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sommes

30 juillet 2020

• C’est l’été au bord de la mer.
Autour, les vacanciers, qui rendent certaines nuits de voisinage plutôt agitées…

Mais comme on n’a pas les mêmes horaires…, aperçu des vestiges de leurs nuits en montant sur la terrasse dans la tranquillité du matin tôt (pas si tôt que ça!) avec la théière…

Les avions passent avec leur banderole… qui parle d’Aldi Le Havre…
Au Havre, je n’ai jamais vu d’avion à banderole (& qui parlerait d’Aldi Marseille ?!!!)…
J’espère bien qu’un jour, je réussirai à avoir une banderole dans le ciel..!!!

& la visite de Jean-Pierre, qui vient pour l’installation d’une expo à l’Autoportrait.

 

 

 

Avec une blessure de guerre,
et un sacristain à se damner(!),fait exprès pour ce plat à poisson..!

et une commande d’un meuble à sa façon pour l’expo de septembre, youpi!!

 

 

• Au four et au moulin, justement…
quelques dessins dégradés…
 

un peu de verre, quand on est concentré, on oublie un peu qu’il fait encore plus chaud devant le chalumeau…


ça va encore être facile à emballer et à transporter….

en cours…

et la suite
et fin des impressions de notre abécédaire avec Christine Carte


Certains soirs, en rentrant par le bateau de 21h (qui permet d’échapper aux touristes et à la foule bruyante après la journée de boulot!), je suis tellement Ko que je m’endors presque, bercée par le roulis à la sortie et l’entrée du port…!

impression sur calque pour parfaire les calages pas toujours évidents, entre autre par rapport aux découpes de la page suivante…
apparaît, apparaît pas….

travail devant le ventilateur, pour pas mourir de chaud en imprimant…

Fin en Y Z
(avant pliage, assemblage, et il reste la couverture et peut-être un emboitage, suite en septembre…) jeudi après-midi, on fête ça, Christine part en vacances le lendemain!

• Dans cette période, une lecture qui relativise le travail…

Après, on peut travailler comme une bête, ce sera toujours moins que dans ce livre, du coup, on se sent chanceu.x.se !

• & en typo, un cadeau de Pauline Weidmann au courrier, après une rencontre au Mons :

    


reprendre du poil de la bête

20 juillet 2020

• un mail de Jean-Pierre, pour m’aider à ramer après l’inondation :

 

 

 

remonter le ressort

 

 

• un mail de Christine T., avec des phrases sur les murs de Die :

• un livre sur les tapis tigre du Népal,
vu chez Sylvie (qui a vu cette expo en 88!!) :
 



(ci-dessus, extrait du site  http://www.quelques-choses.com/)


 

• & après avoir commencé à lire un livre de Jim Harrison dans le train, un “tapis” de Debbie Lawson

• Un message de Zaven, qui date de son retour au Brésil, je le trouve beau (et terrible), alors je le partage en partie :

 

 


sécher

18 juillet 2020

Jean-Pierre est venu à Saint Pardoux vendredi 10 juillet présenter leur nouveau projet avec Zoé, l’occasion de le voir en début de semaine chez Raphaëlle pour les 400 ans du Mons, devenu le roi de la broderie, pour une broderie collective sur un drap en métis magnifiquement bleu.

Pendant ce temps, plein d’autres activités, rencontres, discussions et repas, et pour moi, l’occasion de recroiser la route du feutre abandonnée depuis plusieurs années, en proposant de faire 2 couvertures avec les laines qui emplissaient ma trop petite voiture. On en voit une qui sèche au loin.

• & justement, en parlant de sécher, le lendemain 15 juillet, retour au Lieu/lien pour y trouver une inondation.

L’eau coule du plafond depuis plusieurs jours, après avoir imbibé successivement tous les étages depuis le 3ème ainsi que l’escalier de l’immeuble, vide depuis juillet, et dégouline…
Toutes les affiches sont détrempées, 5 cm d’eau dans le pot à crayons sur la table devenue mare, histoire de constater par exemple qu’une gomme ne flotte pas…

Heureusement dans notre malheur, mes dessins sur les murs sont gondolants mais épargnés, aucun ne s’est décroché…

Le carton avec le stock des jeux de cartes de l’atelier est tellement imbibé qu’on peut en suivre la trace jusqu’à la poubelle plus loin…

 

On ouvre les poches d’eau du plafond en évitant de se prendre des cataractes sur la gueule (David apprécie son chapeau), on laisse les seaux sous l’eau qui continue de goutter (on a réussi à aller dans la cave fermer le maudit compteur avec la petite molette de débit qui tournait sans arrêt), on serpillère, on éponge, on déplace les éléments pour soulever le lino que le sol puisse aussi sécher…

La peinture au plafond gorgé d’eau est venue toute seule, maintenant sécher les plâtres… & que l’affreuse odeur disparaisse…

Adieu à plus de 140 affiches stockées là, numériques ou en typo, un paquet d’heures de travail…
Dur pour les rêves de travailler agréablement au Lieu/Lien cet été… Fin de résidence à tordre merev…
& enlever cette odeur infecte et tenace… direction la droguerie Neige, pour 2 kg de bicarbonate…

• & puis il fait un temps de chiottes.
Le lendemain, direction Clermont-Ferrand sous la pluie avec un pull et un kabig pour aller chercher une grande table en chêne pour la future expo à l’église.

On la range au sec, car là aussi, il y a des problèmes quand il pleut, à cause d’un regard bouché, que personne n’a débouché depuis presque 2 mois que ça a été signalé et demandé… & ça sent aussi l’humidité, damned, moi qui veut mettre des tapis (peints) au sol…
Un pâle soleil apparait dans mon malheur, qui projette une faible lumière de vitrail, il est 15h30.

Ce n’est pas comme la dernière fois, avec David, un matin, où la forme se déplace très vite avec le soleil !

• Ciel bouché, et cette semaine du 14 juillet, pas d’affichage supplémentaire de la dizaine d’affiches, sauf une sur le kiosque, en haut, pour les gens qui lèvent la tête…

Suite la semaine prochaine, alors…

• & comme le kiosque est près du théâtre, vendredi 16h, rendu d’un travail (5 jours X 4h) avec une dizaine d’ado et mineurs isolés avec Marie-Pierre Bésanger, qui a déjà travaillé avec PEC et qui propose des ateliers avec des jeunes au mois d’août ; c’était bien et ça donne envie de travailler avec ces jeunes ! J’espère que certains d’entre eux participeront aussi aux ateliers que je propose !
Car les dispositifs artistiques post-covid pleuvent, comme dirait Manée…

• Justement, le projet :

Contactez-moi pour les inscriptions!

• & puisque PEC proposait cette semaine un film sur Giovana Marini :

un cadeau à écouter

• • • • • • • •


un autre monde se dessine

12 juillet 2020

• Un message de Sylvie, qui sait ce qui m’intéresse !

J’ai mené l’enquête, seul résultat dans la Montagne, extrait :


• et des nouveaux dessins dégradés…
   


un abécédire

9 juillet 2020

Allez, on se fait un (autre, celui-ci est épuisé) abécédaire à notre façon, un peu vrillé !
L’idée doit venir du début de l’année 18, et pour le plaisir d’un projet ensemble avec Christine Carte, à l‘Encre Rouge

En mars et avril 2018, on a commencé la 1ère phase de fabrication de notre abécédaire : imprimer les 26 lettres de l’alphabet “plein pot”, sur différents papiers


On a même “communiqué..!!”

Je vous dis tout ça, mais ce soir en rentrant en bateau après la journée de boulot, il nous a fallu réfléchir avec Christine pour savoir quand on l’avait commencé, cet abécédaire ?
Recherches après divers hypothèses… : printemps 2018 !!!
T’es sûre ?!!!
En atteste la revue 17 !
On savait que ça avait trainé, mais quand même!!!

& puis la phase 2, faire tous les dessins à adapter pour la découpe a pris beaucoup de temps à Christine (+ mon grain de sel), les mettre au point avec la superposition des découpes et couleurs de papiers…
entre 1000 autres choses dans nos emplois du temps respectifs plutôt blindés

Vu le temps passé, je ne me souvenais pas toujours de la “solution” lettre + découpe que Christine me montrait (d’autant que je suis assez nulle en rébus, même si Jean-Pierre m’a initiée), ça servait aussi à clarifier le résultat final…

& ensuite la découpe, qui prend plus de temps pour positionner feuille après feuille que l’impression…


& puisque la découpe est presque finie, je peux attaquer la 3ème phase : après avoir fait quelques essais de typos-en-magasin, imprimer les “solutions” des rébus au dos des lettres et dessins !
Chercher où positionner les mots dans les pages, en fonction des découpes, et puis aussi, en fonction des découpes de la page qui vient par dessus


C’est un abécédaire spécial à dire, un abécédire, pas tellement recommandé pour pas s’emmêler avec l’orthographe!!
— Tu va imprimer quoi maintenant ?
— Hirondelle et Hippie
— Mais j’ai pas découpé le H !
— je m’en fous, c’est avec le I..!!!


c’est pas les vacances

9 juillet 2020

• A Tulle, la chasse aux affiches a commencé ;
va falloir choisir les heures sans trop de reflets pour les photos! (merci Serge!)

 

Déjà, celle qui est à côté de la médiathèque (qui n’ouvre pas à l’aube)


& puis “en ville”, qui tourne le dos à la tour administrative..!

