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en écho

19 avril 2019

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atelier d’écriture du lundi — N°8

15 avril 2019

CHERCHER À DÉFINIR À L’INFINI

Une définition a pour but de clarifier, d’expliquer.
Elle détermine les limites ou « un ensemble de traits qui circonscrivent un objet ».

•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
Regardez les cartes de Pierre Soletti, avec ses définitions du verbe Travailler.
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Puis, au boulot !

•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••
1 — & pour vous, Travailler ?
en 1 ou plusieurs lignes pour chaque définition, au moins 4 occurrences.

 

 

 

 

Manée :
– Une addiction parmi les autres
– S’esclaver
– Perdre sa vie à la gagner
– S’activer ensemble pour inventer la vie qu’on veut.
– Se déforme. Se dit d’une matière ( bois par exemple) qui se déforme sous l’effet de la chaleur ou de l’humidité ( par exemple ).
Cette occurrence pouvant constituer un sens figuré pour les travaux pénibles qui déforment le corps et la vie des travailleurs.

2 — & pour vous,

  • Avoir ?
  • Être ?
  • Penser ?
  • Savoir ?
  • Faire ?
  • Pouvoir ?
  • Vouloir ?
  • Dire ?
  • Écrire ?

Prenez 4 verbes dans cette liste,
1 ou plusieurs lignes pour chaque définition, au moins 3 occurrences par verbe.

 

 

Manée :
AVOIR
Ce qui empêche souvent d’être
Se faire avoir, se faire tromper, posséder, dominer.
Un avoir:  une avance; un rêve : disposer d’un avoir illimité dans une librairie indépendante.
Posséder

PENSER
Articuler plusieurs éléments complexes pour mieux se comprendre et comprendre le monde
Parfois ça peut empêcher de sentir
Une question: est ce que les animaux et les végétaux pensent ?
Une attitude à la Rodin

ÊTRE
Exister pleinement
S’accompagne du mot humain
Pour mieux être, s’éloigner de la possession.
Auxiliaire qui ne s’emploie jamais avec le verbe être; en «  français » oui mais en occitan non ( on peut dire et on dit : je suis été )

VOULOIR
Si c’est à tout prix c’est l’enfer
Ça empêche de se laisser aller
Quand on veut on peut dit-on mais c’est pas vrai
S’obliger à faire ce qu’il faut faire au détriment de ce qu’on aime faire

 

 

3 — Même chose avec plusieurs verbes de votre choix.

 

 

Manée :
PARTIR
Permet d’avoir envie de revenir
S’éloigner pour mieux voir ce qu’on quitte
Se dit à la place de mourir quand la mort est tabou, on dit  aussi : partir les pieds devant
Bouger, s’arracher, ça peut faire mal ou au contraire du bien.

RECEVOIR
Ça peut être plus difficile que de donner mais ça peut s’apprendre…
Recevoir du facteur ou de la factrice de la main à la main, une lettre écrite à la main, quel plaisir rare!
Accueillir, pratiquer l’hospitalité
Ne pas aimer recevoir ni donner des ordres

 


chez nous

15 avril 2019

Vendredi 7h30, je suis contente de retrouver Nathalie malgré l’heure matinale,  direction le lycée agricole de Naves, pour 3 ateliers avec 3 classes.
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Avec les secondes générales et technologiques (avec qui nous avons déjà fait un atelier, + les élèves qui étaient au concours d’éloquence)
puis les secondes professionnelles productions,
en 2 demi groupes (activités hippiques et conduites d’élevage et de cultures).

 

Munie de mes provisions de livres (Richard Brautigan, Géraldine Kosiak, Jean Thibaudeau) et le soleil par la fenêtre qui nous encourage.

1— Après lecture de quelques textes de Jean Thibaudeau et Brautigan, je reprends les consignes d’un atelier du lundi :

cherchez dans votre mémoire des mini scènes de votre vie (à différents âges), la mémoire comme un petit bout de cinéma, le récit comme un montage
les développer en 5 « tableaux »

 

• Un voyage scolaire
Inès et mes amies
une douche
dans un hôtel
et de la crème solaire !

 

• Mon isolement
puis l’obligation de reprendre contact avec le monde
cette angoisse, ma peur panique de me sociabiliser
l’escalier où je t’ai rencontré
une sensation que je ne saurais t’expliquer !
un coup de foudre, mon double.

 

• Mon corps tétanisé, dans l’incapacité de fuir
mon esprit qui assiste à la scène
une scène si injuste, sombre et cruelle
cette violence
qu’ils ont laissé en moi… à tout jamais.

 

• A ce moment là, nous étions trois
tous avec des larmes de joie
on s’amusait
on jouait
et maintenant, nous ne sommes plus alliés.

 

• A ce moment là, je pensais de plus en plus à toi,
je rêvais d’être dans tes bras
tu es parti une fois
ne me refait jamais ça
je t’aime.

 

• On se disputait,
on se frappait
maintenant je suis là pour toi
tu ne me parles pas
mon frère, je t’aime moi.

 

• Ce Noël là,
que violence et colère,
puis tu as éclaté
en un éclair
une tristesse volait dans les airs.

 

• Tu te souviens tonton
quand je te coiffais
ou que je te voyais fumer la pipe
et tous nos rires
à s’en faire mal aux joues.

Ou tes voyages extraordinaires que tu nous faisais partager
quand tu allais voir des ponts très connus
ou ces derniers qui nous donnaient des frissons
rien qu’en regardant le vide qu’il y avait en dessous.

Ou toi grand ingénieur que tu étais
qui aimait tant faire partager ton savoir
et créer de si jolis ronds points.

Ou toi qui nous faisait refaire en vain
nos devoirs ou dictées
pour que l’on ait de bonne notes
pour notre avenir.

Ou toi derrière ta barbe ton petit ventre et cet air sérieux
se cachait aussi une personne drôle et très affectueuse
je te rappelle ce souvenir pour que tu n’oublies jamais
de là ou tu es
ces beaux souvenirs et la belle personne que tu étais.

 

2 — Secondes professionnelles (activités hippiques)
(Tous les textes reportés ici sont ceux des élèves qui ont bien voulu me laisser leurs feuilles.)

Je ne me rappelle plus si c’est ce groupe ou celui d’après, alors que vers la fin de l’heure flottait un peu de désordre, Nathalie a demandé à l’un des élèves qui avait été puni précédemment de nous présenter sa punition : il a récité la tirade du nez de Cyrano, dans un grand silence, suivi d’applaudissements.

 

• J’étais dans un prés d’herbe bien verte
j’en faisais le tour en longeant les clôtures
avec un quad rouge fraise
je faisais des dérapages, les deux roues de derrière caressaient le terrain
et j’ai retourné le quad, les quatre roues vers le ciel.

 

• Ma 1ère fois aux commandes d’un engin de 22 tonnes
de couleur jaune, comme un soleil pour moi
mon père m’a dit de poser mes deux petites mains sur les joysticks
j’en ai fait une petite trentaine de minutes avec lui
depuis je le conduis tout seul.

 

• Un jour je suis allée à la pêche avec mon frère
on y est resté toute la journée
j’étais impatiente d’attraper des poissons
mais mon frère a tout pêché
j’étais énervée.

 

• Un 24 février mon petit frère est né
je suis allée le voir à l’hôpital
j’avais 4 ans
il faisait que crier et pleurer
alors j’ai fait comme lui.

 

• Chaque année au mois de juin
c’est les foins
ce mois-ci est mon préféré
travailler dans les prés du matin au soir sous le soleil
sans jamais s’arrêter.

 

• Tous les lundis je dois partir au lycée
chaque fois je n’ai pas envie
mais malheureusement je suis obligée
alors je râle et j’y vais
pour pas me faire fâcher.

 

• Un autre jour avec mon frère j’étais encore en train de pêcher
j’étais très concentrée
encore une fois je n’ai rien attrapé
mais à la place je suis tombée dans l’étang
j’étais encore plus énervée le soir
j’ai tout mangé ce que mon frère avait attrapé.

 

3 — demi groupe secondes pro (Conduites d’Élevage et de Cultures). 20190412_104218
Il y a une grande majorité de garçons.
Les élèves qui sont devant regardent l’épaisseur du livre de Brautigan avec effarement.
Je leur lis des extraits de Chez nous, puis je leur demande : & chez vous ? en au moins 2 pages (si si, vous pouvez le faire!!)

(Les textes sont ceux confiés par les élèves qui voulaient.
Beaucoup sont internes et viennent d’ailleurs.)

 

• Chez nous, il ne neige pas beaucoup l’hiver, mais il fait chaud l’été.
Chez nous, l’hiver ne tourne pas à l’eau.
Chez nous, la maison se situe dans le corps de ferme, entourée par des granges.
Chez nous, mon père travaille à la ferme et ma mère à la mairie, ma grand-mère soutient mon père.
Chez nous, on dit l’espoir fait vivre.
Chez nous, on dit que le désespoir fait mourir.
Chez nous, on espère que l’agriculture rapportera un jour.
Chez nous, il y a un voisin qui appelle ses vaches en klaxonnant.
Chez nous, il y a beaucoup de forêts.
Chez nous, nous ne sommes pas bio.
Chez nous, au lycée, on dit que la classe de seconde CEC est la pire.
Chez nous, il y a beaucoup de vaches.
Chez nous, l’apéro est sacré.
Chez nous, la fête toute la nuit est obligatoire.
Chez nous, on a beaucoup de projets.
Chez nous, on ne fait pas beaucoup de culture.
Chez nous, on vit à la campagne depuis très longtemps.
Chez nous, on n’est pas végétarien et on n’aime pas les végans.
Chez nous, on dit que pour sauver un paysan, il faut bouffer un végan.

 

• Chez nous, on est agriculteur de père en fils ou fille.
Chez nous, nous avons des vaches.
Chez nous, nous avons des brebis.
Chez nous, on a 2 tracteurs.
Chez nous, nous avons un relief montagneux.
Chez nous, nous faisons les foins à deux.
Chez nous, nous n’aimons pas l’école.
Chez nous, nous sommes très fêtards.
Chez nous, nous aimons la chasse.
Chez nous, nous avons tous notre permis.
Chez nous, nous aimons le sport, la piscine, le rugby.
Chez nous, nous faisons l’apéritif avec les copains.
Chez nous, nous rentrons les brebis.
Chez nous, nous rentrons les vaches.
Chez nous, nous donnons à manger aux vaches et aux brebis.
Chez nous, nous avons 80 brebis et 60 vaches.
Chez nous, nous faisons du maïs et du seigle.
Chez nous, nous faisons le tour des vaches, en passant au milieu.
Chez nous, nous donnons au veau.
Chez nous, nous écornons et nous boudons.
Chez nous, nous écartons le fumier.
Chez nous, nous passons la herse.
Chez nous, on discute tous ensemble.
Chez nous, on se dispute soudain.
Chez nous, nous avons un bon pays.
Chez nous, Nicolas paie l’apéro à ses copains.
Chez nous, il y a des agricultrices.
Chez nous, il y a une CUMA.

 

• Chez nous, on fait les leçons.
Chez nous, c’est des vacances.
Chez nous, on va à la pêche et à la chasse.
Chez nous, on a de bonnes vaches.
Chez nous, on dit que c’est un beau pays.
Chez nous, les moutons ont les chiens qui surveillent.
Chez nous, le chien va chercher les vaches.
Chez nous, on donne du foin.
Chez nous, on donne de la farine.
Chez nous, on fait téter les veaux.
Chez nous, on a du monde.
Chez nous, on aime l’argent.
Chez nous, on va à la foire.
Chez nous, on se lève tôt.
Chez nous, on boit du café.
Chez nous, on mange bien.
Chez nous, on a 2 chiens et plein de chats.
Chez nous, on n’aime pas l’école.
Chez nous, le matériel est gros, le tracteur est gros.
Chez nous, on aime les New Holland.
Chez nous, il y a de belles filles.
Chez nous, on aime bien aller draguer.
Chez nous, les femmes sont belles.
Chez nous, Ariane paie l’apéro.
Chez nous, on épand du fumier.
Chez nous, on met du Roundup.
Chez nous, il pleut et il fait froid.
Chez nous, on mange à 8h.
Chez nous, on fait du tracteur.
Chez nous, on pare les pieds des vaches.
Chez nous, on vêle des vaches et on agnèle des brebis.
Chez nous, on fait le tour des vaches.

 

• Chez nous, la production et broutard veau de lait.
Chez nous, les cultures sont vallonnées.
Chez nous, les prairies sont dures à entretenir.
Chez nous, on doit aller à l’école.
Chez nous, on fait bruler les ficelles.
Chez nous, on met de l’engrais.
Chez nous, on peut faire du lait.
Chez nous, on peut avoir le label.
Chez nous, on a des vaches et aussi des moutons.
Chez nous, la race de vache est limousine.
Chez nous, la marque de tracteur est New Holland.
Chez nous, il y a pas mal de paysans qui achètent des Fendt.
Chez nous, on fait notre propre marchandise.
Chez nous, les tracteurs vieux polluent.
Chez nous, on rentre les vaches l’hiver.
Chez nous, on mange dehors.
Chez nous, on fait le jardin.
Chez nous, on rentre tard.
Chez nous, on boit l’apéritif.
Chez nous, on fait des conneries.
Chez nous, on va voir les vaches.
Chez nous, on donne aux vaches.
Chez nous, on entre et sort les moutons.
Chez nous, on sort les vaches.
Chez nous, on a un chat et des lapins.
Chez nous, on tue les poules.
Chez nous, on a des poulets.
Chez nous, les femmes coûtent.

 

• Chez nous, c’est la joie.
Chez nous, il y a toujours un ami ou de la famille qui vient.
Chez nous, on mange copieusement.
Chez nous, nous sommes isolés de la ville.
Chez nous, nous sommes perchés dans les montagnes.
Chez nous, l’air est bon.
Chez nous, l’herbe est bonne pour les vaches.
Chez nous, la neige recouvre tout l’hiver.
Chez nous, les terrains sont pentus.
Chez nous, le matin, on se réveille avec le bruit des cloches des vaches qui broutent l’herbe.
Chez nous, on fait chanter la faux, pour faucher l’herbe dans de grandes pentes.
Chez nous, le matin, on va ramasser les œufs frais du poulailler.
Chez nous, les chiens gardent les troupeaux.
Chez nous, on laisse les vaches en liberté sur les fossés.
Chez nous, on garde les vaches en liberté.
Chez nous, on aime manger une raclette au coin du cantou.
Chez nous, mon grand-père me raconte ses histoires de jeunesse.
Chez nous, on pêche la truite dans des petits ruisseaux.
Chez nous, il y a une immense table en bois à la salle à manger pour accueillir plein d’invités
Chez nous, la devise est « les mains sales sont signe d’argent propre ».
Chez nous, on croit que les fast-food sont de la mauvaise qualité.
Chez nous, on croit aux astres.
Chez nous, on espère faire de bonnes cultures.
Chez nous, on espère que un jour on pourra moins polluer tout en faisant le même travail.

