Atelier d’écriture dans la salle de la mairie, avec tous les présidents de la république accrochés au mur, en ringuette, par ordre de succession, de De Gaulle à Macron (Sarko est dans le renfoncement)
Avec l’aide de Pierre Tilman et son C’est l’histoire d’un type…
(L’occasion de (re)voir des affiches de Le cas échéant…)
Ou dans une médiathèque ailleurs, une semaine comme une autre est une autre semaine… avec les Leçons de chose d’Hervé Brunaux et parfois la difficulté à écrire ou à lire
avec le beau corbeau en papier découpé de Christine Carte, pour clore ce post
Avec le dispositif campagnonnage de la région Nouvelle-Aquitaine :
A une trentaine de km de Tulle en passant par campagnes et forêts par des petites routes, feuilles rousses la 1ère fois, forêt enneigée 15 jours plus tard, on passe directement d’un bel automne à l’hiver précoce. Seule dans la forêt éclairée par les phares le soir en rentrant, ou dans l’après-midi en y allant, je pense à l’atelier d’écriture, aux mots qui résonnent avec le paysage…
Justement, après Chez nous (d’après Géraldine Kosiak), c’est la lumière de Nicolas Cendo qui nous guide…
15 jours après, avec la neige, Les Djinns de Victor Hugo, augmentation et diminution
atelier d’écriture n°4 du mercredi 17 novembre Aujourd’hui, nous allons travailler à partir de Stèles de Victor Segalen « La forme Stèle m’a paru susceptible de devenir un genre littéraire nouveau, dont j’ai tenté de fixer quelques exemples. Je veux dire une pièce courte, cernée d’une sorte de cadre rectangulaire dans la pensée, et se présentant de front au lecteur. » Le projet du livre n’était pas évident : Briques et Tuiles présente d’abord une série de « réflexions personnelles qui sont devenus des stèles ». Le passage de ces notes à Stèles s’opère par gommage de tout « exotisme » au sens touristique du terme, effacement du voyageur au profit de l’objet lui-même, abolition du regard pour le seul regardé. Art lapidaire, densité et concision La stèle circonscrit un espace et fixe un moment du temps dans son rectangle. Structure interne qui varie peu : proche de l’épigramme et du sonnet, presque toutes les stèles se terminent par un trait expressif : produire un effet de surprise ; ou couronner une gradation amenée. Composition souvent en 2 parties: 1ère partie pour exposer une anecdote, un fait… 2nde suggère le sens allégorique de ce qui vient d’être dit (le lecteur effectue le décryptage.) L’allégorie, chez Segalen, c’est dire autre chose faute de pouvoir exprimer directement l’essentiel, qui est indicible. Selon 3 aspects : – opposer deux attitudes, opinions, idées… tout en conservant la diversité – après avoir utilisé la feinte et la ruse dans la première partie, il dévoile soudainement et laconiquement, voire ironiquement ses sentiments profonds – élimination radicale du premier volet, usage de l’allégorie
Précédés d’une préface, les poèmes sont répartis en six ensembles :
Stèles face au Midi : stèles portant les décrets, l’hommage du Souverain à un Sage, l’éloge d’une doctrine, un hymne de règne, une confession de l’Empereur à son peuple…
Stèles face au Nord : stèles amicales
Stèles orientées : stèles amoureuses
Stèles occidentées : stèles héroïques et guerrières
Stèles du bord du chemin : stèles sans thème prédéfini, qui « suivront le geste indifférent de la route »
Stèles du milieu : stèles portant « les décrets d’un autre empire, et singulier »
1 — faites vos stèles érigées à différents endroits de la ville
Sylvie :
L’ARC-EN-CIEL Comme une pluie après l’orage, le prisme des couleurs s’étale. Voici donc le roi Coniculus qui s’avance, en majesté, il marche sur l’arc, il est vêtu de son manteau à sequins. Les collines le portent et son regard embrasse le paysage jusqu’à l’horizon. * Rendons grâce à ses beautés singulières et à ses merveilles. Les ténèbres s’ouvrent à son passage. Le ciel mauve scintille en mille gouttelettes et je m’émerveille.
