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écrire pour écouter les silences

13 avril 2021

Pour le Printemps des poètes, j’avais passé le samedi 20 mars à Montpellier, pour un atelier-lecture avec IPEC.
J’attendais des photos du “résultat final” avant d’en parler, mais avec le confinement, on va encore devoir attendre, alors voilà…

Départ de Marseille à l’archi aube, pour commencer à 10h l’atelier d’écriture. Les locaux sont au rez de chaussée d’un immeuble d’une petite cité; pas loin le marché couvert où Tatiana et son équipe ont rencontrés des acheteurs et marchands pour parler poésie !

Nous étions nombreux, sur 2 grandes tables, tous les âges mélangés, et ça c’était vraiment formidable

Avec ou non des problèmes d’orthographe,
on s’en fiche, l’essentiel est d’écrire,
de lire ce qu’on a écrit,
écouté par tout le monde,
de participer…

& les enfants nous ont aidé par leur enthousiasme et leur envie de lire immédiate!
& par des trouvailles fulgurantes..!


et discussions
Après différents exercices qui suivaient des lectures d’auteur.e.s contemporain.e.s (derrière le masque !)

au final, nous devions choisir ensemble 4 ou 5 phrases, qui allaient être sérigraphiées (aux beaux-arts) sur des sacs, ensuite distribués au marché.
Voici 4 pages de mon carnet avec des phrases notées vite fait au fil des lectures

et discussions.

Une maman arrivée en fin d’atelier pour la lecture nous a permis de choisir ces phrases à l’unanimité, alors que nous avions les neurones un peu fatigués à carburer depuis le matin..!

Plusieurs des phrases sélectionnées proviennent des enfants (sans démagogie de choix!)

Voici donc des photos avant de voir les sacs dans la rue remplis de victuailles ou diverses affaires.

Voir le nettoyage de l’écran après insolation, ça (me)donne envie de faire de la sérigraphie!

& cette belle phrase, qui semblait toucher la maman qui nous est venue en aide

A suivre, donc…. Les sacs auront le temps d’être secs…


affiches en ville suite

13 avril 2021

Un message de Sylvie, qui a toujours l’œil!

Cette affiche est apparue en ville ce matin, elle n’y était pas hier!

David a aussi fait le tour, pour les photographier toutes, dont la 5ème qui n’est pas dans le centre (d’après ce que j’ai compris…)



Ils ont préféré mettre la poésie à l’extérieur du centre ville, c’est dommage… ; mais ça doit être le hasard, car je doute qu’ils prennent le temps de réfléchir à la place de chacune d’elle (sur le “mauvais côté” du panneau, donc quand on passe en bagnole, on ne les voit généralement pas)
& enfin une bonne photo de celle-ci, youpi!


lectures

13 avril 2021

Je suis rentrée chez moi après longtemps “ailleurs”.
L’avantage des longs voyages en train (avec 1h45 d’attente entre correspondance…) c’est qu’on a le temps de lire, réfléchir, travailler éventuellement, regarder autour…
D’ailleurs dans la gare et la salle d’attente “relax” de Toulouse-Matabiau, c’était bondé, vu qu’il pleuvait dehors personne n’était sur l’esplanade, et vu qu’un train avait 1h30 de retard… Mais là, les consignes sanitaires… Les flics faisaient leur ronde en groupe, et par 2 fois dans la salle d’attente ont fondu sur le même type basané qui buvait son café, avec un “Bonjour messieurs dames, contrôle des papiers svp” cordial à la ronde alors que visiblement ils s’en prenaient à une personne en particulier : passeport, explications, téléphone je ne sais où pour vérifier l’autorisation d’être sur notre beau territoire…
1/4 d’h après une autre ronde, même scénario, même bonjour à la ronde pour aller droit sur le même type. Sur mon pouf jaune je m’exclame : “Vos collègues sont déjà passés y’a 1/4 d’h et ils ont déjà tout vérifié!!”
Une dame à lunettes et cheveux blancs en train de lire ne doit pas mentir, puisque les policiers ont fait demi-tour après grommellement d’excuse… Le type me remercie. Je me demande bien pourquoi ce type attirait les flics comme des mouches ; rien de particulier à mes yeux par rapport aux autres voyageurs poireautant, de toutes origines.
“Décidément, vous les attirez!!” “C’est pas mon jour…!” répond-il avec un sourire.


J’étais en train de lire Lait sauvage de Sabrina Orah Mark (une poète US, et un livre “trouvé” dans une librairie de Limoges)
Voilà un extrait envoyé à Jean-Pierre depuis Toulouse, lui qui s’intéresse aux sons. Mieux qu’une petite souris qui voit-entend tout, un escargot !

Une collection d’escargot, est-ce que Jean-Pierre y a pensé, quand il pleut à Saint-Pardoux ?

Et, dans l’éternité, autant dans les livres imprimés au plomb, on peut voir de temps à autre un blanc (qui donne une marque noire!) qui remonte, autant en offset, je n’avais jamais vu de cheveu imprimé (à Sofia, en Bulgarie). Ce cheveu bulgare m’a saisie.