 

• Chez nous, on est critiqué.
Chez nous, c’est vallonné.
Chez nous, on fait cracher les tracteurs.
Chez nous, il n’y a que des français.
Chez nous, il y a des forêts et des prairies.
Chez nous, il n’y a que des Fendt.
Chez nous, il y a de la neige.
Chez nous, il y a plus de vaches que d’hommes.
Chez nous, il n’y a pas de personnes étrangères.
Chez nous, on espère que ça restera comme c’est aujourd’hui.
Chez nous, on a des traditions.
Chez nous, on boit l’apéro.
Chez nous, il n’y a que mon frère et moi comme jeunes.
Chez nous, on parle le patois.
Chez nous, les villes sont loin.
Chez nous, on n’aime pas les végans.
Chez nous, il y a des Fauque.
Chez nous, on n’aime pas les écolos.
Chez nous, on espère avoir de bonnes récoltes.

 

• Chez nous, il y a beaucoup d’amour envers sa copine.
Chez nous, les tracteurs fument noir.
Chez nous, les Valtra sont les seuls tracteurs.
Chez nous, on fait brûler les filets.
Chez nous, on n’aime pas l’école.
Chez nous, on va faire un bâtiment.
Chez nous, on épand de l’engrais.
Chez nous, on chasse et on pêche.
Chez nous, on est agriculteur.
Chez nous, on aime la 3ème mi-temps.
Chez nous, on aime la moto.
Chez nous, on dort.
Chez nous, on change les pièces.
Chez nous, on élève des vaches.
Chez nous, il y a de la bière.
Chez nous, on est à la campagne.
Chez nous, on ne se fait pas punir pour rien.
Chez nous, Aline est mon cœur.
Chez nous, on croit que l’école ne sert à rien.
Chez nous, on pense à faire les imbéciles.
Chez nous, on espère que la relève de la ferme sera prise.
Chez nous, on dit que travailler c’est le meilleur.
Chez nous, on mange de la viande !
Chez nous, on n’aime pas les végans.
Chez nous, on aime les vaches.
Chez nous, on mange notre viande.
Chez nous, on n’aime pas l’informatique.
Chez nous, on n’aime pas les cons.
Chez nous, on n’aime pas les voleurs.
Chez nous, on n’aime pas les écolos.
Chez nous, Aline sera, j’espère, ma future femme.

 

• Chez nous, les animaux se sentent menacés par nos actes.
Chez nous, les forêts disparaissent peu à peu.
Chez nous, on écoute le chant des oiseaux.
Chez nous, il fait chaud et certains n’ont pas d’eau.
Chez nous, on travaille toute la journée dehors.
Chez nous, on pollue les plages avec notre imagination.
Chez nous, on espère avoir de plus en plus d’aliments.
Chez nous, certaines cuisinent avec du feu de bois.
Chez nous, en été les plantes fleurissent en un jour.
Chez nous, on reçoit plusieurs invités dans la maison.
Chez nous, on aide les pauvres pour se nourrir.
Chez nous, on va jouer à la plage un jour sur deux.
Chez nous, on fait des élevages d’ovins.
Chez nous, on offre des animaux dans les villages.
Chez nous, on espère avoir des parcs pour les animaux.
Chez nous, les makis passent par les toits des maisons.
Chez nous, les hommes sont plus fort que les femmes.
Chez nous, certains villageois ont peur des hommes blancs.
Chez nous, on a du mal à se soigner tous parce qu’on est nombreux.
Chez nous, y’a trop de violence.
Chez nous, certaines femmes vont laver les habits dans les rivières pour économiser l’eau.
Chez nous, il y a beaucoup de touristes à la plage.
Chez nous, les touristes profitent beaucoup du soleil.
Chez nous, la violence, plus que le respect.
Chez nous, on fait des prières.
Chez nous, on prie avant de manger.
Chez nous, on tue des animaux pour les distribuer aux pauvres dans les villages.
Chez nous, on rase beaucoup de forêts.
Chez nous, on utilise beaucoup les machines.

 

• Chez nous, nous étions très attachés à notre entourage.
Chez nous, nous aimions nos bâtiments.
Chez nous, la famille et les amis passaient avant tout.
Chez nous, nous pouvions faire confiance à tout le monde vivant dans ces murailles encerclant le peu de verdure.
Chez nous, les armes faisaient régner la paix.
Chez nous, les histoires étaient récurrentes mais
Chez nous, les solutions étaient radicales.
Chez nous, nous étions solidaires.
Chez nous, il n’y avait pas de tracteurs ni de champs ou même de chasse.
Chez nous, les tracteurs étaient métamorphosés par des voitures, des motos ou même des quads.
Chez nous, les champs étaient détruits par de nombreux HLM.
Chez nous, la chasse aux animaux n’existait pas.
Chez nous, il y avait seulement des camps ou des gangs.
Chez nous, tout semblait différent mais au fond
Chez nous, nous voyions le monde de la même manière partout.
Chez nous, nous croyons tous à une religion.
Chez nous, le racisme n’existait pas.
Chez nous, on espérait que tous fussions égaux.
Chez nous, la violence était présente mais
Chez nous, le respect l‘était aussi.
Chez nous, on ne disait que « dent pour dent, œil pour œil ».
Chez nous, nous aimions nous amuser.
Chez nous, nous faisions beaucoup de barbecues entre amis mais invitions toujours la famille.
Chez nous, nous pouvions passer des journées à être enfermé dans des bâtiments clôturés.
Chez nous, la loi du plus fort régnait.
Chez nous, la musique nous faisait bouger.
Chez nous, les grands transmettaient leur savoir aux petits.
Chez nous, nous tombions toujours mais
Chez nous, nous relevions toujours, changés et plus forts.
Chez nous, la différence ne changeait jamais la vie.
Chez nous, on dit que la différence nous faisait découvrir.

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Après-midi, exceptionnellement atelier d’écriture au Lieu/lien (normalement, c’est— ce sera— le matin), avec le Secours populaire.
Lundi, plusieurs personnes avaient prévenu de leur absence.
Une femme passe avant de devoir partir pour l’épicerie solidaire, emmenant une autre jeune femme qui doit s’y inscrire et ne sait pas où c’est. Juste le temps de participer à la 1ère « consigne ».

— 1 : vos impressions de Tulle et ce que vous avez pensé, la 1ère fois quand vous êtes arrivé(e)? & maintenant?

• j’étais déçue :
Pas dormi, je me demandais : où je vais ?
Je ne connaissais personne.
La ville était petite par rapport à là où j’étais (Limoges)
Mes activités étaient bloquées (associations, bénévolat, les personnes que je cotoyais).

maintenant :
J’ai repris un peu mes occupations anciennes
Je commence à avoir des connaissances
La sympathie des gens
Je commence à aimer être ici.

• Le 1er jour, j’ai aimé. On a fait une promenade avec les enfants, je leur ai dit : j’aime cette ville calme.
On  m’avait dit :
— On a vu une maison pour toi à Meymac, il y a beaucoup d’arbres, c’est à la campagne.
puis  — Vous allez aller à Tulle, c’est mieux pour les enfants.
Il n’y a pas de problème. Il n’y a pas le choix.
Je suis tranquille avec mes enfants, c’est petit à petit.
Ça n’est pas facile, dans un endroit où tu n’as pas grandi.
Un jour ça va aller.
Si tu ne travailles pas, c’est un peu difficile.
(J’aidais des personnes, j’aime ce travail).

• J’ai connu Tulle surtout à partir du moment où j’y ai travaillé.
Donc au départ, appréhension face à l’inconnu, puis à présent, j’y suis très bien.
C’est un lieu de vie fort agréable et humain/humaniste par rapport à son passé historique et ouvrier.
La situation géographique aussi a son importance, la Corrèze et ses 7 collines.

• Avant d’arriver à Tulle, j’étais à Limoges depuis presque 6 mois.
Au jour de mon arrivée à Tulle, j’étais complètement perdu, parce que d’où je venais, j’avais déjà tissé plusieurs relations, donc il me fallait encore fournir beaucoup d’effort pour repartir avec de nouvelles bases.
C’était un peu compliqué, mais vu que j’avais en moi d’autres talents, alors j’ai essayé de l’exploiter pour mon intégration.
J’avais fait un constat rapide que dans cette ville, les gens s’intéressaient beaucoup au sport, surtout au rugby. Moi-même, j’ai pris l’initiative d’aller au siège de Club de Rugby de Tulle et j’ai rencontré les dirigeants, et ils m’ont montré et expliqué toutes les démarches administratives pour obtenir ma licence en tant que joueur.
Après avoir obtenu ma licence, c’est à partir de là que tout est allé en bonne voie, et j’ai commencé à fréquenter d’autres personnes en plus. Il y a eu aussi des nouvelles portes qui se sont ouvertes pour mon intégration à Tulle.

• Avant d’arriver à Tulle, j’étais à Limoges où je faisais bénévole au resto du cœur. Vraiment, mes amis bénévoles étaient gentils avec moi.
Un jour, on m’a orienté vers Tulle. Quand je suis arrivé, je me disais que j’étais à la campagne, le contraire pour moi. Je me disais que j’étais arrivé dans une ville sombre.
J’ai demandé à mon assistant social de ROC de m’orienter vers une association caritative. Donc on m’a envoyé au Secours populaire, où j’ai trouvé des personnes très gentilles envers moi, telle que la directrice, et d’autre personnel.
Je suis un traitement ; quand je suis au Secours populaire, ça me fait oublier même mes problèmes qui sont ma tête, tellement ils me soignent bien, en me donnant même à manger, des habits. Je me vois comme je suis dans ma famille.
Cette association m’a fait aimer Tulle. J’aimerais bien faire ma vie ici, une ville très calme, et très respectueuse, moins de problème. J’aime bien cette ville parce que j’y trouve un peu de considération, pas de racisme. Les habitants considèrent ta personne sur le même pied d’égalité.

— 2 : des phrases que vous avez entendues, qui vous ont marqué :

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• On ne parle pas de choses que l’on ne connaît pas
Ta voix est douce. On ne t’entend pas.
Les filles ne peuvent pas ….. ne doivent pas
Des cheveux tout bouclés
Tu es miro (je ne sais pas comment ce mot s’écrit !)
Vous êtes nulle
On ne se connaît pas bien
Vous avez une sacrée mémoire !
Tu me fais peur
Je t’aime même si je ne te le dis pas
Tu es discrète

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— 3: Des phrases que vous aimeriez dire à tout le monde, que tout le monde puisse lire inscrites sur un sac en kraft par exemple…
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• Ne te moque pas des amis qui sont noirs

Si chacun savait ce que chacun disait de chacun
personne ne parlerait de chacun

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ne te découvre pas d’un fil

11 avril 2019

IMG_5032Manée avait prévu le coup en m’envoyant un mail le samedi, alors que je lorgnais la météo pour savoir (?) quoi mettre dans ma valise… :
à défaut de soleil, camélias roses et confiture de framboise maison t’attendent au lien lieu. 

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Lundi matin, après l’atelier avec le secours populaire, en quittant (peut-être un peu trop vivement…) le local et regardant ailleurs, je me suis pris l’arrête de la porte en verre en plein dans la figure, au point d’être demi-sonnée! Des couleurs intéressantes commencent à apparaître autour de la bosse… Ça m’a permis d’apprendre que la teinture mère d’arnica a pratiquement disparue des pharmacies…!
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Et justement en début d’aprem, avec Dominique, nous faisons des essais de regards pour la forêt du souvenir. Les photos archivées sont en faible définition, nous essayons un agrandissement pour voir ce que ça donne.
Flou quand on le regarde de près, mais je ne crois pas que ce soit très gênant, puisque de plus loin, c’est OK.
A essayer néanmoins sur d’autres portraits plus petits…
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Nous nous retrouvons lundi aprem à l’artothèque avec le cours de français des resto du cœur, pour une première session de l’Art c’est pas pour nous. Nous avons choisi et sorti des œuvres avec David, quand Sylviane débarque avec son groupe de toutes nationalités. S’exprimer en français, être ensemble, apprendre du vocabulaire, découvrir autre chose…
La 1ère œuvre sur laquelle le groupe choisit de parler est une photo en N&B de la ville de Tulle par Marc Pataut ; c’est plus facile de commencer avec un repère connu…
Pour situer la photo, les repères leur sont évidents : la tour administrative et l’hôtel de police…
Puis une photo de Gaza, d’Anne-Marie Filaire, où beaucoup retrouve un paysage qui pourrait être celui de leur pays d’origine.
Un grand dessin de cailloux de Cueco, l’occasion de parler de collection : beaucoup font collection de photos…
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Puis, une photo couleur d’un éclair (je ne me rappelle plus de quel artiste); Sylviane fait du bruit pour expliquer le mot tonnerre. David explique qu’il y a des « chasseurs d’orage ». Plusieurs ont des histoires de gardiens de moutons mort foudroyé avec ses bêtes, d’arbre cassé en deux… Après ces scènes dramatiques, nous parlons aussi de l’expression française : coup de foudre (attention les dégats!).
Capture d’écran 2019-04-10 à 16.04.11la porteuseAprès ça, nous passons à un portrait de Saura (de la famille de celui-ci), accompagné d’exclamations : qu’est-ce que c’est que ça ? Voilà qui fait parler.
Suivi d’une gravure de Di Rosa, La porteuse.

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& un dessin abstrait au fusain (je ne me rappelle plus du nom de l’artiste) ;
comment expliquer ce que c’est, le plus simple serait d’en avoir un morceau.
La tablette de Sylviane sert à montrer des images qui explique plus facilement que les mots!