LE PARC Grave plaine verdoyante, elle porte des fruits, espèces selon leurs noms. Les odeurs sures et puissantes font frissonner mes narines, les plaqueminiers débordent en grappes et font ployer les plus hautes branches. – Les vieux palmiers ont été brûlés la nuit dernière, j’enrage. * Pour ces infâmes et lâches mioches qui traversent tes douves, décidément ils troublent notre sommeil. Que ce dieu qui a déclenché la foudre regarde ses pieds. Disons que ces arbres ne sont pas morts.
LE GRAND ÉPICÉA Les étourneaux tournois dans le ciel gris et l’obscurcissent. Des ténèbres rondes et mouvantes planent au-dessus de nos têtes. Silence. Les branches se courbent chargées de têtes d’épingles. Rien ne bouge. L’énigme de leurs tournoiements et de leurs arabesques nous obsède. * Le sens caché ? La danse noir des oiseaux ? Que devinons-nous dans l’obscurité de notre monde-terre ? Il garde ses fragiles et modestes secrets : son tronc est énorme et son écorce épaisse. Nous venons en pèlerinage et tournons autour de l’épicéa. Oh Maître du jardin quadrillé.
LES TAPIS DE CYCLAMEN Encore et toujours les cyclamens ! Ils reviennent par période dans le parc souverain. Deux lions gardent l’escalier, leurs babines se soulèvent. Rémy et Colette abusent, c’est la fin du livre vert, le plus beau moment de l’année. Ils se sont retrouvés pour hanté ces lieux. Je me penche vers leurs petites têtes violacées, elles se courbent doucement vers la terre. * Je viens d’un monde imparfait. Je rêve de paradis, il n’est pas de ce monde. L’autre nuit, je me souviens à peine… décidément ça ne me revient pas. L’année dernière les tapis m’étaient apparus plus grands à l’ombre des grands épicéas.
LES TRIPODES Grandes barres en osselets gigantesques, ils font bel effet vu du ciel. L’architecte les a pensé et tracé dans une belle harmonie. La dalle et ses coursives.
Franck :
Clara :
Marie-Jo :
Pierre :
Sylviane :
2 – Vous voyez une des stèles décrites à l’exercice précédent
Clara :
Franck :
Marie-Jo :
Pierre :
Sylviane :
Sylvie :
STÈLE DE LA MINIATURE AU-DESSUS DE LA TOUR EIFFEL Je passe par là et je la cherche. Je l’aperçois à peine : j’avais entendu dire qu’elle était visible dès que le brouillard se dissipait. Il me revient instantanément l’histoire du chien assis sans maître au pied de la Tour Eiffel. J’essaie de me raisonner et de balayer cette idée saugrenue. En effet sa forme est à peine perceptible mais je la devine tout de même : c’est une chaise ! Quelles forces méchantes ont pu installéer un tel symbole sur la Tour du champ de Mars ? Arrêt des combats ? Arbitre de luttes absurdes ? Histoire d’un philosophe contrarié ? Une créature céleste peut-elle s’y asseoir commodément ? Où serait-ce le piédestal d’une femme ravissante ? Hélas ! Les brises épaisses la laissent souvent vide.
L’automne est là avec ses couleurs Arthur Rackham, 1906
A Argentat, visite de l’expo Camelote et déchets les effets du déplacement systématique(assemblages et collages, 1995-2020 – collection Faclim) à la médiathèque.
J’avais oublié mon téléphone pour faire des photos..! Juste récupérées celles-ci (où on voit bien la moquette du lieu et l’effet de l’éclairage avec les vitres vertes ou roses par endroit, idéal pour un lieu d’expo…)
L’occasion de découvrir le boulot de quelques artistes, dont Anita Molinero avec un boulot ancien. Grande discussion avec P. qui ne voyait pas l’intérêt de la chose… Un texte issu d’une expo récente, mais qui convient bien à cette pièce ! Allezlàlire ce qu’elle écrit, c’est passionnant. & le Musée d’Art Moderne de la ville de Paris présentera Hérrissé et cramé, une exposition de ses travaux, du 25 mars au 24 juillet 2022 Au château de Versailles, ça en jette!!
