atelier d’écriture du jeudi – n° 5

Date : 28 novembre 2020

Atelier 5 – jeudi 26 novembre
L’année dernière, nous avions déjà fait un atelier d’écriture à partir d’une « tribune ». Nous réitérons, à distance ;
à l’heure de l’atelier d’écriture, a lieu cette tribune, au théâtre l’Empreinte, par visio conférence, ou à la radio Bram fm (sauf que ça n’a pas marché…)
… (& que l’Empreinte n’a pas fait d’enregistrement ni visuel ni sonore du zoom… la communication, c’est top..!)

Alors vous pouvez entendre Josep Rafanell i Orra dans cet entretien :

et lire ce texte et celui-ci dans lundi matin

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A partir de tous ces éléments, faites-moi un texte qui reprenne des propos(itions) entendus ou lus de cet auteur agrémentés des vôtres (c’est vous qui décidez des proportions…)
en tenant compte de ces quelques lignes ci-dessous, que je vous demande d’adapter au STYLE d’écriture. (ce qui veut dire que vous allez expérimenter une nouvelle forme d’écriture..!!),

 

Michèle :


pendant ce temps-là

Date : 19 novembre 2020

La mer est passée de 20 à 19° ou 18,5° après un petit coup de mistral, mais en cette saison, c’est une température juste extra (quand on pense juste à aller y faire un tour… en profitant du réchauffement…).
Dialogue avec un paddle-iste (? comment dit-on?) au milieu de l’eau, mer plate et transparente, ciel bleu-soleil :
— C’est extra, hein !
— C’est le paradis !
& chacun reprend son chemin avec extase, dans ou sur l’eau.

Ça me fait penser à une chose, alors qu’il y a pas mal de nageurs tous les jours : faire corps avec l’eau. Beaucoup nagent en force comme s’ils se battaient contre l’eau, spatch splotch à chaque mouvement de crawl pour avancer vite, avec souvent divers accessoire pour se muscler… Rare sont ceux qui nagent « avec » l’eau, en harmonie, et non pas contre.
(Vous aurez compris que « le sport », c’est pas mon truc..!)
Je pense alors aux indiens ; nager sans faire de bruit, faire corps avec la rivière, inaudible à l’ennemi.
Allez, une petite récréation, en ces temps de guerre au virus :

A Tulle pendant ce temps-là, les travaux commencent (la masse en harmonie avec les murs à casser..!) et le soleil rentre dans l’atelier…

Pendant ce temps-là, les esprits veillent, et Jean-Pierre ne s’est pas encore assis sur ses nouvelles lunettes…

Les années passent, et surpassent plutôt que trépassent…

Pendant ce temps-là, Nelly Kaplan est morte. Écoutez-la d’urgence !

 

Alors, si vous ne l’avez pas vu, regardez La fiancée du pirate !

 

& puis, une analyse ici qui mérite un détour.

Un autre détour indispensable, il s’agit de traduction, du velours pour vos oreilles et votre cervelle !

Pendant ce temps-là, à Meisenthal, la nouvelle boule de Noël du CIAV vient de sortir : Magma
Il y a plein de vidéos passionnantes à découvrir sur leur site, c’est vraiment formidable, qui expliquent entre autre, l’histoire de chacune d’elle.
& puis, Noël , ça me file plutôt les boules, et avec celles-ci, toute l’année c’est OK!!


atelier d’écriture du jeudi – n° 4

Date : 12 novembre 2020

Atelier 4 – jeudi 12 novembre
Aujourd’hui, voici un livre jeunesse qui m’a enchantée :





La même illustratrice, Marjolaine Leray, a déjà fait Un petit chaperon rouge aussi terrifiant que réjouissant, édité chez Actes Sud Junior :



Elle a aussi collaboré avec Joël Pommerat pour le décor de théâtre de sa pièce (PCR), et cela nous ramène à cet atelier passé

A partir de ces éléments, je vous demande de réinterpréter une histoire « légendaire ». (celles & ceux qui ont fait l’atelier 34, je vous demande de prendre une autre histoire)
Autant dans L’Affaire Méchant Loup que dans Un petit Chaperon rouge, ‘histoire est revisitée d’une façon grinçante. Admirez-en le style, la concision, l’ouverture, la chute.
Alors, en route, faites grincer..!!
Si vous le souhaitez, les dessins (ou autre méthode d’illustration) sont bienvenus pour faire « avancer » votre histoire.