• Pendant ce temps-là, poursuite des dessins dégradés…

ben oui, un incessant travail de fourmi…
(Rêves de mécène, de collectionneurs, de galerie soutenante, de loto même sans gros lot, …, d’être moins con…, pour pouvoir travailler enfin posément, avoir le temps de développer son boulot, entre autre en céramique-verre,  sans s’angoisser pour bouffer, pour acheter du matos, sans courir après le temps, sans se dissiper en “animations” diverses et variées, intéressantes ou non mais rendues telles pour que ce soit supportable, sans faire d’incessants dossiers pour gagner 3 tunes qui prennent du temps et de l’énergie pour rien sauf une fois sur 100…, pfff… quel combat !)
• Sur le front du verre, reprise aussi du chalumeau :

• & puis, un atelier d’été qui se profile (au mois d’août) :
(on va vite établir un calendrier, et si jamais ça vous intéresse, seul.e ou en famille, contacter-nous ! PEC tel : 05 55 26 38 96 )

S’écrire dans la ville
Nous avons dans « notre » ville des lieux mythiques personnels, positifs ou négatifs.
Des choses personnelles à dire, par rapport à notre vie, au monde, que nous n’exprimons pas ou peu.
Comment formuler ces paroles au plus juste pour les porter dans l’espace public de notre choix sous une forme plastique et en donner connaissance aux autres le temps d’une prise de vue.
Quel est notre rapport à la langue, à notre parole intime donnée à voir, au choix que nous faisons d’être photographié (ou non), comment et où ? Vivre cette expérience en groupe, aidé par la bienveillance de tous, nous permet–il plus facilement de dépasser nos réserves ?
De nous « inscrire » plus facilement dans une ville qui nous semble parfois étrangère, suivant d’où nous venons et vivons. De partager un moment de vie et de création sans être cantonné à notre espace habituel. D’être tous logé à la même enseigne de l’ « étrangeté » de cette création, que nous soyons enfant, ado, adulte, pauvre, migrant,… quelque soit notre âge et statut social.
Être ensemble pour créer une œuvre à la fois personnelle et collective. Expérimenter la photographie avec son téléphone autrement, ni souvenir ou partage sur les réseaux sociaux, mais acte de création. Choisir ensemble la photographie qui nous semble emblématique pour chaque prise de vue. Voir se dessiner un autre territoire, enrichi par la parole de tous.

Déroulement des ateliers après présentation du projet :
— atelier(s) d’écriture
— choisir comment écrire sur un support (lequel ?) qui se voit de loin
— partir en groupe en expédition photographique :
– chacun choisit son (ses) lieu(x) de « représentation », comment y poser ses mots, comment s’y poser (ou non) soi-même
– tout le monde prend des photos de la « scène », en pensant au(x) cadrage(s), comment mettre le plus en valeur cette parole accompagnée donnée à voir
— nous choisissons ensemble une photographie pour chaque lieu, parmi les photos de tout le monde
— rapidement, nous pouvons les imprimer et avoir une vue d’ensemble de notre travail, parler de cette expérience pour chacun et du résultat collectif.
— nouvel atelier d’écriture (et lecture) devant chaque photo
— petite exposition de nos travaux dans une vitrine en ville (Lieu/lien)


à la campagne

5 juillet 2020

•  J’ai été me promener au canal des moines, à Aubazine (l’abbaye était fermée covid), avec Iris.
L’occasion de rencontrer une libellule et de se sentir en harmonie avec la nature…

En partant de Tulle, cette fois, mon chemin est passé par d’autres routes, direction l’école de Violaine et Andreas, qui ont déménagé !
L’occasion d’apprendre que maintenant, l’IGN peut faire des cartes “personnalisées” !


Faire connaissance avec le jeune Alto,

& les voir dans le journal local !!
 
Justement, il y a un stage ce samedi, et il faut finir d’installer l’atelier..!

Les travaux dans l’immense école se passe(ro)nt par tranches, en attendant, camping 1ère classe, et je dors avec un cheval, resté là avec le reste

Nous avons fait une virée à Villefranche-de-Rouergue, la “grande” ville proche, direction art contemporain, à l’Atelier Blanc (une initiative privée de particuliers amateurs d’art au départ, dans le jardin et petite dépendance d’une propriété bourgeoise), et en papotant avec la femme “gardienne-médiatrice culturelle” du lieu, nous étions à 18h ses 1ères visiteuses du jour et réciproquement contentes de nous rencontrer. Comme le monde est petit et en menant l’enquête, nous nous étions déjà vu à Toulouse, à la Cave-Po, avec Arno Fabre !)
& puis, l’occasion aussi de re-entendre parler de Derek Jarman…

• & puis, un message reçu sur l’autoroute-des-vacances-des-autres (on sent qu’on a changé de saison (!) et de région(s) quand par la fenêtre on entend les cigales plus fort que les moteurs de bagnole!) :

• & puis la semaine prochaine, n’oubliez pas :


en ville

3 juillet 2020

Pourquoi tout doit se faire toujours dans l’urgence ?!
Mais ça vaut le coup, une dizaine de grandes affiches en ville avec les nouveaux dessins, youpi, même si le calibrage des couleurs dessins/scan/ordi/repro peut laisser dubitatif..!
De toute façon, une affiche, c’est autre chose qu’un dessin original quand il ne s’agit pas d’une affiche d’expo ou d’une repro pour un catalogue, avec une photogravure impec..!
& puis, voir que ça tient bien l’agrandissement, et que ça ne fait pas des affiches “indifférentes”, et vraiment nouvelles pour moi, ça me fait grand plaisir et encouragements !

Donc, c’est extra!!

A suivre pour la chasse aux affiches en ville, installées la semaine prochaine, normalement..

des éclairs à jour également dans le journal de PEC de juillet :


atelier d’écriture du mardi – N° 39

2 juillet 2020

atelier 39, mardi 30 juin
• extrait de Georges Perec, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

Il y a beaucoup de choses place Saint-Sulpice, par exemple : une mairie, un hôtel des finances, un commissariat de police, trois cafés dont un fait tabac, un cinéma, une église à laquelle ont travaillé Le Vau, Gittard, Oppenord, Servandoni et Chalgrin et qui est dédiée à un aumônier de Clotaire Il qui fut évêque de Bourges de 624 à 644 et que l’on fête le 17 janvier, un éditeur, une entreprise de pompes funèbres, une agence de voyages, un arrêt d’ autobus, un tailleur, un hôtel, une fontaine que décorent les statues des quatre grands orateurs chrétiens (Bossuet, Fénelon, Fléchier et Massillon), un kiosque à journaux, un marchand d’objets de piété, un parking, un institut de beauté, et bien d’autres choses encore.

Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.

1
La date : 18 octobre 1974
L’heure 10 h. 30
Le lieu Tabac Saint-Sulpice
Le temps : Froid sec. Ciel gris. Quelques éclaircies.

Esquisse d’un inventaire de quelques-unes des choses strictement visibles :
— Des lettres de l’alphabet, des mots « KLM » (sur la pochette d’un promeneur), un « P » majuscule qui signifie « parking » « Hôtel Récamier », « St-Raphaël », « l’épargne à la dérive », « Taxis tête de station », « Rue du Vieux-Colombier », «Brasserie-bar La Fontaine Saint-Sulpice », « P ELF », «Parc Saint-Sulpice ».
— Des symboles conventionnels : des flèches, sous le « P » des parkings, l’une légèrement pointée vers le sol, l’autre orientée en direction de la rue Bonaparte (côté Luxembourg), au moins quatre panneaux de sens interdit (un cinquième en reflet dans une des glaces du café).
— Des chiffres : 86 (au sommet d’un autobus de la ligne no 86, surmontant l’indication du lieu où il se rend : Saint-Germain-des-Prés), 1 (plaque du no 1 de la rue du Vieux-Colombier), 6 (sur la place indiquant que nous nous trouvons dans le 6e arrondissement de Paris).
— Des slogans fugitifs : « De l’autobus, je regarde Paris »
— De la terre : du gravier tassé et du sable.
— De la pierre : la bordure des trottoirs, une fontaine , une église , des maisons…
— De l’asphalte
— Des arbres (feuilles, souvent jaunissants)
— Un morceau assez grand de ciel (peut-être 1/6e de mon champ visuel)
— Une nuée de pigeons qui s’abat soudain sur le terre-plein central, entre l’église et la fontaine
— Des véhicules (leur inventaire reste à faire)
— Des êtres humains
— Une espèce de basset
— Un pain (baguette)
— Une salade (frisée ?) débordant partiellement d’un cabas

Trajectoires:
Le 96 va à la gare Montparnasse
Le 84 va à la porte de Champerret
Le 70 va Place du Dr Hayem, Maison de l’O.R.T.F.
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés
Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert

Aucune eau ne jaillit de la fontaine. Des pigeons se sont posés sur le rebord d’une de ses vasques.
Sur le terre-plein, il y a des bancs, des bancs doubles avec un dosseret unique. Je peux, de ma place, en compter jusqu’à six. Quatre sont vides. Trois clochards aux gestes classiques (boire du rouge à la bouteille) sur le sixième.

Le 63 va à la Porte de la Muette
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés
Nettoyer c’est bien ne pas salir c’est mieux
Un car allemand
Une fourgonnette Brinks
Le 87 va au Champ-de-Mars
Le 84 va à la porte de Champerret

Couleurs :
rouge (Fiat, robe, St-Raphaël, sens uniques)
sac bleu
chaussures vertes
imperméable vert
taxi bleu
deux-chevaux bleue
Le 70 va à la Place du Dr Hayem, Maison de l’O.R.T.F.

méhari verte
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés
Danone : Yoghourts et desserts
Exigez le Roquefort Société le vrai dans son ovale vert

La plupart des gens ont au moins une main occupée : ils tiennent un sac, une petite valise, un cabas, une canne, une laisse au bout de laquelle il y a un chien, la main d’un enfant.
[…]
Walon déménagements
Fernand Carrascossa déménagements
Pommes de terre en gros
D’un car de touristes une Japonaise semble me photographier.
Un vieil homme avec sa demi-baguette, une dame avec un paquet de gâteaux en forme de petite pyramide
[…]
Venant de la rue du Vieux-Colombier, un 84 tourne dans la rue Bonaparte (en direction du Luxembourg)
Un car, vide.
D’autres Japonais dans un autre car
Le 86 va à Saint-Germain-des-Prés
Braun reproductions d’art
Accalmie (lassitude ?)
Pause.