 

Notre rendez-vous se termine avec des travaux d’Olivier Leroi, que David aime bien. L’occasion de parler d’humour, de jeu d’esprit et de poésie.
et aussi de « casser le fil » et de destinée…
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Comme ma photo est particulièrement atroce, j’ai recherché si je ne trouvais pas ce dessin sur internet.
Non, mais ce fut l’occasion de voir de belles œuvres,
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et de découvrir ce qu’il avait réalisé avec du verre!!! Capture d’écran 2019-04-10 à 11.19.17  Capture d’écran 2019-04-10 à 11.11.53Capture d’écran 2019-04-10 à 11.17.00
& puisqu’il possède de multiples cordes à son arc, Il faut que je ramène pour un prochain atelier d’écriture le super (et apparemment simple) livre d’Olivier Leroi que j’ai dans ma bibli, édité par Jean-Michel Ponty y’a belle lurette!
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Capture d’écran 2019-03-14 à 18.38.08Mardi, juste avant l’atelier (reporté du lundi midi), Clémence passe, (nous nous étions rencontrées un soir de la dernière session au Lien/Lieu), mais ne peut rester, et nous prenons rdv pour les lundis de mai, et ses coordonnées pour la prévenir, cette fois!!
Elle me raconte qu’elle a donné cette carte à une amie, bien choisie visiblement, car elle lui a envoyé un message quelque temps après : « Je suis dans mon hamac à lire de la poésie contemporaine, un luxe presque indécent ».

DSC03017Juste en début d’atelier aussi, Manée m’envoie un message depuis les Pyrénées où elle est en cure :
Du coup, elle est un peu avec nous quand-même!!

 

De même que les messages que j’ai reçu de Delphine Bretesché, qui est chez moi pour écrire et dessiner, en résidence avec La Marelle, me font l’accompagner de loin.

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Cette photo envoyée par Delphine pour me monter son installation-comme-à-la-maison m’a fait rire

(mais j’ai tout de suite pensé : il manque une paire de palmes..!)

En pensant dessin, bonne intuition, j’avais mis dans ma valise ce merveilleux livre de Maurice Sandak, qui sera parfait pour offrir à Iris lors d’une belle soirée d’anniversaire :
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20190409_180446Mercredi matin ensoleillé,
midi dans un jardin fleuri avant que le ciel nous tombe sur la tête, comme les camélias sur la table…
Ce qui m’a fait penser à la nouvelle vitrine !

Il y a 2 jours, en cherchant des modèles de nuages au blanc de Meudon, je suis tombée sur cette image que je trouvais bien! :
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Comme je voulais la montrer à Serge qui a repris le boulot et est entré au Lien/lieu faire un coucou juste au début d’une méga-averse, je me suis aperçue qu’en fait, c’était fait par Francine Zubeil !!!!
Il va falloir que je lui envoie un petit message! Merci Francine!
(Installation in situ en vitrine n°1 – Janvier 2013 | n°2 – Mars 2013
Blanc de Meudon, lettres adhésives  | Source : L’Odyssée de Homère
Photo : © Laura Jonneskindt
Galerie Espace pour l’Art | Arles – Parcours ULYSSES | Marseille Provence 2013)
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Ma version nuageuse est nettement plus cracra et cheap, mais le projet n’est pas le même..!
avant :
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après :
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On pourrait aussi commencer une collection :
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Et alors, je suis bien contente de mon nouvel outil : après avoir galéré le mois dernier avec une lame de rasoir coupée pour gratter le blanc de Meudon, cette fois-ci j’ai ramené de Marseille une spatule de cuisine sacrifiée, que j’ai taillée à ma convenance, et alors, c’est fastoche d’écrire avec !! (faut juste se concentrer un peu pour écrire à l’envers!)

(Non, ce n’est pas une sculpture inspirée d’Olivier Leroi!)
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Jeudi
A PEC pour imprimer des « chez nous » pour la nouvelle vitrine
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qui seront découpés-collés l’après-midi quand le soleil revient
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Iris passe juste avant de partir pour quelques jours, et me donne des idées en parlant des ateliers, puis me laisse un bouquet nouveau, c’est pour moi le 1er lilas de l’année, quelle senteur extra — qui me fait toujours penser à ces paroles du Tango funèbre de Brel et à Alain Lagny qui l’adorait (le lilas et la chanson): 20190411_190631

Pensent au prix des fleurs
Et trouvent indécent
De ne pas mourir au printemps
Quand on aime le lilas
Ah, ah, ah, ah, ah, ah 

 

Justement, le soir, J’ai été au théâtre à Brive voir Chroma, de Bruno Geslin, adapté de Darek Jarman. Bonne pioche, comme dirait Manée, un spectacle magnifique de ceux qu’on n’oublie pas et qui nous nourrissent longtemps, qui donne de l’énergie au corps et au cœur, de la joie, envie de sauter, de danser, de baiser, d’être irrévérent, de vivre, plus libre, de s’agiter la cervelle dans tous les sens pour en faire surgir des illuminations.

Moins il voit, plus il regarde. Moins il espère, plus il célèbre la vie. Derek Jarman, cinéaste anglais qualifié d’underground dans les années 70, conjugue transgression et poésie. À l’époque, on appelait ces artistes des punks, des anarchistes, des graines de liberté. Il perd progressivement la vue. Il est séropositif. En 1986, il achète une maison de pêcheur au sud de l’Angleterre. Nature désolée. Galets, vent, sel, et centrale nucléaire habitent l’environnement du cottage. Il décide pourtant, là où rien ne pousse, lui qui ne voit presque plus, de créer un jardin.
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Bruno Geslin s’est emparé de son dernier ouvrage, Chroma, autobiographie centrée sur le thème de la couleur, pour élaborer une pièce dansée, jouée, rêvée. Les deux interprètes masculins disent, dansent, en anglais (sur titré), en français, les mots de Jarman. Les tableaux s’inspirent des images tantôt érotiques (tendance rouge et dorée), tantôt nébuleuses, tantôt rocks, tantôt furieusement discos (Nicolas Fayol décline les registres), de l’univers du cinéaste écrivain. C’est parfois agressif, souvent caustique, détaché, provoquant. La musique, jouée en direct par Benjamin Garnier et Alexandre Le Hong, participe à façonner une atmosphère onirique : quelque chose de l’ordre du souvenir, à la fois très précis et pourtant volatile.
Il y a des morceaux d’enfance, des amants, la glaçante interrogation de comment se passera le dernier moment, des bribes de séduction, des saynètes à l’hôpital, des tests de vue, le constat que la maladie progresse. Danse et mots se marient ; les mots prennent le dessus. Lorsqu’Olivier Normand raconte les premières fleurs surgies parmi la roche, la fragilité, la fougue des petites fleurs qui s’accrochent dans la bise, les éclats de lumière à l’angle des silex, les cascades de couleurs graciles, c’est une lame de fond d’émotion qui surgit.
Il est si beau, si émerveillé, sa diction est tellement pure et douce : on se dit qu’il parviendra à apprivoiser la mort en embuscade, le temps qui broie. C’est presque miraculeux. Emilie Beauvais, dont on regrettait qu’elle soit cantonnée en arrière plan, tournoie dans un mouvement envoûtant, final en noir et blanc, robe en corolle, fleur qui résiste à l’obscurité qui mange le plateau.
ANNA ZISMAN – Décembre 2017 – Zibeline
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Bruno Geslin explique : J’ai mis assez longtemps à construire ce spectacle. A l’image même de Derek Jarman, ce que j’avais envie de construire, alors que c’est quelqu’un qui perd la vue, la vie, alors que c’est un sujet grave, il fallait transmettre avant tout de la vitalité du désir, de se battre et d’avancer. Et Chroma s’est construit comme une célébration de la vie. À chaque page dans ce dernier récit, il y a toujours ça, cette élégance où on te fait partager quelque chose sans te le faire porter.

Vers la fin du spectacle, un tableau gris lumineux sur les 3 écrans de la scène est rempli de lettres blanches à voir comme chez l’ophtalmo, qui s’effacent peu à peu pour ne garder qu’un message détourné
LOVE ME TENDER
ET FUCK ME TOO

De la gravité, de la politique, de l’humour, de la malice, de la poésie, du cul, des références, des révérences et irrévérences, de l’intelligence, de la vitalité… tout ce qu’on peut souhaiter avec une mise en scène, des images, du son, du chant, du texte, de la danse, …, youpi!!

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Vendredi,
la veille des vacances
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Ateliers d’écriture au lycée agricole le matin, (Nathalie tient à emmener ses élèves au moins une fois au théâtre et à l’opéra. Hier soir, je me disais que ça aurait été décapant pour eux que les élèves puissent voir Chroma..!)
et avec le secours populaire l’après-midi.
De quoi faire un autre article spécial, alors…


atelier d’écriture du lundi – N° 7

9 avril 2019

Pour un répertoire de sa vie

Aujourd’hui, nous travaillons à partir du catalogue monographique de Dector & Dupuy, édité en 2015 par Captures-éditions

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Parmi le classement alphabétique, quelques développements choisis :
ce qui fait sculpturece qui manquece qui reste
cosmoseros limitesla timiditétumultes
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On lit, et au boulot!

 

Aujourd’hui, l’atelier est décalé au mardi avec la bénédiction de tou.te.s, mais il n’y a qu’Agnès,

et Manée qui attend les consignes depuis les Pyrénées, sans qu’on puisse être ensemble à l’atelier avec Skype!

(nous n’y avions pas pensé avant!)


1 —
Faites une liste de tout ce qui constitue votre vie, pour un répertoire
les choses, objets, idées, souvenirs, affects…. sans penser à un classement alphabétique
avec simplement des noms, des verbes, ou des phrases…
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  • Répertoire en vrac, Agnès :

– des photos en vrac, dans des boîtes
– des dessins d’enfants, de mes enfants
– des notes sur des bouts de papier
– des K7 VHF, sans lecteur
– du bazar, trop de bazar
– trop de choses inutiles
– pas assez de lumière
– un chat qui dort tout le temps
– des tas de plantes
– une étagère pleine de chaussures
– des collections de trucs trouvés dans la nature
– la plaque d’immatriculation de mon ancienne voiture
– les premières paires de chaussures de mes enfants
– quatre théières
– plus de filtre à café
– un tire-bouchon
– un frigo vide
– des olives vertes et noires aux épices
– de la tisane des fées
– pas assez de place pour faire un atelier
– une machine à coudre nulle
– des livres trop haut sur une étagère
– un balai
– Une vitre cassée
– des clefs qui ne vont dans aucune serrure
– des vieilles K7 audio
– des tas de projets pas réalisés
– des envies d’ailleurs
– un rêve de yourte au milieu des bois
– une envie d’élevage d’escargots
– des aiguilles à tricoter
– des pommes de terre qui ont germé
– une couette trop chaude
– une couverture trop petite
– un punching-ball
– des jouets d’enfants
– des idées un peu folles
– des choses gardées à l’intérieur
– des bâtons d’encens du japon
– un parasol troué
– un four qui crame
– un appareil photo argentique
– un rasoir à pull bouloché
– des paniers en osier
– des verres à pied
– une carafe à eau avec une poule rouge en motif
– un aquarium sans poisson
– un coussin chat
– une vieille radio à piles
– un mur qui s’effrite
– un jardin sauvage
– des orties
– des ronces
– un figuier qui prend trop de place
– un mur lézardé
– des voisins trop chiants
– une pendule cassée
– une réveil matin et une horloge en avance de 5 minutes
– des toiles d’araignée
– des araignées
– un livre tout corné
– jamais assez de temps
– une grande famille
– des livres pour enfants
– des galères
– des lettres de la banque
– un mascara qui fait des pâtés
– une poêle qui accroche
– une collection de timbres
– une « rapiette » momifiée
– une pomme de pin de YellowStone
– des cartes postales de la Bretagne
– la photo de ma Grand-Mère
– une pile de journaux à jeter
– une pile de papiers à trier
– un sac de chaussettes dépareillées
– une valise à roulettes
– un foulard bleu et blanc
– des rêves
– un plancher qui craque
– un escalier qui se dévisse
– un CD de Gaëtan Roussel
– un bouquet de roses séchées
– trop d’ombre à cause des arbres des voisins
– un jardin sans clôture
– une sonnette qui ne fonctionne qu’une fois sur deux
– deux bêches
– deux râteaux
– un râteau avec des dents cassées
– un morceau de corail blanc d’Australie
– trois chargeurs de téléphone
– une brosse pour enlever les poils
– du silence
– le murmure de la ville quand le vent est dans le bon – ou le mauvais… – sens
– des rêves d’enfants
– des souvenirs de famille
– un petit pot bleu ébréché qui appartenait à ma Grand-Mère
– la paire de gants de mon frère le jour de son mariage
– une liste de courses
– les livres de Pagnol
– des projets pas terminés
– des pinceaux
– de la peinture
– des feuilles de dessins format raisin
– un manteau noir
– un bonzaï qu’il faudrait tailler
– le Petit Prince
– des pages d’écriture
– des lettres qu’on s’envoyait
– un planisphère
– une guitare avec des cordes usées
– un dessous de plat fait à l’école par ma fille pour la fête des mères
– des croquettes
– un crâne d’oiseau
– la gourmette de mon baptême
– une mèche de cheveux de bébé de chacun de mes enfants
– des dents de lait dans une petite boîte
– quelques colères
– le fantôme de quelqu’un qui marche au grenier
– une bête qui grignote une poutre du salon
– un jeu de solitaire avec des billes. Il en manque une
– des disques d’une pianiste dont je n’arrive jamais à écrire le nom
– des piles de livres dans les coins
– mon vieux chat enterré dans le jardin
– un thermomètre dedans qui indique la température qu’il fait dehors
– de très vieux dictionnaires
– le CD de Picolo et Saxo
– des livres que je ne suis pas arrivée à lire
– un piano désaccordé
– des pots de gelées de groseilles
– trois kiwis tous ridés
– pas de pantoufles
– une paire de bottes en caoutchouc bleu marine avec des grosses fleurs roses
– un ciré
– des sabots en bois pour le jardin
– des pots de fleurs vides empilés
– un briquet dans ma poche
– un cendrier cassé
– une cuillère en bois toute usée
– une râpe à « Millassou »
– un livre de cuisine de Ginette Mathiot
– des livres de cuisine dont je ne suis jamais les recettes
– un carrelage cassé juste à la porte d’entrée
– un paillasson en fausse pelouse
– un jeu d’échec
– des billes et un boulard œil de chat de quand j’étais petite
– ma vielle veste en laine pour traîner
– un chapeau de paille au bord tout usé, mangé par une souris ?…
– trois litchis dans un petit pot depuis 3 ans
– un arc
– des patins à roulettes
– une couverture en laine avec des carreaux tricotée par Maman
– une serpette qui appartenait à mon Père
– un atlas avec des routes qui n’existent pas
– de l’argile à modeler
– des bougies parfumées
– un pull en laine rouge
– des cartons avec des affaires des enfants qu’ils ne veulent ni jeter ni donner
– un égouttoir avec des trous trop gros
– une ventouse rose pour déboucher le lavabo et la baignoire à cause des cheveux
– un éventail qui vient de chine
– une carte postale d’Amérique avec la photo de la rue où a été tourné Madame Doubtfire
– des photos de la FAC
– une affiche de théâtre de la FAC
– un médiator très vieux mais pas cassé
– un niveau à horloge
– une paire de ciseaux à raisin
– un rouge à lèvre que je n’utilise jamais
– un joli plat de Gien
– un canard à bascule
– un calendrier de la poste
– des poupées russes qui s’emboîtent
– un menu du réveillon de 1980
– des guirlandes de noël
– une guirlande de piments d’Espelette
– une scie avec des dents rouillées
– un marteau de tapissier
– un casse noisette
– une « chicrotte »
– des élastiques en dentelles
– un flacon de patchouli de chez Molinard
– des portes toujours ouvertes
– un rosier Pierre de Ronsard
– un sarcococa
– le Blé en herbe de Colette
– une grosse boîte d’allumettes
– pas de cheminée, c’est bête
– des plumes sergent Major
– un tapis de bateau Bienvenu à Bord ! Devant la baignoire
– un plateau du RU n° 3 du campus de Bordeaux de 1986
– un CD d’Oum Kalthoum
– un bol tibétain en FA dièse
– des moutons, de poussière
– des oiseaux, dans le jardin
– des lunettes de piscine
– un petit coffret en bois de cèdre renfermant un morceau de musc qui sent divinement bon
– des pastilles au miel
– un télescope
– de l’amour

