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QUELQUES RACCOURCIS plus ou moins efficients :
• Au tout début de ce blog, août 2016, ma résidence 2016-2017(-18) à la Cave-Poésie, à Toulouse
• La résidence avec Peuple et Culture, à Tulle, qui commence en septembre 18 et se poursuit en 2019-20
• À Arromanches à la Villa La Brugère, avec Xavier Pinon, photographe, en novembre 19 et juin 2020
À l’Observatoire du CNES, qui commence en mai 2023
À l’ENSFEA en mars et mai 24, ressencée en octobre 24
SINON, LA BARRE DE RECHERCHE, tout en bas…
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revenez quand vous voulez

Date : 15 mars 2019

Lundi soir, j’étais occupée à faire une conférence « ma vie-mon œuvre » devant 70 étudiants (et une petite dizaine de profs) en design graphique de l’école St Joseph les maristes, à Marseille. C’est un peu impressionnant. Ça m’a rappelé mon intervention aux rencontres de Lure, cet été. Sauf que cette fois j’avais aussi amené des livres d’artiste, pour qu’ils voient « en vrai ».
Une élève lumineuse connaissait déjà mes livres par Fotokino (et travaille régulièrement avec Noémie Privat, chez Altiplano) et m’a raconté avoir lu « Papa part… » à ses parents pendant un voyage en bagnole, et que ça ne rendait pas très heureux..!
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Sophie Guin-Montaner , prof qui m’a invitée et qui est photographe, a ressorti 2 livres de sa collection, qui dataient du Cargo, rue Montgrand… & pour leurs fabrication, des années 90..! La circulation de mes livres et les « rencontres » humaines que cela provoque m’en bouche toujours un coin!
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En expliquant mon boulot et comment je procédais, je me suis rappelée la nouvelle idée qui a germé récemment avec la fatigue :
cesser de se compliquer la vie et de s’en rajouter ! Travailler avec plus de légèreté…
& en rentrant j’étais complètement KO, je me suis couchée comme une vieille poule à 21h30, avec l’idée que le lendemain j’aurais le cerveau neuf et les idées claires!

mardi workshop avec les 1ère année de BTS design graphique.
& les dernière année, car le BTS n’existe plus, remplacé à la rentrée 2019 par un diplôme unique, le Diplôme National des Métiers dʼArt et du Design (DN MADE).
J’avais préparé 26 grands cahiers avec plein de papiers et formats différents. Ils étaient tout contents et touchés que je leur fasse ce cadeau (je me suis dit que l’école privée ne devait pas leur offrir grand chose!) et trouvaient la couverture très belle (alors que je me disais qu’ils feraient la gueule en voyant ces papiers « ringards »!)

1ère opération, se faire chacun 32 cartes, pour s’inspirer des Stratégies obliquesde Brian Eno!
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Sur chacune des cartes, une maxime, une proposition pour votre avenir, conduite de vie, création…
Au dos, en négatif, des choses à ne pas faire, à éviter…
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Puis, on attaque les cahiers, en tirant une carte pour chaque page, qui nous inspirera…
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certaine page me parle immédiatement..!
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A 13h, à la pause déjeuner, il faudrait être arrivé au milieu du cahier, où on s’arrête. Au boulot!
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Je suis étonnée de cette méthode utilisée par plusieurs étudiants : recopier des typos prises en direct sur un site de téléchargement de typos…
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13h, pause déjeuner, tout le monde referme son cahier précieux…
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20190315_102850_resizedNous allons déjeuner au soleil, avec Sophie, Stéphanie Cavaglia avec qui j’ai bossé ce matin et qui a un beau site (#) , Corinne, & Yves Gerbal, Mr Haïku et prof de culture générale, qui m’offre 3 livres pour me montrer son travail et qui cherche d’autres façons de travailler. Je lui suggère de publier sur instagram… ce qui fera beaucoup rire Christine quand je lui raconterai ça le lendemain, vu que c’est quelque chose que je devais faire depuis un certain nombres de mois, et toujours rien…!!

20190312_142518 A 14h, reprise!

On échange les cahiers au hasard, ainsi que les jeux de cartes (à une autre personne que le cahier).

Continuer selon le même principe que ce matin, en poursuivant le travail précédent dans le livre-cahier…
Départ au milieu, 2ème partie!

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Donner un titre en 4ème de couv à son cahier, de même que son 1er créateur lui a donné un titre ce matin
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17h30, on met tous les cahiers sur une grande table pour tous les regarder, et faire un bilan de cette expérience.
Ça a marché..! Les étudiants sont ravis, des cahiers (finis et de l’objet à remplir), du timing, de l’expérience, d’avoir échangé les cahiers (on craignait que ce soit compliqué), d’avoir fait attention au travail de l’autre, de cette bienveillance les uns envers les autres, de cet espace de liberté, de s’être exprimé plus personnellement, d’avoir inventé des choses auxquelles ils ne pensaient pas…
Spontanément, on me dit « Revenez quand vous voulez!!! » avec même des applaudissements !
Voilà un beau cadeau-déclaration qui ébranle un peu Sophie (c’est plus ingrat d’être là tous les jours avec le programme!)
N’empêche que ça me rassure, et que ça me fait plaisir, d’avoir réussi cette transmission qui me tient à cœur.
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atelier d’écriture du lundi – n°3

Date : 14 mars 2019

DSC02937Lundi midi, au Lieu/Lien, l’atelier d’écriture.
Manée m’avait prévenu la veille,  alors qu’elle était en compagnie d’un pigeon voyageur, que les troupes seraient réduites…

Très réduite, puisque Agnès était seule!

 
La double question du jour à expérimenter :
est-il plus difficile d’écrire sur quelque chose qui nous rend heureux que sur ce qui nous blesse ?
est-il plus facile d’inventer en piochant des éléments dans notre vie personnelle ?

Avec 2 livres :
C’est l’histoire d’un type de Pierre Tilman (L’évidence)
Tilman 0 couvTilman 1
Dans ma tête de Nadine Agostini (Dernier Télégramme) + 2 notes de lecture
Agostini 1
Après avoir lu les documents, au boulot !
En utilisant les mêmes « stratagèmes » d’écriture
• énumération
• anaphore
• répétition qui vrille et se transforme
• dérapage contrôlé ou non de la structure ou/et des idées
• imagination ancrée dans la réalité
• références servant de trampoline aux idées
• ….

1 —Quand j’étais petit(e), je croyais que….
Mêler des (vos) souvenirs d’enfance et des (vos) observations d’adulte (sur votre enfance ou des (vos) enfants)
Dans l’idéal, une centaine de propositions… allez, au moins 50…

potionVoici le mail d’Agnès :
« Bon et bien voilà, aujourd’hui c’était la journée des contraintes et des imprévus. ça arrive.
Et du coup, j’étais seule à l’atelier.
Je ne vais pas me plaindre, ça veut que j’avais la chance d’être libre comme l’air.
Manée a dit qu’on se rattaperait au prochain atelier.
Elle m’avait prévenue qu’il n’y aurait peut être « pas grand monde », alors j’avais préparé un breuvage réconfortant 😉
Et puis je n’étais pas vraiment seule, il y avait derrière les baies vitrées tes petits sentinelles de mots et de papier qui veillaient !
Pour le premier atelier, j’ai eu un peu de mal à écrire « devant » les autres, et aujoud’hui en fait, j’ai eu un peu de mal à écrire sans les autres.
Mais les sujets étaient vraiment supers, alors je me suis bien amusée.
Je n’ai pas « osé » faire d’enregistrement/lecture toute seule par contre. »