• Un texte de Richard Brautigan extrait de  Tokyo Montana express

• Des poèmes de Pierre Tilman extraits de  Le choix des couleurs


• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

1 — Allez vous balader dans le quartier.
Choisissez un endroit, notez ce que vous voyez de la façon la plus exhaustive possible, les gens que vous rencontrez, vos pensées qui s’y mèlent.

 

 

Dominique :

 

 

Sylviane :
(qui avant de m’envoyer ses textes tapés m’a envoyé ce mail :
Bonjour Fabienne je n’ai pas encore tapé mes textes. Je suis très occupée en ce moment parce que j’écris les histoires de vie de 3 demandeurs d’asile qui m’ont demandé pour leurs dossiers Ofpra. C’est très douloureux pour eux alors c’est un travail très long parce que je ne veux pas les bousculer. Il faut que je finisse pour mardi ou mercredi. Des que je peux je t’envoie les textes. Je laisse mon cahier sur la table pour y penser. Bonne journée)

 

 

 

2 — Placez-vous à un autre endroit, prenez une autre approche de description.

 

 

Dominique :

 

 

Sylviane :

 

3 — Qui êtes-vous ?
description, questions, divagations

 

 

Dominique :

 

 

Sylviane :

Manée :
Petite, brune, peut-être ça se voit moins maintenant avec la vieillesse mais les pommettes saillantes et les yeux un peu en amande qui ont laissé souvent soupçonner des origines chiliennes ou japonaises, voûtée à cause d’une mauvaise scoliose pas soignée ; sourde, c’est pénible et parfois avantageux, assez susceptible, pas très directe, assez inhibée (même si moins qu’avant, il serait temps), assez maladroite de mes mains sauf pour cultiver la terre, éclectique et j’aime cela, capable de faire beaucoup de choses à la fois ; j’aime les couleurs, le cinéma, lire, jardiner, travailler à des projets pour Peuple et Culture, regarder la mer mais c’est si rare.
Souvent j’en me demande comment les autres me voient, quel est le son de ma voix entendue de l’extérieur, comment je réagirais si j’étais torturée ou simplement si j’avais très peur, qu’est ce que je serai devenue si je n’avais pas rencontré X ou Y, combien de temps il me reste à vivre, comment je vais mourir.
J’aurais aimé être un rouge gorge un peu apprivoisé mais pas trop, prés d’une maison sans chat dans le coin, une mésange dans un creux de mur de pierres chauffé par le soleil ou une hirondelle pour crier comme elles ; j’aurais aimé être une chatte mais qui n’aurait pas aimé tuer les oiseaux ; j’aurais aimé être une panda même s’il parait qu’ils ont une libido très faible ; j’aurais aimé être chilienne ou russe, j’aurais aimé être menuisière, savoir danser, dessiner, coudre, savoir construire une cabane presque maison en bois.

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •

& voilà, c’est fini pour aujourd’hui !

L’atelier reprendra l’année prochaine (je compte en année scolaire!) sous une autre forme…
A suivre..!

 


un temps indéterminé

29 juin 2020

• La semaine dernière, Marseille-Tulle porte à porte en 12h… le temps d’aller à l’autre bout du monde.
Le contrôleur nous annonce un problème de traction peu après le départ. Panne électrique à Miramas, entre 2 voies. Ça va durer “un temps indéterminé” (on se dit houlà, il est midi moins le quart, on n’est pas sorti de l’auberge ! sauf que pas d’auberge, pas de vente ambulante dans le train depuis le covid, fallait de l’eau et un gros livre en prévision !). On va être dépanné par l'”intra”, quand c’est un problème matériel, dit-il. Remorqué le long d’un quai. A attendre une autre locomotive, qui vient de Marseille. Le personnel SNCF faisant partie des voyageurs est demandé en voiture 3. Rien que dans le wagon où je suis, 2 hommes se lèvent et vont au front. C’est la cas de mon voisin qui venait de s’engouffrer un gros sandwich, il a pris des forces. Quand nous sommes de nouveau à quai, les voyageurs qui veulent rentrer à Marseille peuvent prendre le train qui vient dans l’autre sens (c’est tentant!!)
13h35. Une fois la loco changée, on attend (le temps ne compte plus…) un “bulletin de freinage” (qui certifie que le train peut freiner normalement en toutes circonstances — on apprend des trucs !) pour pouvoir repartir…
Peu de temps après, jamais 1 sans 2 : il y a le feu (!!!). Entre Nîmes et Montpellier. Le train est dévié…
On arrive à Toulouse (eurêka) avec 235 minutes de retard…
Plus de correspondance pour Brive. Après négociation, une demi-heure de battement pour respirer sans masque et voir le ciel d’été avant un TER jusqu’à Cahors, puis deux taxi Mercedes noir format corbillard pour acheminer les désespérés vers Souillac ou Brive. On est 6 (avec re-masque) dans notre taxi. Un homme fait le voyage depuis Antibes pour aller chercher une bagnole d’occasion à Brive. Parait-il que depuis le confinement, les voitures d’occase partent comme des petits pains (quand on a à faire avec la sncf, on comprend pourquoi!!)

• Quelques soirées en liberté, et puis, un cageot d’anniversaire de survie !
 
et Raphaëlle dans son tracteur

et je n’avais pas mon téléphone-photo quand iris m’est apparue dans son jardin avec un immense bouquet composé de 2 grandes fleurs d’ail et de branches de fenouil, le tenant comme un sceptre avec un port de reine et un sourire éclatant avec sa robe verte à gros pois noir, c’est dommage !

• suite des dessins dégradés, le Lieu/lien transformé en atelier entre 2 rdv, avec des inspirations d’ailleurs (Arromanches, par ex…) et d’ici !

 

 

& particulièrement ce dernier dessin pour remercier Jean-Pierre et Violaine, qui se lèvent tous les 2 fort tôt, de leurs encouragements !
& Xavier, puisque la phrase vient de notre “stock” d’Arromanches (c’est une des phrases code du débarquement), qui nous faisait rire en imaginant des indiens sur les falaises, ou lors de notre recherche du “canyon” idéal :

• une autre sorte de dégradé marseillais, après les élections, nous revoilà lundi, une autre semaine commence !

• & pendant tout ce temps-là, Christine, à l’Encre Rouge, continue de bosser en découpe sur notre abécédaire commencé l’année dernière (!), et m’envoie des videos-d’atelier pour me montrer les superpositions et finir de tout mettre au point, et puis après le laser, il faudra réimprimer les “solutions” au plomb…

• et puis, ici, tout bientôt, le retour :


atelier d’écriture du mardi – N° 38

24 juin 2020

atelier 38, mardi 23 juin
Aujourd’hui nous sommes dans la « forêt du souvenir ».
Nous allons travailler à partir du livre de Opal Whiteley, La rivière au bord de l’eau (ed. La cause des livres)


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Avec Manée, Sylvie, Raphaëlle et David, de 19h à 21h, au soleil doré du soir d’une belle et chaude journée

Lecture des extraits du livre et des consignes, et en route!

1 – Vous connaissez l’histoire de la “Forêt du souvenir“.
(sinon, voir sur le blog)
Ces arbres ont été plantés en souvenir d’hommes, pour ne pas oublier leur mort en juin 44 (il y a 76 ans), mais aussi leur vie.

Ils auraient pu être vos (grands-)pères ou oncles ou voisins…
Choisissez un arbre, et à partir des histoires de votre famille, écoutez-le vous parler. Qu’a-t‘il a vous raconter, dire ou/et taire ?
Entrez en dialogue.

Chacun lit devant “son” arbre :


Je ne sais pas qui je « représente » entre guillemets, qui je porte en moi contre l’oubli, ils étaient 99, nous ne sommes que 60 et quelques
donc on ne peut pas dire tel arbre tel homme massacré et c’est bien ainsi
parce que c’est la forêt qui compte, un ensemble, une communauté, les racines qui s’entremêlent dans des réseaux insoupçonnés, les branches qui s’appuient les unes sur les autres, l’humus que nous avons secrété ensemble depuis des années, les taches de soleil qui nous inondent les jours de soleil,
la pluie qui ruisselle de l’un à l’autre les jours de pluie et l’hiver le gel et les craquements qu’ils provoquent en nous en une étonnante partition.
Et la vie tout autour dans les jardins
comme une renaissance —
Car le silence quand il s’agit d’eux est souvent trop lourd, trop, trop bien comme il faut, trop militaire, trop le devoir de mémoire
Je ne sais pas qui je « représente »
qui je porte en moi contre l’oubli
mais parfois je me prends à penser que ce pourrait être Theillet, ce jeune qui n’a pas accepté de se faire pendre et qui a sauté de l’échelle dans la rivière au dessous de lui et qui pendant quelques secondes ne s’est pas résigné, a décidé.


Chêne américain
On m’a planté là en souvenir des hommes qui sont morts pour certains pendus, pour d’autres partis dans des trains et morts plus tard dans des souffrances plus longues et plus dures.
Quelle responsabilité pour un jeune chêne américain, que d’être avec les camarades les gardiens de ce lieu, d’avoir la lourde tâche de donner à penser aux personnes qui marchent paisiblement parmi nous.
Je ne te connais pas, toi qui est né bien avant moi, je sais que tu préfères les forêts sauvages et difficiles à traverser. Je suis l’arbre d’une forêt politique, symbolique, je suis un agent municipal au service des habitants.
Si tu aimes tant les arbres, c’est peut-être que les pays du nord d’où viennent ta famille n’ont plus d’arbres, les guerres et la grande agriculture nous ont un peu exterminé, il nous reste quelques parcs et quelques domaines où nous coulons encore des jours heureux.
J’espère que mon statut d’arbre politique me permettra de devenir très vieux, mais je me méfie avec vous autres les humains.
Chaque jour, j’entends par mes racines que des pans entiers de forêts disparaissent dans tes collines. Finalement, chaque arbre devrait avoir un statut politique, voir même de réfugié politique.
Allez petit, réfléchis à tout ça et revient me voir de temps en temps.