Comme quoi ce n’est pas inutile d’avoir un sac trop lourd de livres quand on voyage de Tulle à Marseille, et des lectures fort différentes pour ne pas emmêler les livres lus à la suite !
Et décidément Stefano Massini (qui a écrit aussi ça) est un auteur extra!!

& puis, Joy Sorman et sa Gare du Nord m’ont fait repensé à Garamots,
texte lu à la gare Matabiau avec Simone Hérault en septembre 2017 (pour ma résidence à la Cave Poésie, à Toulouse)

L’occasion de réécouter ce petit montage fait par Arthur Daygue,
& de se dire que ce serait bien de sortir ce texte de son dossier cartonné et de le réenregistrer comme on en avait le projet tombé aux oubliettes du manque de moyen, ou le proposer à la radio… ou… en tous cas, le rendre vivant puisqu’il est bien !

Comme par hasard, Yann (Cave Po) m’a téléphoné pour me faire partager une de ses découvertes : le travail de Adriana Wallis, en lien avec le service des courriers non distribués de Libourne.
Courriers perdus faute d’un bon adressage, ou bien lancés à la boîte comme une bouteille à la mer, ou une grande oreille qui peut tout lire/entendre. Une autre façon d’envisager la boîte-à-lettre du cimetière sur la tombe de Machado.

Beaucoup de lettre destiné à des monsieur/dame Faunom à des adresses formidables, comme ci-dessous à Cesson La Querelle

Une lecture / réponses de quelques lettres, avec les employé.e.s de la poste, que je trouve émouvante :

 

En rentrant aussi, une pile de courrier,

dont ces livres d’artiste de Dominique Dureau,

qui dont écho




& puis Le camp des loges de Marc Graciano, je viens de le recevoir aussi, allez demander ce petit livre à votre libraire, il vous sera offert, et si vous ne le connaissez pas, vous découvrirez cet auteur formidable et singulier.

& puis, lisez les livres de Marc Graciano parus aux éditions Corti, avant que ceux nouveaux au Tripode ne paraissent !


affiches en ville – suite d’avril

8 avril 2021

Manée est la 1ère a avoir vu une des 5 affiches en ville en avril, tout à côté des locaux de Pec ! (je l’avais pas vue!)

En sortant de la poste!

Du coup en rentrant, je lorgnais les panneaux ; celle-ci, bien placée devant le commissariat :

entre la police et la banque

& puis celle-ci aussi sur ma route, affichée frippée, damned!

entre la banque et le parking…

Reste à trouver les 2 autres quelque part en ville….


avec David

8 avril 2021

Cette semaine, suite des cartes-alphabet en mots et images, fin, le Z


Je vous laisse deviner…

& puis, chacun choisit une œuvre de l’artothèque (retour de l’expo du centre Jacques Cartier de Brive sur les fleurs). La décrire en quelques mots, impressions, images suggérées, sujets à discussion…


avant de dessiner…


atelier du jeudi n°16 – du commencement

8 avril 2021

Atelier 16 – jeudi 8 avril 21
Aujourd’hui, nous reprenons la Genèse, avec, comme lors de l’atelier N°15, un certain nombre de traductions différentes.
Voici le début de la Genèse traduite par Frédéric Boyer (bible parue en 2001 chez Bayard, traduite par des écrivains etc., voir atelier 15))

et par André Chouraqui

puis, pléthore de versions (voir sources atelier N°15) dont vous apprécierez la subtilité des différences.


1 — Les 3 1ers jours de la création
Après avoir lu toutes les traductions différentes du début de la Genèse, faites un résumé

Clara

 

 

David

 

 

Dominique

 

 

Manée

 

 

Marie-Jo

 

 

Martine

 

 

Yvette

 

 

2 — La création du monde dure 7 jours
Pour poursuivre progressivement ce travail de création du monde, racontez du 4ème au 7ème jour ce qui se passe, en vous inspirant du style biblique

Dominique

 

 

Manée

 

 

Yvette

 

 

David

 

 

Martine

 

 

Clara

 

 

Marie-Jo

 

 

Faites une seconde version-traduction, après avoir entendu toutes les versions de vos camarades.

Manée

 

 

Marie-Jo

 

 

Yvette

 

 

David

 

Clara

 

 

Dominique

 

 

Martine

 

 

3 —
[…]
Voici le tout début (extrait du 1er chant /6 chants) de la Petite Cosmogonie portative de Raymond Queneau (in Chêne et chien, ed Gallimard) (publiée en 1950)
En vous inspirant de ce texte (que je vous invite à lire entièrement !), reprenez votre récit en 7 jours de la création du monde.