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Martine :
Le vilain petit canard
Madame cane se promène dans la basse-cour
car un petit tour cela ne peut que lui faire du bien
car elle a fort à faire ces temps-ci
elle se prépare à un grand événement, la naissances de ses canetons
— bon il faut que je mange un peu, se dit-elle
en chemin elle rencontra sa veille cousine madame Jiolette
qui lui demanda tout de go : — alors c’est pour quand
— demain ou après-demain ou après-demain, lui répondit madame cane toute fière
bon ce n’est pas tout, je retourne à mes affaires, dit-elle à madame Jiolette
et clic et clac en se dandinant elle retourna couver ses 4 œufs tout beaux sur le bord de la rivière
un coup d’œil sur sa futur progéniture
— oh mais il y en a un de plus, comment cela se fait-il
elle compta et recompta, il y en avait cinq — et en plus il est plus gros
bon tant pis je couve quand même il ne faudrait pas que mes œufs prennent froid
un jour deux jours passèrent et madame cane sentit que cela bougeait sous elle
elle se souleva et vit plein de petits pointer le bout de leur nez
et le dernier œuf arrivé rien
elle resta là à protéger ces petits toute heureuse
— demain nous irons nous balader et rencontrer tous mes amis
le lendemain elle dit à ses beaux rejetons — suivez-moi
et là surprise le dernier est né aussi
— t’es pas beau lui dit l’un des canetons, t’es gros lui dit l’autre, tes plumes sont pas belles lui dit le troisième
— bon les enfants arrêtez de vous chamailler, suivez-moi
et la petite famille s’élança dans la marre
maman cane devant et sa progéniture derrière
elle croisa sa veille cousine Jiolette
—ah tes petits sont nés, mais comme il sont mignons, mais le dernier il est bizarre, il ne te ressemble pas, tu as été le fabriquer où celui-là
— cela ne te regarde pas et puis c’est mon enfant, mèle-toi de tes affaires, dit en s’énervant maman cane
— venez mes enfants, on va plus loin, mais quelle imbécile cette veille cousine quand même, se dit-elle
elle décida de sortir de la marre en se dandinant toute fière d’avoir ses petits derrière qui la suivent
— bonjour madame poule rousse comment ça va
— moi ça va, dis donc en voilà une belle progéniture, mais oh malheur qu’est-ce que celui-là, il est moche laid boiteux
— stop il est à moi et on ne dit pas de mal de mon enfant, il boite et alors!!!! t’as pas des défauts toi, tu crois que ton plumage est parfait
elle criait si fort que tous les animaux de la ferme ont accouru pour voir ce qui se passait
et maman cane se retrouva encerclée de cochons d’ânes de vaches de chèvres de brebis de poules des dindons des autres canards de la basse-cour
— c’est quoi ce vilain petit canard, dit en premier le cochon, vous avez vu il est pas beau, rondouillard et tout le monde se mit à rire
le petit canard qui était la risée de tous était bien triste et se sentait rejeté, personne ne m’aime se dit-il
il ne comprenait pas ce qui lui arrivait
— pourquoi vous ne m’aimez pas, osa t-il dire de sa toute petite voix
— ah ah ah gloussa un dindon, en plus on dirait qu’il a avalé une couleuvre quand il parle, il est débile ma parole
maman cane n’en pouvant plus se fraya un chemin et partit, et retourna dans la marre
elle était bien triste — mon petit dernier est rejeté par tous même par ses frères et sœurs
quel malheur s’abat sur moi, je ne suis qu’une cane et je me sens sans défense, quoi faire
et là elle voit ses autres petits battrent cet enfant différent
— arrêtez de rejeter votre frère, leur dit-elle en pleurant
— mon petit caneton il y a que moi qui essaye de te comprendre
elle amena sa petite tribu vers le bord de la marre pour les mettre au chaud dans le nid
elle s’accroupit et là tout le monde au chaud sauf le dernier qui reçut moulte coup de bec
— mais qu’est-ce que je vais faire de toi, lui dit-elle
c’est vrai que tu es différent
serre toi contre moi et cela ira, demain il fera jour
mais les jours passaient et le pauvre petit canard recevait toutes les moqueries
— vous verrez quand je serais grand je ferais mieux que vous
— oui oui oui, riait tout le monde
personne ne me croit mais je leur prouverais le contraire, se disait-il, oui je ferais quelque chose de beau de grand plus tard
le vilain petit canard comme tout le monde l’appelait encaissa se tut et grandit
il se sentait différent mais fort plus fort et plus costaud que ses frères et sœurs
il devient un canard plus grand et différent
et le dindon le cochon et les autres animaux commencèrent à le regarder différemment
car contre toute attente il n’était pas de la même espèce que sa mère et ses frères et sœurs et personne de la basse-cour n’avait vu un canard comme lui
il nageait plus vite volait plus haut courait comme un éclair sur la terre ferme
bon tout le monde apprit à le respecter et à l’admirer
et maman canne était tellement fière de lui
et ses frères et sœurs aimaient être avec lui car il leur apprenait à voler plus haut à nager plus vite
comme quoi il ne faut pas se fier aux apparences, qui sait attendre l’âge adulte pourra prouver sa différence et en faire une force.