Quand j’étais petite je croyais :
Qu’il y avait des monstres cachés sous mon lit la nuit. Mais ça tout le monde le sait. Même les parents. Ils nous disent juste le contraire pour qu’on les laisse dormir tranquilles.
Que les martiens allaient bientôt arriver sur terre, mais qu’ils ne ressembleraient surement pas à E.T.
Que les têtards ne pouvaient pas devenir des grenouilles puisque, soyons sérieux, ils n’ont pas de patte.
Qu’on n’avait pas le droit de manger avec les doigts. Même si c’était tellement meilleur.
Que les hirondelles annonçaient le printemps.
Que je serais maîtresse d’école quand je serais grande. Ou archéologue, ou chanteuse, ou danseuse étoile, ou chercheuse, ou avocate, ou le commissaire Maigret. Mais en fille.
Que je serais grande quand je serais grande.
Que j’épouserais un prince charmant.
Qu’on pouvait être immortel. Parfois.
Que la mort de toute façon, ça n’arrivait qu’aux gens vieux. Très, très vieux.
Que l’océan pouvait m’emporter en me tirant par les chevilles. Alors j’enfonçais profond mes pieds dans le sable.
Que la foudre arrivait parfois à mobylette. Si, parfaitement ! Ca arrivait quand le beuglement du tonnerre coïncidait précisément avec celui d’un 103 SP traficoté qui passait dans la rue au même moment.
Que ce n’était pas possible de faire rentrer quatre chevaux sous un capot de voiture. Tout comme un éléphant dans un frigo (les traces de pas dans le beurre, c’est surement bien quelqu’un, mais pas lui !)
Que les serpents déposaient leur venin sur une pierre avant d’aller dans l’eau. Même que dans une exposition, j’en avais vu une, un jour, pierre à venin.
Que les filles étaient moins fortes que les garçons. Et que c’était comme ça. C’est tout !
Que les filles, ça n’avait pas le droit de jouer au football. Mais moi, je voulais y jouer quand même. C’est pour ça que j’ai insisté, jusqu’à ce que les garçons acceptent. Mais bien sur il y en avait qui n’étaient pas contents.
Qu’on pouvait changer de couleur, si on voulait, en grandissant.
Que les garçons pouvaient porter dans leur ventre des enfants. C’est juste que ça les arrangeaient que ce soit leur femme qui le fasse. Et qui reste à la maison.
Que les médecins pouvaient tout guérir. Jusqu’à ce que Pépé meurt.
Que mes parents ne vieilliraient jamais.
Que mes parents ne mouraient jamais.
Que les gens que j’aimais ne mouraient jamais.
Que les princes charmants ça existait.
Que les chats noirs portaient malheur, quand on les croisait la nuit. Enfin pas tous. Pas ceux des gentilles sorcières.
Que tout le monde était gentil.
Que le Président de la république était l’homme le plus intelligent.
Que les maîtresses d’école savaient tout. Vraiment tout.
Que les poules auraient des dents. Un jour.
Que les murs avaient des oreilles.
Que les chiens ne faisaient pas des chats. Quand même !
Qu’un jour, je pourrais tout savoir.
Que toute ma vie je continuerais à faire des cabanes dans les arbres. Où je cacherais des trésors. Et tous mes secrets. Parce que ça, c’est vraiment ce qu’il y a de mieux.
Qu’un jour il n’y aurait plus de pauvres. Au 21ème siècle par exemple. Même si c’était encore un peu loin.
Qu’il y avait toujours une justice.
Que, parfois, les adultes étaient stupides.
Que tous les livres étaient écrits par des gens très savants.
Que toute ma vie je continuerais à regarder la piste aux étoiles.
Qu’un jour, bientôt, on habiterait sur la lune.
Que les arcs en ciel étaient des passages secrets vers d’autres planètes.
Que la météo marine à France Inter, c’était dans une langue étrangère.
Qu’en avril, ne te découvre pas d’un fil ; en mai, fait ce qu’il te plait.
Qu’au défilé du premier mai, il y aurait toujours plein de gens. Et c’était chouette.
Que travailler c’était toujours drôlement bien.
Que travailler c’était peut-être un peu fatiguant. Surtout quand je voyais mon père partir à 6 heures le matin, rentrer à 19h le soir. Et qu’encore après il fallait qu’il aille s’occuper du jardin. Et que du coup, on ne le voyait que pendant le souper, et qu’il ne fallait pas trop parler. Parce qu’il était un peu fatigué, mon père.
Que dans les familles tout le monde s’entend toujours bien.
Que tout le monde a une famille.
Que dans les familles, on ne se bat pas.
Que le défilé du 14 juillet, c’était la fête des militaires.
Qu’un jour, il n’y aurait plus de militaires. Sauf qu’à Tulle, ça allait faire plein d’habitants en moins, parce qu’à Tulle il y en avait plein, des militaires. Surtout les dimanches.
Qu’un jour, il n’y aurait plus de guerre.
Que c’était bête alors, de continuer à construire des armes. Même si ça donnait du travail aux gens.
Que notre voisin savait tout. Parce qu’il était chef à la manu. Quand je posais à Maman des questions auxquelles elle ne savait pas répondre, elle me disait : « va demander à Monsieur P. ». C’était lui le voisin.
Que la voisine qui ne nous répondait pas quand on lui disait bonjour, elle était méchante. Ou bien peut-être triste.
Que ça peut arriver qu’on soit heureux toute la vie.
Que les garçons ça ne naissait pas dans les choux, ni les filles dans les roses. Que quand même, il ne fallait pas nous prendre pour des imbéciles !
Que quand on voulait des enfants, ils arrivaient dans le ventre de leur mère. C’est tout. Quant à savoir comment ils ressortaient de là ?….
Que les grands-mères étaient toujours habillées en noir, avec un petit chignon gris retenu par des épingles et des peignes en cornes juste derrière l’oreille.
Qu’elles coupaient avec de l’eau le vin des grands-pères, en cachette. Mais ça c’était pour qu’ils vivent plus longtemps.
Que le vin rouge était fait avec du raisin rouge. Et le vin blanc avec du raisin blanc.
Que la fin des haricots, ça devrait arriver un peu plus souvent. Parce que y’en avait vraiment marre d’écouetter et d’écosser plusieurs mois durant.
Que la soupe à la grimace, ça devait vraiment pas être bon.
Que Papa enlevait le pyjama du lapin (avant que Maman le mette dans la casserole)
Que mon arrière grand-mère était cuisinière dans un château. Un vrai ! Et c’était quand même extraordinaire.
Que la cousine de Mémé habitait en Afrique. Mais je ne savais pas pourquoi au juste tout le monde dans la famille disait sainte Afrique ?….
Que quand Mémé disait : « vaudrait mieux élever des cochons », c’était pour de vrai.
Que « rien ne sert de courir il faut partir à point », c’était bien joli, mais qu’en vrai …..
Que la jument verte, c’était comme les éléphants roses. Fallait pas pousser.
Qu’il fallait pas pousser Mémé dans les orties.
Que la Joconde, elle avait du en faire une bien bonne.
Que le bon roi Dagobert, il n’avait pas du être si terrible que ça.
Que le gars qui avait écrit, la terre est bleu comme une orange, il devait être daltonien.
Que la chanson des roses blanches du dimanche pour toi jolie Maman était la chanson la plus triste du monde.
Que Maman arrêterait un jour de me dire : « il fait froid dehors, couvre toi bien ».
Maman, s’il te plait, n’arrête jamais.

atelier 11 mars2 —Vous êtes assis(e) à la terrasse d’un café et vous laissez votre esprit vagabonder (sans le tenir en laisse) en regardant les gens autour de vous et passer…

Faites le « portrait » des possibles de 5 ( ?) personnes « observées » (1 par 1)

Quand vous sentez que ça devient plus difficile et que votre imagination patine, passez votre feuille à quelqu’un d’autre qui vous la repassera après avoir écrit quelques lignes qui vous serviront d’appui pour continuer.

 

« A la table à côté de moi est assise une femme fière au regard triste devant une tasse de thé vide. A son cou un foulard imprimé d’oiseaux multicolores, les ailes ouvertes, au milieu de chaînes dorées. Les oiseaux ne peuvent pas s’envoler. Leurs pattes ont du se prendre dans les chaînes. Ils restent là, prisonniers. Cà doit être cela qui rend la femme si triste.
En face d’elle, lui tournant le dos, un vieil homme en chemise blanche et costume noir couleur corbeau lit un journal très sérieux. Les gros titres annoncent des guerres, des révolutions, des élections traficotées, de l’argent qui part en fumée… . Pas de photo ni de couleur, juste des lettres noires sur des pages blanches. Est-ce que l’homme, s’il avait porté une chemise à fleurs colorées, aurait eu des lectures moins sombres ?
Deux ados arrivent sur le trottoir sur sa droite. Ils parlent fort et ponctuent leurs échanges de rires joyeux. L’un est petit et frêle, l’autre grand et massif. Ils semblent si différents. Mais ces deux là partagent de ces amitiés indélébiles qui transpirent dans chacun des regards qu’ils échangent. Ils s’en sont déjà fabriqués tant, des souvenirs. Pourtant parfois, la vie s’arrête sans crier gare. Plus de fabrique à souvenir. Ne reste que la mémoire.
Sur la place ombragée qui borde la terrasse du café, deux enfants jouent. Ils caracolent, se bousculent, slaloment entre les arbres, s’accroupissent un instant pour ramasser entre les pavés de mystérieuses découvertes, rient aux éclats, se murmurent de divins secrets à l’oreille. Bientôt ils s’assoient à même le sol, dos calés à un tulipier, jambes repliées, bras serrés autours des genoux, les yeux levés vers le ciel, la bouche ouverte. Qui d’autre qu’eux peut voir ce qu’ils observent ? Surement la naissance de quelque nouveau rêve fou.
De l’autre côté de la rue, sur un banc couleur de poussière, un jeune homme aux joues creuses et mal rasées, et au regard las. A ses pieds un grand cabas qui déborde. Que transporte un jeune homme aux joues creuses et mal rasées et au regard si las dans un si grand cabas ? Des illusions, des rêves, des guerres, des souvenirs ? Ou des oiseaux multicolores retenus par les pattes à une chaine en or qui les empêche de partir ? »

3 —une famille recomposée
Décrivez les membres de votre famille en trouvant une anecdote et des détails et actions qusortent de l’ordinaire (ou pas), en quelques lignes pour chaque personnage.
Ecrire sur une feuille une 1ère description d’un personnage de votre famille
Passer la feuille à quelqu’un d’autre qui complète l’énumération familiale avec la description d’un membre de sa famille à lui (ça peut-être le « même » – grand-père, frère, etc) en essayant de respecter le style et la structure du récit de la personne précédente, passer la feuille à quelqu’un d’autres, etc

Bon, nous reprendrons cette affaire la semaine prochaine, « en vrai », et en + grand nombre, j’espère !


étape n° 2

Date : 9 mars 2019

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je ne suis pas à Tulle, mais j’avais noté cette réunion,

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et lu l’article dans lundi matin

Puis je n’y ai plus pensé, accaparée par des soucis virtuels, qu’on avait finalement réussi à réparer…

Corinne m’avait envoyé des photos lors d’une 2nde visite qu’elle a faite de l’expo à St Gratien, avec Bruno, Thérèse et Yann
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D’un côté le monde réel, de l’autre côté le monde virtuel, entre les 2 du réel dont on a un peu oublié la réalité…

& ce matin, ce mail de Manée :
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en voyant l’image, je me suis dit, c’est bizarre un mail qui met plusieurs jours pour parvenir à destination…

 

 

puis le message qui m’a fait comprendre que non, c’était bien de maintenant qu’il s’agissait !
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Ça avait l’air bien cette réunion. J’espère que je pourrais en lire, entendre, voir des échos.
Damned, ça recommence, le site a disparu et il reste le blog en vrac…
Pas de panique, je vois ça avec mon « docteur », qui m’annonce une mauvaise nouvelle ! J’ai tellement flippé l’autre jour que maintenant, je relativise (relativement..!)
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C’est bien ce que me dit Christine

 

C’est juste chiant parce que ça prend du temps
qu’on pourrait consacrer à réaliser des choses
et aller à l’atelier d’imprimerie plutôt (et plus tôt)
ou penser à d’autres projets très concrets

Comme un futur atelier d’écriture avec le Yi King (dans une belle édition des annales du musée Guimet)
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Penser aux catégories : réserve, réception, fabrication…

DSC02934Retour à la normale en fin d’après-midi. Chez vous c’est gris gris gris… Ici, pas de grigri gris, sauf un pavé de code(s) à garder sous le coude
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Pour finir par une belle chose, aujourd’hui Laurent nous a montré ce foulard en soie,
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appelé foulard d’évasion, avec une(des) carte(s) recto/verso,
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que les aviateurs ou parachutistes avaient avec eux pendant la 2nde guerre mondiale.
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solide, qui ne prend pas de place et silencieuse à consulter… C’est beau, un bout de soie qui peut vous sauver la peau !
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une bouteille à la mer – suite du lundi

Date : 6 mars 2019

La 3ème consigne de l’atelier du lundi n°2 n’a pas pu se faire au Lien/Lieu, faute de temps ; mais ça n’empêche pas de le faire chez soi !