Marie-Jo

 

 

Manée

 

 

Martine

 

 

Dominique

 

 

David

 

 

Clara

 

 

En train de plancher sur la création du monde…

& puis, Raphaëlle n’a pas pu venir :

Le monde a été crée imparfaitement : les poules pondent des coquillages et les agneaux se font croquer, et ce n’est pas toujours du gâteau…


des impressions

8 avril 2021

Une semaine à Limoges. Avant l’Ensa, c’était l’occasion de passer un (trop court) moment avec Isabelle Braud. On s’est connu il y a… plus de 25 ans..!  Depuis, j’ai vu quelques unes de ses œuvres à l’artothèque et sur le net, mais une visite de l’atelier, c’est incomparable!
Avant l’atelier, retrouver la collectionneuse (qui se sert de sa collec pour travailler, et puis dans une grande maison, ya la place!)

et des pots remarquables, dont les siens au fond à droite

& puis une plante que je ne connaissais pas (comme les vases, Isabelle peint des fleurs et plantes et en a des remarquables!), une variété de Coléus

(je suis repartie avec une bouture, à suivre…)

& à l’atelier, une des dernières peintures qu’Isabelle m’ait montrée, d’après photo, accrochée de traviole (on était pressées, et je lui ai demandé de la laisser comme ça ; pourquoi est-ce qu’on ne “peut” pas accrocher une peinture de travers ?? en quoi ça empêche de bien la regarder ? pourquoi “faut”-il que ce soit centré sur un mur ?)

Une semaine aussi finalement à l’Ibis budget près de la gare (je ne sais pas si le personnel de l’école qui réserve l’hôtel va souvent à l’Ibis budget une semaine durant en temps de pandémie avec couvre feu à 19h…
Avec une petite tablette pour travailler, manger, etc. où tient à peine mon pourtant petit ordi…

De lundi à vendredi, workshop de lithographie (annoncé sérigraphie dans le planning des étudiants…, dont certains doivent être à 3 endroits à la fois..!)
Au départ le projet devait se faire à Ussel, au musée de la litho, et puis, la municipalité et la directrice ont lâché l’affaire pour je ne sais quelle raison (on n’est pas aidé!!)
Je regarde quelques tutos dans ma petite chambre le dimanche soir pour me remettre dans le bain, car la jeune technicienne n’est pas là avant mercredi après-midi, alors va falloir se démerder techniquement seule, et comme j’avais pas prévu ça, j’ai pas pris mon petit cahier technique qui date de… plus de 30 ans, lors d’un stage aux B.A. justement (qui me fut une révélation!) chez Frank Bordas.

Retrouver un atelier de litho aux B.A.(ça fait longtemps que je n’en ai pas fait), commencer par le ranger et l’aménager pour que ce soit viable en petit groupe, car vu qu’il sert peu, ça ressemble plutôt à un débarras..!
Pourtant, même si la presse est un peu fatiguée, y’a du bon matos, dont une ribambelle de gros rouleaux encreurs qui (me) font rêver (ceux en cuir sont au rebut sous la table à grainer…)!

Je vais directo à l’atelier bois pour leur demander de me faire des cales pour tenir le rouleau quand il est encré. Je me rends compte que une des choses et gestes dont j’ai gardé le plus vif souvenir et amour en litho (et imprimerie en général), c’est l’encrage! (et faire sa couleur exactement telle qu’on la souhaite).
En attendant, après une intro et présentation de quelques uns de mes livres en litho (y’a que 3 élèves au début de la matinée, les vrais motivés…), on attaque le sujet :

Donc, recherche graphique, avant de commencer les essais, expérimenter de dessiner à l’envers sur une pierre dure sans poser ses mains dessus, avec des crayons spéciaux ou de l’encre litho, si on peut obtenir des lavis, etc…


Une jeune étudiante chinoise qui dessinait une série de points un peu trop automatiques a découvert le travail de Pierrette Bloch et est revenu de la bibli avec une monographie, dont voici quelques pages :



& quelques partitions de Nicolas Frize :

& comme ce workshop est un peu improvisé me semble-t-il, il n’y a pas de mélange préparé bien dosé acide nitrique/gomme arabique pour préparer les pierres après le dessin… donc je patouille un peu et les 1ères pierres seront sans aucunes subtilités (l’épreuve révélatrice pour dégoûter ou non les étudiants… et me navrer…)

Heureusement, il fait délicieusement beau, et si nous travaillons “dans la cave”, la pause déjeuner est salutaire


A partir de mercredi, Clémentine est là pour doser correctement l’acide (elle en met un paquet sur les pierres, j’ai pas ce souvenir là, mais ça marche !)

et les bons (?) tirages peuvent commencer, avec la “vraie” pierre de travail des 11 étudiants
(en voici des extraits)


 

 

Il y a beaucoup d’étudiants chinois qui participent à ce workshop, et c’est pas toujours facile de se comprendre…

Nous laissons un tableau récapitulatif de toutes les manip pour que les étudiants soient plus autonomes…


A suivre au mois de juin, en principe…


Sana en vitrine

29 mars 2021

Nouvelle vitrine ce dimanche au Lieu/lien, avec Iris qui a fait briller les vitres pour Sana :



   
  

Affaire à suivre, dans le bon sens nous l’espérons…

& puis, au dernier atelier Français/arts plastique, toujours en poursuivant nos cartes de l’alphabet, on est arrivé à la lettre X ; pas facile de trouver une dizaine de mots commençant par X (même quand on parle parfaitement français!!)
C’était l’occasion d’apprendre un nouveau mot que personne n’avait jusqu’alors entendu :

En explication du dessin (d’un jeune garçon), le xénophobe (on dirait un nom d’animal préhistorique) pointe son pouce vers le bas, pour dire “ils sont nuls” !
(Vous me direz, dans le dictionnaire, il y a aussi “Xénophile”, mais l’avez-vous déjà entendu et employé ?)


la boîte aux lettres du cimetière

25 mars 2021

Pour le Printemps des poètes cette année à Pec à Tulle (car j’ai été à Montpellier samedi dernier, à suivre, bientôt..!!)