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Sylviane :

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Manée :
Cendrillon
Capucine vivait dans une famille recomposée. Sa belle-mère n’était pas très chaleureuse, lui faisant sentir d’une manière ou d’une autre qu’elle encombrait le paysage les semaines de garde alternée. Le père ne disait rien, un peu lâche. Ses deux demi-sœurs (comme on dit) étaient très « pimpins », elles se pomponnaient toute la journée dans l’espoir de séduire enfin au collège un sportif au survêtement flamboyant.
Capucine aimait par-dessus tout rester près du feu de bois en lisant. Elle lisait beaucoup surtout de la poésie. A force ses vêtements sentaient mauvais la fumée de bois (disaient- elles) si bien que sa belle-mère et les sœurs l’avaient surnommée Cendrillon. Capucine, elle ne détestait pas cette odeur et de toute façon comme elle aimait aussi courir dans les bois, l’odeur disparaissait vite. Et surtout comme sa mère vivait seule et avait peu d’argent, elle lui avait appris à coudre très jeune, si bien qu’elle portait des vêtements complètement décalés, originaux, colorés, joyeux, totalement méprisés par les sœurs pimpins qui s’habillaient mode et se trouvaient bien supérieures.
Sur leur compte Facebook elles publiaient régulièrement des posts spéciaux Cendrillon pour la ridiculiser et lui rabâchaient qu’elle n’était pas prête de trouver un garçon avec cette odeur.
Capucine, les histoires de filles et de garçons l’ennuyaient plutôt.
Elle ne fréquentait pas Facebook mais sentait que dans son collège, beaucoup la regardaient un peu d’une drôle de façon. Pendant les récréations elle ne se sentait pas très à l’aise et continuait à lire sur les marches d’escalier et après les cours rentrait vite à la maison.
Depuis peu, elle s’était mise à dessiner et inventer des modèles de chaussures. Elle avait notamment confectionné à la fin du printemps de très belles sandales en feuilles de châtaignier.
Le prototype n’était pas trop au point si bien qu’un jour en partant du collège, elle en perdit une.
Le lendemain matin en arrivant près du collège, elle vit s’approcher d’elle un garçon nommé Jasmin qu’elle avait déjà remarqué car il se tenait toujours un peu à l’écart des parties de foot qui envahissaient régulièrement la cour laissant juste un bout de préau aux filles. Il tenait à la main la chaussure en feuille de châtaignier et lui dit en la lui remettant : « elle est magnifique, je savais qu’elle ne pouvait être qu’à toi . »
S’en suivit peu à peu une délicate et longue amitié faite de petits bouts de poèmes, de roseaux, de bleuets, d’oiseaux de passage, de sons curieux.
Ils vécurent longtemps heureux et n’eurent jamais d’enfants.