& Thierry Costesèque, avec des dessins-collages et une peinture. Là encore, pour en savoir plus, c’est là
Pendant ce temps-là, les travaux de l’atelier avancent à pas de limace, mais bientôt installé…
& le boulot avec des ateliers d’écriture « à la campagne » avec le dispositif Compagnonnage de l’ALCA Nouvelle-Aquitaine :
1er exercice pour faire connaissance lors du 1er atelier au Chastang, avec ce livre que je trouve formidable, Chez nous de Géraldine Kosiak. Avec aussi Une odeur de géraniumde Dominique Dureau, il faut que je lui dise que je me sers de son livre..!
A Uzerche, avec la P’tite fabrique solidaire, l’association d’insertion Prox et la médiathèque, je n’ai pas enregistré le même exercice de début, mais parmi la dizaine de participant.e.s, 2 jeunes hommes n’ont pas voulu lire leurs textes ou pas en totalité, se sentant trop en décalage… Ils me les ont confiés après l’atelier, défroissant la boulette que c’était devenu pour l’un… & puis, nous avons aussi travaillé à partir de C’est l’histoire d’un type de Pierre Tilman Va falloir arriver à ce qu’ils entendent que ce qu’ils écrivent est aussi bien que les autres participant.e.s avec une vie plus « normale », et qu’ils écrivent bien, qu’ils peuvent en être fier..!
J’ai découvert aussi lors d’une réunion préparatoire que l’association Prox fait des meubles avec du bois de palette et de récup, avec les gens qui ne peuvent plus physiquement travailler sur les chantiers :
(on peut aussi leur commander un modèle personnel)
Un meuble TV ?
& puis, aussi, il m’a fallu reprendre le texte de cet été pour l’Observatoire de l’espace… L’occasion de re-découvrir des éléments (c’est infini!) et des images formidables : Une méduse comme une soucoupe volante ou un drôle de satellite Ce qui me fait penser que j’ai un texte capturé de côté depuis longtemps :
& quant aux câbles sous-marin qui doublent les satellites
Une fresque soviétique Le fameux lever de Terre d’Apollo revu par Lunar Orbiter LRO A quoi serve les satellites, parfois… sans compter le militaire…
Ça nous emmène loin de la poésie….
& puis, des livres dont on parle bien, si vous ne savez pas quoi lire, ou qui vous donneront envie de les commander :
& pour finir hier soir, avec un coucher de soleil automnal
Voici des extraits de Encore mort déjà vivant de Arnaud Viviant et Gérard Marty, ed. Verticales
Faites 4 X court récit de vie et pensées avec un dessin un peu décalé qui l’accompagne Marie-Jo :
Dominique :
Clara :
2 — Extraits de Extrait de la liste interminable des lieux, places, espaces et divers endroits rencontrés dans ma vie de Frédérique Soumagne, Dernier Télégramme
Ecrivez un enchainement de descriptions de lieux et actions comme un script cinématographique de souvenirs personnels. Pensez aux éléments nécessaires sans fioritures, construction des phrases, enchainements, temps suspendu entre 2 séquences.
Profiter d’un séjour chez Violaine à côté de Villefranche-de-Rouergue, pour aller faire un tour à Rodez, au magnifique musée Fenaille (qui vaut un grand détour!) « Fondé en 1837 grâce au mécénat de l’industriel Maurice Fenaille, le musée d’archéologie et d’histoire du Rouergue est abrité dans le bel hôtel de Jouéry (14e-18e siècle). Il expose également de belles collections de l’époque Gallo-romaine à la Renaissance, + des expos temporaires. Voir les statues-menhirs Dont la « Dame de Saint-Sernin » découverte par : & découvrir en 2005 une de ces merveilles en labourant son champ, l’histoire et le temps qui ressort de terre… extrait d’un site sur l’Aveyron : Voir une tête de Gaulois avec ses moustaches, ou une tête plus impressionnante encore Madame Fenaille a été sculptée tête et buste par Rodin. Ici, je ne sais plus qui l’a perchée en haut de la colonne !
Impression de Soulages :
IDOLES, L’art des Cyclades et de l’Anatolie à l’Âge de bronze, c’est l’expo temporaire.