3 — Une bouteille à la mer
Vous êtes au bord de la Corrèze, et avez l’opportunité d’envoyer un message dans une bouteille, que quelqu’un trouvera quelque part, plus ou très en aval, dans un temps non déterminé…

  • Ecrivez ce message, comme si vous vous adressiez à un quelqu’un qui peut vous comprendre
  • à quelqu’un qui vous considèrera (et réciproquement) sans doute comme un martien
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Agnès :

a – Comme je ne savais pas quel messager choisir, j’ai décidé de faire confiance au hasard. A toi qui lis ces mots, je confis donc ce travail. Le temps et l’eau qui courent ont peut-être mis de la distance. Il te faudra alors parcourir les routes et suivre les cours d’eau pour retrouver la source. Ce sera là ton travail. Voilà : il est une ville près d’une rivière qui enfle et qui s’assèche au cours des saisons où tu devras te rendre. Ni petite, ni grande. Juste couchée dans son vallon au creux de 7 collines. Là où caracolent des mains expertes sur des touches en nacre pour faire chanter les habitants, là où jadis raisonnait le bruit des armes, là où flottent dans l’air les grelots minuscules et roses des bruyères qui l’entourent. Une cité calme et discrète, posée au creux d’un écrin de verdure. Dans cette ville, il te faudra trouver le « lieu-lien ». En son cœur, dans une rue large et tranquille, au pied d’une tour construite comme une flèche tendue vers le ciel au fond de la vallée. Quand tu l’auras trouvé, le « lieu-lien », tu devras entrer et te présenter. Tu rencontreras là Fabienne. Elle a l’habitude de recevoir des messages. Tu lui donneras celui-là. Elle t’attend.

b – Jeter des mots à la rivière, ça ne s’invente pas. D’autres jettent bien des bouteilles à la mer. Et tous ces maux, qui les lira ? Bonjour à toi destinataire inattendu. Lecteur inespéré. J’ai tant voulu t’imaginer. Mais que m’importe qui tu es. Pour moi, tu es l’important. Le découvreur. L’élu. Le Messager. L’accoucheur. Te voilà ! Tu te reconnais ? Forcément. Curieux as-tu été, te voilà maintenant porteur d’une dépêche. Prends en soin. Ne la froisse pas. Ne la crie pas aux quatre vents sans t’en donner de peine. Dorlote-là avant de la laisser partir. Accompagne-là un moment. Ne la laisse pas trop vite s’envoler seule. Murmure-là d’abord, comme on chantonne une comptine à un enfant qui doit dormir. Laisse-là enfler dans ta gorge. Fais-là s’arrondir, s’imposer peu à peu, prendre de la hauteur… Alors chante-là ce jour à tue-tête ! Va ! Tu peux commencer maintenant. Bonne route, bon vent !

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Je comptais le faire aussi avec vous, mais j’ai finalement lancé une autre sorte de bouteille à la mer, alors qu’OVH (l’hébergeur du site et blog) a fait « une migration »…
Un peu comme le terrible nuage dans « L’Homme qui rétrécit »..!
20170908_095216Mon site était devenu une immense page blanche. Ça m’a fait pensé au cambriolage de mon atelier il y a 2 ans…
Un grand flip qui a mangé pas mal d’heures, mais grâce à Andreas, tout est revenu dans l’ordre..!!
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Ce qui m’a fait réfléchir…
Depuis août 2014, ce site représente pas mal d’heures de boulot et d’accumulation de documents ; un outil de travail dont je n’avais pas envisagé la disparition.
J’ai ressorti mon Kit de survie…
A suivre..!


l’atelier d’écriture du lundi – 2

Date : 5 mars 2019

La poésie ne s’exprime pas uniquement par une forme classique déterminée, sa métrique, …, ou expérimentale, qui la distingue du roman, etc, mais aussi par le regard de l’auteur.
Au quotidien, le poète italien Andrea D’Urso, dans Quotidien express, évoque le « miracle domestique comme lot de consolation ».

Consignes envoyées ce matin :
Lire le document sur l’écriture d’Andrea D’Urso et un de ses textes (ed. Le grand os)
Puis, au boulot !

 

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Où il s’agit de capturer le réel avec observation, sensation et imagination mêlées, saisir ce qui passe à votre portée comme trampoline à idées et divagations.. !

1 — Ce que vous avez observé, ressenti… depuis que vous êtes réveillé(e) ce matin, que le réveil a sonné, que vous avez ouvert les yeux… réminiscence d’un bout de rêve…
essayer de suivre le fil du temps jusqu’à maintenant
avec si c’est possible :

  • des phrases courtes
  • des césures
  • des références (littéraires si possibles, cinématographiques, musicales…)
  • des comparaisons (personnelles)
  • des considérations sur l’existence
  • des observations précises de l’extérieur

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Reportage et mail de Manée :
(merci pour ce moment que je viens de passer avec vous, l’oreille tendue!)
Nous étions 5, Louise s’était décidée et j’avais enfin pu prévenir Hélène. David devait revenir ce matin à Brive au centre Jacques Cartier avec les jeunes gens que tu as connus.
Nous avons eu le temps seulement pour les consignes 1 et 2 et avons emporté la consigne 3 comme devoir à la maison !
C’est toujours aussi jouissif de découvrir lors de la lecture des textes  ( et du cadavre exquis ) une telle différence d’univers !
Et puis aussi de penser surtout au début de chaque consigne qu’on ne va pas arriver à écrire quoi que ce soit et ensuite de sentir que ça vient. […]
Bon je me couche car la nuit dernière je n’ai pas fermé l’œil, ce qui a donné pour la consigne 1 le texte suivant :

Réveillée, un bien grand mot
car de la nuit pas fermé l’œil
drôle d’expression d’ailleurs
parce que yeux fermés
la plupart du temps
pour faire comme si
comme si faire comme si
y pouvait quelque chose
à l’insomnie
comme si se raconter des histoires
y pouvait quelque chose
à l’existence
à la solitude/
du coureur de fond
à l’angoisse/
du gardien de but
au moment du penalty
à la froide brume grise
qui succède à la nuit
au dehors
pareille à une froide
brume grise intérieure,
floue, ensommeillée,
anesthésiée
à la pluie qui tache
les pierres et dessine
sur l’eau de l’étang
des cercles
pareils aux pensées
circulaires
d’un matin sans sommeil.
Plus tard fuir la campagne
quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis
et que l’horizon embrassant tout le cercle
il nous verse un jour plus triste que les nuits

et

 

et

 

et

 

et

 

 

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Une situation et personnage(s) que l’on connaît comme point de départ, pour l’emmener plus loin, ailleurs, par l’écriture
(penser à l’exercice précédent)

2— Une situation qui fait fiction

  • en quelques lignes, camper personnage(s) et situation.
    passer le « résumé » à son voisin(e)
  • en quelques lignes, un développement possible de la situation
  • passer à son voisin, qui fait la même chose
  • passer à son voisin, qui fait la même chose

lecture des textes avec tous les développements à la suite

Début du texte et lecture, Hélène

 

 

Début du texte et lecture Emmanuelle

 

 

Début du texte Agnès + 3 :
-C’est un homme qui a vécu tant de vies qui vient de nous quitter. Tant d’années. Cent quatre. Presque cent cinq. Un homme souriant et sage. Souvent plein de malice. Un homme fier et humble. Droit et bienveillant. Qui ne le connaissait aurait pu dire qu’il avait traversé l’enfer. Qui, le connaissant si plein de vie, ne pouvait se demander comment il vécut après cela.
-Troublions de la vie, il s’en est sorti élégamment par malice et intelligence. Enfant blafard des campagnes en guerre de 39-45 en Corrèze. Il s’emploie avec des armes de maquisards découvertes par hasard dans un chemin creux. Le père comme un signe vient d’être arrêté, dénoncé dans sa résistance d’une année, passée sous silence. La mère sera comme un signe déportée. Il ne restera qu’un pion sur l’échiquier familial : c’est lui, perdu dans les steppes de l’enfer solitaire. Errance de fermes en fermes pour un bout de pain. Petits boulots de journaliers, ligoté dans l’asservissement. Il rejoint la ville, c’est Tulle. Les allemands progressent dans leur désir de vengeance face aux actions néfastes pour eux de certains corréziens. C’est l’Omerta en ce moment dans la rumeur tulliste. L’atmosphère est lourde et silencieuse. Bientôt, les martyrs. Orgue gueulant sur la vie.
-Il choisit au lieu de se taire et de se cacher, d’ouvrir la porte à un nouveau défi. Des hommes, des femmes, des enfants, inconnus de tous, sont là, et il faut les protéger. Sa terre n’a pas souffert, il cherche des appuis pour sa mission héroïque.
-Les appuis, il ne les trouve pas facilement, les temps ont changé mais lui a gardé une sorte de grâce lumineuse.

Début du texte et lecture Louise

 

 

Début du texte et lecture Manée

 

 

heureusement que vous m’avez ressuscité Gilles !!!

A suivre…

& en cadeau, un autre texte d’Andrea D’Urso, capturé sur le site du grand os
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des livres à Arles

Date : 4 mars 2019

Jeudi, direction Arles pour tout installer pour le salon d’éditions d’artistes, à l’Archevéché.
J’y vais en train, vu que laisser sa bagnole gratuitement 4 jours à Arles, c’est pas évident, et puis, ça me donne le temps de lire 1h dans le train!!
20190228_131510J’ouvre un livre dont on a parlé avec Serge, qui a bossé lui aussi (comme l’auteur) à la chaîne dans une usine alimentaire : A la ligne, de Joseph Ponthus, (La table ronde)
Je suis très contente de lire ça, alors je lui envoie un petit message, auquel il me répond avec une photo de ciel corrézien. Je suis épatée par « l’effet Zorro » !! Pas tout le monde voit ses initiales dans le ciel!!
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au passage j’apprends un nouveau mot : chemtrails, pour trainées d’avion (une conspiration chimique…), qui usurpe contrails (en français une traînée de condensation, appelé cirrus homogenitus, est un nuage qui se forme à l’arrière d’un avion quand il y a de l’humidité dans l’air).
Revenons à la ligne, où il est aussi question de ciel :
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et je quitte le train en appréciant le ciel bleu de printemps de février qui me fait quitter mon manteau.