PS: L’histoire n’est pas assez cruelle pour dire si oui ou non les pimpins finirent par épouser un sportif au survêtement flamboyant, fils aisé de dentiste, de médecin ou de directeur commercial.

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Raphaëlle :
La légende du colibri
Le feu avait démarré de bon matin et les flammes dépassaient maintenant les immeubles de 5 étages. Plus personne ne s’entendait tant les sirènes de pompiers couvraient la ville. 3 maisons s’étaient déjà écroulées, laissant derrière elles un immense monticule de parpaings calcinés. Des hommes avaient dû se consumer à l’intérieur, personne encore ne savait.
Mais ce qui était sûr, c’est que les femmes s’activaient au-delà de leurs limites. Et grâce à elles, vieillards et enfants trouvaient la vie sauve. Mais le feu ne faiblissait pas. Pire, il amplifiait. Et les sirènes hurlaient, et les lances d’incendie ne suffisaient plus. Des hordes de gens s’enfuyaient, à contre sens, à contre vent. Sauf les pompiers, tenaces et dévoués. Hélas, c’était peine perdue.
Quand soudain au loin, un troupeau barrissant jaillit. Ils étaient là par milliers, sortant de la forêt, en direction de la ville, toutes trompes dehors. Leur souffle, phénoménal, immergea la ville. Hommes, femmes et enfants se retrouvèrent emportés par les flots, se fracassant contre les immeubles. L’aspersion dura 24 heures. En 24 heures, tous furent noyés. Sauf Noé. Qui bien sagement avait pris femme avec lui, et s’était hissé sur le plus grand des éléphants. De retour dans la forêt, il croisa le colibri qui lui dit : « A toi maintenant de faire ta part » .

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Valérie :
Fugue
— Bon, on avance sinon on n’en sortira jamais et on va crever ici.
— Pas de problème. J’ai vu.
— Moi, je ne supporte plus d’être emprisonnée là-dedans et engoncée dans ce capuchon rouge ridicule.
— Et moi, aplatie et encartonnée chez Flammarion, tu crois que je me sens mieux avec ces boucles blondes qui dégoulinent de ma tête depuis tant d’années !
— Allez,  après le dîner on change de look et on file incognito.
— J’ai trouvé un covoitureur sur Blablacar. Il nous prend juste avant 23h, après 1h d ‘autoroute on débarque à la mégadiscothèque de Clerzon et c’est déjà demain.
— OK, confirme.
— Tu as les ciseaux ? Et les 3 couleurs ?
— J’ai tout. Les fringues aussi. On prend juste un sac chacune et un manteau long.

Dès 20h, CR cisaille jusqu’à la moindre boucle de cheveux de son amie et laisse seulement une longue crête qu’elle teint aussitôt en violine, avec des touches vert fluo et rose fuschia sur les côtés.
Pendant que BO revêt un crowtop noir et un legging moulant argenté, CR, qui a enfilé un legging fleuri et une tunique arc-en-ciel, se pommade, se maquille à outrance, s’inonde de parfum exotique et s’échevêle avec une telle ardeur que le défi est relevé : on dirait bel et bien un hérisson.
— Woaouh ! T’es super !
— Toi aussi t’es chouette ! Houhouhou ! C’est parti !

Vestiaire. Sacs. Manteaux.
Quelle entrée ! Les regards se tournent vers ces nouvelles têtes : pas des habituées du lieu… La musique hurle scandée par la basse profonde ; les spots lancent leurs éclats lumineux, brefs et éblouissants, un épais voile de fumée enveloppe la salle ; les verres tintent joyeusement et les danseurs s’ébrouent à nouveau.
— Ah, zut, c’est costumé ! Je te préviens, je ne veux pas voir de fée ni de sorcière, ni de chèvre ni de loup ou alors je file, s’agace CR.