« Victoire » dit ce grand chêne d’Amérique planté en face de moi. Victoire ? A moins que ça ne soit « Victor ». Car son houppier s’est séparé en deux à quelque 10 mètres de haut. Ce qui fait qu’il a 2 têtes et que ces 2 têtes sont deux branches qui s’élèvent vers le ciel pour former un V. Le V de Victor. Pile face à moi. Il y en a eu des Victor dans la famille. Des Victor et des Henri. Une fois sur deux. Comme ça on peut suivre.
Tout de suite, il est un peu muet. L’arbre j’entends. Il a compris que je ne suis pas très « famille ».
— Mais qu’est-ce que tu leur veux à ces Victor ?
— J’aimerais comprendre pourquoi je ne connais que très peu de leur vie. Leur vie intérieure je veux dire. Ce qui les émerveillait, ce qui les faisait souffrir. Pourquoi et à quelle occasion ils ont fait planter des arbres tiens par exemple.
— Mais tu crois vraiment que tout cela peut se consigner ?
— Ben, vu la quantité d’archives de comptes que j’ai, je pourrais espérer quelque extravagance…


Dans les moments de tempête beaucoup d’arbres succombent.
Les plus jeunes, les plus frêles, ceux qui poussent à l’ombre des grands chênes, ceux qui ont besoin de l’ombre des grands arbres sont fragiles. Ils prennent le temps de pousser leur cime vers la lumière, ils ont le temps. Et petit à petit les grands arbres s’écartent pour les laisser grandir, s’étirer et s’allonger.
J’étais un de ces jeunes arbres, maigre et un peu dégingandé. J’aimais regarder les ronds de lumière se déformer et se déplacer dans la clairière, voir s’enlacer nos branches pour faire un berceau de feuillage ou encore à regarder la lune et son ombre pâle. Et je restais, tranquille, coller contre le tronc de mon grand frère. Nous étions nombreux à habiter cette petite combe fraîche et herbeuse.
Mes parents, Clovis et Marie-Louise avaient choisi de m’appeler James, mais en vrai tout le monde m’appelait Robert. Mon grand frère s’appelait Robert mais on l’appelait Fernand. C’était comme ça.
La première fois que je suis parti de chez moi, c’était en 1939. On m’a envoyé à Dijon. J’étais avec des gens que je ne les comprenais pas, ils étaient limousins. Les allemands sont passés tellement vite, qu’ils ne se sont pas arrêtés. On ne savait pas, nous ! Alors on est rentré à la maison.

& nous écoutons religieusement!

Dominique était absente et a fait l’atelier ailleurs :

2 — Transposez et faites-vous une forêt du souvenir personnelle (au moins 10 arbres personnalisés)
Nommez les arbres, et pour chacun d’eux, adressez-vous à lui.

Sylvie :

A la naissance de Julien, notre fils aîné, ses grands-parents ont planté un châtaignier, évidement, pour des limousins… A la naissance de Camille, un chêne, puis à la naissance d’Elsa, un pommier. Celui d’Elsa, il a fallu le planter deux fois. Régulièrement nous allions leur rendre visite, nous faisions une procession familiale pour leur offrir nos hommages.

Je me souviens aussi de la charmille dédiée aux goûters, et de la petite table de tôle autour de laquelle nous pouvions nous asseoir. Le charme modeste de cette demoiselle nous faisait garder le silence.

Ce n’est pas comme ce tapageur de cèdre du Liban, grandi trop vite, et étêté alors qu’il avait à peine vingt ans. C’était le préféré de Pierrette. Chaque printemps, elle se désolait de voir les oiseaux picorer le jeune bourgeon qui se formait à sa tête. Après quelques années, il a bien fallu se résoudre à l’abattre.

Un autre charme : celui que Dorothée enlaça. Dès qu’elle croisait le chemin des charmes, elle les embrassait. Elle les embrassait tous. Elle faisait leur portrait et les transfigurait de rose et de mauve, de bruns et de verts sombres, leurs ombres les précédaient et les accompagnaient toujours. Ils allaient par deux ou par trois, et le bel ovale de leur feuillage serré coiffait leurs troncs bien droits.

La première chose que je faisais au printemps était d’aller visiter le bois des grands pins plantés contre le petit bois. J’y courais dès la première journée de soleil. J’inspectais les écorces de chaque arbre et dénombrais les gendarmes qui s’y étaient installés. En revenant vers la maison, je longeais la lisière et m’arrêtais ramasser des fraises des bois que je mettais dans un petit bol fabriqué avec des feuilles de noisetier assemblées.

Près de la rivière, le sureau. J’aimerais tant me rappeler la façon dont mon grand-père faisait des sifflets avec tes fines branches. Je me souviens seulement qu’il entaillait ton écorce tendre, la tapotait avec le manche de ton couteau Opinel et la faisait doucement et soigneusement glisser autour du bois. Il pratiquait une encoche dans la peau de ton écorce pour laisser passer l’air. A chaque fois le miracle s’accomplissait. Le sifflet ne pouvait vivre au-delà de quelques heures. Cela se passait près du moulin Enragé où au début de l’automne nous allions faire moudre les cerneaux de noix écalées lors de veillées où nous buvions du vin nouveau. Les vendanges étaient tout juste achevées, les arbres fruitiers nous avaient donnés leurs fruits, et je commençais à espérer la chaleur de la distillerie où je savais que je retrouverais mon père après ma journée d’école.

Le tilleul de l’école. Combien de fois avons-nous joué, accroupis dans la poussière, entre les racines tortueuses du vieux tilleul. Nous ramassions de petits cailloux, des brindilles, des mousses, des lichens et des fleurs que nous assemblions en constructions troglodytes. Très affairés à nos jeux, nos récréations se passaient dans cette ambiance secrète où nous rêvions de maisons accrochées à de hautes falaises.

L’arbre de Diane. C’est un géant ! Il est immense et se dresse majestueusement vers le ciel avant de laisser retomber vers le sol trois énormes branches qui à leur tour se redressent pour former les piliers d’une nef. Les enfants l’escaladent, s’y cachent et y jouent, les grands s’y promènent, admirent sa voûte et s’y reposent, son ombre douce abrite du soleil et le vent n’y pénètre pas.


David :
Salut à toi « le tordu », tout le monde t’a marché dessus petit, cassé des branches, les chevreuils t’ont mutilé, écorcé, et pourtant tu es encore là. Tu es un peu moche certes, mais tu as tenu le coup.

& toi, le demi cramé, si tu te voyais avec tes moignons de chêne charbonneux, dis-donc y z’y sont pas allés de main morte là-haut, tonnerre de Zeus ! Je vois que ça et là tu as encore des branches bien feuillues, comment fais-tu pour être encore vivant avec tout ce que tu as pris dans le buffet ?!

Salut « gros papy », dis-donc pour un charme tu te portes à merveille, vu ta taille, t’as au moins connu Charlemagne, quoi ? tu es classé arbre remarquable, par Jean-Claude Chataur, c’est qui, un copain de Charlemagne ?
Allez l’ancêtre, si tu es classé, c’est que tu as vraiment la classe, j’aurai disparu depuis longtemps que tu trôneras encore dans la vallée.

Tiens, vieille trogne, je te vois depuis que je suis tout jeune, t’as pas changé, peut-être perdu quelques morceaux, vu ta taille, tu étais un sacré châtaigner, j’aime bien te regarder, avec tes yeux torves ; ta bouche aux grandes dents noires, tu ferais peur aux enfants si tu pouvais leur parler de ta voix caverneuse des temps immémoriaux, où les vivants et leurs cochons subsistaient grâce à toi. Quelle bien sombre maladie vous a donc emporté, toi et tes camarades ?

Le Rouquin dans la peinture, un immense hêtre pourpre se mourait dans le parc du château.
Leurs propriétaires m’ont demandé de faire ton portrait en peinture alors que tu étais mort la saison dernière, encore debout mais mort. J’ai dessiné précisément chacune de tes branches et j’y ai remis des feuilles. Ça m’a coûté un tel travail que je t’en veux terriblement. Surtout que tes feuilles sont vertes d’un côté, rouges de l’autre. Pour un peintre, c’est un véritable casse-tête.

La Fontaine, je te connais depuis l’enfance, tu es couché dans la pente, toujours vivant mais ton tronc est comme une gouttière, l’eau s’écoule dedans quand il pleut et remplit un petit abreuvoir à la base de ton tronc. Tu es un miracle. Aucun arbre n’est comme toi, tu as toujours un peu d’eau pour les visiteurs de la forêt, grands et petits, qui viennent le jour et la nuit.