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Avec Marie-Paule Bilger, nous nous installons dans la pièce du fond, qui a un vrai carrelage non recouvert de moquette-carrelage, et une belle lumière.
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Des affiches, des photos au mur, des images recouvertes de résine, mes petites plaques de porcelaine et les mots en verre, nous faisons bon ménage.
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Puis je file voir Sandrine, à la librairie l’Archa des Carmes, où mon affiche m’interpelle!
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Vendredi, réveil chez Marianne, tout en haut de la maison, où j’ai dormi cet été, pendant mon expo photo chez CirCa. Il fait super beau, et je suis contente de commencer la journée dans cet espace, bien entourée.
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Marie-Paule, pour cette rencontre de livres d’artistes, a apporté son cahier-boîte de Pandore, à partir duquel elle a beaucoup bossé. Un cahier trouvé dans la maison familiale (alsacienne), avec des collages de journaux de février à avril 1941, la plupart représentant Londres.
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Elle en a tout d’abord fait un autre cahier, œuvre simple et forte, où on voit brodé de fil rouge l’envers des images
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où l’imagination travaille à restituer des photos de guerre comme des scènes de peintures
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Elle a aussi imprimé en grand quelques images du cahier initial, avec la trame agrandie qui fait écran ou tapisserie
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Marie-Paule a aussi « brulé la guerre », brulé des pages de journaux présentant des conflits armés et les a filmé se consumant.
Quand pour l’un d’eux, le feu s’est arrêté à ces mariés :
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Marie-Paule installe son écran de table pour projeter ses vidéos (ici « Brûler la guerre », mais il y a aussi un travail sur les cabanes, avec les oiseaux, plus léger.)
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Nous sommes là pour expliquer notre travail autour des livres et choses exposées, et vendre notre petite marchandise…

Un couple de Suisse m’achète un livre Outils utiles. La dame dit au monsieur que cela ferait un beau cadeau pour leur beau fils. Le monsieur n’a visiblement pas très envie de donner son livre, qu’il a mis dans sa poche ! Ils partent voir ailleurs, puis reviennent en acheter un autre, pour offrir donc. En partant, le monsieur me fait un clin d’œil..!
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Une autre rencontre très plaisante est avec Isabelle ! Qui est venu à l’Archevêché en lisant le blog!! alors ça, ça m’en bouche un coin!! Si donc des « inconnues » (de moi) lisent le blog, c’est que tout ne s’égare pas dans la stratosphère..!!
Isabelle, qui vient souvent à Arles et s’intéresse à la photo, a découvert Rose & Madeleine à l’Archa des Carmes, justement. & est tombée dans ma marmite à mots. Marmitamo, ça me ferait une belle formule magique si j’étais sorcière! Sandrine (la libraire), avec qui je mange une délicieuse pastilla froide sur un banc au soleil le dimanche, me rappelle que je lui ai dédicacé un livre à distance (elle n’avait pu venir), lors de la soirée-rencontre à l’Archa en décembre !
Merci Isabelle, sans le savoir vous m’avez encouragée ces 3 jours, quand le temps parfois paraissait long!
& mis le doigt sur un problème qu’il faut que je résolve : je ne sais pas donner un prix à mon boulot en verre..! Bon, là, de toute manière, je n’ai pas eu le temps de le recuire, pour qu’il soit plus solide, donc c’est pas encore le moment de lui donner un prix!

Puis une journaliste passe faire un petit tour avec son photographe, qui a un beau dead cat (fourrure anti-vent) sur son micro (j’ai appris ce nom que j’ignorais !)
pendant ce temps, Doudou, le chat de Marianne a 16 ans et perd ses dents, ce qui ne l’empêche pas d’apprécier particulièrement les coquilles St jacques dans nos assiettes !
Extrait des PPPQ du we :
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Dimanche
Profiter du peu de visiteurs très matinaux pour faire mon marché ! La table de Captures éditions, avec Valérie Cudel, et Art3 Valence, est particulièrement pleine de découvertes potentielles !
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Francine et Marie-Paule communiquent sur fb, elles…
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Ça nous permet d’apprendre la venue de Thierry Weyd à Avignon, mais damned, je ne pourrais pas y aller ..!

20190301_115746Ce matin, dans les 1ères visiteuses, elle a dit que c’est difficile car elle a mal dormi, mais elle est requinquée en voyant mes affiches avec les formules qui permettent de retourner l’adversité comme une crêpe.
Merci du compliment! (moi aussi je dors debout!)
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— C’est réjouissant à voir ! m’a dit aussi la jeune femme qui a acheté cette affiche. Elle était en vélo, et, n’ayant pas de tube, je lui ai concocté un emballage dont je suis bien contente!

Rencontre aussi d’une belle jeune femme, qui a été stagiaire quelques mois au CIPM (elle me dit ça en regardant le livre en porcelaine, et me fait part des problèmes de classifications de certains de mes livres) après des études d’arts plastiques orientées performance et écriture, qui est maintenant dans une école de théâtre à Lyon, avec Sylvain Prudhomme comme (un des) prof adoré (ses méthodes ont l’air pas mal!!).
Je lui dis de contacter Yann, à la Cave Poésie, dont elle connaît l’adresse, et aussi Gilles et Céline, avec leurs revues 17-19… Sa belle énergie, son enthousiasme et son rouge à lèvres qui contraste avec son manteau bleu dur font plaisir à voir.

il y a d’autres phrases notées dans mon carnet pour ce we :
Les hommes qui accompagnent les femmes qui font des choses, prononcée par Francine lors du dîner ensemble vendredi soir.
J’ai un étourneau sous le coude, prononcée par Marie-Paule, pour un nouveau projet de boulot
Elle existe encore ou elle est feu ?, prononcé par un monsieur Prussien qui travaillait à l’ONU, avec une grosse écharpe orange en laine autour du cou, tricotée par sa femme asiatique.
J’imagine comment ce livre va vivre avec moi, prononcé par un monsieur collectionneur, qui m’a acheté Du pur bonheur (le seul vendu, pourtant il est bien ce livre!!)

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20190303_143733Puis nous remballons, et rebouchage au dentifrice des petits trous dans les murs.

Marianne a sorti son super équipement pour enlever les punaises et déboucher la bouteille d’adieu. Ça c’est du Kit de survie!!

Je rentre avec plein de livres extra, possibles instruments de travail pour les jours à venir :
achetés à la librairie
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et au salon, chez mes collègues : (vous les reverrez mieux apparaître lors d’ateliers, dessous leurs couvertures…)
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Pour clore le we,  au courrier en rentrant, cette carte postale légère et réjouissante envoyée par Corinne et Bruno lors de leur escapade normande :
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entre temps

Date : 27 février 2019

20190222_085412Je rêve de ne rien faire. Evidemment, ce n’est qu’un rêve. D’abord, parce qu’on fait toujours quelque chose…
Disons que je rêve de ne plus avoir d’obligations quelques temps, ça me ferait des vacances. Evidemment c’est un rêve.
Ou que je rêve de ne faire que des choses qui me plaisent. Comme nous tous. Evidemment, y’a plein d’obligations quotidiennes qui se greffent dessus.
20190222_085444Je dois encore être un peu KO, d’autant que je me réveille la nuit avec la tête qui tourne à 100 000 tours..!
A Albi, vendredi dernier, chez Violaine, c’était bien de se réveiller dans cette chambre blanche, avec un rideau-drap rapiécé et un oreiller au plafond!
Du repos.

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Regarder des livres, des revues de céramique, rêvasser à des choses vues ou à des encore vagues projets qui deviennent plus vrais en en discutant…20190222_123802

Avoir la disponibilité de se faire de belles assiettes mastoc en grès chamotté comme celles de Violaine, qui m’a donné la recette de son émail mat haute température, Kudo Mato.
Avoir le temps et le courage de se faire à manger pas n’importe quoi, le lendemain d’une boite-repas SNCF pour 3h de retard de train, et lorgner de superbes livres de cuisine avec une recette qui me met l’eau à la bouche.
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Troquer momentanément  l’Antésite pour le sirop de safran, une sacrée découverte!!
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Trainer à l’atelier où tout est rangé et où on a de la place, comme celui de Violaine… tout un programme. Je sais que quand l’expo de Saint-Gratien va revenir, les murs de mon petit atelier vont encore rétrécir !
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Avec le printemps qui vient, avoir le temps de ressortir sa machine à coudre et se faire de beaux habits. Violaine m’a donné une adresse avec des coupons (vraiment) extraordinaires, à Paris.
Sinon, bien sûr, il y a la boutique de tissus de Tulle, avec des trésors oubliés qu’on ne voit plus nulle part.
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& côté couture pas futile cette fois, il y a Christine, qui déborde d’énergie, et ce bel atelier couture avec de jeunes migrants

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& avec la disponibilité, chaque lecture, ici un livre posé par terre près du canapé vert, à Albi, donne des résonances, et de nouvelles idées, pour des ateliers par ex
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Mais il y a la colonne infernale de mars, qui commence ce we à Arles (pourquoi j’ai dit oui, cette phrase, on se la dit toujours trop tard!)
& puis quand on y est, des rencontres, des ami.e.s et des projets, transmettre des choses qui nous tiennent à cœur, redonnent de l’énergie…
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& puis il faut bien faire circuler son travail et gagner sa vie… (comme on gagne le paradis ?..!!) (il faut bien…bien faire est une autre paire de manche!) ou réduire drastiquement la voilure et ne pas s’angoisser pour l’avenir…
manée

Ça me fait penser que ce blog me redonne le goût d’écrire régulièrement. Comme le message de Manée, hier soir.
Comme Serge qui disait que quand il écrivait ses critiques de cinéma, il avait la sensation d’écrire plus avec le corps, qu’aujourd’hui les articles pour remplir le journal.
Avec son temps, avec soi, pour le plaisir.