BO repère vite un petit gars lunaire et ébouriffé, une vraie tête de poulbot. (On dirait un des sept nains…chut) !
CR, un peu en retrait, voit s’avancer vers elle, une créature légère, gracieuse, délicate, douce, dont la présence étonne dans ce tintamarre .
— Je suis BN. Je crois que je vais renaître ici.
— BN ?
— Oui. «  Belle Nuit ». C’est mon nouveau nom : la pâleur de la neige ou de la mort, ça suffit !

A l’issue d’une nuit enfiévrée, juste avant les premières lueurs de l’aube, quand la fête s’achève, les 4 se saluent, fin prêts à réaliser leurs rêves……..
BO et son poulbot ne veulent plus voir d’arbres ni de scie, de bol de soupe ni de cuillère ; d’ailleurs un couple va les conduire à Paris. Là-bas, ils iront au cinéma, au concert, au théâtre, et dès les beaux jours, ils entreprendront leur tour de France des festivals. Ensuite, cap sur Berlin pour d’autres horizons.
CR et BN ne veulent plus entendre parler de bois sombres ni de chemins creux, de pommes ni de pot de beurre. Elles mettent le cap sur Bréhat ou Belle-île, selon les opportunités et pour la saison sans touristes. Dès le retour des beaux jours, elles partiront s’isoler sur l’Aubrac et ses vastes pâturages à l’horizon dégagé.

Alors que les couples s’éloignent on entend  un murmure :
— Dis BN, surtout jamais de galette chez nous, même au sarrasin ; et encore moins de panier pour aller au marché,  sinon je vois rouge !

Depuis ce jour où les héros ont déserté les albums, le père Flammarion a sombré dans l’oubli et les enfants d’aujourd’hui ne rêvent que robots, lasers, drones, dans un monde de béton et de métal… hurlant.

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& puis, après vous avoir proposé ce sujet, j’ai fait un peu de rangement dans une pile de papiers coincée dans un meuble, et j’ai retrouvé ce fascicule A5 plié en 2, ramené de Crest en 2010…!


15 jours à toute blinde

Date : 7 novembre 2020
15 jours à toute blinde

ça c’était en venant en train (avec 45 m de retard…) le 22 octobre… en passant par Toulouse et la librairie Terra Nova, où j’ai trouvé des trésors, dont cette carte de la méditerranée :
pour en savoir plus, allez là

je leur ai déposé un jeu d’affiches, et un jeu pour Tulle, où ça peut toujours servir, la preuve…

le vendredi, direction l’imprimerie Maugein chercher notre livre avec les photos des ateliers Transat

avant d’aller en porter un paquet à l’institut Don Bosco l’après-midi ; beau locaux, mais loin entre la préfecture et la prison, tout un programme pour les jeunes migrants..!!
& vendredi aussi, réunion pour mettre au point nos cours de français, et une bibliothèque a construire….

à Tulle, le lundi 26 octobre, c’était le « finissage » de l’expo, fort sympathique et chaleureux


j’ai essayé de faire d’autres photos du rideau de verre impossible à photographier…
après, dès le mardi, décrochage, le plus dur était de défaire ce qui avait été très bien fait, retrouver les vis sous l’enduit et la peinture du grand panneau lumineux…

fini, tout remballé le jeudi midi, j’ai fini par le trou de pluie!

On avait oublié la grande bâche à la place de la croix!!

mercredi après-midi, vitrine du Lieu/lien, avec Jean-Pierre et Raphaëlle, et Gilles qui est passé nous voir



jeudi soir, atelier d’écriture avant confinement
 
rentrée lundi avec la voiture pleine à ras bord, convoi exceptionnel de céramique et verre! maintenant, il va falloir ranger mon atelier où on peut plus mettre un pied devant l’autre! les expos, c’est pas que l’expo, c’est tout préparer et emballer et transporter avant, et après, pareil à l’inverse, aplanir le chaos..!
& un (bout de) mail qui me fait dire que l’atelier d’écriture est suivi par… ? bien d’autres gens…! (super!)

& puis, une discussion avec Jean-Pierre entre positif et négatif….