  • Répertoire en vrac, Manée :

– deux chats : mon père les chassait de la maison quand j’étais enfant
– deux ânes : c’est mon frère qui me les a amenés pour un anniversaire sans me demander mon avis ; au début il s’en occupait et puis il est mort en tombant d’un arbre ; maintenant c’est moi
la fidélité ça coûte cher
– un jardin, des prés, une châtaigneraie
– un bateau chambre nommé chamteau
– un étang
– des joncs, enfant, je les tressais comme ma grand-mère tressait la paille pour la fabrique de cabas
– parfois  je les tresse encore
– une ancienne étable
– une grange
– un hangar avec du bois
– beaucoup de livres surtout de poésie
– des souris sous le meuble de l’évier
– une mère qui m’a toujours fait du chantage
– parfois la solitude
– des pivoines
– des rosiers
– des hortensias
– de la guimauve
– des framboisiers
– des pommiers
– des pêchers
– deux plaqueminiers
– un cerisier greffé par mon père
– des bouleaux
– des chênes américains
– des bambous
– des jonquilles
– des narcisses sauvages
– un ruisseau
– des camélias
– des fines herbes
– de la sauge  
– du thym
– du romarin
– des outils de jardin de mes grands-parents qui ne pèsent pas et tranchent bien
– une bêche, une binette, des fourches une tranche, des râteaux, des haches
– j’adore fendre le bois
– une grande cheminée
– des couteaux catalan
– des couteaux allemand
– du thé vert
– des tasses en porcelaine toutes différentes les unes des autres
– des cahiers
– des carnets
– des crayons à papier
– des stylo encre
– de l’isolement géographique
– de l’espoir
– de la colère
– de la déception parfois
– des draps blancs de ma grand-mère laisser la porte toujours ouverte
– ne pas savoir où je vais
– compter les années qui me restent
– essayer de profiter de chaque jour de chaque heure
– ne pas y arriver souvent
– faire faire faire
– apprendre (un peu tard) plus de légèreté
– s’entraider
– avoir mal
– éprouver le manque de l’autre
– arroser le jardin le matin tôt l’été
– cueillir mes salades
– la pagaille partout dans la cabane à outils la cave, l’étable devenue débarras et souvent aussi dans la maison
– des listes qui ne s’épuisent jamais sur les post it

– lire
– écrire des textes pour Peuple et Culture et pas assez pour moi
– ne pas me résoudre à aller dormir
– manger n’importe quoi à 1h du matin
– perdre mes clés mon téléphone mes lunettes mon porte-monnaie
– trier mes papiers et parfois me tromper et jeter les bons
– être sûre que l’histoire n’est pas finie
– regarder le soleil levant à travers le noyer sous lequel ma grand mère est morte tout d’un coup en épluchant des légumes du jardin
– souhaiter mourir ainsi
– bêcher la terre du jardin et y planter et semer
– faire la sieste au soleil dans l’herbe
– partir de là
– avoir envie de la ville
– de la mer
– revenir

2 — répertorier 8 (au moins 6) « familles d’esprit » comme autant de catégories parmi cette longue liste.
Dans chaque catégorie, développer 1 ou 2 éléments qui la constitue, et qui explique le classement et l’appellation choisie.

• Catégories, Manée :
À la vie à la mort
Autour
Les racines
Le temps qui file
Un paquet d’émotions
L’ailleurs
La terre

• Dans la catégorie À la vie à la mort,il est mort en tombant d’un arbre:

Une image qui me revient souvent
et une histoire marrante que j’ai souvent racontée :
Nous sommes enfants, c’est  le mois de juin, le cerisier derrière l’école est couvert de cerises noires, juteuses ( je ne sais pas pourquoi aujourd’hui les cerisiers ne donnent pas autant ), nous avons grimpé dans l’arbre tous les trois;  il fait très beau, l’air est délicieux et nous mangeons les cerises en grappes à même les branches. Une jouissance.
Tout d’un coup, P. s’élance du haut de l’arbre en criant «  à moi la mort » et il se réceptionne au sol comme un chat.
Nous rions de peur et de joie.

Voilà que plus tard, bien plus tard, beaucoup plus tard, des années plus tard… sans sauter mais déséquilibré par une branche de magnolia trop lourde de fleurs…

• Dans la catégorie l’ailleurs, avoir envie de la mer :

Ce que peut un désir :
La deviner au loin
c’est certain
derrière le rideau d’arbres
à sa lumière particulière
au ciel changeant
il suffirait d’aller voir
ou encore au sable fin
presque rose
du chemin derrière
la maison.
Et le soir
confondre le bruit du vent
dans le grand sapin
avec le flux et le reflux.

• Agnès :
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• Dans la catégorie Voyage par procuration, la valise à roulettes :

 

• Dans la catégorie Apparence, des choses gardées à l’intérieur :

Dire ou ne pas dire ?
Quand arrive la question, il est déjà trop tard. Il y a déjà quelque chose en suspend. Quelque chose qui s’est arrêté en route. Quelque chose qui s’est bloqué à un moment. Comme une mécanique grippée. Comme un soufflé qui retombe. Comme dans l’œil du cyclone. Quel grain de sable, quel réaction chimique, quelle équation atmosphérique se met en œuvre ? Allez savoir. Ne pas faire de la peine, ne pas passer pour un abruti, ne pas être hors sujet, remballer sa colère, craindre le jugement, ne pas vouloir tout déballer de soi-même, avoir la trouille au ventre, se voiler la face, faire l’autruche, se dire qu’il vaut mieux prendre son temps, faire l’impasse, préférer une jolie pirouette … .
Mais bien sur au bout du compte, garder ces choses à l’intérieur, c’est bien toujours accepter de se renier un peu, se mentir un peu à soi-même.
Se camoufler sous l’apparence. Et peut-être s’y plaire.

• Dans la catégorie le temps qui passe, une couverture en laine avec des carreaux tricotée par Maman :

Je reçu ce cadeau de ma Mère à la naissance de mon premier enfant. Peut-être un peu comme un passage de témoin. De mère à mère. Dans ce moelleux aboutissement de tant d’heures à croiser des aiguilles, beaucoup d’amour. Une histoire belle. Chaque carré de couleur différente racontant un bout de la nôtre. Chaque couleur comme un segment de mémoire. A travers des restes de laine. Au fils de quelques pelotes gardées précieusement au fond d’une armoire. Les pelotes du temps passé. Tiens, ce rouge profond à bouclettes, la veste d’Isabelle l’année de ces 10 ans. Ce beau brun couleur de châtaigne, le pull à col roulé de Papa, celui qu’il a usé jusqu’à la corde et que maman ne voulait plus qu’il porte tant il était rapiécé. Ce gris ardoise, une jolie écharpe ajourée pour les 25 ans de ma sœur ainée. Cet angora à la blancheur de la neige, un petit paletot à capuche pour la naissance de ma petite nièce, ce 24 décembre de l’année 1976. Et là, ce rose poudré, le joli boléro que je portais pour le mariage de mon frère ! Le bleu glacier en mohair ? C’est un bonnet tout doux pour Gaëlle. Le rouge pompier qui gratte un peu, ce chandail qu’Emilie n’a jamais voulu mettre. Ah oui ! Le vert bouteille, des paires de gant pour tout le monde l’année de la tempête, … . Et moi je la trouve si belle, cette couverture du temps passé.


secours pop – 1

9 avril 2019

Lundi, je suis au Lien/Lieu à 9h, à trier des papiers et préparer toutes les chaises autour de la table. Une jeune femme est devant le local avec une petite fille, je la fais entrer bien vite, ça caille dehors!
9h30. Aysé arrive avec tout un groupe, et fait les présentations.
Enfin, nous voilà réunis pour le 1er atelier d’écriture. On se tasse et se tient chaud (même s’il y a les radiateurs, il fait froid ce matin) autour de la table, le nombre de chaises et tabourets  est juste suffisant, car nous sommes 13 + moi.

On commence par un « exercice » de présentation, avec plusieurs tour de table, la parole se délie.
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Je suis une femme marocaine de 36 ans, seule avec 2 enfants.
Je m’appelle Daffe Alkhany, j’habite à Tulle actuellement, je suis demandeur d’asile.
Je suis marié et père de 4 enfants, 2 garçons et 2 filles.
Je suis à Tulle depuis le 22 mai, la ville me plaît.
Je m‘appelle Rehab ; Tulle est une belle ville, j’ai 2 enfants.
Je suis une femme timide, patiente, joyeuse, je suis d’origine italienne.
Je suis une femme, moitié homme, le rôle d’une maman et du papa, seule, obligée de travailler, faire maman et papa en même temps.
Je m’appelle Nafissatou, j’ai 2 enfants, j’habite à Tulle.
Je m’appelle Mohamed Soumah, père de 3 enfants.
J’ai 22 ans, je suis une femme célibataire sans enfant, ici depuis 5 mois.
Je suis africain d’origine congolaise, ça fait longtemps que je suis ici en France.
Comme plusieurs, je suis une maman seule avec des enfants, on doit protéger les enfants.
Je fais du bénévolat à la Croix Rouge.
J’aime Tulle, c’est une ville calme, les gens sont vraiment sympathiques.
Je suis les cours de français au secours populaire et aux restos du cœur.
Nos voisins sont gentils, ils sont français.
Mes cheveux sont roux d’origine mais je les colore ; je dois me cacher (beaucoup de moqueries à l‘école)
Nous allons au cours de français tous les mardis.
Je suis séparée du père de mes 2 premiers enfants, j’ai refais ma vie avec un autre homme qui a 4 enfants, dont 2 ados, et malgré mon jeune âge, je suis fière de m’occuper de 7 enfants.
Je n’ai pas eu mon papa toute mon enfance, je l’ai retrouvé il y a peu.
Vraiment, une femme seule avec les enfants c’est difficile, je suis forte, des fois oui des fois non, comme tout le monde.
J’habite à Tulle et je vis seul, ma femme et mes enfants me manquent, ils sont au pays, en Guinée Conakry
Ma famille me manque beaucoup, ça fait 6 ans que je suis en Europe sans papiers, sans travail.
Je suis quelqu’un de bien, j’aime aider les autres.
Je suis une personne honnête, créative, je déteste les personnes de mauvaise foi.
Je suis de nouveau à Tulle depuis le 25 mars, je rencontre de nouvelles personnes et je cherche à m’adapter.
Je me nomme Bobo, c’est à dire douleur, dès mon enfance j’étais un peu turbulent, toujours en train de faire des jeux un peu brutaux. C’est pour cela, un jour ma mère a décidé de m’inscrire dans une école de rugby. Malgré l’école de rugby, je me suis aussi intéressé à d’autres domaines, tels l’aéronautique, la mathématique, la chimie et la physique.
Je suis une personne simple, avec un cœur ouvert qui est toujours disponible à servir les autres et à partager avec n’importe quelle personne
Me voilà avec mes cheveux blancs, et mes yeux qui pleurent parfois, mais pas de tristesse.
J’aime partager, rigoler ensemble.
Je suis curieuse d’apprendre, j’aime le calme et j’aime les gens.
C’est difficile, pour protéger les enfants et soi-même
Les conflits avec la famille, c’est dur, comme d’être fâchée avec ma maman.
Des fois la vie nous réserve des surprises, la vie associative est la meilleure, elle nous permet des fois d’oublier le stress et reprendre tout à zéro ; mais des fois, on n’arrive pas à atteindre nos besoins — et pourquoi ?
Pour moi la vie est facile quand on sait saisir les occasions favorables qui se présentent devant nous.
La vie propose des choses qu’on n’a pas trop le choix d’accepter ou non.
De vivre loin de la famille, loin des parents, c’est difficile.
Il faut changer les habitudes par obligation, ça change notre personnalité.
La vie c’est pas facile, mais vivre sans mari c’est difficile.
Sans papiers, la vie c’est pas facile.
A cause de toutes ces difficultés, on est appelé à rencontrer de nouvelles personnes, partager.
On ne profite pas assez des moments privilégiés, on croit que tout est acquis. Quand on les perd, on se rend compte qu’on est seul. Être entouré de sa famille, amis, animal…
On peut faire beaucoup dans une vie.
Si j’avais le pouvoir peut-être un jour, j’arriverais à changer l’image du monde, mais pour l’instant, il faudra se battre avec les moyens que la nature me donne.

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Puis, nous prenons l’exemple du livre de Géraldine Kosiak, Chez nous. & chez vous ?