Pour penser et se déplacer.
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& puis, je ne me sens pas assez en forme pour aller nager seule dans la mer à 13°, même avec la combi 5mm, et Thomas bosse la semaine, et d’ailleurs j’espère qu’il va bien!
Capture d’écran 2017-02-24 à 21.21.50(j’en profite pour mettre un dessin de Roger Bichard, j’aime celui-là qui représente l’été en vacances à la mer, avec les avions qui trainent des slogans..!)

& pendant ce temps-là, toute l’eau s’est évaporée dans la marmite à vapeur qui commençait à cramer, j’espère que les courgettes n’auront pas pris ce sale goût! Les ordinateurs doivent provoqués indirectement pas mal de dégâts de casseroles…

J‘ai retrouvé du poil de la bête, de l’énergie (MERCI 1000 fois à Catherine pour ses 2 séances d’acupuncture!!), mais je l’utilise au fur et à mesure, j’en n’ai pas assez pour refaire le stock nécessaire à un bon fonctionnement!! Penser à tout à l’avance m’est trop difficile, alors je dois faire plein de choses à l’arrach’..!

& il faut que j’ai 1 ou 2 beaux trucs à accrocher à Arles, pour accrocher les gens à mon travail…
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Voilà, c’est ça… ENTRE TEMPS
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l’atelier d’écriture du lundi – 1

Date : 26 février 2019

Atelier d’écriture tous les lundis midi, au Lien/Lieu.
Nous avons convenu que j’envoyais des consignes, quand je n’étais pas là…
Voici la page de consignes envoyées, avec des photocop de textes, et une lecture sur téléphone (mon scanner buggait, mais tant mieux, du coup, ça nous a fait un lien!) :
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+ le sujet est banal, et + on est obligé de maîtriser son écriture;
c’est le style qui fait que la banalité devient pure littérature/écriture
____________________________________________________________
lecture :
extraits d’une thèse sur l’écriture de Marguerite Duras et la banalité,
et quelques lignes de Duras (dans Ecrire – la mort de la mouche) lecture enregistrée sur mon téléphone

après ça, au boulot :
1 — il y a une mouche en train de mourir dans la pièce, sur la table.
En tenant compte de tout ce que je vous ai lu-dit sur le style, la banalité et la singularité, en rendre compte au plus près, comme si c’était votre cousine. Choix des mots, multiplicité des points de vue, ne rien laisser passer de l’observation, votre cheminement de pensée doit se voir sans que vous l’expliquiez
— (lecture de tous les textes)

2 — Sur une feuille à part, résumé en 5 lignes, grand dégraissage.
— on passe son résumé à sa voisine, à son voisin.
C’est le matin, vous prenez votre petit dejeuner, avec un livre où vous lisez ces lignes, dans l’ambiance quotidienne.
Vous commencez la journée avec cette mouche qui meurt, la cafetière (?), la tasse de thé…
Mêlez l’ambiance du début de journée, description petit dej, lumière du matin, les pensées qui vous viennent, ce texte de la mouche qui vous (pré)occupe…

3 — On passe le résumé qu’on a sous les yeux à sa voisine, à son voisin.
Vous êtes chez vous, vous rangez vos papiers, vous retrouvez ce texte que vous avez écrit l’année dernière.
Vous y repensez. Vous, avec vous même. Et maintenant ?
— (lectures des textes 2 & 3)

4 — On passe le résumé qu’on a sous les yeux à sa voisine.
Vous êtes au supermarché, au rayon insecticides. & vous repensez à ce texte, à cette scène.
— Un petit enfant à côté de vous arrache les ailes d’une mouche. Vous lui dites quelque chose en une phrase.
— (lecture des textes)
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Manée a eu la super idée d’enregistrer les lectures des textes écrits. (Et un peu de l’atelier, où j’ai compris que mes directives n’étaient pas assez évidentes pour être interprétées sans doutes ! je ferais mieux la prochaine fois, si j’ai le temps de peaufiner….) Du coup, avec en plus les photos, j’avais l’impression d’être là, avec vous!!

Voici des enregistrements, et des écrits ! Pas forcément dans l’ordre (je rame à mettre des fichiers audio, je ne suis pas très douée….)

 

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Bonjour Fabienne,
Comme convenu avec le groupe, voici mes textes de l’atelier de lundi. C’est toujours terrible de se relire « à froid » ! Si je m’étais écoutée, j’aurais bien modifié plein de choses….
A bientôt. Agnès

  • La fin de la journée s’annonce. Par la fenêtre ouverte je vois le soleil couler derrière la colline. Le calme et le silence accompagnent cette fin de jour. Dans ce moment où tout semble se préparer au repos, un vrombissement attire mon attention. Mes yeux quittent mon livre pour apercevoir à l’autre bout de la table une mouche. Elle a choisi pour se poser là où les derniers rayons de soleil caressent le bois patiné. Je l’observe. Je ne sais pourquoi. Tantôt elle est immobile, tantôt elle s’agite en mouvements inexpliqués. Inexpliqués pour une mouche. Une mouche, soit ça vole, soit ça se pose et ça attend, non ? Celle-là bat des ailes, tourne sur elle-même, s’arrête, puis recommence. Se posant alors toujours au même endroit. Dans le rayon de soleil. Elle s’arrête puis recommence. Encore. Dans une danse folle. Et bientôt je comprends. A chaque élan ses arabesques se font moins folles. A chaque retour sur la table son atterrissage se fait plus lourd, plus maladroit. Je comprends. Pourquoi a-t-elle choisi cet endroit ? Ce moment ? Mais choisit-on. Entendre son désarroi, comprendre sa peur, le puis-je ? Ce n’est pourtant qu’une mouche ! Mais moi je suis là. Seule avec cette mouche. Cette mouche que la vie quitte. A-t-elle choisi la compagnie de l’homme pour finir sa course ? Ne préfèrerait-elle pas être parmi les siens ? Elles sont stupides ces questions que je me pose, je le sais bien. Et pourtant je voudrais accompagner cette bête. Encore un peu. Et je sens que je vais sentir le devoir d’accompagner cet être-là vers sa fin. Et ça y est, déjà, cette fin elle est là.

 

 

et
Bonjour Fabienne,
Ça va ? Je t’envoie les textes de lundi, sur la mouche… C’était super.
A bientôt ! Emmanuelle

  • Alors elle est là. Je ne m’y attendais pas. Ca nous est arrivé plusieurs fois, à une mouche et à moi, de nous retrouver en présence. Pourtant. Combien de mouches sur le dos sous mes yeux en train d’agoniser et moi de regarder dans le vide, indifférente. Mais là, là une mouche mourante entre mes yeux et le support de la mouche mourant, une table blanche et grande, trop grand pour la mouche petite, un support inhospitalier pour la mouche en fin de vie.
    Pensait-elle, la mouche, partir un jour sur une grande surface blanche et lisse, trop peu naturel pour elle et son vécu de mouche ; une surexposition de mouche en train de décéder. Je la regarde cette fois, cette fois j’y fais attention, pour la première fois je la regarde la mouche, et non plus une mouche. Ses petites pattes de mouche graciles. Ses ailes bleutées de mouche. Elles ralentissent. Ses yeux éplorés de mouche presque morte, me dis-je, est-elle malheureuse la mouche ? La mouche.
    Son corps si fort pendant combien de temps ? Combien de temps dure une mouche ? Est-ce que la durée de l’agonie de la mouche est proportionnelle à sa durée de vie de mouche ?
    La mouche devient silencieuse, elle ne crie pas, sa peur de mourir ne se voit pas, est-ce qu’elle sent qu’elle va mourir la mouche ?
    J’ai envie d’être là, plus près d’elle, de lui transmettre mon envie de caresser l’une de ses pattes, doucement, lui dire « n’aie pas peur, tu n’auras pas mal ».
    Je vois la mouche bleutée en majesté qui fait des petites convulsions ; quel est le poids de l’âme de la mouche.
    Je ne veux pas la laisser seule. Je veux rester à côté de son petit corps frêle et touchant. Je ne veux pas qu’elle ait froid avant de partir.

et

  • Un matin comme tant d’autres. Cris stridents du réveil. Couleur du ciel derrière les persiennes. L’eau clapote dans la bouilloire. Sur la table le bol bleu, le pain, la gelée des fruits du jardin. Des gestes mécaniques mille fois répétés. Cette routine pourtant si calculée pour relancer la machine avant de commencer la journée. Le thé infuse dans le bol bleu et je reprends sur la table mon livre laissé la veille. Chapitre 9. Cinq lignes. Cinq petites lignes au milieu d’une page presque blanche. C’est vite lu cinq lignes. Et là normalement je pourrais continuer ma lecture. Je m’apprête d’ailleurs à tourner la page. Mais non. Je relis le chapitre 9. Dans ces cinq lignes quelques mots qui racontent une mouche et un homme. Et dans ces cinq lignes je ressens soudain comme une évidence le désarroi de l’homme devant la mort de la mouche. Cette mouche. Et par ces cinq lignes c’est moi maintenant que le désarroi assaille. Je referme le livre. Ce matin, pas de tartine. L’heure a tourné, il faut que je bouge. Comment vivre une journée qui commence avec une mouche morte et un homme désemparé ?

et

 

  • Je déteste les papiers. C’est maladif. Toute cette paperasse administrative. Des formules toutes faites, des chiffres. De la lecture sans vie ni style. Indigérable. Du blabla. Mais bon, je me le suis promis comme un challenge : « Agnès, tu dois trier et ranger ces tas de papiers avant le jour du printemps. Daté. Signé. Ça fait à peine une demi-heure que j’y suis et déjà je faiblis à l’ouvrage. Je souffle, je râle, je peste. Quand je trouve, glissé entre deux relevés de banque, un texte griffonné au dos d’une enveloppe. L’excuse inattendue pour faire LA pause inespérée au milieu de cette corvée. Je pose l’enveloppe un peu froissée sur la pile de chiffres et je lis. Cinq petites lignes mal tracées. La mouche. Et quand je repose le papier, vous me croirez, ou pas, et bien elle est là devant moi cette mouche. Elle est là. De nouveau je la vois. Et je sens encore une fois que je ne serai rien d’utile pour elle.
    C’est définitif, je déteste ranger les papiers.