(Passez les 7 1ères min de blabla)
& puis ensuite, direction Le Fel pour aller au Don du Fel voir une expo de céramique Dont les vases-sculptures qui m’enchantent (c’est con d’être trop pauvre pour pouvoir vivre avec l’un d’eux !) de Philippe Godderidge (les vraies couleurs sont pimpantes!) C’était juste impec de voir ça après le musée Fenaille… un vase-sculpture de Johannes Nagel & il se trouve grâce à Violaine qu’on a fait un tour dans les réserves… (sauf que je ne me rappelle plus de qui est cette pièce)
Retour par Conques en fin d’aprem, et l’abbatiale Sainte-Foy avec les vitraux de Soulages « Un joyau de l’art roman (exceptionnel tympan du Jugement dernier), lieu des premières émotions artistiques de Soulages pour lequel il créa 104 vitraux en verre translucide en 1986. » Pas la même émotion que lors de ma 1ère visite, mais quand même..! Le covid est passé par le bénitier… et ce système super ingénieux de pierre trouée qui avance pour fixer une balustrade à un mur du village
Chez Violaine à la Salvetat-Peyrales, on vit aussi avec de la belle céramique. Ici des super tasses de ? Marina Le Gall ou Marianne Abergel ? Vu dans une revue les architectures de Daphné Corregan & puis, vu sur Instagram, divers petites choses qui m’ont plu, de la peinture sur porcelaine numérique à la broderie qui m’a fait rire à la peinture étonnante au berceau spatial… Puis on s’éloigne de l’Aveyron direction l’espace originel, avec Lucy !
atelier d’écriture n°2 du mercredi 20 octobre Aujourd’hui, nous allons travailler à partir de poèmes d’e.e. cummings (grand poète américain mort en 1962) tirés du recueil 95 poèmes(flammarion)
Il a expérimenté de façon radicale la forme du poème (ponctuation, orthographe, syntaxe) inventant une nouvelle langue dans la langue : l’écriture dans sa matérialité même affecte la langue et le sens. Pas d’affolement pour autant ! Comme en atteste la préface du traducteur (et poète) Jacques Demarcq
1 —Faites votre poème sur la Lune, en adoptant des formes de Cummings : renvoi à la ligne, mots coupés (pas n’importe comment…), déplacement de la syntaxe pour mettre en valeur certains éléments de la phrase, ….
Marie-Jo :
Rousse ronde l’une dan Se ( seule ) moi regarde ciel ver Tige longue caresse corps sur Beau c est bien triste à la fois On reconnaît personne enlacé dan Ce.
Clara :
Ici dans la nuit vag abonde la rêve&rit la (nuit ici)lumine les corps célestes abon(de Christ/Aline dans le désert d&serrance m’hypnotise cet œil(plan&te ré(confort cette mère dix vresse
Sylviane :
2 — Faites votre poème sur le thème parent(s)-enfant(s) en vous inspirant de l’écriture de Cummings : renvoi à la ligne, mots coupés (pas n’importe comment…), syntaxe et phrase simplifiée, mots mis en valeur au dépend (?) d’une construite classiquement, ritournelle,…
Pensez au rythme et aux sons des mots (ça ne veut pas dire que ça rime….)
Clara :
Toi petit très bûche& test an la lime ite)d& raisons de panser ta(bless sûre câlin tout doux fait pas ci(pas ça va pas la tête toi(chut dors main &tenant pas(face cil(vie(parent après(sent repos.
Sylviane :
Marie-Jo :
Enfant regarde mère occupée aux tâches ancillaires Air du fils intrigué ( mère occupée ) Chut aucun mur Mûre ( mère occupée ) Arrête le temps stop l’heure Regarde moi Seule isolée quand Suis occupée
3 — Une pensée développée sous une forme de poème, où l’on voit le cheminement de l’esprit toujours en vous inspirant de Cummings,
le but de l’exercice est de vous faire écrire « autrement » d’une façon moins policée que votre façon d’écrire habituelle
Clara :
mousse touchant trous farandoles guirlandes le tintement est derrière plus loin c’est doux
laine sucre de mariée comme on l’imagine les nuages s’épuisent à chercher leur saison
le sommeil dans la nuque au sol la terre isole cils nuée caresse dans les cendres dissolues.