& justement cette semaine à la Cave Poésie à Toulouse, il y avait une lecture en LSF de petits textes de Serge Pey, dont “La boîte aux lettres du cimetière” (ed. Zulma)

C’est sur fb (pas besoin d’y avoir un compte pour regarder),
(regardez tout, c’est très beau, mais si vous êtes pressé, le texte La bàL du cimetière est autour de la minute 29)

La BàL sur la tombe de Machado, au cimetière de Collioure

& puis aussi, si d’autres lectures LSF et interview d’écrivains vous intéressent, il y a Byblos, toute une bibliothèque visuelle et sonore (en construction) accessible


atelier du jeudi n°15 – à l’est de l’eden

25 mars 2021

Atelier 15 – jeudi 25 mars 2021

Il y a peu, j’ai entendu le rabbin Delphine Horvilleur citer un passage de la bible :
“Caïn dit à Abel
il se leva et tua son frère”

On ne sait pas ce qu’il lui dit. Ou ne sut, ne put lui dire.
Il y a un fantôme dans la phrase, un manque.
Est-ce que le 1er assassinat provient d’un déficit de parole ?
Il manque le fin mot de l’histoire.
En hébreu, on utilise le même mot pour dire violence ou mutisme.

Le terme intelligence de la langue française est emprunté au latin intellĕgentĭa, lui-même dérivé du latin intellĕgō (« discerner, démêler, comprendre, remarquer ») dont le préfixe intĕr (« entre, parmi ») et le radical lĕgō (« ramasser, recueillir, choisir ») donnent le sens étymologique « choisir entre, ramasser parmi (un ensemble) ».
En hébreu, le mot intelligence c’est aussi “entre 2” ; c’est la capacité d’habiter plusieurs mondes en même temps.
La traduction, la relation entre les langues est l’intelligence en mouvement. Aller entre, vers l’in-fini. C’est la condition de toute rencontre.

Même quand on parle la même langue qu’un autre, il y a interprétation; toujours la possibilité d’un malentendu (en tant qu’il se fonde sur l’illusion de la compréhension mutuelle).
C’est même la nécessité du dialogue.
Lacan nous dit que “Le langage, avant de signifier quelque chose, signifie pour quelqu’un.”
“Le dialogue paraît en lui-même constituer une renonciation à l’agressivité.”
«Tous autant que vous êtes, qu’êtes-vous d’autre que des malentendus? Le nommé Otto Rank en a approché en parlant du traumatisme de la naissance. De traumatisme, il n’y en a pas d’autre: L’homme naît malentendu. […] Le corps ne fait apparition dans le réel que comme malentendu. Soyons ici radicaux : votre corps est le fruit d’une lignée dont une bonne part de vos malheurs tient à ce que déjà elle nageait dans le malentendu tant qu’elle pouvait. C’est ce qu’elle vous a transmis en vous “donnant la vie”, comme on dit. C’est de ça que vous héritez. Le malentendu est déjà d’avant. Pour autant que dès avant ce beau legs [la vie], vous faites partie, ou plutôt vous faites part du bafouillage de vos ascendants. Pas besoin que vous bafouilliez vous-même. Dès avant, ce qui vous soutient au titre de l’inconscient, soit du malentendu, s’enracine là».

Ce que Caïn dit à Abel permettrait de dire que “les paroles s’envolent, les écrits restent”.
Mais les paroles ne s’envolent pas toutes et certaines restent gravées en nous bien plus profondément qu’un écrit sur un support.

Le livre de traduction par excellence est la bible.
En rappelant qu’il n’y a aucune lecture hors contexte. D’où tu parles ? D’où tu lis ? Le texte + le contexte n’a jamais fini de dire. Relire, reprendre.
Débusquer les voix cachées comme autant de (sous)sub -versions du texte.

(extrait de Mon père et ma mère de Aharon Appelfeld)

Sur le site de l’Alliance biblique, on peut lire en parallèle différentes traductions
ou encore
il y a aussi la traduction d’André Chouraqui, au plus près de la langue “originale”, qui a aussi traduit le Coran :
En 2001, est paru une édition “remarquable” de la bible chez Bayard, résultat de plusieurs années de travail de traduction entre des exégètes et des écrivains contemporains (romanciers, poètes, philosophes, dramaturge).
ci-dessous, extraits de la préface :

[…] […] […]

• • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • • •
1 — Voici différentes traduction du début du ch. 4 de la Genèse :
(trad. F. Boyer / Jean L’Hour- 2010)


(Trad. A. Chouraqui- 1985)