et

  • Qu’ai-je fait de toi ?
    Ce souvenir a disparu.
    Tout est à nouveau là. Qu’ai-je fait de toi ? Pour poser ton souvenir sur papier, qu’ai-je bien pu faire de toi ? Qu’ai-je fait de l’image de toi ?
    Est-ce la fin de toi ? Ou de toi ?
    Quelle était cette lecture liée. D’autres papiers reviennent à moi aujourd’hui, mes doigts fouillent et ce désordre de papiers dans mes mains constitue le puzzle du temps presque passé. Il y a une photo, un visage manquant, je me retrouve avec une silhouette inconnue, sans tête, c’est si loin si proche. Petit insecte bleu que j’ai regardé mourir. Je t’ai regardé. Pour la première fois je regardais la mort en direct. Et tes ailes perdues réclamaient un arrêt anticipé. Je t’ai regardé mourir sans pouvoir rien faire. J’ai usé de ce moment pour soigner une autre mort. Plus volatile. Plus vaine. Plus chienne.
    J’aurais voulu mourir à ta place ce jour, pour cesser de pleurer et de suffoquer. Ta mort de petite mouche a pris tout son sens. J’ai pensé, ou maintenant je le sais, à ton âme et à ta douleur, à ta capacité d’être vivant à générer d’autres respirations. Inspirations. Expirations.
    Universelles.

et

 

Merci pour cette écriture à distance!!


des jolis messages

Date : 26 février 2019

• un message d’Iris, samedi matin, qui spécifie :
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• un message de/à Violaine, pour la remercier de la lettre-paquet que j’ai trouvée en rentrant chez moi, réexpédiée depuis St Gratien (elle me l’avait envoyée pour le vernissage, et personne ne me l’a remis dans les temps…)
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C’est une petite veste que je lui avais empruntée, lors du vernissage de l’expo à la médiathèque Cabanis, à Toulouse, en janvier 2017… Va falloir d’autres vernissages, maintenant que j’ai cette belle veste en mission!!
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• un message de Corinne, dimanche aprèm, avec une lecture d’île…
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• un message de Pascale, dimanche soir , qui a vu un super panneau :
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• un message de Manée, qui me rappelle mes devoirs du dimanche soir/lundi matin !
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• et après l’atelier, lundi après-midi :
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et un autre mardi après-midi, lors de la permanence au Lien/lieu :
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• un autre message de Corinne & Bruno, mardi soir, qui sont partis en escapade improvisée à Dieppe, (avec les beaux dessins de Bruno)
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dernier(s) billet(s) avant de partir

Date : 24 février 2019

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(vu à Albi vendredi)

Gilles passe tous les jours au Lien/Lieu, et s’assoit à la table après une poignée de main, pour discuter un peu.
— Ils ont peur des handicapés. J’vous assure, madame.
Un jour une femme lui a parlé dans la rue : — C’est gentil
— Vous m’avez dit bonjour, je vous ai répondu !
— C’est rare.

— Pour eux, on n’est pas normal !
— Au Balto, c’est là que je vais faire mes jeux ; on se connaît.
Ça compte énormément d’acheter la confiance de quelqu’un
(drôle de terme, acheter la confiance, ça fait un peu filou !)
— La mentalité corrézienne : t’as de l’argent, ils te connaissent, t’as plus d’argent, ils ne te connaissent pas. T’es au chômage, ils ne te disent plus bonjour.
Il raconte la fois où il a joué 50 contre 1 à une course, parce que le nom du jockey le faisait rire. Il a gagné 700 €. Le buraliste ne voulait pas le payer, disant qu’il n’avait pas assez d’argent en caisse. Alors il l’a menacé d’aller porter plainte, car c’est illégal.
— J’suis peut-être handicapé, mais j’suis pas toccard.

Il attend sa retraite. Il ne sait pas combien il touchera, ni quand. Il énumère tous les boulots qu’il a fait, avec quelques périodes de chômage.
— J’ai été exploité, vous savez, madame.

Le lendemain, il n’a pas trop le moral car on l’a prévenu que sa mère était entrée à l’hôpital à la suite d’un AVC. Elle l’a rejeté enfant parce qu’il était handicapé et il a été placé, puis plus tard elle a reconnu que ce n’était pas de sa faute, dit-il. Il lui téléphone pour avoir des nouvelles (mais elle est paralysée sur la moitié du corps) mais ne peut pas aller à Paris.
— Ça va me faire drôle, madame, si jamais..

Mercredi, il semble préoccupé.
— J’ai quelque chose à vous demander, mais ça me gêne… ?
— Allez-y, je vous écoute, je vous répondrais…
— Mais ça me gêne…
— Mais si vous ne me dites pas quoi, je ne peux pas vous répondre oui, non, peut-être ou je ne sais pas..!
— Mais vous me dites, hein…
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(dessin de Roger Bichard)
— Vous revenez quand? A peine vous serez là que je vous les rendrais, en 2 fois, je vous jure !
— Mais je vous crois, Gilles, ne vous inquiétez pas !
Comment vous mangez quand vous n’avez plus de sous ?
— Oh, je picore ! dit-il en riant sans sa barbe.

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20190220_153612Manée a apporté son catalogue des dessins de Roger Bichard, édité par le musée Sabourdy, celui du Lien/lieu a disparu pendant le déménagement de PEC, il n’est pas encore ressorti d’un carton. Je suis vraiment contente de le voir, même si quelques doubles pages (avec un dos carré/collé, ça pose des problèmes de raccord…) me feraient hurler dans d’autres conditions d’édition et de coût. Pour 10 euros, c’est juste formidable de faire un catalogue accessible pour tous.
(si vous (n’)avez (pas) vu l’expo, je vous engage à acheter le catalogue, directement au musée Sabourdy, 10 € + frais de port, ou en profiter pour aller voir la nouvelle expo…)
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Du coup, je le montre et j’en parle à toute personne qui vient !

On est en train de discuter avec Serge venu récupérer les archives qu’il m’a confiées, quand Sylvie Christophe vient avec ses affaires pour travailler l’après-midi sur la grande table en face de moi. Chic!
Pour une expo en Allemagne cet été ou en septembre (je ne m’en rappelle plus), sur la cartographie. Sylvie tisse le papier, des bouts de France avec des bouts d’Allemagne, avant de découper un motif de ponts dans la mer, pour ouvrir un passage…
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Elle nous parle d’une famille albanaise dont elle s’occupe, qui a émigré pour fuir la mafia. Les grands parents ont subi à leur tour des pressions, et sont venus rejoindre leurs enfants, en voiture en passant par la Croatie. La France rejette leur demande d’asile, leur imposant de retourner en Croatie, malades et sans famille…
Dublinés… un nouveau sale mot.
Avant qu’il apparaisse, c’était Dubliners de James Joyce, ou alors les Dubliners, qu’on a connu jouant avec les Pogues…
Alors une petite chanson irlandaise sur l’émigration….

https://www.youtube.com/watch?v=PSYkKpii1kc

Comme nous évoquons des chances différentes pour tous, c’est à se demander si ange gardien n’est pas un boulot rarissime…
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Avec en plus la mort de Bruno Ganz, un des 2 anges des Ailes du désir, de Wenders…

 

 

Nous cherchons des formules à ange gardien : Serge propose l’ange gardien de b(r)ut(e), il y a aussi l’ange gardien de nuit… (nous rejetons l’ange gardien de la paix…) à suivre…

Le lendemain jeudi midi, Sylvie vient rechercher les affaires qu’elle avait laissées en partant donner son sang avec sa fille mercredi soir. Elle va déjeuner au foyer-logement RESIDENCE DE NACRE (pour personnes âgées, 24 logements). Parmi les activités, il y a le tricot le jeudi après-midi, et un atelier d’écriture par la compagnie Homo sapiens, avec 5 ou 6 participants… Il faudra que j’aille y faire un tour !
Sylvie est élue aux affaires sociales, avant elle s’occupait de la culture. Elle évoque la loi ASV : adaptation de la société au vieillissement ; tout un programme !

& puis, avant de partir, finir les pages intérieures pour le journal de PEC (avec poster géant, tant qu’à faire !) :
rougeaffiche journal fevrier 2.1

aussitôt imprimées, accrochées en bonne place au Lien/Lieu.
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Les rdv sont pris !


décrire / écrire

Date : 24 février 2019

Mardi
Un atelier d’écriture, à partir d’une photo de Laurent Millet

20190219_123027Préparer la salle avec David, nouvelle planche solide et tréteaux non déboités, qui permettent de poser le grand et lourd cadre en bout de table contre le mur

Je masque la moitié de l’image avec du papier kraft, et la totalité avant que les participants arrivent

 
– On se met par groupe de 3 ou 4

•1 « aveugle », 1 qui décrit, 1 ou 2 qui notent les descriptions
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– puis l' »aveugle » ouvre les yeux, et exprime les différences entre ce qu’il voit et ce qu’il a imaginé ; dialogue
• tout le monde regarde et choisit un détail dans l’image
– description très objective, ce qu’on voit, où, comment
– interprétation, description plus personnelle. Laisser aller son esprit aux associations d’idées
• 2ème partie de l’image, même procédés. (on cache la 1ère partie, pour mieux voir la 2nde)
• Puis on lit ce qu’on a écrit
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• On regarde les 2 parties de l’image. Qu’est-ce qu’on voit ? que se passe-t’il entre la partie 1 et 2 de la photo
faire dialoguer les 2 parties
• Puis on lit

• interprétation/fiction
– mettre un personnage qui a réalisé ces structures dans le paysage
– quelqu’un qui le trouve en se promenant
– (si vous avez fini, quelqu’un qui regarde cette photo)
• On lit les 2 textes
• rapide présentation du travail de Laurent Millet (des dispositifs armature de la pensée ; des masses spaciales, structures de développement & repliement ; expérience permanente du plan ; travail sur le principe de la perception ; la photographie comme machine optique, régulation de la perspective ; l’œil fait le point, l’optique mécanique planifie la vision ; délimitation des formes dans l’espace ; part poétique de la méthode
(blog de l’artiste avec images formid)
• discussion sur l’atelier et les procédés, cette expérience de « vision »

En journaliste voisin, Serge est venu voir ce qu’on trafiquait, et un article est paru le lendemain dans l’Echo (qui donnera des idées dans les chaumières ?)
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En parlant de vision, d’interprétation et de regard aveugle, le reflet avait son mot à dire.
La photographie inconsciente, un nouveau sujet à développer?