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Chez nous, on vit en famille, mariage, traditions.
Chez nous, c’est pas facile.
Chez nous, des fois, la belle famille est gentille, ou jalouse.
Chez nous, le mariage m’a fait souffrir.
Chez nous, mon mari est parti en Europe depuis 2001, et j’ai trop souffert.
Chez nous, mes enfants ne connaissent pas leur père.
Chez nous, à cause du français, mes enfants préféraient venir en France plutôt que rester en Italie.
Chez nous, je ne travaille pas, c’est un souci.
Chez nous, je voudrais que mes enfants soient heureux, même si je n’ai pas de moyens.
Chez nous, on croit toujours les apparences.
Chez nous, les femmes sont pratiquement soumises.
Chez nous, on n’accepte pas trop les femmes divorcées.
Chez nous, on respecte les traditions.
Chez nous, ce sont les pères et les maris qui décident à notre place.
Chez nous, on n’a pas trop la liberté de s’exprimer.
Chez nous, la religion est primordiale.
Chez nous, la femme est très respectée.
Chez nous, avoir des enfants chez ton mari est une fierté pour une femme.
Chez nous, la femme reste toujours obéissante.
Chez nous, manger dans le même bol est pratiqué dans toutes les familles.
Chez nous, la devise est travail – justice – solidarité.
Chez nous, l’excision des filles est obligatoire.
Chez nous, le mariage précoce est toujours pratiqué.
Chez nous, les coutumes font que les femmes sont confrontées à des difficultés.
Chez nous, on joue avec tout le monde.
Chez nous, on fait le marché ambulant.
Chez nous, j’ai été adopté par la femme de notre président Moussa Dadiscamara, qui est en exil au Burkina Fasso.
Chez nous, je m’occupais de ses activités commerciales et familiales, j’étais un distributeur agréé.
Chez nous, le pouvoir en place règne toujours.
Chez nous, quand tu travailles avec la femme du président, en cas de coup d’état, ta vie est en danger.
Chez nous, quand j’étais petite : un beau-père violent alcoolique.
Chez nous, mon frère et moi n’étions pas des enfants épanouis.
Chez nous, aujourd’hui, nous sommes nombreux, je suis épanouie avec ma tribu.
Chez nous, en Italie, les gens sont macho, surtout les hommes.
Chez nous, je suis très heureuse avec mon compagnon, il me redonne confiance en moi.
Chez nous, nous ne sommes pas voilées, mais certaines personnes se respectent.
Chez nous, les moments en famille sont privilégiés ; repas, activités.
Un jour chez nous, quand la pluie est tombée, il y avait plein de monde qui se précipitait pour se mettre à l’abri chez nous.
Il arrivait un moment, chez nous, on était inondé de joie de vivre ensemble.
Chez nous, entouré de 3 frères et sœurs, et un père aimant ses 4 enfants.
Chez nous, beaucoup de respect.
Parfois chez nous, il y avait des bruits qui provenaient d’un marché ambulant qui se trouvait non loin de chez nous, et à partir de chez nous on pouvait observer tous les marchands qui venaient s’approvisionner des produits du marché qui se trouvait auprès de chez nous.
Chez nous, beaucoup de joie et d’amour.
Chez nous, un père sévère mais humble avec un grand cœur, qui a tout le temps aidé ses proches.
Chez nous, beaucoup de famille venait, des bons moments familiaux, des repas.
Chez nous, un manque et de la tristesse quand des sœurs se marient.
Chez nous, l’honneur et contentesse*, et fière de donner la vie.
Chez nous, une vie de couple remplie d’amour et d’affection, d’assurance et de confiance.
Chez nous, beaucoup de fierté de qui on est et d’où on vient.
Chez nous, beaucoup de tolérance envers les uns et autres.
Chez nous, il n’y a pas d’égalité Femme — Homme.
Chez nous, être maman est la plus belle des réussites de ma vie, la plus tendre.
Chez nous, Dieu est là pour nous, la croyance et la foi sont très importantes.
Chez nous, des larmes, de la tristesse, et des sourires qu’on ne voit plus sur le visage quand plus rien ne va dans ma vie.
Chez nous, la confiance revient, et je reconstruis.
Chez nous, les enfants respectent les personnes âgées.
Chez nous, en Guinée Conakry, il y a plein de choses que j’aime, par exemple j’aime la pêche artisanale, j’aime l’agriculture et l’élevage.
J’aime la danse de chez nous, une danse d’hommes qu’on appelle soli.
Chez nous, on respecte la religion.
Chez nous, on mangeait des gâteaux au miel et on faisait le pain.
Chez nous, notre maison était belle et chaleureuse.
Chez nous, on ne répondait pas.
Chez nous, on parlait et on parle encore.
Chez nous, on berçait les enfants.
Chez nous, on chantait et on chante encore.
Chez nous, c’est notre famille qui choisit pour nous.
Chez nous, un homme est plus fort qu’une femme.
Chez nous, ça n’existe pas la liberté.
Chez nous, la liberté ça n’existe pas.
Chez nous, on ne peut pas dire je t’aime.
Chez nous, il n’y a pas la langue française.

  • Chez nous, « contentesse » n’existe pas, mais je trouve ce néologisme survenu très beau, alors j’ai choisi de le garder. Car la contentesse, ce n’est pas pareil que le contentement, il y a dedans beaucoup plus d’allégresse..!

 


l’atelier d’écriture du lundi – n°6

1 avril 2019

Mémoire sur timbre poste en 5 points
& Développement f(l)ou

Lire les textes des 2 auteurs
Capture d’écran 2019-04-01 à 22.59.4320190331_210146 22.06.29 20190331_205003 22.05.16 20190331_210534 22.14.07 20190331_205142 22.08.29

Capture d’écran 2019-04-01 à 23.02.18 20190331_212506 22.18.20 20190331_213046 22.18.20

•••••••••••••••••••••••• & au boulot..!••••••••••••••••••••••••••

1 — cherchez dans votre mémoire des mini scènes de votre vie (à différents âges), la mémoire comme un petit bout de cinéma, le récit comme un montage
les développer en 5 points

 

 

 

 

2 — chacun(e) choisit une de ses scènes et la relit tout haut, les autres prennent des notes, en 5 points.
Développez chaque scène (des autres) de façon personnelle, en utilisant l’imagination (ne restez pas terre à terre).
Pensez à la structure de départ en 5 points…

 

 

 

 


1er avril

1 avril 2019

ce we, Manée m’a envoyé des pensées (qui n’en sont pas) de son jardin pour moi et la mer…
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Alors aujourd’hui la mer est à 16° et je n’ai pas vu beaucoup de poissons, qui doivent être pas mal occupés ailleurs….
Capture d’écran 2014-04-01 à 17.19.18

(je ne sais plus de qui est ce beau dessin)


démontage et suite

26 mars 2019

Tulle – Paris banlieue
Lundi matin, direction St Gratien pour décrocher mon expo et tout remballer, avec Kristel et Fred.
Ils commencent par les rideaux de verre et de porcelaine, pendant que je m’attaque à l’emballage de tous les pots; les gars des services techniques doivent venir à 14h pour démonter la longue table…

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Un peu de casse parmi les objets en verre, mais pas trop..!

20190325_101137Mettre de côté la photo achetée par le maire, faite sur l’île d’Arz.

& les 2 pots choisis par Christine et par Kristel.
Je suis contente que certains s’en aillent(!), ça fera de la place (!), et ils vont chez des gens que j’aime.
Je suis contente d’en retrouver d’autres, dont les derniers que j’ai très peu vus!
Mais il va falloir retrouver de la place pour ranger tout ça..!!
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Ce qui avait été monté en 3 jours est démonté/rangé en presque un seul !
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On déjeune près de la cabane qui a servi à Kristel pour des animations en lien avec l’expo.
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Avec des idées qui peuvent m’inspirer à mon tour…!
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bientôt au soleil…
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Kristel me montre le livre d’or ; Il commence vraiment bien ! :
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Les gens — dont les enfants— ont tout compris!
Un petit coup de brosse à reluire..!
20190325_131728 20190325_13192120190325_131948 20190325_13181920190325_131940
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Le dernier mot est de Jean-Claude, pas vu depuis… 15 ans ? Zut, il n’a pas mis son numéro de tel…
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Kristel garde bien le secret, car elle lui a dit de passer en début d’aprem! Une jolie surprise !

PPPQ 163 / lundi 25
— presque décrocher en un jour une expo accrochée en 3, remballer efficacement sans trop de casse inévitable, voir débarquer un vieux copain pas vu depuis 20 ans, laisser-vendre des céramiques à des gens qu’on aime, va falloir passer à autre chose, un goûter-dîner comme en Crête feta-huile-d’olive-origan qui fait des vacances, va falloir se simplifier la vie, et aller en Nouvelle Calédonie pour une cérémonie importante avant de se coucher-écrouler

Concernant ce film calédonien, voir le post du dimanche et les idées en lien…
& puis ce soir, un autre élu :
IMG_4538« Est ce que tous tes pots sont identifiés une fois emballés ?  Je voudrais bien t’acheter celui qui est au premier plan si toutefois tu peux t’en séparer et ensuite bien sûr je te le rends chaque fois que tu le veux pour une expo  »
C’est l’occasion de le revoir (avec en arrière plan la chemise en panthère de Kristel) avant disparition!

(heureusement celui-là, il est léger à transporter!)
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Disparition, apparition :
chez Christine, je redécouvre et rouvre ce livre-boîte, qui date de plus de 30 ans…
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Trop de bordel, le retour
20190328_171944A peine je rentre au bercail, le transporteur est déjà là, qui m’attend.
Une montagne d’affaires s’accumule dans mon atelier et maison…
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Maintenant, une partie de l’expo est entassée sur les étagères-à-pots… Soit va falloir vider, soit arrêter, soit travailler en minuscule..!!
20190329_192256Quelques uns vont retourner à Arles, chez CirCa…
Va falloir aussi éliminer des livres et objets, pour respirer…
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C’est l’effet de l’éloignement et de la place à la campagne, comme dirait Manée…
Mais ici, devant, l’étendue, qui rend tout possible…
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& puis, aussi, utiliser les céramiques, tant qu’à faire…
En réponse à ces dessins vus cette semaine, qui m’ont fait rire
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& pour la campagne :
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l’atelier d’écriture du lundi – N°5

26 mars 2019

Faire de la réalité une histoire :
— lire à voix haute pour tout le monde la 4ème de couverture et des pages de CHEZ NOUS de Géraldine Kosiak
— lire quelques pages de C’EST L’HISTOIRE D’UN TYPE de Pierre Tilman


Puis, au boulot !
1 — & chez chacun(e) de vous, vos « chez nous » ?
notations par rapport au pays / ville- village / langue / personnes / vêtements / expressions / histoire familiale / sentiments /société / grande histoire et petites histoires / temps passés, présent et futur / etc.
Faire une très longue liste (allez, courage !)
Inventez-arrangez par moments si vous voulez.
lire :

 

 

 

 


2 — Reprendre quelques personnes de votre famille proche ou lointaine et en faire des personnages.
En repensant à C’EST L’HISTOIRE D’UN TYPE, écrivez un (des) petit bout de leur vie en une phrase.
Une vingtaine de propositions au moins…
Lire

 

 

 

 


Bravo!

Vous n’avez pas eu le temps de faire le dernier exercice.
20190322_122713

Faites attention aux lectures des autres, et notez quand une histoire vous plait particulièrement

3 — Après la lecture, reprendre un personnage qui vous a bien plu (à quelqu’un d’autre), et poursuivre en inventant des histoires de sa vie.


la semaine du printemps à Tulle

26 mars 2019

• lundi
Capture d’écran 2019-03-14 à 18.41.44— L’atelier d’écriture, (voir le post précédent) avec un nouveau venu, Abdou, qui devait venir mais n’est pas venu le samedi…
et lundi prochain ?
On verra bien…

—rdv à 17h à PEC avec Sylviane (les cours de français pour les restau du cœur) et David (artothèque), s’organiser pour un projet ensemble qui démarrera  la prochaine fois: l’art c’est pas pour nous.

• Mardi
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— A PEC après que Dominique et David (cinéma) m’aident à résoudre des problèmes de fichiers sons pour le blog, nous partons faire un petit tour avec Dominique à la forêt du souvenir, au milieu des jardins ouvriers.
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DSC02943En venant, à un croisement sur la route, Dominique a repéré qu’un fléchage qui date de l’année dernière était toujours là (étonnante résistance aux intempéries d’une simple impression sur la super photocopieuse).
Par contre, Dominique me rappelle ce que m’avait déjà dit Manée, concernant ce qui avait été fait en juin dernier, avec les portraits des disparus collés sur les arbres : les limaces sont friandes de colle à papier peint…
Est-ce qu’il y aussi plein de limaces dans les jardins?DSC02945
je serais une limace, ça m’intéresserait !
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Retour aux chênes américains après un petit tour autour des beaux jardins.

Que faire, quel dispositif simple mettre en œuvre, en 1er lieu, à partir duquel travailler, pour ce mois de juin ?
(déjà, il faut imaginer les arbres avec des feuilles…)
Tendre de la ficelle (plutôt rouge) entre les arbres du centre, comme un réseau ?

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— Retour en ville. Passer à la librairie, chercher une partie des livres commandés pour les ateliers du lundi, et ceux à venir au lycée agricole.

+ le livre de Sophie Calle Que faites vous de vos morts ? qui me tend les bras, et le livre dont Agnès m’a parlé…
Notre bibliothèque de travail s’étoffe..!

— Après l’atelier d’hier, une idée m’occupe : utiliser le choix de cartes de chacun(e) pour imprimer un jeu commun, et profiter du printemps des poètes pour en éditer un certain nombre d’exemplaires, qui puissent circuler…
Mise au point du fichier in design pour faire le jeu de cartes imprimées, 16 cartes par format A3, 2 participant.e.s/feuille recto-verso, une typo pour chacun(e)…
David/ Hélène + Emmanuelle / Abdou + Agnès / Manée…
En prévision, j’ai demandé à Gaëlle de nous acheter 2 paquet de 125 feuilles A3 en 250g…
& j’ai demandé à Manée de faire ses devoirs à distance !

— vite, c’est l’heure d’aller à PEC pour la dernière soirée du festival de courts métrage (confidentielle, pour cette dernière session, nous sommes très peu),
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dont un joli Le Bleu blanc rouge de mes cheveux, court métrage de Josza Anjembe.

Capture d’écran 2019-03-26 à 12.02.37— Entre la forêt du souvenir et les courts métrage engagés, ça me fait penser que, la semaine suivante, alors que je suis en train de rattraper le temps (enfin, presque…) du blog, j’ai vu hier soir un docu formidable (dans une série de 6) ramené de Nouvelle Calédonie par Christine et François :
Tjibaou, le pardon de Gilles Dagneau.
« D’une grande intelligence humaine et politique, le film témoigne de la réconciliation entre la familles de l’assassin et celles des victimes. »
« Aidées par les ressources de la tradition kanak et par la médiation religieuse, catholique et protestante, les familles entreprennent ensemble un long travail de parole et d’explication. Quinze ans plus tard, en 2004, tout le clan Wea se rendra chez les Tjibaou pour demander pardon et signifier la paix, au cours d’une cérémonie d’une dignité émouvante. »

• Mercredi
— S’occuper du jeu de cartes : comme Manée a mal compris mes explications certainement pas très claires, au lieu de 8 X 2 cartes, elle m’en envoie 16 ! Je ne vais pas faire la censure et trier, je décide de tout garder..
Du coup, il va falloir 8 X 2 autres cartes pour compléter une 4ème feuille A3, soit 64 cartes..! Je vais donc demander aux gens que je cotoie et qui auront envie de jouer le jeu..!

