir au moins un arc-en-ciel par jour!!

Puis à partir de 3 tourniquets, je dois choisir des phrases que les élèves miment. (ça aurait bien valu une vidéo!!) ils ont ainsi préparés plein de possibilités..!!
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L’heure est trop vite passée, je repars avec des dessins et le cœur qui vibre!
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2ème rencontre, à l’étage, les 6ème accompagnés de Julie, la professeur de français avec salomés rencontrée tout à l’heure.
La classe est aussi installée spécialement, c’est impressionnant en arrivant de voir tous les élèves sous leurs trois trucs bien!
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Je crois qu’ils me demandent de faire moi aussi un papier qu’ils accrochent, écrit avec des feutres de différentes couleurs, mais je n’en suis plus sûre, tellement il s’est passé de choses!
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Nous suivons un parcours ; la 2ème étape est l’affaire du choux :
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où ils devaient écrire spontanément sur les feuilles découpées.
Quand on naît dans les choux, on les mange comme une limace… (un autre titre…)
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Je n’ai pas trop de temps pour tout regarder attentivement (il faudrait relever toutes les phrases!), il faut passer à la suite du parcours :
La présentation des machines (réalisées avec la professeur d’arts plastiques).
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La Machine à arcs-en-ciel et la Machine à voir à travers les gens
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la Machine à exaucer les vœux, le Robot ménager qui ça sert à se reposer,
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la Machine dans l’espace qui fait fabrique informatique, la Machine qui fait les devoirs, …

Puis nous nous asseyons tous en cercle sous les trucs bien, pour des questions et des jeux entremêlés !
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1er jeu, 3 possibilités :
– Y’en a marre
– super méga bien
– super méga nul

— y’en a marre qu’il pleuve (que je dis…j’ai pas rajouté à Tulle..!)
— être arrivée au bord de la piscine, super méga bien
— y’en a marre de la mode
— y’en a marre d’être la grande sœur qui prend tout
— y’en a marre de dire y’en a marre
— super méga bien, j’ai marché dans une crotte de chien ! (c’est la prof qui le dit)
J’ai pas tout noté, chacun en dit un.

2ème jeu : ni oui ni non
Ils me posent des questions qu’ils ont préparées, et je ne dois dire ni oui ni non, c’est pas fastoch, d’autant qu’il y a a des pièges!
Heureusement, j’ai un joker, utilisé dès la 4ème question, qui me semble sérieuse celle-là, alors je ne pense plus au jeu ! :
— est-ce que vous êtes une poète ?
— Non (ou oui, ça aurait été le même combat) et tant pis pour la réponse les pieds dans le plat, j’explique ma réponse.
Après je fais très attention, mais dans le fil d’une réponse, je dis :
— […] je ne crois pas,non… !
— Haaaa!!! Gage !
& voilà, j’ai un gage..!! :
— écrire un livre sur les 6ème6 !
— le titre : les 6ème
— d’accord  !
Ils sont un peu surpris, tous leurs yeux étonnés-contents me regardent. Damned, où m’embarquais-je?..!

• Puis d’autres questions, & ils parlent des livres lus, de ce qu’ils retiennent :
(quelques notes griffonnées vite fait)
— quand on a besoin de se libérer, mieux vaut écrire que dire
— jamais baisser les bras
— ça m’a fait du baume au cœur de l’avoir lu

• avant qu’on se sépare, je leur propose de ne pas se quitter comme ça ! :
— est-ce qu’on pourrait le faire ensemble, ce livre des 6ème 6 ?
Grand enthousiasme ! (chic..!!) et déjà des propositions :
— chacun écrit un truc sur lui
— que nous on aime bien
— nos talents nos qualités
— un livret de vie (c’est moi qui souligne, c’est une belle formule)
— nos passions défauts qualités
— nos liens d’amitié
Il va falloir que j’y pense rapidement pour leur partie car voilà déjà juin et adieu les 6ème6!

Avant de partir, Julie me montre la liste des livres empruntés (ils ont tous beaucoup lu!!) La boîte à livres m’impressionne et je repense aux grands sacs plein de livres vus lors de la rencontre initiale en décembre à la bibli départementale. Quel boulot effectué!!
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et cette remarque de Julie : fabienne yvert (« tu me passes le fabienne yvert! ») est quasi devenu un nom commun dans la classe..!

Waouh ! je repars après cette journée un peu chavirée et j’essaie de bien ranger dans ma tête toutes ces choses vues, dites et entendues…
L’impression aussi que l’écriture et plus spécialement la poésie n’est pas rien et que des belles choses se sont passées entre nous.