Les participants étaient contents, bel effet de groupe, et certaines écrivent des choses élaborées (rdv pris pour le printemps des poètes!)

Atelier d’écriture à suivre tous les lundis, entre midi et 14h !


un lundi aux soleil et lune

Date : 24 février 2019

Lundi matin,
j’accompagne David Molteau à Brive, au centre culturel Jacques Cartier, « cœur de ZEP » (accueil, loisir, cours de français et langues, suivi extra scolaire…)
Ce sont eux qui ont contacté PEC après hésitation à cause de l’étiquette « art contemporain », avec la crainte que ce soit inaccessible à leur public.
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Pour son boulot, plutôt que médiateur et réception du public, il préfère dire et penser « des personnes », plutôt que l’anonyme public.
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Le début de la collection de l’artothèque date des années 80, avec 1% de femme (Sonia Delaunay, …). Au fil des ans, la collection se féminise , maintenant à parité, avec 4500 œuvres. C’est la seule artothèque à dimension régionale.
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David dit qu’on ne sait jamais comment les rencontres vont se passer. Ça le passionne.
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— Ça dépend de moi, si je suis en forme, d’eux, il suffit qu’il y ait une histoire dans la quartier pour que ce soit tendu.
Il les laisse parler librement sur les œuvres & dit qu’il en apprend beaucoup.
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RDV avec des jeunes, qu’il a rencontrés en octobre en les emmenant à Vassivière, voir les sculptures dans le parc (pas le centre d’art).

Là, il y a un accrochage d’une petite dizaine d’œuvres de l’artothèque, depuis 15 jours, qui restera 1mois1/2.

Yacine, Leur animateur est avec eux

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— Alors, vous connaissez la thématique ?
— les zhéros, heu, les Héros
David explique rapidement le choix des œuvres en lien avec la thématique, avec la mythologie, le style graphique, …
On se déplace devant les œuvres.
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On commence par un triptyque de Cueco, des sérigraphies qui datent de 1969. Un style d’œuvre que je ne connaissais pas du tout, la série des « hommes rouges ».
— C’est des gens bizarre. Il a pris une femme & il a fait des dessins.
— Vous avez vu qu’on retrouve des personnages ? Vous savez qu’on peut reproduire un motif avec du calque ou avec des projections ?
— au collège on a des vidéoprojecteurs. On est riche nous, on en a dans chaque salle !
— C’est à quel moment ?
— L’empire romain.
— C’est à Paris.
— On y trouve quoi ?
— La sous-préfecture
— L’assemblée nationale
— Des gratte-ciels. Ils grattent le ciel.
— Plus tard, j’vais habiter là-bas !
— Pour te faire voler ton sac, encore ?
— Gris, c’est la couleur de quoi pour un bâtiment ?
— Ah, la couleur du béton. Sans fenêtre, sans rien.
— Ça représente quoi, ces 3 œuvres ?
— La libération
— Ah, liberté, égalité, fraternité, c’est ça ?
— Où tu vois la fraternité ?
— Parce que y’a ça
Ça date de quand ?
— C’est un gars qui a dit ça.
— C’est la révolution française ; en 1826
— Non, 1786
— Au printemps ?
— Lui, il parle aussi de mai 68, ça vous dit quelque chose ?
— 1068 ? prise de la bastille.
David explique 1968. Il n’y a pas très longtemps.
— Si, c’est y’a longtemps ; mon frère il est né en1983
— & le poing levé, là ?
— La statue de la liberté.
— Delacroix. C’est au Louvre, on l’a vu à Paris !
— Vous y êtes allés ?
— Oui, une femme avec un drapeau
— c’est un symbole politique

Nous allons devant une sérigraphie de Monory.
monory
— C’est quoi ça ?
— On dirait un cirque
— Les gens on dirait des pingouins
— Des trucs qui volent, multicolores
— Au bord de plage, y’a des gens en maillot de bain
— Une sorte de cerf-volant qui vole avec son chien derrière
— Le sport de l’oiseau
— D’ailleurs ça s’appelle Delta plane
— Peut-être qu’il a envie de voler, le chien
— & ici, il y a des ailes d’ange
— des vraies ailes ; en fait, des vraies.. ?
— Vous connaissez Icare ?
— On n’était pas né
— Le Minotaure ; on dirait un extra-terrestre. Pour se libérer il se brûle les ailes
— Icare se fait des ailes pour sortir du labyrinthe
— Il a pas écouté son père qui lui avait dit de pas s’approcher du soleil, du coup il est tombé
— Vous connaissez des personnages mythologiques, moitié homme/moitié animal ?
— Le Minotaure ! Le centaure ! le loup garou ! la sirène !
— C’est quoi ; une tête de chacal ?
— Comme un loup un peu
— Il mélange la période contemporaine, la plage, le sport, avec un élément de la mythologie.
Le fil d’Ariane est utilisé dans ce mythe pour sortir du labyrinthe et se fabriquer des ailes.
— Vous en connaissez des labyrinthes ?
— Au jardin de Colette
— Ah oui, en forme de papillon
— quand on n’y a été il y avait 2 équipes, ceux qui ont réussi à sortir ont pris le thème foot. Ils sont restés même pas 5mn, ils sont sortis direct. L’autre groupe a pris pour thème la mythologie grecque. Ils ne sont pas sortis !
— Vous voyez les couleurs, du plus chaud au plus froid ?
— Comme le jour à la nuit
— Lui a appelé ça des couleurs toxiques.
— Mais c’est pas toxique !
— Ce ne sont pas des couleurs de peintre à son époque..

Suit une sérigraphie d’Erró.
erro
— Comme Monory, il utilise le calque et la projection
— En plus, ça se voit pas que c’est calqué
— Toujours cette technique du collage
— Il y en a trop pour décalquer
— Trop de poisson
— Tu crois vraiment que dans la mer il y a autant de poissons, frère, tous les arabes y z’y seraient !!
— D’où il a tiré ses images ?
— Google
— oui, c’est vrai, mais à l’époque, en 1985, il n’y avait pas internet
— Est-ce qu’ils sont dans l’eau, là ?
— Pas possible qu’il y ait de l’eau, parce que le gars, y sort du feu
— Pas possible d’avoir du feu dans l’eau
— Ou à marée très basse
— Les poissons ont senti que c’était la fin du monde
— C’est en 2 parties, qu’est-ce qui se passe en haut ?
— Des terroristes
— Des soldats en arme ; qui tirent partout
— Ils sont tirés d’une BD. A l’époque, c’était la 2nde guerre mondiale ou la guerre du Vietnam
— Ils tirent sur des fruits de mer ; des animaux marins
— Nous on fait la reproduction des poissons
— Nous on a opéré un asticot ; en SVT
— On a coupé une grenouille
— Nous une sardine ; franchement !
— On répond aux questions
— Pourquoi ça vous évoquait la fin du monde ?
— Ils se regroupent tous pour la mort
— & par rapport au thème, qui sont les héros ?
— Les soldats !
— les poissons !
— c’est une scène de guerre entre des poissons et des humains
— Pourquoi voulez-vous que les poissons s’embrouillent avec les humains ?
— Pourquoi 30/90 ?
— C’est la longueur et la largeur
— les 30, les poissons, les 90, les humains
— le prix, entre 30 et 90 €
— C’est le 30ème tirage sur 90
David parle de la technique et du multiple.
— Il a écrit mal Erro ! (héros)
— C’est son nom d’artiste ; c’est un hasard
— Le 30ème tableau entre tous les 90 ; c’est Netflix
— Vous connaissez la sérigraphie ?
— On n’était pas né, monsieur, on est né en 2003.
— En 2005
— Est-ce que vous connaissez Andy Warhol ?
— Si, ils connaissent, mais ils savent pas qui c’est.

Un triptyque de photos de Michèle Waquant (2000)
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— C’est des enfants
— Il a pris des photos, il l’a flouté
— Elle a zoomé
— Elle a dessiné la cape ?
— Elle a rien dessiné
— La cape on dirait du dessin
— C’est retouché
— & par rapport au thème ?
— La cape elle représente un super héros
— Sur un parking
— Un cours de primaire
— Ils jouent
— Ils dansent
— Pourquoi c’est flou ?
— Pour pas qu ‘on voit leurs visages
— y z’avaient pas l’autorisation
— Est-ce que ce n’est pas le principe du super héros d’être masqué ?
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— Il a une double vie
— Comme Batman ; Superman
— Zorro ! (On voit une autre génération…)
— Ce sont des silhouettes en train de jouer. En triptyque.3. Dans cet ordre là.
— Pourquoi on n’a pas le droit de changer de place ?
Elle l’a imaginé comme ça.
— Le milieu est bleu, pourquoi ?
— les Schtroumpfs
— La cape change
— Y’a le côté fille et le côté garçon

Puis les araignées. C’est moi qui les appelle comme ça. Une sérigraphie en noir sur fond parme, qui pourrait presque être une grande photocop sortie d’un fanzine. Je n’ai pas pris de photo et ne sais plus le nom de l’artiste, un jeune gars. Il ne vous reste plus qu’à imaginer…
— C’est une des œuvres les plus récentes, 2009, en sérigraphie, encore
— c’est la prison
— Ils jugent
— Une salle enfermée
— Une phobie
— Peut-être elle est folle, elle est dans une salle
— Ils veulent la punir ; ils ont mis des araignées dans une salle, ils l’ont enfermé
— Elle dresse les araignées
— C’est pas gai
— c’est un dessin au pinceau ? Une gravure, non ?
— Ça se voit, c’est un ordinateur qui l’a fait
— Les araignées vont l’attaquer
— Une dame blanche ; les araignées sont ses gardes
— C’est normal que l’araignée a 8 pattes ?
— C’est une arachnide
— La femme révise son brevet. Elle s’appelle Maïssa
— Elle a besoin d’être tranquille
— Peut-être que c’est la vision d’une caméra ?
— c’est un mystère