Marie-Jo:
Rêve éveillé vérité ébréchée Sentiments écorchés Corps martyrisés ( mais heureux dans ce monde ) Criant à l’autre ( ou à moi ) Corps sans vie, amour sans idéal, vie bonheur absence .
Sylviane :
4 — Description d’un objet quotidien sous forme d’un poème, toujours en vous inspirant du style de Cummings et des exercices précédents
Marie-Jo :
Réceptacle de douceurs et de joies Brûlots sur âge jeunes vieux Tousse respiration saccadée dé Serres moi dans main fermée non ouverte Sur odeur chaude sucrée piquante Acide feuilles tombées fleurs écloses sur mouillé fondu 2 3 4 cui Hier aujourd’hui jour Naux regarde tasse Devant moi.
Clara :
Attrape le truc noir la chose dure pas si dur du sens&s’en servir on sait l’objet du bruit de silence à l’aube jet d(inerte ci cela par(ci ou(& parla cria tourne la(tête plas’ toc(qui vocifère rouge bleu vert bouton plas toc)dans l&cerveau ça vaut rien des fils filmiques on(zappe l’essence ciel la télécommande.
• Une exposition didactique à ne pas louper, pour tout le monde!! Ici, juste quelques extraits capturés
• Sur la Corrèze, cette installation de Delphine Ciavaldini, “tissée” au “poinct de Tulle” géant, de la broderie contemporaine qui fait plaisir à voir (et accessoirement enfin comprendre et voir sans loupe comment c’est fait!)
• & puis, l’exposition des Monuments de Saint-Pardoux était toujours en place après l’inauguration-événement en fanfare de cet été le 14 juillet. Parcours d’octobre en fin de journée, en voici quelques photos de saison, au gré de mes enthousiasmes et batterie vide de mon téléphone…
— Le champs de champignon feutrés (c’est la saison!) C’est l’occasion d’un moment de littérature (extraits) :
Alice, une minute durant, resta à regarder pensivement le champignon en essayant de déterminer quels en étaient les deux côtés ; et comme il était parfaitement rond, le problème lui parut difficile à résoudre. Néanmoins, elle finit par étendre les deux bras le plus loin possible autour de sa circonférence, et de chaque main elle détacha un morceau du bord du cryptogame. « Et maintenant, lequel des deux est le bon ? » se demanda-t-elle en grignotant, pour en essayer l’effet, un petit bout du morceau qu’elle tenait dans la main droite ; à l’instant suivant, elle ressentait, sous le menton, un choc violent : il venait de heurter son pied ! Passablement effrayée par ce changement subit, elle comprit qu’elle n’avait pas de temps à perdre car elle rapetissait rapidement ; elle se mit donc en devoir de manger un petit bout de l’autre morceau. Son menton était si étroitement pressé contre son pied qu’elle n’avait guère de place pour ouvrir la bouche ; mais elle finit par y réussir et parvint à avaler un fragment du morceau qu’elle tenait de la main gauche. « Allons, ma tête est enfin dégagée! » dit Alice en montrant tous les signes extérieurs d’une joie qui se changea en effroi, l’instant d’après, lorsqu’elle s’aperçut qu’elle ne retrouvait plus nulle part ses épaules […] Lewis Carroll – Alice au pays des merveilles
Nous étions douze à table. Du jour au lendemain, un plat de champignons me laissa seul au monde. Seul, car j’avais volé huit sous dans le tiroir-caisse pour m’acheter des billes – et mon père en courroux s’était écrié : Puisque tu as volé, tu seras privé de champignons ! Sacha Guitry – Mémoires d’un tricheur
Dire que les champignons sont souvent difficiles sinon impossibles à déterminer, c’est avouer en tout cas qu’entre la description et la vision il y a un abîme […] Il est facile d’apercevoir un champignon. Mais lequel ? Il faut toujours une sorte de révélation. Une vision doit traverser les paroles et les imageries et nous transporter dans un monde où s’affirme enfin dans son impossible vérité le champignon vivant.