Manée :
1- Le ginko de ma grand-mère
Sais-tu que je t’ai planté il y a maintenant 12 ans juste à la place du noyer sous lequel ma grand-mère est morte subitement un matin en épluchant des légumes près de son jardin qui est maintenant le mien — c’est Gilbert le voisin qui l’a trouvée en conduisant ses vaches au pré — ce noyer est devenu mythique avec cette histoire et aussi avec la tempête de 1982, la première grande tempête dévastatrice d’arbres. J’étais chez mes parents avec mon frère (qui histoire familiale d’arbres, des années après s’est tué en tombant d’un magnolia dont il voulait couper une branche haute) nous avons vu le noyer commencer à se pencher, et nous avons bien cru qu’il allait se déraciner, mais non il reste penché quasiment à 45° et il est devenu mythique une deuxième fois parce que les enfants l’escaladaient sans que les parents ne s’effarouchent du rituel, les adolescents s’y allongeaient pour jouer de la guitare, les chats s’y endormaient.
Et la légende de « attention ne vous allongez pas à l’ombre des noyers elle est trop fraîche et dangereuse » perdurait, d’ailleurs tout le monde savait que la grand-mère y était morte.
Un matin après des jours de forte pluie quand je suis sortie de la maison tôt pour aller travailler j’ai eu une curieuse sensation, en fait je ne m’étais pas aperçue tout de suite que le noyer si familier, si immuable était tombé pendant la nuit, si délicatement qu’il avait même évité un petit camélia planté peu avant.
Il y a soudain un drôle de vide qui a duré plusieurs jours.
Et puis j’ai constaté qu’il y avait plus de lumière dans la maison alors j’ai eu envie de te planter, toi ginko, plutôt étranger dans ce pays et qui à l’automne devient un arbre de lumière.

PS : j’adore utiliser tes feuilles d’or comme marque page

2 — Le douglas de mon grand-père
Tu es tellement immense avec tes 110 années
Je ne sais pas si tu te souviens mais quand j’étais petite tu avais déjà de grandes racines en partie apparentes qui formaient de petites cavités,
Je disais que c’était de petites étables et j’avais comme lui 13 vaches (des petites pommes de pain) et ma préférée c’était la banou celle qui n’avait qu’une corne parce qu’elle n’était pas comme les autres. ( En patois d’ici, pour corne on dit bane )

3 — Le châtaignier un peu déplumé dans le haut du pré
Je suppose que tu as bien conscience que sous toi sont enterrés des générations de chat, ….Et de chiens : Pillou, Baloo, Sapho, Trèfle, Bohème et qu’ils t’ont enrichi de leur matière organique

4- Avant de lire ces textes de Opale Whiteley et d’essayer de suivre les consignes de Fabienne Yvert, je n’avais jamais pensé, hors des occasions familiales, amicales, ou amoureuses à planter des arbres pour constituer une forêt du souvenir plutôt de personnages que j’aime ou que j’admire, qui m’ont « guidée » entre guillemets ou bien dont je pense que ce serait bien qu’on se souvienne un peu plus d’eux. Et comme il ne me reste que 7 arbres à personnaliser, je vais avoir du mal à choisir.

Disons pour commencer Louise Michel / un bouleau au feuillage léger
Parce que sa légèreté, quand de sa prison elle écrit sur les mésanges charbonnières va bien avec ton feuillage léger.

5- Miguel Enriquez / un châtaigner majestueux
Les militaires l’ont criblé de balles dans une rue du quartier Sante Fe à Santiago du Chili, je crois qu’il serait bien dans une de tes bogues, tellement douce à l’intérieur, piquante à l’extérieur.

6 – George Sand
Peut-être le cerisier sauvage et le charme qui ont poussé en s’enlaçant au bord de l’étang, je ne choisis pas entre vous deux car un arbre seul ne lui conviendrait pas je crois.

7- Simone de Beauvoir/ ?
Le 9 janvier prochain,  ( c’est le jour de naissance de Simone de Beauvoir et c’est aussi le jour de naissance de mon frère qui est mort en tombant d’un arbre, ça n’a rien à voir sauf que c’est des histoires d’arbres mais ce n’est pas la faute de l’arbre… ) bref le 9 janvier prochain je choisirai un arbre pour elle dans ma forêt du souvenir en construction, je ne sais pas encore lequel mais je regarderai et je l’imagine avec une sorte de turban de branches au haut de son tronc.

8- Ariane Mnouchkine / le vieux chêne au fond du pré
Elle te ressemble un peu, vieille, vivante, indéracinable, solide sans être rigide, fidèle, accueillante; les biches viennent souvent l’hiver par grand froid brouter sous tes ormeaux et manger tes glands ; elle, sème des graines de langages et d’humanité dans son théâtre du soleil pour les jours de grand froid politique et comme je te vois chaque jour dans le soleil levant (quand il se lève) il me plait que dans ma forêt du souvenir tu la représentes.

9 -Les deux Simone Weil et Veil  / le hêtre et le bouleau entremêlés
Elles sont comme vous, différentes et entremêlées dans mon panthéon choisi, si opposées politiquement si proches humainement.

10- Delphine Seyrig/ un saule au bord du ruisseau
et surtout le chant de l’eau à ses pieds pour la voix de Delphine que je pourrais écouter pendant des heures.


Raphaëlle
:
Papillon.
Papillon habite la Bretagne et a été planté en double ligne dans un allée monumentale d’un kilomètre qui mène à un manoir. Papillon a donc vu la scène.
Papillon, c’est l’objet qui est entré dans le creux de mon genou quand j’avais environ 5-6 ans et que mon frère me portait sur son porte-bagage. Il est tombé, moi avec et le papillon m’a transpercée.

Vol.
Vol, c’est le fruitier que j’avais planté pour honorer la naissance d’Adrien alors que ses parents résidaient à la maison. Je l’avais planté dans ma prairie, à l’entrée du domaine. 2 jours plus tard, on l’avait volé. Je l’ai remplacé par un chêne. Plus loin, caché.

Sidération
Je suis arrivée trop tard : Une entreprise de réinsertion avait pour mission de réhabiliter le lavoir du fond du pré, à l’ombre d’un très grand chêne qui s’appelle depuis, Sidération. Ils ont commencé par vider le lavoir et pour cela, ils ont coupé ses racines à ras, bien consciencieusement. Je n’ai pu que constater les amputations racinaires qu’ils lui ont faites.
Depuis, Sidération est hémiplégique à 80 % .

Vertigineux
Tout une allée de Douglas menait à notre maison de campagne. Mon frère, qui avait démarré jeune l’alpinisme aimait à m’emmener en haut de leurs cimes. Le plus excitant, c’était de se laisser bercer au gré du vent mais surtout, d’appeler notre mère qui avait bien du mal à nous voir tant nous étions haut perchés mais qui ne manquait pas de dire « vertigineux ! »

Dangers potentiels
Des milliers d’arbres de nos forêts sont tombés à la tempête de 99. Pour l’occasion, nombre des mes amis m’avaient rejoint dans la forêt par terre de laquelle nous essayions d’extraire des grumes du tas d’arbres enchevêtrés. Le soir, bien fatigués, nous sommes rentrés à la maison. Point d’électricité, pas de chauffage. Pour survivre, j’avais emprunté un ventilateur thermique à un ami. Un de ces trucs agricoles qui pulsent des milliers de KW en quelques minutes mais qui en même temps, vous asphyxient. Cerise sur le gâteau : il ne se servait de son ventilateur que dans ses porcheries. Ainsi, l’air pulsé chauffait certes mais consommait notre oxygène en même temps qu’il se répandait une immonde odeur de porc.

Virginie Despentes
Tiens, c’est marrant, les arbres sont tous de genre masculin. L’occasion rêvée d’en nommer un Virginie Despentes.
Combien faudrait-il planter d’arbres pour symboliser les témoignages de femmes victimes des hommes à travers le monde ?

Monument éphémère.
Cette nuit là, j’aurais pu deviner que vent allait le déchirer. Il s’est ouvert en deux. Sans un cri.
Et pourtant, la déchirure laissée est très impressionnante. Le voilà à terre, presque totalement. Tout semble encore si vivant pourtant.
Moralité : la beauté ne dure qu’un temps. Mieux vaut être petit et frêle, se fondre dans la forêt et rester au milieu de ses congénères.


Dominique :

 

 

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de toutes les couleurs

21 juin 2020


En préparant des “fonds”, j’ai complété ma gamme colorée.
Avec une question : d’autres couleurs surviennent suivant les saisons ? La lumière du lieu où on se trouve ? Ce qu’on a dans la tête, du plus confus au plus tranché ?
(& aussi ce qu’on a en stock..!)

C’est le moment de protester : comme la gamme de papiers qui s’appauvrit de la part des papetiers, les marchands de couleurs suivent une mode ou/et la consommation ou/et des économies, vers une simplification…

Le bleu Hoggar a perdu de la profondeur en quelques années, & le rouge Breughel (mon pot a séché depuis… pas mal d’années d’inutilisation..!!) a disparu. On peut toujours le faire avec des mélanges, vous me direz, mais c’est tout de même navrant, sinon rageant !

Pendant ce temps coloré, dans les messages,
à Tulle, le temps semble pourri, mais

à Marseille, de l’intérêt d’utiliser un même bleu

à Paris, MissTic sur la devanture de la librairie Traversée, rue Mouffetard

Pour finir, une grande pensée de Pierre Dac :
Si la matière grise était plus rose, le monde aurait moins les idées noires.


atelier d’écriture du mardi – N° 37

16 juin 2020

atelier 37, mardi 16 juin
Aujourd’hui, voici des extraits d’un livre d’Henri Cueco, Le collectionneur de collections  (Seuil)

et de Dominique Petitgand, Sommeil léger

1 — et vous, quels silences collectionnez-vous?
Faites une petite analyse de ce que cela signifie pour vous avant de dresser une liste (un peu longue…) de (vos) silences, avec quelques développements

Sylvie :

Quand rien ne se passe et que rien n’arrive
Le silence a quelque chose du vide
Pourrait-on dire tomber dans le silence comme on tombe dans l’oubli ?
Et si on silence… je m’y lance
Tomber en silence, sans un bruit, sans un cri

Le silence après la mort, quand tout est fini
Le silence quand personne ne répond
Son téléphone sonne, je frappe à sa porte, silence radio
Le silence est inquiétant quand les oiseaux de la forêt s’arrêtent de chanter et guettent le danger
Champ des martyrs, silence

Je silence en silence, tu silences, il ou elle silence, nous silençons, vous silençez…

Le silence du dormeur
Le muet enfermé dans son silence, mais il se peut qu’il crie, qu’il hurle, pleure, rit, ou grogne
Pleurer en silence
Manger en silence

Le silence des geôles et des écoles
Le silence de l’artisan concentré sur son ouvrage
Le silence de l’atelier, le silence de la couturière penchée sur sa machine à coudre. Elle actionne le pédalier dans un balancement du corps
Le silence de la solitude
Le silence de l’enfant devant son devoir
Le silence de la salle de classe

Taisez-vous, silence s’il vous plaît !
Je demande le silence pour pouvoir parler
La parole est d’argent mais le silence est d’or
Est-ce que beaucoup de silence peut faire beaucoup de bruit ?

