Et sic in infinitum

22 avril 2021

J’ai découvert la semaine dernière cette gravure remarquable  :

 

Et sic in infinitum, & so on to infinity, Etc…

En 1617, le médecin, astrologue et philosophe anglais Robert Fludd a réalisé dans son opus Utriusque cosmi maioris scilicet et minoris metaphysica une image de la materia prima, qui représente un carré noir.

Immédiatement, je pense à Laurence Sterne, qui publie en 1759-1767 Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme, dont le succès est immédiat et considérable.


Si vous ne l’avez pas lu, quelle chance pour vous de le découvrir! Il est justement publié aux éditions Tristram… (sur la photo, c’est une autre édition)

En 1843, le caricaturiste français Bertall publie dans L’illustration, Journal universel, un dessin tout noir avec des points blancs, baptisé Vue de La Hougue (effet de nuit), par M. Jean-Louis Petit.
Gustave Doré a utilisé un carré noir pour illustrer l’âge sombre de l’histoire russe.
Paul Bilhaud présente en 1882 au salon des Arts incohérents un tableau entièrement noir intitulé Combat de nègres dans un tunnel.
Son ami Alphonse Allais crée en 1883 une série entière de tableaux monochromes, dont Combat de nègres dans une cave, pendant la nuit (un rectangle noir)

& puis

En 1915, Kasimir Malevitch présente à l’Exposition 0.10  à Pétrograd en décembre 1915, un ensemble de 39 œuvres qu’il appelle « suprématies », dont Quadrangle, connu sous le nom de Carré noir sur fond blanc, placé dans l’angle d’une salle d’exposition – « l’angle de Dieu » que la tradition orthodoxe réservait aux icônes, qu’il instituera plus tard en œuvre emblème du suprématisme. Il écrit « je me suis métamorphosé en zéro des formes et me suis repêché dans le tourbillon des saloperies de l’Art Académique. »
Malevitch dit qu’il a réalisé son Carré noir suprématiste dans un état de transe mystique et sous l’influence de la « conscience cosmique ».


Carré noir [1923 – 1930] Huile sur plâtre, 36,7×36,7×9,2 cm – à Beaubourg
Le voir “en vrai” est assez émouvant (aussi de par sa modeste dimension relativement à l’étendue de sa réputation et répercussion).

Vivement qu’on puisse de nouveau aller dans les musées, en plus de lire des livres remarquables..!