L’ennui c’est qu’ils ne ressemblent pas aux magnifiques illustrations des livres. Nous avons à faire à des sortes d’excroissances, souvent mal chapeautées. Ces champignons s’ingénient à ne pas ressembler à eux-mêmes, en se vouant à des attitudes grimacières. Une façon de s’enfler, de se dégonfler, de se tordre, de pâlir (ils sont hygrophanes, nous dira-t-on) ou de forcer sur une couleur. Comme si nous nous présentions à la frontière avec un air ahuri rien que pour plonger les douaniers dans un doute interminable. André Dhôtel – Rhétorique fabuleuse – Le vrai mystère des champignons
— Un de mes monuments préféré, celui célébrant le vers de terre — & puis, le monument aux sons et celui du point de vue.
Il faudrait un monument aux sons dans tous les villages, on y est particulièrement bien et « protégé » du monde (et du frais ambiant en cette saison) dans la cabane oreille!
la voici lors de sa construction avec Jean-Pierre au fond de l’oreille
& puis, un monument du meilleur point de vue, ce serait bien partout aussi!
Ici, un livre avec le point de vue de chacun dans le petit tiroir protecteur,
on s’assoie tranquille pour le lire,
et puis, lever les yeux sur le paysage encadré…
— Le monument aux questions (interrogation penchée, avant de tirer la corde pour l’agiter)
Toute question se termine par un hameçon
Toutes les questions finissent par un hameçon
Un hameçon à réponses en forme de point d’interrogation
Une question pour aller à la pêche aux réponses
Pêcher une réponse avec un point d’interrogation
Pêcher une réponse à l’aide d’un point d’interrogation
— Il y avait aussi le monument aux bricoleurs du dimanche (ma visite à Saint-Paroux était le samedi, après un tour au Leroy-Merlin du coin..!) — Passe-moi le tournevis. — Lequel ? — Celui avec le manche orange. — J’en vois pas avec le manche orange. — Bon Dieu, tu l’as devant le nez ! — C’est pas un tournevis à manche orange, c’est un tournevis à manche rouge. — Bon, fais pas chier, envoie-le. — C’est pas la peine de t’énerver. Jean-Paul Dubois – Parfois je ris tout seul
— Le monument – ou ce qu’il en reste – aux anthropophages
C’est reparti pour l’atelier tous les 15 jours ! & pour cette 1ère session, peu de monde, mais un « nouveau », et c’est top!!
Mercredi 6 octobre 21 1 — Voici un extrait de Cow-boy de Jean-Michel Espitallier (ed. Inculte) […] Cet été ou il y a peu de temps, vous avez été quelque part « inconnu » (comme dans le texte de J.-M. E., l’inconnu peut commencer très près..!). En vous appuyant sur ce texte, racontez-moi cette expérience.
Dominique
Pierre
Sylvie
2 — Un autre extrait de Cow-boy : Pour la suite de votre voyage, faites un texte avec une suite de verbes qui le décrit, pensez au rythme et à la succession des mots.
Sylviane
Sylvie
Pierre
Dominique
3 — Vous avez rencontré une personne nouvelle que vous aimez bien (pas forcément une histoire d’amour…). En vous appuyant sur le texte de J.-M. E., décrivez comment cette rencontre s’est tissée.
Sylvie
Pierre
Dominique
Sylviane
4 —Voici un extrait du recueil de poésie de Katia BouchouevaÉquiper les anges et dormir, dormir (ed. La Passe-vent)
Avec vos textes précédents et les « personnages » qui vous sont apparus dans les textes lus par vos camarades, faites un poème avec celui de K. B. à l’appui.
Pierre
Dominique version 1 & 2
Syviane
Ballade comme une balade
C’est une balade comme une ballade D’ici ou là surgissent les personnages, Des lieux irréels/ peu réalistes La musique du temps.
L’eau coule sur mes grosses chaussures de marche S’il n’y a pas de feu ce soir, Ce n’est pas grave, elles seront sèches.
Sur cette montagne, peu d’arbres Les vents balaient Les gens passent.
Je veux, je vais descendre En bas une petite maison On ne m’attend pas Je sens que je suis bienvenue Je suis bien, là. Un couple, elle souriante, lui plus sévère Comme une soupe dans laquelle on rajoute de la crème.