Le silence de la nature
Le silence de la montagne
Le silence des étangs
Le silence des ruines

Rompre le silence
Colle ton oreille à la porte et écoute le silence
Je ne bouge pas, je reste en silence
Elle s’est enfermée dans son silence
Un silence religieux
Croire au bienfait du silence

Partir sur la pointe des pieds, en silence
Chez moi le parquet craque, même la nuit quand tout semble silencieux

Le silence étouffant de l’été, la chaleur écrasante sur les champs de blé juste moissonnés
Dans le silence du jardin, j’ai lu Le hussard sur le toit et Les petits chevaux de Tarquinia
4 minutes de silence

Sylviane :

Raphaëlle :

Manée :
Le silence pour moi n’existe plus.
Je voudrais bien en collectionner encore mais je collectionne plutôt à mon insu des acouphènes c’est-à-dire que ce n’est jamais plus le silence en moi ni autour de moi.
Disons que je peux encore au moins apprécier ou redouter des silences relatifs.

Le silence inhabituel pendant le confinement avec la quasi absence des voitures et camions sur la route proche et même des tracteurs et des tondeurs acharnés du dimanche.
J’aime le silence de la nuit ponctué des craquements des brindilles sous mes pieds, les silences quand il n’y a rien à dire et que personne ne parle pour ne rien dire, les silences après la plénitude, les silences qui suivent enfin les moments d’hystérie, les silences des mots que je préfère ne pas entendre et comme je suis sourde, ça tombe bien, je ne peux pas les entendre.
Je me souviens aussi du silence de la pleine mer quand je n’avais pas encore d’acouphènes ou encore du silence du milieu des bois.

Je redoute le silence qui s’installe dans une réunion de travail ou repas de famille après un avis à contre-courant.
Je redoute parfois le silence de l’absence de vie et de mouvement à la campagne.
Je hais les minutes de silence qui tiennent lieu avec facilité de paroles difficiles à prononcer.
Je redoute les silences imposés et les silences qui suivent les disputes.

Sandrine :
Le silence est-ce le vide, l’absence de vie…est-ce pour cela qu’il me fait peur. Et pourtant je me plains du bruit.

  • Silence des nuits de bivouac, frôlement des duvets, respiration des voisins, après le coup de vent dans les fils de la tente
  • Silence demandé dans la salle de classe, silence arraché aux étudiants bruyants et indisciplinés, silence supplié, et silence trop éphémère,
  • Silence après les mots « je te quitte, je pars, je ne t’aime plus », gorge nouée, son bloqué, le silence du regard chargé d’incompréhension,
  • le silence émerveillé devant la lanterne qui s’envole, devant le cerf-volant qui dessine des huit, devant l’aigle qui plane, le temps de se croire un oiseau
  • silence devant une scène du film qui dérange, une scène insupportable de violence, quand on sait que l’histoire est vraie
  • silence de la chambre d’un mort, une petite fille semble endormie mais on n’entend plus sa respiration, on n’entend plus ses rires, on ne l’entend plus réciter ses tables de multiplication, les blancs entre les mots car on s’est pas quoi dire pour réconforter les parents, le silence du petit cercueil qui descend dans la terre
  • le silence après la colère, après la porte qui claque et le « va dans ta chambre », le silence amer de la mauvaise conscience, de la culpabilité, du « je te promets de ne plus me mettre en colère »
  • le silence de la dernière page, du dernier mot, du dernier point d’un livre qui bouleverse, la couverture que l’on referme, le poids du livre que l’on pose sur les genoux et le temps qu’il faut pour revenir ici et maintenant
  • une réplique de cinéma et le silence du personnage, après la réplique, pour laisser le temps au spectateur de comprendre, de se demander ce qu’il va faire, dire, comment il va réagir.


David :

Je ne suis pas très à l’aise avec le silence, j’ai appris à le côtoyer, avant je le brutalisais, aujourd’hui il m’est nécessaire en particulier dans des moments où je dois réfléchir.
Le silence la nuit dans la maison au bord de la forêt. Parfois une chouette vient surligner le silence.
Le silence faiblement rythmé par celle qui dort à coté de moi
Parfois elle parle en dormant puis à nouveau le silence mais à présent je suis réveillé.
Il y a des silences qu’on surveille de près, à la maison son silence est comme un mur qui commence à vaciller et qu’on va bientôt prendre sur la gueule.
Très impressionnant quand dans la forêt les oiseaux qui sont bien là tout autour ne chantent pas.
Quand les voisins ne sont pas là.
En haute montagne il y a un silence qui n’existe pas ailleurs.
Le confinement que nous avons tous traversé a créé des formes de silence inconnues jusqu’alors.
Quelqu’un qui nous est cher disparaît.
Une minute de silence.
S’approcher en silence pour faire peur à l’autre.
Parfois le silence est en ruine.
Le silence entre deux personnes qui ne savent pas quoi se dire, entre un père et son fils, qui va le rompre en premier et pour dire quoi.
Fermer sa gueule, un silence salutaire.
Le silence au cinéma…

Dominique :
Le silence…Est-ce le bruit qu’on entend lorsqu’on s’arrête et que l’on écoute ? Ce que l’oreille perçoit lorsqu’un bruit s’arrête qui masquait les autres sons autour de nous ? Est-ce l’absence totale de bruit, la non-perception de sons, donc quelque chose de « personnel », de subjectif ? Le silence, au contraire, est-il « universel » ? Est-il tout cela à la fois ?

Par exemple, là, tout de suite, le silence règne dans la pièce mais si j’écoute, j’entends le glissement du stylo de Manée, la respiration se Sylviane, les doigts de Raphaëlle qui tapent sur son clavier, le bruit des voitures qui passent dans la rue, les piaffes et les pigeons…Pas LE silence ! Se cache-t’-il en moi ? Non, même si je me concentre sur l’écriture, j’entends les mots qui défilent dans ma tête : le vrai silence n’existe pas ou alors, peut-être, le silence sidéral, hors de la terre, dans le cosmos…

Mais, puisqu’il faut faire une liste, allons-y !
—  Le premier qui me vient, c’est le silence de fin de concert, lorsque les voix ou les instruments se taisent. Il ne reste que la résonnance des sons qui m’enveloppe des pieds à la tête comme un bain de « non-son ».
—  Oui, tiens, il y a le silence sous l’eau : immergé dans l’eau, les sensations auditives sont différentes, floues, on pourrait presque toucher le silence…

Ah, ça commence à me venir …Alors, en vrac :
— La minute de silence pour dire adieu à ceux qu’on aime
— Le silence de la nuit, celui du repos, du sommeil
— Le silence du suspense, le film du dimanche soir en famille ou le ciné à deux, on se serre…
— Le silence gêné, après un trop-dit ou un non-dit
— Le silence-panique, à la recherche de quelque chose, de quelqu’un ou simplement d’une parole
— Un silence de mort, angoissant de solitude
— Le silence nonchalant, dans la torpeur de l’été, les volets fermés…

 

2 — a contrario, faites une liste (un peu longue…) de bruits, avec quelques développements
Classez-les par catégories de votre invention (pensez à Sei Shonagon)

Sylvie :

Le vent dans les arbres avant la pluie
Le grondement de l’orage
Le crépitement des éclairs
Le claquement du vent dans les voiles
Le clapotis de l’eau
La pluie tambourine sur la verrière de l’escalier : ce jour là, impossible de sortir sans mon parapluie
Un autre jour, la grêle s’est abattue dans un bruit de tonnerre ! En quelques minutes tout était recouvert d’un voile blanc. Les grêlons, gros comme des billes de verre, avaient tapissé le jardin. Dans le ciel jaune, puis mauve, les hirondelles ont repris leur ronde en de longues poursuites stridentes.

Un tocard a appelé la police pour se plaindre d’un voisin trop bruyant, un saxophoniste cinquantenaire qui pendant le silence du confinement s’était cru autorisé à partager sa passion. Fichtre ! “Et vous n’avez pas la tête grosse comme ça ?”
La musique adoucit les mœurs, à ce qu’on dit…
Le même tocard a appelé la police pour se plaindre de passants éméchés, chantant et hurlant…

Le bruit de la musique abrutissante des supermarchés
Le bruit de la radio qui égrène ses sons nasillards
Il me revient le bruits des talons dans la rue sainte Catherine à Bordeaux

Le bruit du père qui hurle sur ses enfants
Le bruit du mari qui hurle sur sa femme
Le bruit de la bouteille qui se renverse
Le bruit de la gifle
Le bruit des coups répétés
Le bruit de la porte qui claque
Les cris des enfants, les pleurs de rage

Le bruit des quads dans les chemins creux
Le bruit du moteur trafiqué de la mobylette
Le bruit de la tronçonneuse
Le bruit de la tondeuse à gazon, du taille haie, de la débroussailleuse, du compresseur, de la scie électrique et du Karcher

Sylviane :

Raphaëlle :

Manée :
Les bruits qui font du bien
Le bruit de l’eau qui coule, d’un vent léger dans les arbres, des abeilles, des noix qui tombent, du pivert qui creuse, des feuilles mortes sous les pieds, les mots chuchotés, le bruit de la pluie sur le toit quand on sent la chance d’avoir un toit sur la tête, le bruit des arbres qui craquent de sève, d’un bon vin qui coule dans le verre ou d’un thé dans la tasse, du froissement de l’herbe, des manifs quand elles ne sont pas ringardes, des jeunes oiseaux qui volètent, des craquements du parquet au-dessus de ma tête, signe d’une présence.