20190320_192406— Petit tour au marché où je trouve de l’aillet (qui me rappelle le marché de Toulouse au printemps!) et chez Neige, pour du blanc de Meudon, 500g dans un petit sac, et un pinceau assez large.
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20190320_130044Dilution crème un peu liquide, pour faire des bulles reliées, et déjeuner en attendant que ça sèche;

 

refaire l’accrochage dans le local pour samedi,et poursuivre le fichier in design.
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Puis gratter le blanc de Meudon avec quoi ?

Casser une lame de rasoir en petit et moyen bout, mais c’est pas évident pour bien tout enlever le blanc sur le verre,
il faut appuyer et ça fait mal aux doigts !

 

DSC03015— Juste le temps de finir la 1ère vitrine, avant le Rdv à l’imprimerie Maugein à 15h15 avec Gaëlle, qui doit chercher des épreuves, à relire pour éviter les fautes. Je voudrais un devis pour un petit livre à imprimer…
Je demande à Gaëlle quelques phrases de carte, ainsi qu’à Dominique qui ne veut pas jouer. Dans la bagnole, Gaëlle me fait quelques propositions que je note, Allez hop !
Pour la 4ème feuille A3, ce sera Manée 2 / Gaëlle, Serge (et moi pour compléter)

— Retour au lien lieu, et direction droguerie Neige, pour améliorer le système, trouver un instrument plus approprié (une spatule en silicone ou caoutchouc, que je peux découper à la taille qui me convient ?)

Fanchette (j’apprendrais son nom par Manée, samedi) prend le temps de réfléchir avec moi et de chercher partout ce qui pourrait convenir… rien a priori… finalement, j’opte pour une pince à cornichon, qui pourrait me faire un (deux) stylo-en-bois si je la taille bien plate au cutter… mais ça ne marche pas très bien…
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Alors je m’arrête là, c’est aussi bien comme ça!
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DSC02959et les ombres sont avec nous..!

Pendant que je poursuis mon petit travail de mise en page, et qu’il se fait tard, Cyprien entre. Fan de graphisme et de slam (dans une vie précédente), il est journaliste à la Montagne et passionné par les réseaux sociaux. Il voudrait bien faire quelque chose sur le Lien/lieu, mais il faudrait une actualité… Comme Serge, il prend des notes à toute blinde avec une écriture d’un graphisme qui vaut le détour.
Comme je lui parle des ateliers d’écriture au lycée agricole le lendemain matin, il déclare vouloir venir… mais finalement ne viendra pas.
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20190320_192655 (1)Serge nous rejoint, il fait nuit, et après un moment de papotage sur leurs métiers (pas tout à fait le même ou avec la même approche me semble-t-il, ni le même avenir envisagé, mais Cyprien a 40 ans et a vécu auparavant dans des grandes villes dont il apprécie le speed et l’anonymat) Cyprien nous laisse, pour qu’on trie ensemble ses phrases (positives ou négatives, c’est pas toujours évident d’en décider !!)

Il me faut aussi un titre, et celui qu’il me propose par sms 2 mn après être parti trouve immédiatement un support d’écriture !
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Je croise Sylvie juste avant de fermer le Lien/Lieu, qui viendra samedi, et apprécie la nouvelle vitrine dans la nuit.
En rentrant, je dois finir ma mise en page pour imprimer demain, et penser aux ateliers du lendemain, au lycée agricole… avant de dormir, j’suis KO !

• Jeudi
réveil 6h1/4 pour avoir le temps de préparer les ateliers après le petit déjeuner pour mieux me réveiller!
Rendez-vous à 7h35-40 en bas ma porte (de l’avantage d’habiter sur une des avenues circulaires !) avec Nathalie, super prof de français, et mon petit sac plein de bouquins de poésie sur lesquels m’appuyer…
Les bagnoles qui couchent dehors sont pleine de givre. Nathalie est malade, fièvre et toux, mais assure quand même ses cours.
20190321_10370320190321_103709  L’architecture du lycée agricole de Naves, béton banché et briques, espaces de circulation, bassin (transformé depuis..) me fait penser à une autre expérience printanière il y a quelques années à la fac de Constantine (Oscar Niemeyer).
Visiblement, les profs apprécient peu cette architecture, avec un bâtiment très sonore.
20190321_10401620190321_104031 – 8-9h 2nde générale
lectures et blabla – faites un portrait de vous, en mélangeant une description physique, psychologique, et inventée
– 9-10h 2nde pro ½ (services)
lecture et blabla, — quand j’étais petit(e), je croyais que…
– pause à la cantine avec tous les profs et personnels, l’occasion de parler un peu plus avec Nathalie. Quelle chance pour eux d’avoir une prof comme elle, qui leur fait découvrir l’opéra, pour qui la culture est une ouverture et pas un vain mot, exigeante et attentive!!
– 11- 12h 2nde pro ½
lectures, blabla, — listes de choses que vous aimez, qui vous touchent, objets et moments que vous trouvez beaux, essayez d’analyser pourquoi — et d’autres, que vous voudriez qu’ils n’existent pas
Dans cette dernière classe, personne ne veut lire, il faut les supplier, timides ou coincés.

Des élèves m’ont laissé leurs feuilles (avec des fautes terribles), mais si ça marche dans la totalité d’une classe, ça me semble assez difficile de faire de ces extraits quelque chose d’immédiatement exposable.

DSC02999— En rentrant, une douche, un déjeuner reconstituant, terminer les derniers fichiers avec le(s) titre(s), les prénoms des auteurs, et le mode d’emploi fait sur un coin de table (avec une faute qui tue !)

— 14h à PEC, imprimer les cartes !
(& les cartes postales sont arrivées !)20190323_102714
avec l’aide de David et de la super imprimante..!
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Dominique se met à la cisaille-massicot et nous coupons tout à la chaine avec méthode, et un petit tour en bagnole pour apporter les caisses de cartes au Lien/lieu à 17h !
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20190321_181336— Tout étaler sur la table, et commencer à faire des paquets…

Un message à/de Christine qui ne laisse passer aucune faute… ! Damned, va falloir corriger au feutre ou réimprimer en partie car il ne nous reste que 3 feuilles!
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20190321_202734C’est l’usine…
Serge, qui voit de la lumière, passe me faire un petit coucou d’encouragements.

Comme j’y suis encore tard, 2 jeunes femmes entrent, bien contentes.
Je rencontre Clémence, une copine de Gaëlle, dans un beau manteau rouge, qui viendra lundi ! Elle a affiché chez elle le poster géant La poésie c’est pas du luxe de la feuille centrale du journal de PEC! Elles repartent avec des cartes postales qu’elles tiennent précieusement…

A 21h15, je pars même si j’ai pas fini, j’en ai marre !
Une grosse pleine lune est bien visible sur le pont de la Barrière & je suis autant affamée que crevée !

• Vendredi
Matinée qui démarre tranquille (heureusement que les ateliers avec le Secours populaire ont été reportés, car sinon, impossible de préparer tout ça!), rdv au Lieu/lien à 11h ; Agnès, à qui j’ai demandé de l’aide, m’attend devant le local alors qu’elle a la clé, « mais c’est chez toi ! »
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Nous discutons comment relier les petits paquets de cartes…
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20190322_123548Je charge Agnès d’aller acheter (en bagnole, plus de mercerie en ville..) de l’élastique assez large et de couleurs, tant qu’à faire.
Noir, marine, rouge, rose fuchsia façon jarretière, et blanc lingerie…
Après le pique-nique, elle va chercher sa machine à coudre, qui lui donne du mal pour la couture des élastiques… (N’achetez jamais une machine à coudre à Lidl, même si vous la destinez à faire des ourlets de base !)
Pendant ce temps, je finis  l’assemblage des cartes. Dernier paquet, il y eu une erreur sur 3 cartes qui se suivent certainement en double dans un des paquets…
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C’est pas grave, ce sera celui qui nous servira pour l’affichage! 20190322_123752
puis assemblage avec l’élastique et réparation des erreurs…

Comment présenter le jeu de cartes pour demain ?
Après des essais, collées ou épinglées sur le mur, le plus simple serait de les accrocher sur un fil (horizontal, vertical?)

Suspendues à une ficelle avec des pinces à Linge…
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Nouveau petit tour chez Neige (pinces à linge, punaises entamées, clous de tapissier) et à la librairie Préférences, pour chercher les livres pour la lecture de demain et la fin de notre commande. Papote, avec la libraire, sur Marseille, où elle a été, enchantée, en janvier.
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DSC02988Je couds à la main l’élastique chichi rose pendant qu’Agnès s’arrache les cheveux à la machine ;
Stop, je la libère, déjà toutes ces heures passées ici alors qu’il fait si beau et doux dehors !

Installation des nouveaux meubles apportés par David, avec les 3 tables et les caisses de bouffe et vaisselle.
Trouver la place du présentoir.
Capture d’écran 2019-03-26 à 16.39.51Sylvie vient m’apporter sa machine à coudre (Singer, mais je ne peux pas résister à cette image que j’ai en magasin!), dans une petite housse brodée qu’elle lui a confectionnée… et je couds les élastiques qui restent sans aucun problème…
Il est déjà encore 19h30, il fait nuit, Serge passe dire bye bye, alors qu’il s’en va après une grande période de boulot pour 4 jours de repos, et prendre son jeu de carte ; je ferme le Lien/lieu, et on va boire un coup pour se détendre et récompenser de cette semaine de boulot ; lui comme moi baillons comme des fatigués…
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Il faut aussi penser à envoyer un message à Gaëlle,afin d’imprimer pour demain le texte que Louise a envoyé, et que nous lirons à sa place, car elle ne peut être là.

Même pas le courage de lire avant de dormir !

• samedi
Printemps des poètes !
Mettre
les collants avec des mots, tant qu’à faire !
Il fait beau, c’est top!Capture d’écran 2019-03-26 à 18.18.22
IMG_4889Rdv à 11h avec Iris, Gaëlle, pour la bouffe, installer les tables dehors, faire un espace sympa devant la vitrine, couper les nappes en papier pour que les tables soient plus jolies…
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A 11h1/2 rdv pour préparer les lectures avec Hélène, Agnès et Emmanuelle ; quels textes, quel ordre, nous sommes 4, + ceux qui veulent, 2 sessions de 20 mn…IMG_4895
Manée, qui vient de Paris où elle était au festival de cinéma du réel, arrive à l’heure, son train n’est pas en retard!
et elle nous fait un petit reportage !
IMG_4886IMG_4897La maman d’Emmanuelle est venue, et alors que nous discutons, m’apprend qu’elle vient d’écrire à Enrico Macias à propos de l’Algérie, où habitaient ses parents avant la guerre de libération. Mais ne lui a pas (encore ?) envoyé.
J’aimerais bien être petite souris et lire cette lettre!!
1ère session de lecture, nous sommes côtés vitrines, « protégées » par les bulles !
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Lecture Emmanuelle

Hélène lit ses textes et le long et beau texte de Louise.

 

 

 

C’est le moment de l’apéro-buffet!
Dedans, des choses à regarder, à lire, à voir, à l’extérieur, des bonnes choses à boire et à manger.
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Patrick, photographe, qui est passé me faire un petit bonjour un soir avant d’aller au yoga au bout de la rue,  a choisi sa bouteille de vin comme moi mes collants, et m’envoie un beau message.
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Nous ne sommes une petite vingtaine, l’ambiance est sympa, quelques « nouveaux » visages, il fait beau et doux, tout va bien!
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Je rencontre Odile, et nous échangeons nos numéros pour un projet avec le secours catholique, cette fois.
A 13h30, 2nde session de lecture.
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IMG_4912La lecture de Sampler fait un peu rigoler, et surtout, j’entends la réaction de Manée quand je dis « je déteste la campagne » !! Et sur ce petit bout de vidéo, on voit Raphaëlle, la jolie fermière qui a un troupeau bio de vaches de différentes races
Sampler
et qui repartira avec un panier à belles salades!
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Notre jeu de cartes a du succès, c’était chouette de le finir pour cette occasion! IMG_4885

 

A 16h, tout est rangé, plié, vitrine de gauche effacée-propre, un thé vert au goût d’herbe printanière avec Manée et Iris dans son jardin calme.
17h, refaire la vitrine, pas laisser tout vide !
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Utiliser le stock de carton en réserve pour y écrire les nouvelles phrases, tirées en partie du jeu de cartes.
20190323_18401520190323_184030Puis penser un peu à l’atelier d’écriture de lundi… avant de rentrer à 19h, un peu bluesy d’un samedi soir de printemps si doux..
Envoyer un petit mot à Jean-Pierre, pour un peut-être projet ensemble au secours pop, et puis, lui proposer de dessiner au blanc de Meudon dans notre vitrine ! (et les phrases à lécher…)

• dimanche
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La gare de Tulle version Christo… Attendre au soleil la visite d’Iris qui m’apporte du bon thé et sa bonté.
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5h de train direction Paris…. En profiter pour mettre à jour le texte du blog, et…
préparer l’atelier d’écriture du lendemain pour la suite!!
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Avec le chant de la fauvette à tête noire..! Capture d’écran 2019-03-23 à 10.44.40


l’atelier d’écriture du lundi – n°4

19 mars 2019

20190318_114624En arrivant au Lien/Lieu avant l’atelier d’écriture, sous la table, une petite plume… Je me dis que c’est normal, aujourd’hui..!

Comme je met les 2 grandes affiches dans la vitrines, un monsieur s’arrête et regarde, regarde les sacs…
Alors je sors et l’invite à nous rejoindre dans 1/2h pour l’atelier d’écriture, c’est OK, il vient..!

Agnès arrive un peu en avance, et me montre le livre qu’elle lit et qui l’enchante (dont elle avait entendu parlé à la radio) :
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Je lui montre A la ligne, de Joseph Ponthus, dont Abdou a entendu parlé à la radio, se souvenant que l’auteur vivait en Bretagne, où il a habité.
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Aujourd’hui, atelier d’écriture avec Agnès, Hélène, Emmanuelle, David, et Abdou, donc, qui a rejoint notre groupe.