A côté, vite fait, le temps imparti est passé, une aquarelle de Daniel Shlier (1990)
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— un personnage comme dans des jeux vidéo
— Qu’est qu’il a à la place des jambes ?
— des armes

& une gravure de Waydelich (94)
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— Pourquoi cette œuvre ?
— Des loups garou
— Un mélange de légende moitié animal/humain
— Un chien qui aboie
— Qui parle ; un peu comme une BD ; comme une bulle
— Elle mélange une technique ancienne & la BD

Puis David et Catherine me demandent de me présenter.
Je dis que j’ai fait les B.A., que je suis artiste et auteur. Que je travaille avec/sur les mots, en cherchant des formes plastiques, graphiques et dans l’écriture.
Les jeunes baissent la tête ou me regarde comme une bête curieuse. Le jeune homme devant en survêt bleu me demande un peu timidement
— Vous écrivez pourquoi ?
J’explique que chez moi on ne parlait pas, ou juste pour dire « passe-moi le sel ». Qu’on ne parlait jamais d’impressions, de sensations, de sentiments, de choses qui nous émeuvent, de poésie…
— Bonne chance, madame.
Alors je leur dis que non, qu’écrire pour soi, ce qu’on veut, tout le monde peut le faire, que c’est joyeux, ce n’est pas comme à l’école, on fait ce qu’on veut ; l’écriture c’est un espace de liberté et de création ; qu’on a le droit d’écrire ce qu’on veut et comme on veut ; de faire des fautes, d’inventer des mots ou une manière de les écrire, de construire des phrases sans verbes sans articles, sans ponctuation, comme elles nous viennent, de mélanger les langues, d’écrire sur ce qui nous préoccupe, de nous amuser, de faire des collages avec des mots….
Ils m’écoutent dans un silence religieux. Je ne sais pas si je les emmerde profondément ou s’ils entendent le message. Il semblerait que oui…
On ne sait jamais comment les graines semées poussent…

Plus tard, quand les enfants sont partis, Yacine nous raconte un atelier d’expression : il leur posait des questions, ils répondaient par oui/non. Il leur a alors dit de s’exprimer dans la langue qu’ils voulaient, et on ne pouvait plus les arrêter.. !
Le jeune homme qui m’a posé la question et dit bonne chance ! est d’origine portugaise.
Il y a de plus en plus de stigmatisation des quartiers, moins de mixité sociale dans les classes, (avec le fait de pouvoir inscrire les enfants dans un lycée autre que celui de leur quartier), ouvrant des possibilités comme il y a une trentaine d’années avec toute une génération de jeunes qui ont poursuivre des études « normales » ; où régnait moins le « c’est pas pour nous », même inconscient.

20190218_114058Puis Catherine et David ajustent leurs agendas pour les nouvelles rencontres autour de l’exposition, avec des classes cette fois, pendant que je regarde ce qui est affiché dans le bureau.

En discutant agenda, Catherine évoque le nom de Claudie, qui doit faire un atelier feutre/motif avec des femmes, sa 4ème intervention au centre social, fin avil. La Claudie que je connais ? (il ne doit pas y en avoir 1000 avec ce genre de pratique plastique et humaine). C’est bien Claudie Guyennon-Duchesne, l’amie de Violaine !! Le monde est décidément petit parfois !
(1ère intervention en gravure / 2 en textile / 3 jardin céramique / et maintenant avec le musée de Brive, tapisserie, tampons et la filature Terrade.)
Capture d’écran 2019-02-19 à 21.28.13J’ai trouvé des images d’une précédente expo au musée de Brive, du boulot de Claudie et de celui réalisé avec des femmes au centre Jacques Cartier.
Ça, c’est un des boulots de Claudie, en feutre et broderies. Elle a aussi illustré un livre, Ginettes, avec un texte de Sophie Braganti, regards croisés sur le sexe féminin et ses diverses représentations. (je devais imprimer le texte, et j’ai trop laissé trainer…)
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Mais revenons à nos moutons….!

Dans le couloir en haut de l’escalier, un plan de Brive est accroché.
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Un plan de Brive vu par les habitants du quartier de Tujac.
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Un beau travail réalisé avec les enfants et les adultes (et par un super graphiste !) Catherine m’en donne un.
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A la maison, j’ai un autre plan de cette Géographie subjective, d’une autre ville, même travail d’équipe  avec Pierre Cahurel et super boulot
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Nous déjeunons avec Catherine dans un petit resto au soleil, espérions-nous. C’est à l’ombre, genre « sympa » tout en plastique coloré sur fond gris, pas très bon, avec de petites portions et une grosse addition.
Mais nous discutons du travail de David et de celui de Catherine, dans cette ville de Brive, qui m’a semblée aux passages plutôt planplan, très « propre » sur soi et très pavillonnaire, petit chez soi, petit jardin, voiture propre et grande clôture.

Toute cette politique et injonctions qu’on nous rabache sur le « vivre ensemble » & la mixité, toujours appliquée aux quartiers populaires et jamais pour les « riches ».

Dans le quartier de Tujac aussi, devant le centre culturel, on a démoli des immeubles pour reconstruire de petites résidences, mais cette vue des jardins-cours palissadés m’a semblé un peu terrifiant. En passant devant les façades toutes identiques et côté à côte, je me disais que ça ne ressemblerait pas à ça en Angleterre…
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Dans la voiture, David évoque sa vie à la campagne sauvage à 30 km de Tulle, la maison en bois qu’il (a) construit lui-même (ce qui permet terrain+maison pour 50 000 € et beaucoup de travaux avec l’aide d’amis pour les plus techniques) et son amour du VTT, qui lui a valu 2 fois une épaule cassée, et autres contusions multiples. Ce we avec son fils, ils ont fait des acrobaties, peur, mais super. Il me montre des monts dans le paysage, où il aime aller avec son fils.
Pascale est originaire du coin, pas lui. Il évoque le père de Pascale, qui voulait être armurier, jouant enfant à Oradour/Glane, sur un tapis de douille, avant que ça devienne « mémoriel ».

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Rentrés à PEC, on cherche avec David dans l’artothèque (si bibliothèque a aussi le sens d’étagères avec des livres, les étagères à œuvres nouvellement construites devraient pouvoir s’appeler artothèque…) une œuvre qui nous servira de base pour l’atelier d’écriture du lendemain.
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Avec cette exigence de ma part : que ce soit une œuvre qu’il ne « connaisse » pas, peu familière pour lui, pour qu’il soit à égalité avec le groupe.
Nous en sélectionnons plusieurs possible (pour d’autres ateliers?), dont celle-ci de Mireille Loup, que j’ai rencontrée à Arles chez Marianne.
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un dessin de Guillaume Dégé
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C’est l’heureuse élue :
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& je repars au Lien/Lieu pour y travailler.
Juste comme Serge passait direction L’Echo et s’arrêtait dire bonjour, une distraction venait à nous : un essai du nouveau jouet des pompiers
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Une fois l’exercice terminé et alors qu’ils remballent, un jeune homme demande s’il peut se faire photographier assis au poste de pilotage de la grande échelle + nacelle (une vocation à naître?)20190218_154547
On apprendra le surlendemain dans l’Echo que c’était le jour de sortie du camion des pompiers…
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Le soir, la Réunion des amis de la Barrière que Dominique m’a signalée, dans le local de Tulle Accueille à 18h20, avec vue sur la pleine lune en m’y rendant.
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Surprise, j’y retrouve Paloma ! et 6 visages connus et inconnus.
résumé :
Assemblée générale  : activités 2018
– déambulation tout au long de la rue avec Noël Gayraud
– repas festif en juin dans le square Renteria, sous les lampions
– soupe-party en décembre
– « crottoir » retiré (grand sujet de l’asso)
– démarrage du jardin partagé (avec le renfort de A bicyclette, d’Alternatiba et du Battement d’ailes)
création de terrasses côté escalier Mondégout (quel nom !)
« le projet a pour ambition de créer des liens parmi les habitants de la rue et de créer un lieu convivial dans le square Renteria. »
– projet installation de bacs à compost, en mai 2019
– rue de la barrière fait partie du projet « cœur de ville », travaux et amélioration dans la perspective d’un cœur de ville accueillant, dynamique et confortable…
(les villes ont toujours un cœur et un ou des poumons, quant au reste de l’anatomie…?)

perspectives 2019
– plantations + compost
sensibiliser les collégiens et lycéens qui fréquentent le square, dans le but de prévention des dégradations constatées, pas forcément volontaires
– fête le 21 juin avec musique (pas besoin de payer la Sacem…)
— et expo (photos d’une lycéenne. Au Lien/Lieu?)
– soupe-party en novembre
– naissance le 21 mars 1920 de Maurice Schérer, dit Eric Rohmer, à Tulle, rue de la Barrière. 100 ème anniversaire de la naissance du réalisateur, si la famille est d’accord (lui était contre toute commémoration-hommage), apposer une plaque commémorative sur la maison.
– relier les habitants du « haut » et la partie aval, entre le pont de la Barrière et l’église Saint Jean
– installer des enseignes en façade, rappel historique et visuel de l’activité commerciale et artisanale passée.

(Ce serait bien, des panneaux avec au contraire les projets et la vie des habitants actuels dans ces vieilles rues, que le cœur batte aussi au présent!)

Puis papote, pâté, fromage, coup de rouge, évocation des figures pittoresques de la rue (va falloir que j’étudie ça..!!). En partant, le groupe se divise entre ceux qui descendent et ceux qui montent la rue, groupe qui s’essaime au fur et à mesure que les gens arrivent devant chez eux, avec visite de quelques cours d’immeubles réhabilités avec beaux escaliers collectifs, portes remarquables.

Je suis seule à aller tout au bout de la rue, et je rentre à mon gîte accompagnée par la lune (Tulle by night, on ne croise pas foule…)

 

 


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