Qu’est-ce que Caïn a dit à Abel ? (inspirez-vous de la forme biblique, même si vous utilisez la langue de 2021)

Dominique :

 

 

Clara :

 

 

Manée :

 

 

Martine :

 

 

 

2 — Caïn part à l’est d’Eden (voici différentes traductions)

Décrivez sa vie, comme dans un western

Clara :

 

 

Dominique :

 

 

Martine :

 

 

Manée :

 

 

 

3 — Voici des extraits de A l’est d’Eden, de John Steinbeck

Vous aussi, un jour dans une situation familiale ou amicale, vous êtes retrouvé devant un fort sentiment d’injustice, mal compris.e, mal aimé.e au profit de quelqu’un d’autre.
Décrivez la scène, ce que vous avez vu, pensé, compris, ressenti….

Yvette :

 

 

Dominique :

 

 

Clara :

 

 

Martine :

 

 

Manée :

 

 

 

4 — Toujours avec Steinbeck :

Timshel : TU PEUX ou TU PEUX NE PAS (Steinbeck publie A l’est d’Eden en 1952)
Résonne avec le JE PRÉFÈRERAIS NE PAS (I would prefer not to) de Bartleby de Melville (publié en volume en 1856)

Faites-moi une liste en mélangeant/mise en rapport des
JE PEUX / JE PEUX NE PAS / JE PRÉFÈRERAIS NE PAS

Dominique :


ci-git quelques pensées

18 mars 2021

A Arromanches, ci-git le corps d’une discrète personne…

Ce n’est pas comme le caisson 449 sur la plage, qui fait partie (jusqu’à quand) du paysage retrouvé lors de ce court séjour…

Mais cette fois, il y avait trop de vent glacé pour marcher agréablement à marée basse, bien que ce soit l’avant-printemps…

 

& à Bayeux les chevaliers attendent que la verdure les remplument, avec leurs casques assortis aux lampadaires, sur ce rond point particulièrement remarquable…

Vous ne verrez pas cette affiche à Tulle (il y en aura 5 autres en ville au mois d’avril)

Elle n’est pas très politiquement correcte en ces temps où justement, on peut crever sans poésie ni bouée ni air…

L’autre soir sur France Inter, Laure Adler invitait Delphine Horvilleur, et c’est une bien belle voix (et voie)

Dans le judaïsme, au cimetière, on déchire un vêtement pour bien faire comprendre à l’endeuillé qu’il pourra le recoudre mais qu’on verra toujours l’entaille.

& puis, tous les silences bibliques à interpréter… ; je pensais que ça interesserait Jean-Pierre et son travail sur le son, mais c’était pas le jour..!

regardez autour de la minute 41 pour le début de l’histoire, et autour de 1: 40 pour la suite !

& aussi, c’est l’occasion de montrer ces peintures d’un peintre suédois (mort) que je viens de découvrir par hasard (!), Hans Wigert :

La charge


Ange de bain (traduc google du titre suédois)


Début du printemps


Bain d’automne

Un autre bain, d’été (?) et heureux, celui de Karima Duchamp (qui est aussi céramiste) :

et cette œuvre de Frédérique Lucien, qui est à l’artothèque et qui m’a tapé dans l’œil :
Issu d’un travail exposé à Vassivière intitulé : Oh! Solitude des rivages incertains, extraits de relevés sur le bord mouillé d’un étang à chaque passage de vague
(sérigraphie sur Priplak)

Au bord d’un étang, ailleurs, il y a un accident qui laissera des tracés invisibles, si tout se passe bien à la réparation…

& puis, une gravure ancienne des eaux souterraines, qui circulent et circonvoluent comme les pensées…

qu’il faut parfois capturer au lasso

 


atelier d’écriture du jeudi – N° 14

11 mars 2021

Atelier 14 – jeudi 11 mars 2021
Cette année le Printemps des poètes a pour thème le DÉSIR.

Quelle profonde inquiétude, quel désir d’autre chose,
Autre chose qu’un pays, qu’un moment, qu’une vie,
Quel désir, peut-être d’autres états d’âme…

S’exclamait Fernando Pessoa sous le masque d’Álvaro de Campos.

En portugais aussi, le désir nous relie aux étoiles.
Desiderare signifie en latin « cesser de contempler les astres ».
Comme un ciel étincelant d’absences. Une aimantation vitale. Un souhait ancestral, jamais élucidé, jamais rassasié, jamais exaucé.
Entre le pur et l’impur, le désir ne cesse d’osciller. Et c’est bien pourquoi le sujet y a sa part, lui, qui ne cherche qu’à trouver la place de son désir.