Des cartes-outils tout terrain à partir des Stratégies obliques de Brian Eno.
Après le travail avec les étudiants en design graphique, essayons avec notre atelier! D’autant que Sophie m’a envoyé un petit message et une photo ce matin, c’était un appel !
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0 — lire la page piochée sur internet et voir les exemples en pdf pour mieux comprendre :
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Exemples traduits de quelques cartes issues des Stratégies obliques :
– Equilibre les principes de consistance et d’inconsistance
– Essaie d’énoncer le problème aussi clairement que possible
– Est-ce fini ?
– Examine avec attention les détails les plus embarrassants et amplifie-les Existe-t-il des sections ?
– Fais confiance à ton moi présent
– Fais quelque chose d’ennuyeux
– Fais un acte soudain, destructif et imprévisible, incorpore
– Fais une liste exhaustive de tout ce que tu pourrais faire et fais la dernière chose qui s’y trouve
– Faut-il changer les mots?
– Gradations infinitésimales
– Honore ton erreur comme une intention cachée
– Humanise quelque chose dénué d’erreur
– Il ne s’agit pas de construire un mur, mais de faire une brique Imagine ce que tu fais comme une série d’événements sans rapport les uns avec les autres
– Imagine une chenille en mouvement
– Intentions – noblesse ? – humilité ? – crédibilité ?
– Jouissance idiote
– L’eau
– L’intonation est-elle correcte ?
– La chose la plus importante est la chose la plus aisément oubliée
– La répétition est une forme de changement
– Le principe d’inconsistance
– Les bords – fais-en lentement le tour
….
—————————————————————————————————————————————
Puis au boulot!

1 — plier une feuille A4 de façon à la découper en 8 morceaux, 4 feuilles A4 pour 32 « cartes »
20190318_1225182 — écrire 32  maximes (1 par carte), phrases, propositions, principe basique, instructions…… positives pour votre avenir, votre conduite de vie, pour vous aider à écrire, pour la création…
écrire ce qui vous vient, éviter l’auto-censure, ne pas y passer des plombes
3 — retourner les cartes
écrire 32 choses, propositions, idées… à ne pas faire, penser… pour mener à bien un projet, sa vie, la création…
(faire une petit signe sur les cartes pour distinguer un côté de l’autre)

4 — tirer une carte au hasard et écrire un petit texte à partir de cette carte

5 — en choisir 8 positives et 8 négatives pour faire un jeu de cartes commun

Hélène doit partir à 13h30 à cause de Grisou, à qui le véto doit faire une prise de sang. Nous suggérons un jour un atelier avec Grisou, qui est vraiment très gentil dit-elle, que l’on devrait décrire..?

6 — prendre une carte à chacun autour de la table, et écrire un texte à partir de cet ensemble

Abdou :20190318_133304


Emmanuelle :
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David :
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Agnès :
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Bon, allez, je mets ça en ligne, même si c’est pas tout à fait fini….


AGENDA

18 mars 2019

Avant cette semaine à Tulle, il y a eu un peu de préparation :

AGENDA
• Les ateliers d’écriture prévus avec le secours pop ne pourront pas démarrer cette semaine, lundi et vendredi matin, ils sont encore trop désorganisés après leur déménagement et la fin des travaux du nouveau local. Tant pis, pas la peine de tous se stresser en plus, nous rattraperons le temps par la suite !

• D’autant que l’atelier d’écriture du lundi est à midi. Penser à cette session n° 4, et comment nous organiser pour lire des textes le samedi 23 pour le printemps des poètes.

Capture d’écran 2019-03-14 à 18.41.44• Organiser un rdv avec David-artothèque et Sylviane-resto du cœur pour un projet qui pourrait s’intituler « l’art c’est pas pour nous » : se rencontrer devant-autour de quelques œuvres de l’artothèque pour une présentation-visite guidée-explications-commentaires-impressions partagées et même un petit atelier, pourquoi pas…?

Capture d’écran 2019-03-14 à 18.38.08• Samedi 23, fêtons le printemps des poètes :
– penser à l’avance à la commande de livres de bibi pour la librairie, et la nôtre avec des TQ auprès de la ville brûle
– faire imprimer 2 affiches pour l’occasion, 4 cartes postales en 200 ex avec 1 autocollant à 500 ex offert
– penser à prendre mes livres gribouillés avec les lectures préparées

• Demander à Manée de commander aussi des livres pour le Lien/lieu et les ateliers d’écritureIMG_4714
dont le gros Brautigan, dont je lui avais parlé l’année dernière, elle l’a acheté (comme ça fait plaisir la curiosité et le partage !) et nous le prête ; je voudrais m’en servir cette semaine pour rencontrer les élèves du lycée agricole

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• S’occuper de trouver un éditeur pour rééditer Quand on naît dans les choux, que ce livre continue d’exister.
Le Tripode avec son appli à développer est surbooké, c’est le cas de dire, alors qui ?
Penser à Gilles et Céline, par qui toute mon aventure Toulousaine a débuté. Poursuivre à la mode criquette avec un (vrai) petit éditeur, Un thé chez les fous. Croire à la circulation parallèle, s’entre-aimer et s’entre-aider. Penser au projet « politique » du départ des petits livres tamponnés, et abrités chez un éditeur avec connivence. Garder la simplicité et rapidité de production. Retrouver cette énergie de base.

• Rdv à prendre avec Dominique pour aller voir la forêt du souvenir, pour penser à la prochaine et nouvelle commémoration du 9 juin 44, 75 ans après, alors que le dernier survivant de la tuerie et revenant de déportation, Jean Viacroze, vient de mourir à 104 ans, inquiet du « renouveau » du fascisme…
L’année dernière est le départ d’un souvenir « vivant » :
Capture d’écran 2019-03-18 à 09.30.17« Cette forêt composée de soixante-quinze chênes américains a été plantée près des jardins ouvriers de Bourbacoup. Elle en comportait à l’origine 99 en souvenir des 99 pendus de Tulle. « Cette forêt était un peu oubliée alors qu’elle est symbolique. Même les membres actuels de l’association ne connaissaient pas ce lieu. Il a été redécouvert un peu par hasard. Nous avons voulu, cette année, organiser une cérémonie, faire revivre ce lieu », a expliqué Dominique Albaret de l’association Peuple et culture. Le vendredi 8 juin 2018, des photographies des pendus et déportés ont été collées sur les troncs des arbres pour que les enfants des écoles mais aussi les familles puissent mettre un visage sur un nom, se souvenir des martyrs. Alors que les invités allaient d’arbre en arbre, dans un cheminement mémoriel poignant, un musicien, Jean-Yves Depecker, a interprété, avec sa guitare, la partition musicale créée en 2014 pour le 60e anniversaire de la tragédie de juin 1944. »


VALISE
, météo de la semaine prochaine, pas de pluie, les lunettes de soleil…bon timing de présence !!
Capture d’écran 2019-03-15 à 08.29.31en vrai, le lundi, c’est moins bien…
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Mais Manée a pensé à tout….
« Je t’ai laissé un peu de soleil au lieu/ lien au cas où il viendrait à manquer, ce qui serait étonnant mais on ne sait jamais… »
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VOYAGE, profiter du train pour lire, finir A la ligne, de Joseph Ponthus.
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PARIS.
— Les courses :
• Au BHV, rayon électricité, où on trouve encore des ampoules à baïonnettes…et des belles, même en Led
• A Daumesnil, chez Mahlia Kent, l’adresse de Violaine pour des coupons de tissus extraordinaires, très petits bouts ou plus grands à 4€ le mètre, comme celui incroyable qu’elle m’a montré, en raphia rose digne d’une princesse polynésienne.
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(et ensuite retrouver le temps et la joie de coudre et de se faire des habits-sur-mesure)
• en sortant, presque traverser la rue pour aller à la librairie de la Sirène, même si je m’étais jurée de pas aller chez Gibert pour rajouter des livres dans ma valise trop lourde et bibliothèque trop pleine…
20190318_195354Le libraire écoute sur internet un entretien avec un intellectuel algérien ; télescopage d’entendre parler arabe dans cette librairie très française.
Après Dotremont à Arles le we dernier, je ne résiste pas à un très beau livre de Karel Appel qui mêle dessins et poésie…
20190318_195327Les amours-intérets de jeunesse reviennent avec Cobra, on dirait…je prends l’excuse des ateliers d’écriture pour m’y re-interesser, mais je ne sais pas ce qui se mijote pour mon propre travail, avec d’autres sortes de livres et de boulot… 20190318_195427 20190318_195709 20190318_195714
— les expos :
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• aller à la MEP voir cette Coco Capitan hyper branchée, qui mêle les textes à la photo…
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Un mélange de Ben et de post moderniste avec carrière et communication bien gérées
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• Retrouver Corinne et Bruno au musée du quai Branly, pour aller enfin voir (avant la fin) l’expo de vannerie japonaise, 20190316_175934 (1)en pensant à Christine (je voulais lui offrir et envoyer le catalogue mais il coutait un prix scandaleux pour amateurs éclairés friqués de 60 €, pas très démocratique, je ne sais pas si on trouve plus tard les catalogues de Branly soldés… ?!!)

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PPPQ 154 samedi 16 : Quai Branly passer d’un continent à l’autre avec ses ami.e.s, de la vannerie, des masques, des tissus, des ornements, des fétiches, des totems, des tambours, le siège en pierre d’un chaman, ethnologie-art-colonialisme mêlés, plein les mirettes avec les esprits,
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Depuis mai 2018, deux étonnantes silhouettes surplombent la zone du Plateau des collections dédiée aux collections d’Afrique du nord et du Proche Orient. Deux robes d’une dimension inédite – trois mètres de hauteur et des manches de 2,5 mètres d’envergure, datant des années 1940 et provenant de la région d’As-Salt en Jordanie, y sont pour la première fois présentées.
Puis en sortant dans la nuit traverser direct le pont pour dîner dehors (avec chauffage) dans un routier chic derrière les musées d’art moderne et contemporain, de la bonne vieille cuisine française sur la nappe rouge et blanche à carreau comme si l’on était encore en voyage…

Pas le temps d’aller à Beaubourg voir l’expo La fabrique du vivant  dont Manée m’a parlée et envoyé des photos de sculptures d’Erika Verzutti, artiste brésilienne :
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TRAIN du dimanche midi, après une giboulée de mars (quel joli nom !)
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— Sur mon billet, j’ai la place n°7, qui n’existe pas… Il faut regarder le tableau d’équivalence, à la porte du wagon…N° 7 = 25 …
et la personne qui a la place marquée 25 sur son billet doit aller à la place X…
La valse des places, où chaque numéro correspond à un autre !
Du coup, tout le monde se parle pour voyager ensemble.
Pas mal comme système!!
20190317_183709Toujours «étonnée par le paysage par la fenêtre, dont je ne suis pas du tout familière, même si j’en « reconnais » des bouts et des gares lorsque j’étais étudiante à Bourges, faits en train ou en bagnole (l’usine de sucre de betterave, les abords d’Orléans, traversées des forêt bien alignée)…
Un arc en ciel avant Brive, et profiter de poireauter une heure au bar de la gare pour avancer le blog…

— arrivée à Tulle, dans la boîte à clés du Rbnb, les affaires locatives fonctionnent à plein!!
Tulle, une destination prisée!


revenez quand vous voulez

15 mars 2019

Lundi soir, j’étais occupée à faire une conférence « ma vie-mon œuvre » devant 70 étudiants (et une petite dizaine de profs) en design graphique de l’école St Joseph les maristes, à Marseille. C’est un peu impressionnant. Ça m’a rappelé mon intervention aux rencontres de Lure, cet été. Sauf que cette fois j’avais aussi amené des livres d’artiste, pour qu’ils voient « en vrai ».
Une élève lumineuse connaissait déjà mes livres par Fotokino (et travaille régulièrement avec Noémie Privat, chez Altiplano) et m’a raconté avoir lu « Papa part… » à ses parents pendant un voyage en bagnole, et que ça ne rendait pas très heureux..!
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Sophie Guin-Montaner , prof qui m’a invitée et qui est photographe, a ressorti 2 livres de sa collection, qui dataient du Cargo, rue Montgrand… & pour leurs fabrication, des années 90..! La circulation de mes livres et les « rencontres » humaines que cela provoque m’en bouche toujours un coin!
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En expliquant mon boulot et comment je procédais, je me suis rappelée la nouvelle idée qui a germé récemment avec la fatigue :
cesser de se compliquer la vie et de s’en rajouter ! Travailler avec plus de légèreté…
& en rentrant j’étais complètement KO, je me suis couchée comme une vieille poule à 21h30, avec l’idée que le lendemain j’aurais le cerveau neuf et les idées claires!

mardi workshop avec les 1ère année de BTS design graphique.
& les dernière année, car le BTS n’existe plus, remplacé à la rentrée 2019 par un diplôme unique, le Diplôme National des Métiers dʼArt et du Design (DN MADE).
J’avais préparé 26 grands cahiers avec plein de papiers et formats différents. Ils étaient tout contents et touchés que je leur fasse ce cadeau (je me suis dit que l’école privée ne devait pas leur offrir grand chose!) et trouvaient la couverture très belle (alors que je me disais qu’ils feraient la gueule en voyant ces papiers « ringards »!)

1ère opération, se faire chacun 32 cartes, pour s’inspirer des Stratégies obliques de Brian Eno!
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Sur chacune des cartes, une maxime, une proposition pour votre avenir, conduite de vie, création…
Au dos, en négatif, des choses à ne pas faire, à éviter…
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Puis, on attaque les cahiers, en tirant une carte pour chaque page, qui nous inspirera…
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certaine page me parle immédiatement..!
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A 13h, à la pause déjeuner, il faudrait être arrivé au milieu du cahier, où on s’arrête. Au boulot!
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Je suis étonnée de cette méthode utilisée par plusieurs étudiants : recopier des typos prises en direct sur un site de téléchargement de typos…
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13h, pause déjeuner, tout le monde referme son cahier précieux…
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20190315_102850_resizedNous allons déjeuner au soleil, avec Sophie, Stéphanie Cavaglia avec qui j’ai bossé ce matin et qui a un beau site (#) , Corinne, & Yves Gerbal, Mr Haïku et prof de culture générale, qui m’offre 3 livres pour me montrer son travail et qui cherche d’autres façons de travailler. Je lui suggère de publier sur instagram… ce qui fera beaucoup rire Christine quand je lui raconterai ça le lendemain, vu que c’est quelque chose que je devais faire depuis un certain nombres de mois, et toujours rien…!!