Je repars aussi avec plein de petits cahiers de lecture, que je lis dans le RER avec délectation:
20190601_152959 20190601_150709 20190601_150600 20190601_152615 20190601_152741 20190601_150652 20190601_153125 20190601_153011 20190601_152801 20190601_152850 20190601_152707 20190601_153152 20190601_152811 20190601_153041 20190601_153019 20190601_153202 20190601_153207 20190601_152717 20190601_152655 20190601_152727 20190601_152935 20190601_153133 20190601_152640 20190601_153150 20190601_152556 20190601_152747 20190601_152928 20190601_152829 20190601_152710 20190601_152626 20190601_153032 20190601_152839 20190601_152607 20190601_152646 20190601_152822 20190601_152844 20190601_153114 20190601_150723 20190601_152857 20190601_153107 20190601_152924 20190601_152701 20190601_153117 20190601_153144 20190601_153023 20190601_15293920190601_153141


considérations avec girafe et ours

31 mai 2019

20190526_115124 Admirez mon comité d’accueil-de-départ!

Cette fois encore, je repars de Tulle avec du tissu (et des livres…) dans ma valise qui pèse 3 tonnes : le magasin de tissu de la rue de la Barrière « Maison Peregnaud » est une mine d’or (il me faudrait juste du temps pour coudre…!)
20190525_121016et puis, avec 2 très beaux torchons ramenés de Catalogne par Manée;
20190526_125711dont la toile est beaucoup trop belle pour en faire des torchons!
Cette fois encore, je mets à profit le voyage pour mettre à jour mes notes pour avancer le blog.
J’ai pris goût à Tulle (je vois Manée sourire en lisant ça!!) mais c’est quand même trop loin… de Marseille! (encore plus quand le temps est pourri!)

20190527_110953 je reviens aussi avec de la confiture de noix achetée au marché, un pot pour Corinne et Bruno ; c’est une tuerie..! ( mais je préfère la crème de noix pas sucrée, les recettes italienne de Crema di noci ou pesto aux noix, qu’on trouve rarement — heureusement…)
En attendant de l’ouvrir, on se fait un atelier cuisine après l’apéro d’arrivée ! Ça fait plaisir d’utiliser un four après 15 jours de rbnb-pas-de-four-sauf-micro-ondes..!
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20190527_202112Le lendemain, Bruno nous concocte une délicieuse poêlée aux asperges vertes dans assiettes rouges qui me font oublier le délice des fèves toutes fraiches mangées à Tulle,

et puis vu ces assiettes en grès magnifiques avec un bel émaillage !


Sans titre& tout ça pour se requinquer de cette soirée électorale!
Le lendemain lundi matin d’atelier, Manée me demande des précisions concernant les consignes de l’atelier du lundi…
Puis ce message,
suivi de ces 2 animaux qui font plaisir à voir, sur le chemin (des écoliers) de Saint Pardoux!
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Tant qu’il reste des girafes et des ours…
Ça me fait penser à cette analyse d’affiches électorales qui est pas mal! Les plus réussies sont celle de Ian Brossat et d’europe écologie… Bon, comme quoi les affiches….


drôles d’oiseaux

29 mai 2019

Catherine a envoyé un mail : Le vendredi 24 mai à 18 h00 une rencontre avec Claudie Guyennon-Duchêne au centre Jacques Cartier de Brive sera l’occasion de présenter les réalisations qui ont été faites avec un groupe de femmes du quartier.
& Vendredi soir, vernissage de Claudie à 18h au centre Jacques Cartier.

Nous y allons avec David; voyage sous la pluie battante, nuages bas dans les champs trop verts spongieux, ça me déprime un peu. Comme je lui en fait part, David, qui pense que c’est bien pour la nature, convient que c’est quand même un peu trop en ce moment pour le moral…
Heureusement, le centre affiche des belles couleurs déjà à l’extérieur.!

& c’est la 1ère fois que je vois la cape de Claudie en vrai, qui nous saute aux yeux en entrant,  je ne la connaissais qu’en « image » !!
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Le temps de regarder des drôles d’oiseaux, et les magnifiques nids de Tisserins brodés d’or…
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20190524_181506Un adjoint à la culture fait un petit discours. Alors qu’on commence à s’ennuyer, Claudie intervient dans son discours pour remercier aussi et citer tous les noms des personnes avec qui elle a travaillé,
ce qui rend le discours plus interactif mais désarçonne un peu le discoureur.
Elle le félicite aussi d’avoir mis une chemise avec des marguerites, pour s’assortir mieux à l’exposition.
Voilà un beau discours combiné!!
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Claudie fait un petit tour d’expo pour présenter son boulot, dont sa grande tapisserie en feutre, pas encore finie.20190524_18292320190524_18203620190524_183101
On voit rarement ce genre de cartons dans les expos!
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Des amies à elle sont venues d’un peu loin, qui connaissent aussi Violaine à Toulouse…
L’une d’elle reconnaît m’avoir vu à Fraïssé des Corbières il y a longtemps, se souvient des livres en porcelaine; le monde est petit..!