Jacques-Alain Miller (psychanalyste)
Le désir ne relève pas de la nature : il tient au langage. C’est un fait de culture, ou plus exactement un effet du symbolique. Le désir n’est concevable que chez les êtres parlants. On peut l’expliquer comme ceci. Dans l’espèce humaine, le petit ne peut seul satisfaire ses besoins les plus élémentaires, il doit en passer par un Autre, majuscule, capable de les satisfaire, et pour ce faire parler son langage, lui adresser une demande. Tout découle de là. Cet appel fait de l’Autre un objet d’amour. Simultanément, la transposition du besoin en demande produit un décalage : c’est là que se loge le désir. Il court sous tout ce qui se dit, y compris dans vos rêves, sans pouvoir être dit en clair. C’est pourquoi il donne matière à interprétation.
Le désir n’est pas coordonné à un objet naturel ou social. Son objet ne se trouve pas dans la réalité commune, mais dans le fantasme individuel. Comme tel, ce n’est pas un objet dont on a besoin, et on ne peut l’obtenir par la demande. C’est plutôt un objet qui, si je puis dire, vous coupe le sifflet.
Le désir n’a pas à proprement parler d’objet. Le désir est défini – c’est une citation – comme « métonymie du manque à être ». […] C’est pourquoi Lacan avait fixé cette image du Saint Jean de Léonard, souvent commentée, le doigt levé vers toujours ailleurs.

1 —

En prenant pour point de départ le poème de René Daumal, et traitant de votre désir de…, faites-moi une liste “qui se mord la queue”…

Clara :

 

 

David :

 

 

Isabelle :

 

 

Sylvain :

 

 

Martine :

 

 

Dominique :

 

 

Marie-Jo :

 

 

Manée :
de la distance et du désir …

Je m’approche
tu me fuis
tu t’approches
je m’éloigne
tout près
trop près
trop longtemps
plus rien
mais trop loin
trop longtemps
plus rien.

 

2 —

En prenant pour modèle le poème de Yannis Ritsos, développez votre texte 1 en poème

Marie-Jo :

 

 

David :

 

 

Clara :

 

 

Martine :

 

 

Dominique :

 

 

Manée :
Désirer ou ne pas désirer

Désirer pour s’accrocher aux étoiles,
escalader l’impossible,
Ne pas désirer pour ne pas s’accrocher
ne pas s’arrimer,
Désirer pour sentir le sang battre dans
ses tempes et partout
Désirer pour embrasser le monde
et les êtres et les arbres
les pierres et les fleurs
les libellules au dessus de l’eau,
Ne pas désirer pour essayer
le goût de la mort
et du renoncement,
Désirer, désirer
tant qu’il est temps,
narguer la bonne distance…

 

3 —

à partir du poème de Florentine Rey et de la citation de Fernando Pessoa, faites un petit texte en 6 développements qui se suivent et s’enchainent

Sylvain :

 

 

Marie-Jo :

 

 

Isabelle :

 

 

David :

 

 

Dominique :

 

 

Clara :

 

 

Manée :
L’histoire a commencé
par un fracas solitaire
une odeur âpre d’enfance mouillée

Des chemins indécis
qui ramenaient toujours
aux mêmes portes

Des parcelles de seigles bleus
et des lointains fuyants

L’histoire a commencé
par des départs- retours
des allées de hêtres

Des vents qui portaient l’ailleurs
et l’absence de la mer

Des lignes Maginot
et le pas suspendu de la cigogne.

 

4 —

à partir de la présentation en haut de page, Saint Jean-Baptiste (tableau de Leonard de Vinci) vous nargue, le désir vous renvoie aux étoiles, ça vous coupe le sifflet…
& votre désir…, dans tout ça ?
En suivant le modèle du poème de Charles Juliet

Martine :

 

 

Marie-Jo :

Aimer pour répondre à mon égo insatisfait
Aimer pour verbaliser mes sentiments apprendre à les domestiquer
Aimer pour ne pas être seule
Aimer pour oublier qu’on ne m’a pas toujours aimée
Aimer pour vivre mieux dans un monde meilleur
Aimer pour remercier la vie
Aimer pour conquérir l’inattendu l’inespéré
Aimer pour vivre mes rêves
Aimer pour tuer les croyances et les liens qui nous entravent
Aimer les différences, mes peurs les planètes inconnues, mes ennemis.
Aimer pour rompre les chaines qui nous emprisonnent
Aimer pour quitter ma vie étriquée
Aimer pour me sentir aimée
Aimer pour découvrir un corps, pour le rejoindre dans l’intemporel, pour découvrir son moi intime et peut être ainsi pour construire un nous sans borne.
Aimer pour oublier que je ne m’aime pas.
Aimer pour ne pas sombrer
Aimer pour ne pas mourir.

Clara :

Croire pour briller

Croire pour se découvrir.
Croire pour se définir.
Croire pour être sincère.

Croire pour avoir confiance, en soi, en l’autre, en l’avenir.
Croire pour avoir un but.
Croire pour garder le cap.

Croire pour imaginer, parcourir, explorer sans privation.
Croire pour comprendre mieux
Et mieux écouter l’autre.
Croire pour aider.

Croire pour approcher l’espoir,
Pour accrocher la joie.
Croire pour garder dans la vie
Une forme de gratitude.

Croire pour s’autoriser l’insouciance.
Croire pour s’autoriser le doute.
Croire pour accepter la solitude et le repos.

Croire pour être toujours plus déterminée et audacieuse.
Croire pour vibrer.
Croire pour danser.
Croire pour s’émouvoir.