Les bruits qui font mal.
Les acouphènes, le cri d’une bête qu’on égorge, les hurlements de haine, les avions militaires qui déchirent l’air, le bruit d’un vieil arbre qui s’abat, d’une circulation ininterrompue, la perceuse du dentiste, les os qui craquent lors d’une chute, le bruit des tirs de chasse dans les bois, le reniflement de ceux qui ne se mouchent pas, le grignotement des pop-corn au cinéma, le frottement d’une main sur un tissu de velours, le bruit du moustique qui tourne dans la nuit.

Sandrine :
Le bruit c’est la vie

  • le bruit du bébé qui tête, sa main posée sur mon sein, il y a longtemps
  • l’histoire du soir que je lis à voix haute, en changeant de voix à chaque personnage
  • le bruit de l’échelle du lit, des pas d’une petite fille qui se glisse dans le couloir
  • bruit de la sonnerie de la récré, des enfants qui sortent en riant, du cartable que j’attrape
  • le bruit des verres qui t’entrechoquent, du « à la tienne » les yeux dans les yeux, de ces moments conviviaux
  • le bruit des manifs, des slogans scandés, des poings levés, des banderoles brandies
  • le bruit de la déglutition, de la mastication, des couteaux qui émincent, du pot d’ épices que l’on ouvre, des bouillons de la sauce, du plat que l’on pose au centre de la tablée
  • le plaisir de chanter à tue-tête, et même de chanter faux à tue-tête
  • le bruit de mes pas sur le chemin, le bruit du bâton de marche, le bruit de la carte de randonnée que je déplie
  • le bruit de la radio, des génériques des émissions, de la voix de François Morel, de Jean-Claude Amesène, de ce comédien de la comédie française qui lit des livres et qui joue à la comédie française, comment s’appelle-t-il déjà ? ah oui Guillaume Gallienne, et des chroniqueurs du Masque et la plume.
  • le bruit de mon amoureux qui ronfle, qui m’énerve un peu mais qui me fait sentir en vie, et puis je mets un bouchon et je m’endors.

Le vacarme c’est l’enfer

  • le bruit de quelqu’un qui ronfle mais qui n’est pas mon amoureux
  • Le bruit de l’aspirateur, du rangement des piles d’assiettes, de la machine qui essore et qu’il faudra étendre
  • Le bruit dans ma tête des choses à faire, à ne pas oublier comme le sac de piscine à prendre, le carnet à signer, la réunion à préparer, les copies à corriger, le bruit du retard et de la fatigue
  • Le bruit des grosses vagues qui dévastent tout, qui bouillonnent, le bruit des rouleaux qui se fracassent sur le sable et qui me fait peur
  • Le bruit de cette voisine qui crie, qui hurle qui invective ses enfants
  • Le bruit des jeunes qui friment sur le quad, qui font vrombir le moteur, bruit de petits cons qui me font sentir vieille
  • Le bruit des supporters de foot, qui hurlent, insultent, bêtes et méchants
  • le bruit du klaxon du mec qui râle car j’attends pour me garer, l’insulte que je ne comprends pas et qui me fait pleurer
  • et surtout le bruit infernal du tic-tac de la montre de ma sœur lorsque nous dormions en vacances, de l’horloge dans la chambre de Christophe chez ses parents, le bruit de cette goutte qui sans cesse tombe et résonne et qui m’empêche de dormir


David :
Les bruits c’est plus courant que les silences.
Les bruits qu’on partage en famille.
Les bruits qui courent
Le bruit des instruments du dentiste.
Le bruit des tronçonneuses dans la forêt.
Les bruits de bottes qu’on aimerait ne jamais entendre.
Mes voisins ne font pas du bruit, ils sont LE BRUIT.
Il y a des gens qui font du bruit gratuitement, ça n’a aucun sens, c’est juste pour signifier « je suis là, j’existe par le bruit”.
Il y a des bruits qu’on surveille de près, quand on roule dans une vieille bagnole.
Les abeilles émettent des sons différents selon les circonstances, Quand elles sont énervées ça s’entend vraiment, et mieux vaut ne pas trop traîner dans le coin.
Les téléphones sont du bruit qu’on emporte partout avec soi et qu’on partage généreusement avec les autres.
Le bruit d’une classe qui s’approche au loin dans la rue pour visiter l’exposition que je vais leur présenter. Ils approchent, je suis un peu tendu, ça va bien se passer me dis-je pour me rassurer.
Le bruit d’une ville que je ne connais pas, la nuit, dans un hôtel, impossible de dormir car c’est trop bien.
Le bruit des premiers oiseaux du matin.
Le bruit d’un orage qui s’approche en haute montagne, sous la tente je suis un peu inquiet, ça va bien se passer, lui dis-je pour la rassurer.
Le bruit du camping en bord de mer.

Dominique :
–  Le bruit de l’eau qui court ou celui des vagues
–  Le bruit de mon ventre qui grogne et celui de mon cœur qui cogne dans mes tempes
–  Le bruit qu’il fait en mangeant et qui m’agace tant
–  Le bruit des feuilles qui bruissent, du vrombissement des abeilles dans le tilleul en fleurs, du grillon les après-midi d’été
–  Les bruits qui grincent : grilles, portes, vieux outils rouillés, mal entretenus ou d’un autre temps, et toute la peine qu’ils trimballent …
–  Le bruit de la cour de récréation, des enfants qui crient : celui-là, je ne l’entends plus depuis le mois de mars, les enfants ne crient plus, ils ne jouent plus. L’école est devenue une prison.

Si je devais les classer :
– Il y a les bruits de la vie, du corps qui vit, ceux qui viennent de nous et que l’on ne maîtrise pas (le ventre qui grogne, le cœur qui bat, les bruits de bouche…)
– Les bruits de la nature : eux, me font du bien. La sensation de participer à ce qui m’entoure, à ce qui est beau. Cela m’apaise instantanément (les bruits d’eau, de feuilles, d’insectes…)
– Les bruits du passé et de l’angoisse : les grincements, les portes qui claquent, les voix qui se déchirent, les cris. Il y a aussi les bruits de guerre, les bruits de bottes, de soldats qui défilent et plus proches, celui des sirènes des voitures de police, des ambulances, du brouhaha de la foule énervée et prête à tout, les bruits désespérés.
– Les bruits de l’harmonie, de la vie qui recommence alors qu’on n’y croyait plus : le gazouillis d’un bébé, le rire d’un enfant, l’intonation joyeuse dans la voix de ceux qu’on aime, les vocalises rigolotes qu’un chante en chœur, un peu fofolles mais qui font un bien fou, les jolies voix qui vous enveloppent d’une telle suavité qu’on arrête tout pour écouter … Les bruits du bonheur en somme !

 

3 — Comme on peint un paysage sur une toile, avec les mots, peignez (du verbe peindre) moi votre paysage sonore habituel (silences & bruits)
Pensez à votre style, vos choix du traitement de l’espace (celui de votre “paysage” et celui de l’écriture)

Sylvie :
Mon appartement se trouve entre deux rues, deux expositions sud sud-est et nord nord-ouest.
Côté chambre, tôt le matin, la balayeuse municipale fait son tour pour récupérer les détritus accumulés la veille, nettoyer les caniveaux, aspirer les feuilles, les papiers gras, les cannettes abandonnées… si je me réveille à son passage, pas sûr du tout que je me rendorme.
Les camions frigorifiques s’arrêtent là eux aussi, ils restent un moment au bas de l’immeuble et laissent tourner les moteurs le temps de faire leurs livraisons au restaurant de la cité.
Petit à petit la circulation se fait plus dense, et à leur tour les bus viennent déverser des centaines d’ados. Ils traversent la place et montent à pied par des ruelles étroites vers les écoles du boulevard. Quelques-uns s’attardent autour d’une radio ou de jeux d’enfants, d’autres s’invectivent bruyamment. Le jour se lève et fait claquer les sons.
De l’autre côté du mur de la chambre, le radio-réveil de la cuisine est branché sur France inter. Je connais la voix de chaque chroniqueur et de chaque journaliste, je connais aussi toutes les plages horaires, pas besoin de montre ! Le chat aussi sait qu’il est l’heure des retrouvailles, il miaule et gratte à la porte jusqu’à ce que quelqu’un se lève.
Le côté nord-ouest est resté dans le silence et la fraîcheur. Le petit matin s’étire et sort de sa torpeur. A peine si quelques martinets criaillent.