Nous repartons bien contents d’avoir vu cette œuvre si personnelle et garderons en mémoire la méthode pour ne pas s’emmerder aux discours!
Arrivés à Tulle, la pluie a quasi cessé de tomber, et j’accroche sans tarder l’affiche en vitrine du Lieu/lien.
Faites un petit tour à Brive voir ce boulot singulier!
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l’art c’est pas pour nous, nouvel épisode

29 mai 2019

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Heureusement qu’on avait prévenu Odile, qui est venu avec 5 personnes du Secours catholique, car sinon, on aurait été bien seuls…


Mohamed est venu aussi, mais il n’a pas trouvé le local, je pensais qu’il avait compris mes explications, qui ne valaient pas un bon plan, d’autant que le ciel était menaçant…

Voici un reportage complet, (manque que les paroles!)

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On commence avec un Adami 
David évoque l’Italie, la commedia dell’arte,

les participants sont un peu timides au début,
et seule la jeune fille de la famille arménienne-ukrainienne parle un peu français
et sert de traductrice

David sort beaucoup d’œuvres, car on reste très peu de temps sur chacune, faute de vocabulaire

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De Klasen, voyager derrière un camion de produits dangereux, devenu paysage, à Cueco et sa fabrique de roses, quand le travail est aussi dans la tête de l’artiste.
Nous passons de l’usine au patron, avec Aubry, son patron codé en musique20190524_142259
Puis un artiste portugais dont j’ai oublié le nom, mais qui suscite de l’intérêt, et surtout dans les détails, tout voir et déchiffrer bien au-delà des attentes de David. Le croissant musulman et la croix de Malte servent de repères entre navigation et camping, un voyage intérieur en caravelle, avec le sigle de l’USSR vite repéré par notre expert!
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20190524_144138Aillaud avec un cerval
avant un okapi en gros plan,
qui ressemble à une girafe,
le monsieur nous mime son cou et ses cornes,
c’est facile à comprendre et on rigole ensemble,
puis un ours pour compléter la famille

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des chaises en arbre en pot, ou graine de chaises.
& vous, vous auriez envie de faire pousser quoi?
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Di rosa, baobab du Ghana, et des fleurs de lotus du Vietnam, avant la piscine de Monory20190524_145902
Puis chacun va choisir dans le meuble artothèque une œuvre qui lui plait !
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Buisson ; une image comme un film à la TV, une dame pousse un garçon, petite scène tragique, réelle ou imaginaire. Peut-être ou peut-être pas… Réfléchir pour faire la lumière… (David sort l’autre partie du dyptique)20190524_153844
20190524_152055Comme notre timing est parfait, en voilà la preuve : un super orage éclate dehors avec cet éclair!!

Puis fred. Clavere. Le monsieur qui l’a choisi est content de le présenter et de dire pourquoi il l’a choisi, mais sa jeune traductrice refuse de traduire..!!

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(il ne nous reste qu’à imaginer..!)
Nous restons dans les manipulations anatomiques avec ces cœurs et flux de Laurine Estac. (pas bien sûre de son nom ni de l’orthographe, je vais me renseigner…)
Le monsieur amateur-d’art-qui-voit-tout repère immédiatement que ça représente une carte du monde inversée-déformée! D’ailleurs le titre est PNB.
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Plus c’est rouge, plus c’est riche. Quand le cœur est trop gros, il explose. Même si ça représente beaucoup de richesse, c’est tout petit perdu dans l’univers…
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Gaëlle a choisi un Saura, mélange joyeux de gens. C’est la fête.
David en sort un autre où c’est pas la fête, inspiré de Goya.
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Puis une carte de Tulle de Jochen Gerner, qui nous déboussole. (contrairement à la photo, pas de femme-louve en bordure de Tulle…!)20190524_155255
avant de revenir à Laurine Estac (penser à vérifier son nom…) à échelle historique et européenne, vue inversée… avant les élections du we…20190524_154627
Pour finir bien ces 2 heures intenses, une joyeuse « Machine Infidèle »,20190524_154205
qui trompe énormément…, et à propos d’arrosage, prenez vos parapluies..!
Merci David, merci Odile et tous les participant.e.s, c’était un bon moment !!