Croire pour s’essayer au vertige du risque.
Croire pour se donner le droit d’être autre, inconnue ou différente.
Croire pour se réinventer.
Croire pour apprendre à être égoïste.

Croire pour pardonner à la folie humaine
Et aux passions déchirantes.
Croire pour apprivoiser et pour compatir.
Croire pour pallier à l’absurdité.

Croire avec ivresse.
Croire sans raison.
Croire pour se nourrir de la rencontre
Et ne plus craindre l’abnégation.

Croire pour avancer.
Croire pour s’investir.
Croire pour soulever des questions
Et en accueillir les réponses.

Croire pour tenir face au drame.
Croire pour lutter dans la sororité.
Croire pour construire des jours meilleurs.

Croire pour secourir son corps
Comme un ami, un refuge, un phare dans l’errance.

Croire pour se sentir forte et vivante.
Croire pour briser les carcans
Qui obstruent nos en-dedans.
Croire pour être libre
Et lumineuse.

Sylvain :

Manée :
Un tas de folies
une odeur de folie
des couleurs de folies
disons peut être
deux cents à trois cents
brins de folies
des folies seule
ou à deux ou trois
ou beaucoup plus
des folies ordinaires
extraordinaires
permises
interdites
une folie particulière
des folies dangereuses
des folies superbes
deux folies jumelles
des folies connues
et d’autres pas du tout
des petites folies
et des grandes
des folies brèves
et d’autres interminables
des folies à vie…

Isabelle :
Partir sans faire de bruit
Partir pour un autre monde
Partir pour une autre planète
Partir pour ne pas souffrir de l’absence de l’autre Partir pour découvrir d’autres pays
Partir sans laisser de traces
Partir sans laisser d’adresse
Partir dans le vague à l’âme
Partir pour se chercher se retrouver
Partir à la recherche du temps perdu
Partir sans états d’âme
Partir en vélo,moto, bateau ,dos de chameau Partir……….

Dominique : Envie d’ailleurs
 Ailleurs, là où tout paraît plus beau
Ailleurs,là où tout semble possible
Ailleurs, là où on peut tout oublier
Ailleurs, là où tout reste à construire
Ailleurs, là où quelqu’un m’attend peut-être
Ailleurs, lieu de toutes les rencontres
Ailleurs pour marcher, pour contempler, ouvrir enfin les yeux,
Ailleurs pour plonger, se perdre, se retrouver
Ailleurs pour savourer et s’enivrer d’alcool,de parfums et d’ambiances
Ailleurs, pour sentir, ressentir, partager, laisser aller et venir les sentiments comme des vagues…
Les vagues du désir
Désir d’ailleurs ici.

 


Toulouse – Tulle – Le Havre

9 mars 2021

Des choses restées dans l’ordinateur faute de temps, les voilà, avec du retard !

Cette années, en février, pour la poésie affichée en ville, il y avait les affiches de Pierre Soletti, avec la Cave Poésie ; en voilà 3, il y en avait d’autres, disséminées dans Toulouse

Avec David Molteau de l’artothèque, nous avons commencé à Pec, depuis février, un atelier français/arts plastiques le mercredi après-midi, avec des participants de tous âges (un jeune garçon, des jeunes adultes, des adultes) qui sont au Secours Populaire.
Ces séances passées, nous avançons sur la constitution d’une boite à mots et à images, en procédant alphabétiquement ; chacun cherche une liste de mots, noms, verbes, puis en sélectionne 2 en expliquant pourquoi et les illustre.
Nous apprenons des mots, leur orthographe parfois compliqué, et nous rigolons bien en essayant de deviner par le dessin les mots représentés par les autres…

Par exemple, 3 mots qui commencent par B. Vous trouvez ? C’est facile !

Pour la lettre J, il y a le juge, mais aussi la J—————

 

 

 

 

 

 

et 3 représentations du J—————
 
En M, monter à la montagne…

et un dessin qui donne envie de suivre la prescription…

Nous poursuivons nos 26 lettres, avec l’aide de l’I——————————….

& puis, si vous habitez au Havre ou pas très loin, allez voir cette exposition de Dominique Dureau ! je rage d’habiter trop loin!


vague à l’âme

2 mars 2021

Coup de téléphone de Yann, pour une page du programme de la Cave Po, à Toulouse ;

allez, on adapte l’affiche en typo, que j’ai collé vendredi sur la vitrine du Lieu/lien qu’on vient de vider-quitter
(sauf la vitrine, au moins, on n’a pas tout perdu!!)

Avec leur charte Pantone (et heureusement que j’avais traité les vagues à Marseille sur l’ordi à partir de l’impression typo!), et en cherchant désespérément une typo qui ressemble à une typo bois qu’on a à l’atelier et que j’avais failli utiliser…
Version numérique, c’est bien aussi !!
(mon affichage des couleurs laisse à désirer..)