Sylviane :

Raphaëlle :

Manée :

Le silence bienvenu de la nuit quand plus aucun véhicule ne passe plus sur la route proche, la douceur du chant des crapauds, le cri de la chouette qui habite là depuis des années (quand je ne l’entends plus, j’ai peur qu’il lui soit arrivé un mauvais sort) la cloche japonaise qui tinte doucement suspendue au camélia, les coassements des grenouilles (une ou deux ça va, mais quand elles s’y mettent toutes ça me casse vraiment les pieds), la tondeuse du voisin qui massacre son herbe (le végétal est un ennemi), le silence et la délicatesse des chattes, un merle fou, toujours le même qui chante plus fort que les autres au sommet de la grange comme une girouette vivante, le téléphone fixe (quand il sonne je ne réponds jamais car c’est l’heure des démarchages), la musique et les chansons et les émissions radio que je choisis, le froissement des pages de journaux ou de livres, la machine à expresso avec son bruit agréable et malheureusement ses capsules en aluminium polluantes (mais bon, quand on est à la campagne et qu’on ne peut pas aller boire un bon café au bar du coin, on a le droit quand même, mais je sais bien que je vais devoir changer de machine et de bruit), la voiture du facteur et l’espoir d’une vraie lettre écrite à la main, le bruit du vent dans l’immense sapin planté par mon grand père il y a 110 ans, les bruits de mon téléphone portable différents selon qu’il s’agit d’un sms, d’un message oral, d’un mail, d’un message sur messenger ou je ne sais quoi encore mais je ne m’y retrouve pas alors je regarde toujours et en plus les sons changent même quand je ne touche pas aux réglages, c’est infernal ; parfois sur le chemin qui vient de la châtaigneraie, interdit à la circulation, le bruit d’un engin tout terrain à trois roues, ça m’enrage car quand je cours après pour leur dire de ne pas recommencer ils ont déjà disparu, le bruit de l’eau qui coule vers l’ancien abreuvoir pour les vaches.

Sandrine :
à 19h, un jour de semaine, avenue Louis Ravas, Montpellier :
La radio est allumée dans le salon, après la ritournelle sur les gestes barrières qui finit par « et éviter les embrassades », le journaliste égraine les nouvelles, un reportage dans les rues de je ne sais quelle ville illustre la réouverture des bars restaurants. Une pub nous incite à acheter une nouvelle voiture, qu’on pourra payer en 2021, et en plus il y a une prime. Je rage en silence contre la société d’avant qui revient au galop, encore plus consommatrice, polluante et individualiste. Sur le canapé, ma fille tourne les pages de sa BD et me dit qu’elle a faim. Je pose une assiette qui fait un bruit sec sur la vitre de la table basse avec deux tartines de chèvre frais décorée une rondelle de concombre, pour patienter. A travers la baie vitrée de mon appartement, ouverte sur le balcon, j’entends les chats des voisins qui miaulent, le vent dans les cyprès et la pie qui jacasse en narguant les chats, mais aussi et surtout le bruit de la télé des deux étudiantes du bâtiment A, le bruit des voitures qui passent trop vite dans la rue, et le klaxon colérique qui aboie pour que la voiture qui se gare tous les jours devant le portail, tout ça pour aller faire des courses à l’épicerie d’en face, dégage. Les voix de ces hommes qui parlent fort, d’un côté à l’autre de la rue, comme dans une rue du bled, me transportent un peu ailleurs. Mon voisin paysagiste rentre sur le parking et gare son camion. Ma voisine allume un appareil qui fait une petite musique pour son bébé, c’est un peu lancinant mais cela ne me dérange pas. Mon téléphone vibre, je lis rapidement un message qui propose d’aller pique-niquer au zoo ce dimanche, pourquoi pas, mais quel temps fait-il dimanche ? Je commence chercher la météo, puis je sursaute car la plaque de cuisson se met à biper, j’ai laissé déborder l’eau des pâtes

David :
C’est souvent elle qui fait du bruit en premier, j’entends le bruit de la machine à café et deux minutes après l’odeur de ce bruit me vient aux narines et c’est bon. Le plancher de la vieille baraque craque de partout. J’allume la radio. Le bruit de mon vieux diesel qui démarre difficilement suivi d’une odeur écoeurante.
Quand j’ai le temps le matin je traîne au lit à lire. Le livre que je lis en ce moment, Suttree de Cormac McCarthy, est plein de bruits de bouteilles et d’alcool, les bruits du malheur, le bruit des bas fonds de l’humanité. Certains livres sont silencieux.
La journée j’alterne entre bruit du fourgon et bruits d’école, de cour d’école, de paroles d’élèves dont certaines me font monter des larmes difficiles à dissimuler, ou me font rire, ou me révoltent mais je ne laisse rien paraître. Au bureau je cherche le silence, mais nos proches voisins du conservatoire de musique répètent et font leurs gammes, parfois c’est très beau, parfois c’est véritablement criminel, comment est-ce possible de faire ça avec un violon. Au début les cours de trombone me faisaient penser à une attaque d’éléphants.
Dans ma vallée je comprends tout ce qui se passe au moindre bruit car j’y vis depuis l’enfance. Parfois un arbre immense qui ne tenait plus qu’à un fil s’effondre dans la pente pas loin, victime d’une tempête qui a sévi trois mois plus tôt. J’ai fait beaucoup de bruit en construisant la maison, pendant des semaines, une mésange est venue taper furieusement au carreau comme une folle qui voudrait se venger.

Dominique :
C’est un paysage de plages. Plusieurs tableaux avec la même plage à différentes heures du jour ou différents jours…
Une plage sous la lune, le silence de la nuit, bercé par les vagues presque imperceptibles. La mer est d’huile et la lune se reflète dans l’eau. Nuances de bleus foncés ponctués du blanc lumineux et doux des étoiles et de la lune…
Une plage que le ciel menace. La mer moutonne mais le silence est angoissant ; des grondements sourds commencent à poindre au loin dans les nuages. La lumière s’électrise …
Une plage sous la tempête. A l’horizon, les éléments déchainés s’amusent avec un bateau. La peur de couler. Le bruit assourdissant qu’on peut lire dans le ciel assombri. Le gris du ciel rejoint celui de la mer, tout rugit.
Puis le calme après la tempête. Le soleil revenu. Les enfants jouent sur la plage dorée, on les entend rire et chanter dans la lumière douce et chaude presque floue… Et là, près du rocher, étendue sur le sable, sur une serviette moelleuse, c’est moi. Je m’abandonne aux caresses du soleil, bercée par le bruit des vagues…le bonheur !

2ème version
Ça commence avec le chant des oiseaux puis parfois du papier que l’on froisse et griffe tout près sur mon bureau ou le claquement du tapis de l’entrée : le chat veut ses croquettes parfois, s’il y a urgence, la chatte va faire des gammes bien sonores sur le piano …Puis le glouglou du café qui passe, l’écho assourdi de la radio encore engourdie de sommeil. Vient ensuite celui de la guitare, souvent suivi par la voix de mon mari , des chansons d’Henri Salvador ou des standards de jazz, alors selon les jours, je vais moi aussi faire quelques vocalises ou écouter les fleurs du jardin ou bien encore me plonger dans les bruits de la ville, des gens, du mouvement. Je retrouve mes amis ou ma famille et leurs voix réconfortantes, les verres qui trinquent… Il y a aussi la pluie sur les carreaux, un air de jazz ou de classique (Fip c’est génial pour ça !) et le bruit de la machine à coudre ou le vrombissement des insectes, celui de la chaise longue qu’on déplie, le chant des grillons et le bruit des pages d’un livre…De temps à autre, le vroum- vroum du camping-car ou l’énorme son du décollage d’un avion viennent animer mes oreilles , promesses de nouveaux horizons…


à voir

15 juin 2020

Durant ces derniers 15 jours, ces choses remarquables :

Un message de Jean-Pierre, qui a vu un drôle d’arbre sur la route

(style goupillon !! on se demande quand même s’il bouge les soirs de tempête !)

dans la bibliothèque de la Villa La Brugère, ce petit livre hors catégories, en pensant à Jean-Pierre, justement, quant à une façon de traiter ce qu’on entend :

extrait d’un article de Pascal Mouneyres :

& dans la même collection, toujours dans la bibli de La Brugère :



Un message dans une bouteille
trouvé sur la plage en bas des escaliers pour accéder à la Villa La Brugère

 

Qui ne pouvait mieux s’échouer (par mains ou par mer?) qu’ici :





Un nouveau moyen de diffusion du livre…

& les petits livres de Thierry Weyd :


    


par plage et par falaise

14 juin 2020

Notre (fin de) séjour à Arromanches en quelques photos :

— Apprécier les lumières changeantes (des fois trop vite, quand on prend les photos ou que la pluie nous tombe sur la tête)
 
et la marée basse… avant de retrouver la Méditerranée


(photos de Xavier, avec une dédicace à Corinne style Harry Gruyaert..!)

— & toujours cet étonnement du jour 1h + long qu’à Marseille, avec la nuit à 23h !

— Apprécier le haut et le bas de la falaise, et toujours les caissons du port Winston en vue

— Jouer avec les différents matériaux et tailles, de nos lettres découpées aux cartons petits et grands, du blanc de Meudon au charbon de bois, des algues au fil électrique, du néon flexible à la lampe de poche…



des fois peu concluant

— Après les repérages, préparer matériaux et textes du jour avant de partir en expédition…

 
—Ne pas oublier de s’amuser en travaillant…
même si on doit sur beaucoup de photos courir après des lettres qui s’envolent avec le vent, qui soufflait dur certains jours

et apprécier nos bottines Richelieu en plastique à 9,90 € trop élégantes pour patauger, après plusieurs jours de baskets mouillées

— Des fois, saisir une envolée au bon moment

— Apprécier de travailler et de passer 15 jours ensemble


et pas de poste défini à chacun, même si on a chacun nos “spécialités”

comme tout photographe, Xavier est spécialiste en temps de pose

— Découvrir le goût du homard à une pince, bradé par le poissonnier qui nous a persuadé de l’acheter malgré nos réticences à le tuer (en nous disant de l’endormir au congélateur…), et les meilleurs œufs du monde, ceux d’Homardine (c’est son nom de baptème)

— Réunir une petite assemblée à la fin du séjour pour du light painting sur la plage


et avoir de plaisir de revoir Thierry Weyd et Astrid (& Jean-Claude Mattrat et Isabelle précédemment)

— Avoir encore quelques repérages en stock

— A suivre pour de nouvelles aventures ou la suite de celle-ci ?