Le lendemain, dans ce village, Un jour de fête, Le jour des crêpes. Un homme long et fin sur ses jambes Fait sauter les crêpes dans son jardin.
Devant leur maison, Sur un vieux banc de bois, Un couple offre le vin, Le vin de la treille Tiré du tonneau.
Toi mon amie Tu n’es pas là Je te porte dans mon cœur Comme à chaque fois pour aller vers le bonheur.
Dommage pour Qui n’a pas vu, Touché de près, Après être descendu Tout ce concret concert d’humains.
Sylvie
Dans saint Léonard sur le chemin de saint Léonard ses pieds lui font mal il est là – blouson de cuir rouge – écharpe jaune – Santorin – au petit matin trouver la mer – guérison
Sur la table des fruits frais le bleu pique calme et tranquille la porte s’ouvre sur le jardin Qui sont ceux qui m’enferment ? qu’ont-ils à me reprocher ? Faire le tour
Il est épatant remarquable les booms c’était notre truc Qu’ont-ils à dire ?
Maintenant je me repose la grange les bancs Autour de – bonheur
Il est prisonnier le saint a des liens des chaînes il me murmure à l’oreille Qu’est-ce qu’être libre ?
Garder ses distances se rapprocher s’attendre je suis le train, petite ligne chaotique nous regarder la musique de Led Zeppelin me revient
——————————————————— Tisser des textes ensemble, comme en ce moment est installée à Tulle sur la Corrèze une œuvre de Delphine Ciavaldini, « tissée » au « poinct de Tulle » géant (enfin voir comment c’est fait!) sur la Corrèze…
Retour à l’atelier, et une belle photo de Thomas, qui passait la tête par la porte ordi à l’atelier, encore un dossier à faire pour un projet… qui se terminera(it) par un livre, un pas comme d’hab ! (affiche-anagramme de Jean-Claude Mattrat devant mon bureau !)
& puis, le message d’un gâteau chinois au déjeuner & utiliser les chûtes de papier des emboitages des Paysages textuels pour tailler des lunettes, d’ailleurs je sors de chez l’opticien..!
Le lendemain, au courrier, une lettre de Fabrique de signes, alias Tony Durand, après notre rencontre à Arromanches C’est Noël !
Si The Hamartia Trilogy de Jaha Koo passe dans un théatre pas trop loin de chez vous, allez-y !!!
Des critiques sur le net:
portrait du FMI qui a mis la Corée sous pression…
Après Cuckoo, The history of Korean western theatre, avec la grand-mère de Jaha Koo, et le crapaud (pas) vu la nuit…
« Le gobelin est l’une des créatures fantastiques les plus courantes du folklore coréen, et peut-être même l’une des plus importantes de la culture coréenne. Cependant, il n’est point comparable au gobelin démoniaque occidental. En effet, son homologue coréen, appelé « dokkaebi » (도깨비), n’est pas considéré comme un monstre : il ne fait que posséder des pouvoirs surnaturels mais peut autant être positif que négatif. Généralement, c’est une créature farceuse au physique grotesque qui aime rendre les humains heureux mais est aussi connue pour être source de malheur. Dans quelques villages coréens reculés, les dokkaebi étaient tenus pour responsable des maladies contagieuses ou des incendies. Ils étaient alors vénérés pour les richesses qu’ils apportaient, ou exorcisés. D’après le folklore coréen, les gobelins ne sont pas des humains à l’origine et ne possèdent pas une forme humaine. De base, ce sont des créatures qui proviennent d’objets inanimés possédés par les esprits, généralement des objets domestiques comme les balais, les corbeilles et autres choses tachées de sang humain. » Les cuiseurs à riz par exemple….
La fin magnifique nous laisse en suspend, avec la mémoire revivifiée et dénouée…
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Ça n’a rien à voir, mais il ne s’agirait pas d’oublier Alfred non plus…
Retrouver Arromanches, Brent à la gare et Marie-Thérèse en pleine préparation, et la chambre rouge de la villa La Brugère, avec une marée basse à fort coefficient en fin d’aprem, extra! Donc commencer par un petit (grand) tour sur la plage pour oublier le long temps en trains… & aller jusqu’à Asnelles, avec un caisson à presque découvert Penser à Xavier et à nos séjours, si on avait eu une telle marée basse… Douceur du 449 dans la lumière rose du soir… Rencontre fugace avec Perrine Le Querrec et Ronan Courty déjà arrivés pour préparer leur super lecture, Perrine fait surgir de son chapeau une amie commune très chère, le monde est petit !