Du coup, dans l’élan :

Avant de refaire la vitrine du L/L avec Jean-Pierre Larroche, de passage:

& du coup le soir, de reprendre le fichier numérique, pour une nouvelle affiche (avec les couleurs de la Cave Po pour l’essai, on verra après à Marseille avec Christine…)

et pour dormir, une autre façon de compter les moutons…


atelier d’écriture du jeudi – N° 13

25 février 2021

Atelier 13 – jeudi 25 février

Aujourd’hui, découverte de Ghérasim Luca (Bucarest 1913- Paris 1994), poète d’origine roumaine dont la majeure partie de l’œuvre a été publiée en français, « un nom et un égarement », identité singulière, « hors la loi », poète apatride en perpétuelle transgression du langage poétique.

Il entame une profonde transformation de l’écriture poétique par des mots travaillés dans leur métamorphose incessante, « bégaiements poétiques » qui dissèquent le langage pour mieux démultiplier les sens.
Gilles Deleuze et Félix Guattari ont souligné à quel point son « bégaiement » renouvelle la poésie, en portant le langage aux limites et en taillant « dans sa langue une langue étrangère ». Une manière explosive d’affoler le langage, une « orgie de mots », qui cherche à « prendre corps » (Paralipomènes), une incessante « morphologie de la métamorphose » (titre d’un poème dans Héros-Limite).
L’utilisation des homophonies d’une façon délibérée (non plus seulement celle de la proximité sonore) apparaît à une place particulière car elle se situe comme une sorte de point ultime du travail sur la matérialité signifiante. Avec la mise en scène de ses écrits et le travail de tout le corps que représentait pour lui la lecture publique de ses écrits, la lecture orale fait savoir l’équivoque des mots, elle creuse aussi la rupture entre écrit et oral, puisque le repérage par l’auditeur de l’homophonie intentionnelle peut disparaître. Selon sa formule : « comment s’en sortir sans sortir » et « je m’oralise ».

Parallèlement, les Cubomanies, commencées dès 1945, sont une sorte de collage obtenu en découpant de manière régulière une image donnée en fragments carrés et en recollant aléatoirement les morceaux, selon une conception toute personnelle du hasard objectif. Cette pratique trouve une suite dans la confection de livres-objets, qui combinent texte, typographie, illustrations. Le texte qui accompagne cette activité plastique est construit autour des associations fantasmatiques crées ou suscitées par l’objet. Dans Un loup à travers une loupe, on assiste au passage d’associations fantasmatiques, telles que l’on pouvait les apercevoir chez Breton, à des associations sur le signifiant.
Un moment clé de cette insistance sur la matérialité sonore des mots semble bien être, chez Gherasim Luca, la lecture de Raymond Roussel, auteur prolixe en calembours et jeux de mots.

On pourra ainsi appréhender les différents modes de la poétique de Ghérasim Luca – écriture vocale et partitions graphiques, décompositions sémantiques et recompositions iconologiques, mots incarnés et formes aléatoires, défi au sens et refus de l’absurde –, et saisir en un seul lieu cette œuvre qui forme un bloc contre la rhétorique de la poésie officielle, la sclérose de la langue littéraire et la banalisation de l’image à l’ère de la « reproductivité technique » effrénée de l’œuvre d’art. Un corpus habité par un balbutiement souverain, une très haute tension amoureuse, une langue à la fois concise, drôle, légère, précise, sertie de silence.
(petite compil d’éléments glanés sur différents sites)

Nous allons aujourd’hui travailler à partir de 2 poèmes tirés de ce recueil.

Exemple le plus célèbre de ce « tangage de la langue », le poème PASSIONNEMENT (1947), avec politique, éthique et poétique d’un même souffle loin de toutes les dichotomies habituelles (lyrisme/objectivisme ou intime/public, etc.)

PASSIONNÉMENT

1 — Après la lecture à voix haute de Passionnément, écrivez un texte ayant pour thème un conflit en vous inspirant de Gherasim Luca

Clara :

 

 

David C :

 

 

Sylvain :

 

 

Isabelle :

 

 

David M :

 

 

Marie-Jo :

 

 

Yvette :

 

 

Martine :

 

 

Dominique :

 

 

 

2 — Écrivez un poème ayant pour thème un moment tendre en vous inspirant de Gherasim Luca

Martine :

 

 

David C :

 

 

Yvette :

 

 

Marie-Jo :

 

 

David M :

 

 

Isabelle :

 

 

Clara :

 

 

Dominique :

 

 

Sylvain :

 

3 — Après la lecture à voix haute de La paupière philosophale, écrivez un texte où les mots rebondissent et se métamorphosent « dans les collisions, interférences, papillottements que l’homonymie et l’homophonie produisent entre les mots » (Jankélevitch)

LA PAUPIÈRE PHILOSOPHALE

Marie-Jo :

David C :

Sylvain :

Clara :
Aux confins des décombres
une ombre feint
qu’elle succombe.
Il n’en est rien.

Seul demeure le jour
abat-lourd
poids de ficelle
ailée elle cède.

Latence d’un destin à plat.
Encaqué dans cet apparat
arpente l’émoi
Hé toi !
Hâte-toi
de t’émouvoir.

Molle larve
palabre
pâle et vital
le vide est létal.

Écrasé s’affale
au fond des fêlures
fondent les encablures
persiste l’usure.

Dominique :

& puis, pour finir :