20190312_142518 A 14h, reprise!

On échange les cahiers au hasard, ainsi que les jeux de cartes (à une autre personne que le cahier).

Continuer selon le même principe que ce matin, en poursuivant le travail précédent dans le livre-cahier…
Départ au milieu, 2ème partie!

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Donner un titre en 4ème de couv à son cahier, de même que son 1er créateur lui a donné un titre ce matin
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17h30, on met tous les cahiers sur une grande table pour tous les regarder, et faire un bilan de cette expérience.
Ça a marché..! Les étudiants sont ravis, des cahiers (finis et de l’objet à remplir), du timing, de l’expérience, d’avoir échangé les cahiers (on craignait que ce soit compliqué), d’avoir fait attention au travail de l’autre, de cette bienveillance les uns envers les autres, de cet espace de liberté, de s’être exprimé plus personnellement, d’avoir inventé des choses auxquelles ils ne pensaient pas…
Spontanément, on me dit « Revenez quand vous voulez!!! » avec même des applaudissements !
Voilà un beau cadeau-déclaration qui ébranle un peu Sophie (c’est plus ingrat d’être là tous les jours avec le programme!)
N’empêche que ça me rassure, et que ça me fait plaisir, d’avoir réussi cette transmission qui me tient à cœur.
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atelier d’écriture du lundi – n°3

14 mars 2019

DSC02937Lundi midi, au Lieu/Lien, l’atelier d’écriture.
Manée m’avait prévenu la veille,  alors qu’elle était en compagnie d’un pigeon voyageur, que les troupes seraient réduites…

Très réduite, puisque Agnès était seule!

 
La double question du jour à expérimenter :
est-il plus difficile d’écrire sur quelque chose qui nous rend heureux que sur ce qui nous blesse ?
est-il plus facile d’inventer en piochant des éléments dans notre vie personnelle ?

Avec 2 livres :
C’est l’histoire d’un type de Pierre Tilman (L’évidence)
Tilman 0 couvTilman 1
Dans ma tête de Nadine Agostini (Dernier Télégramme) + 2 notes de lecture
Agostini 1
Après avoir lu les documents, au boulot !
En utilisant les mêmes « stratagèmes » d’écriture
• énumération
• anaphore
• répétition qui vrille et se transforme
• dérapage contrôlé ou non de la structure ou/et des idées
• imagination ancrée dans la réalité
• références servant de trampoline aux idées
• ….

1 — Quand j’étais petit(e), je croyais que….
Mêler des (vos) souvenirs d’enfance et des (vos) observations d’adulte (sur votre enfance ou des (vos) enfants)
Dans l’idéal, une centaine de propositions… allez, au moins 50…

potionVoici le mail d’Agnès :
« Bon et bien voilà, aujourd’hui c’était la journée des contraintes et des imprévus. ça arrive.
Et du coup, j’étais seule à l’atelier.
Je ne vais pas me plaindre, ça veut que j’avais la chance d’être libre comme l’air.
Manée a dit qu’on se rattaperait au prochain atelier.
Elle m’avait prévenue qu’il n’y aurait peut être « pas grand monde », alors j’avais préparé un breuvage réconfortant 😉
Et puis je n’étais pas vraiment seule, il y avait derrière les baies vitrées tes petits sentinelles de mots et de papier qui veillaient !
Pour le premier atelier, j’ai eu un peu de mal à écrire « devant » les autres, et aujoud’hui en fait, j’ai eu un peu de mal à écrire sans les autres.
Mais les sujets étaient vraiment supers, alors je me suis bien amusée.
Je n’ai pas « osé » faire d’enregistrement/lecture toute seule par contre. »

Quand j’étais petite je croyais :
Qu’il y avait des monstres cachés sous mon lit la nuit. Mais ça tout le monde le sait. Même les parents. Ils nous disent juste le contraire pour qu’on les laisse dormir tranquilles.
Que les martiens allaient bientôt arriver sur terre, mais qu’ils ne ressembleraient surement pas à E.T.
Que les têtards ne pouvaient pas devenir des grenouilles puisque, soyons sérieux, ils n’ont pas de patte.
Qu’on n’avait pas le droit de manger avec les doigts. Même si c’était tellement meilleur.
Que les hirondelles annonçaient le printemps.
Que je serais maîtresse d’école quand je serais grande. Ou archéologue, ou chanteuse, ou danseuse étoile, ou chercheuse, ou avocate, ou le commissaire Maigret. Mais en fille.
Que je serais grande quand je serais grande.
Que j’épouserais un prince charmant.
Qu’on pouvait être immortel. Parfois.
Que la mort de toute façon, ça n’arrivait qu’aux gens vieux. Très, très vieux.
Que l’océan pouvait m’emporter en me tirant par les chevilles. Alors j’enfonçais profond mes pieds dans le sable.
Que la foudre arrivait parfois à mobylette. Si, parfaitement ! Ca arrivait quand le beuglement du tonnerre coïncidait précisément avec celui d’un 103 SP traficoté qui passait dans la rue au même moment.
Que ce n’était pas possible de faire rentrer quatre chevaux sous un capot de voiture. Tout comme un éléphant dans un frigo (les traces de pas dans le beurre, c’est surement bien quelqu’un, mais pas lui !)
Que les serpents déposaient leur venin sur une pierre avant d’aller dans l’eau. Même que dans une exposition, j’en avais vu une, un jour, pierre à venin.
Que les filles étaient moins fortes que les garçons. Et que c’était comme ça. C’est tout !
Que les filles, ça n’avait pas le droit de jouer au football. Mais moi, je voulais y jouer quand même. C’est pour ça que j’ai insisté, jusqu’à ce que les garçons acceptent. Mais bien sur il y en avait qui n’étaient pas contents.
Qu’on pouvait changer de couleur, si on voulait, en grandissant.
Que les garçons pouvaient porter dans leur ventre des enfants. C’est juste que ça les arrangeaient que ce soit leur femme qui le fasse. Et qui reste à la maison.
Que les médecins pouvaient tout guérir. Jusqu’à ce que Pépé meurt.
Que mes parents ne vieilliraient jamais.
Que mes parents ne mouraient jamais.
Que les gens que j’aimais ne mouraient jamais.
Que les princes charmants ça existait.
Que les chats noirs portaient malheur, quand on les croisait la nuit. Enfin pas tous. Pas ceux des gentilles sorcières.
Que tout le monde était gentil.
Que le Président de la république était l’homme le plus intelligent.
Que les maîtresses d’école savaient tout. Vraiment tout.
Que les poules auraient des dents. Un jour.
Que les murs avaient des oreilles.
Que les chiens ne faisaient pas des chats. Quand même !
Qu’un jour, je pourrais tout savoir.
Que toute ma vie je continuerais à faire des cabanes dans les arbres. Où je cacherais des trésors. Et tous mes secrets. Parce que ça, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux.
Qu’un jour il n’y aurait plus de pauvres. Au 21ème siècle par exemple. Même si c’était encore un peu loin.
Qu’il y avait toujours une justice.
Que, parfois, les adultes étaient stupides.
Que tous les livres étaient écrits par des gens très savants.
Que toute ma vie je continuerais à regarder la piste aux étoiles.
Qu’un jour, bientôt, on habiterait sur la lune.
Que les arcs en ciel étaient des passages secrets vers d’autres planètes.
Que la météo marine à France Inter, c’était dans une langue étrangère.
Qu’en avril, ne te découvre pas d’un fil ; en mai, fait ce qu’il te plait.
Qu’au défilé du premier mai, il y aurait toujours plein de gens. Et c’était chouette.
Que travailler c’était toujours drôlement bien.
Que travailler c’était peut-être un peu fatiguant. Surtout quand je voyais mon père partir à 6 heures le matin, rentrer à 19h le soir. Et qu’encore après il fallait qu’il aille s’occuper du jardin. Et que du coup, on ne le voyait que pendant le souper, et qu’il ne fallait pas trop parler. Parce qu’il était un peu fatigué, mon père.
Que dans les familles tout le monde s’entend toujours bien.
Que tout le monde a une famille.
Que dans les familles, on ne se bat pas.
Que le défilé du 14 juillet, c’était la fête des militaires.
Qu’un jour, il n’y aurait plus de militaires. Sauf qu’à Tulle, ça allait faire plein d’habitants en moins, parce qu’à Tulle il y en avait plein, des militaires. Surtout les dimanches.
Qu’un jour, il n’y aurait plus de guerre.
Que c’était bête alors, de continuer à construire des armes. Même si ça donnait du travail aux gens.
Que notre voisin savait tout. Parce qu’il était chef à la manu. Quand je posais à Maman des questions auxquelles elle ne savait pas répondre, elle me disait : « va demander à Monsieur P. ». C’était lui le voisin.
Que la voisine qui ne nous répondait pas quand on lui disait bonjour, elle était méchante. Ou bien peut-être triste.
Que ça peut arriver qu’on soit heureux toute la vie.
Que les garçons ça ne naissait pas dans les choux, ni les filles dans les roses. Que quand même, il ne fallait pas nous prendre pour des imbéciles !
Que quand on voulait des enfants, ils arrivaient dans le ventre de leur mère. C’est tout. Quant à savoir comment ils ressortaient de là ?….
Que les grands-mères étaient toujours habillées en noir, avec un petit chignon gris retenu par des épingles et des peignes en cornes juste derrière l’oreille.
Qu’elles coupaient avec de l’eau le vin des grands-pères, en cachette. Mais ça c’était pour qu’ils vivent plus longtemps.
Que le vin rouge était fait avec du raisin rouge. Et le vin blanc avec du raisin blanc.
Que la fin des haricots, ça devrait arriver un peu plus souvent. Parce que y’en avait vraiment marre d’écouetter et d’écosser plusieurs mois durant.
Que la soupe à la grimace, ça devait vraiment pas être bon.
Que Papa enlevait le pyjama du lapin (avant que Maman le mette dans la casserole)
Que mon arrière grand-mère était cuisinière dans un château. Un vrai ! Et c’était quand même extraordinaire.
Que la cousine de Mémé habitait en Afrique. Mais je ne savais pas pourquoi au juste tout le monde dans la famille disait sainte Afrique ?….
Que quand Mémé disait : « vaudrait mieux élever des cochons », c’était pour de vrai.
Que « rien ne sert de courir il faut partir à point », c’était bien joli, mais qu’en vrai …..
Que la jument verte, c’était comme les éléphants roses. Fallait pas pousser.
Qu’il fallait pas pousser Mémé dans les orties.
Que la Joconde, elle avait du en faire une bien bonne.
Que le bon roi Dagobert, il n’avait pas du être si terrible que ça.
Que le gars qui avait écrit, la terre est bleu comme une orange, il devait être daltonien.
Que la chanson des roses blanches du dimanche pour toi jolie Maman était la chanson la plus triste du monde.
Que Maman arrêterait un jour de me dire : « il fait froid dehors, couvre toi bien ».
Maman, s’il te plait, n’arrête jamais.

atelier 11 mars2 — Vous êtes assis(e) à la terrasse d’un café et vous laissez votre esprit vagabonder (sans le tenir en laisse) en regardant les gens autour de vous et passer…

Faites le « portrait » des possibles de 5 ( ?) personnes « observées » (1 par 1)

Quand vous sentez que ça devient plus difficile et que votre imagination patine, passez votre feuille à quelqu’un d’autre qui vous la repassera après avoir écrit quelques lignes qui vous serviront d’appui pour continuer.

 

« A la table à côté de moi est assise une femme fière au regard triste devant une tasse de thé vide. A son cou un foulard imprimé d’oiseaux multicolores, les ailes ouvertes, au milieu de chaînes dorées. Les oiseaux ne peuvent pas s’envoler. Leurs pattes ont du se prendre dans les chaînes. Ils restent là, prisonniers. Cà doit être cela qui rend la femme si triste.
En face d’elle, lui tournant le dos, un vieil homme en chemise blanche et costume noir couleur corbeau lit un journal très sérieux. Les gros titres annoncent des guerres, des révolutions, des élections traficotées, de l’argent qui part en fumée… . Pas de photo ni de couleur, juste des lettres noires sur des pages blanches. Est-ce que l’homme, s’il avait porté une chemise à fleurs colorées, aurait eu des lectures moins sombres ?
Deux ados arrivent sur le trottoir sur sa droite. Ils parlent fort et ponctuent leurs échanges de rires joyeux. L’un est petit et frêle, l’autre grand et massif. Ils semblent si différents. Mais ces deux là partagent de ces amitiés indélébiles qui transpirent dans chacun des regards qu’ils échangent. Ils s’en sont déjà fabriqués tant, des souvenirs. Pourtant parfois, la vie s’arrête sans crier gare. Plus de fabrique à souvenir. Ne reste que la mémoire.
Sur la place ombragée qui borde la terrasse du café, deux enfants jouent. Ils caracolent, se bousculent, slaloment entre les arbres, s’accroupissent un instant pour ramasser entre les pavés de mystérieuses découvertes, rient aux éclats, se murmurent de divins secrets à l’oreille. Bientôt ils s’assoient à même le sol, dos calés à un tulipier, jambes repliées, bras serrés autours des genoux, les yeux levés vers le ciel, la bouche ouverte. Qui d’autre qu’eux peut voir ce qu’ils observent ? Surement la naissance de quelque nouveau rêve fou.
De l’autre côté de la rue, sur un banc couleur de poussière, un jeune homme aux joues creuses et mal rasées, et au regard las. A ses pieds un grand cabas qui déborde. Que transporte un jeune homme aux joues creuses et mal rasées et au regard si las dans un si grand cabas ? Des illusions, des rêves, des guerres, des souvenirs ? Ou des oiseaux multicolores retenus par les pattes à une chaine en or qui les empêche de partir ? »

3 — une famille recomposée
Décrivez les membres de votre famille en trouvant une anecdote et des détails et actions qusortent de l’ordinaire (ou pas), en quelques lignes pour chaque personnage.
Ecrire sur une feuille une 1ère description d’un personnage de votre famille
Passer la feuille à quelqu’un d’autre qui complète l’énumération familiale avec la description d’un membre de sa famille à lui (ça peut-être le « même » – grand-père, frère, etc) en essayant de respecter le style et la structure du récit de la personne précédente, passer la feuille à quelqu’un d’autres, etc

Bon, nous reprendrons cette affaire la semaine prochaine, « en vrai », et en + grand nombre, j’espère !