Jeudi, petit tour à marée basse, préparation des boîtes qui seront accrochées dans la ville et posées chez des commerçants. Il fait super beau! Puis direction la médiathèque les 7 lieux de Bayeux, pour installer une « expo éclair » avant la lecture-apéro. Une belle rencontre avec Victor, le jeune beau sympathique bibliothécaire ! Revoir Astrid, très élégante après sa journée de cours, un plaisir & puis, la lecture, Marie-Thérèse m’a envoyé une belle photo
Vendredi, ballade à marée basse, avec petit crachin, les méduses d’ici ne sont pas les mêmes repérage avec Brent pour l’accrochage des boîtes, et quelles cartes mettre où ? Avant l’arrivée de presque tous les participant.e.s de R.P. et du soleil, et la projection du film du soir. Vous en saurez plus (et ça vaut le coup) sur le film d’Elitza GueorguievaNotre endroit silencieux, là
Samedi matin, remplir les 9 boîtes que Brent a accroché tôt, l’occasion encore d’une petite ballade Marie-Thérèse a choisi cette carte pour la Villa, elle qui n’a pas une minute à elle avec toute l’organisation du festival (et l’assistance de super Soline!) ça mord aussitôt, ça fait plaisir! & l’office du tourisme et la boulangerie..! Puis préparation en fin de matinée de notre lecture « Cabaret poétique » du début d’aprem, avec Olivier Mellano (qui n’aime pas tellement lire lui non plus) et Katia Bouchoueva (dont je découvre les textes et qui récite-slam presque avec son bel accent), avant que Jean-Michel Espitallier nous rejoigne après avoir été à Bayeux acheter des baguettes (pas de pain mais pour la batterie) qu’il a oubliées à Paris… On a tricoté une belle lecture à 4 voix très différentes, avec comme lien les énumérations de Jean-Michel, qui commencent et finissent avec Victor Hugo attesté poète..!
A la sortie, Thierry Weyd me présente Tony Durand et sa belle veste bleue, le fameux fabriquedesignes que j’admire sur instagram! Et nous offre une édition de la suite de Un Village. Puis lecture-rencontre au jardin avec les questions de Marie-Thérèse, de Marie-Hélène Lafon, une sacrée bonne femme!!
Qui parle de l’écriture quasi comme le travail manuel d’une ouvrière
Suivie d’une présentation et lecture à l’école abandonnée de Perrine Le Querrec, La construction, et son plan géant avec multitude de textes (le journal de l’architecte) à lire comme on veut
Puis, c’est le concert du soir avé les vedettes (quasi la même scéno, la grande robe noire à décolleté dans le dos à la Mireille Darc et les talons vertigineux, le même salut…)
https://www.youtube.com/watch?v=8OeMd4Qf6Uo
Dimanche matin remettre des cartes postales dans les boîtes avant la plage…. (c’est pas partout marée basse, profitons-en)…
& en début d’aprem, lecture-rencontre de Jean-Michel Espitallier et son Cow-boy
& puis aussi (que je ne connaissais pas et que j’ai lu dans le train du retour)
Puis, une très émouvante lecture musicale de Perrine Le Querrec et Ronan Courty Si vous croisez ses (ces) livres là, n’hésitez pas Donc après, j’ai été me remettre de mes émotions à marée basse au lieu de suivre le programme… Avant le concert du soir, avec Olivier Mellano à la guitare, Jean-Michel Espitallier à la batterie et Ronan Courty à la contrebasse, bel ensemble pour ce concert improvisé!! Qui donne joie et énergie en cette fin de festival !
& puis, lundi matin, après un orage violent avec du vent latéral qui fait que la mer et la pluie sur le sable se confondent, le beau temps revenu, décrochage des boîtes effectivement étanches, et… petit tour à marée montante avant de repartir vers la mer toujours là..! & de recevoir ce dernier mail