& prévenir (entre autre..!) Christine qu’elle ne va pas me voir à l’Encre Rouge…

 

ça me fait penser que j’ai fait une tarte tatin aux endives, une tuerie!!

tandis que Sylvie m’envoie un message trouvé dans la rue sur le bord d’une fenêtre

une idée en recevant la newsletter de l’espace de l’Art Concret, à Mouans-Sartoux, et en voyant le sourire de Régine :

& si on faisait pareil à Pec avec les œuvres de l’artothèque ?

& une (2) affiche à faire pour envoyer lundi à l’impression, pour la Cave Poésie, dans les sucettes toulousaines pour la fin-début de l’année! Mais j’ai ramé..!!! Mettons ça sur le dos du Covid..!


sauf que cette dernière est en rvb et pas en cmjn, à l’impression ça sera bleu plus foncé, impossible (pour moi) d’avoir un outremer lumineux en convertissant la photo en cmjn (pas gênant pour cette fois encore), va falloir que je mène l’enquête!!
mener l’enquête aussi après avoir vu ça dans un dossier pour le printemps des poètes de l’année dernière (parce que faut faire celui pour l’année prochaine…)
Voilà une chose qui nous intéresse pour les cours de français à inventer avec des migrants… Elle a eu lieu et on peut connaître ce qui s’est dit lors de cette table ronde ?

& puis un mail de Christine T., qui me fait comprendre que les 3 trucs bien essaiment toujours, et ça c’est top!

allez écoutez, peut-être que ça fera aussi un truc vraiment bien dans votre journée!

 


Au courrier, avec des affiches

Date : 1 novembre 2020

Un mail qui fait plaisir, de l’expert Objets Précieux de la Maif, avec qui j’avais fait connaissance par téléphone suite à l’inondation du Lieu/lien et de mes affiches, (et suite à l’expertise d’un monsieur plus compétent en papier peint qu’en peinture…) :

Le courrier de Sandrine, de la librairie l’Archa des Carmes, à Arles :


atelier d’écriture du jeudi – N°2

Date : 16 octobre 2020

Atelier 2 – jeudi 15 octobre

Aujourd’hui, Agnès et David ne peuvent pas venir, et après avoir discuté avec David qui fera ses « devoirs » à sa maison, je vous propose ces textes qui pourraient (l’) vous inspirer…
De plus, Marc Graciano sera à la librairie Préférences le jeudi 5 novembre à 18h pour un nouveau livre édité au Cadran Ligné, et ça tombe bien car il n’y a pas atelier d’écriture ce jeudi là..!

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Voici des extraits de texte de Marc Graciano, Enfant-pluie, ed. Corti

et de Noémie Lefebvre, L’enfance politique, ed. Verticales

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Lisez ces textes, et appréciez le style de l’écriture de Marc Graciano et celle de Noémie Lefebvre.

1 —   On a quasi tous des relations qui furent compliquées à un moment donné avec nos parents, quelqu’un (de la famille ou non) qui nous énerve ou nous a énervé par la situation ou l’incompréhension souvent mutuelle…
Écrivez une (plusieurs si vous êtes trop rapide, mais prenez le temps de creuser le sujet) scène qui relate une situation ou un fait qui entre dans ce cadre.
(si vous avez une vie idéale et entièrement zen, inventez..!)
Inspirez-vous du style d’un des auteurs (longueur et construction des phrases et du récit, utilisation de la langue, du dialogue ou monologue) pour écrire votre récit.

Marie-Jo

Manée

 

 

Isabelle

 

 

Martine

 

 

Sylvain

Michèle

 

 

Raphaëlle

Sylviane

 

 

Sylvie

Agnès :

 

 

 

2 —Passez votre texte à votre voisin.e (de préférence, pas quelqu’un que vous connaissez bien).

Ce texte écrit par quelqu’un d’autre, réécrivez-le et adaptez-le librement dans le style de l’écrivain qui n’a pas été choisi par votre collègue.

Marie-Jo, avec le texte d’Isabelle :

Isabelle, avec le texte de Marie-Jo :

Manée, avec le texte de Sylvain

 

 

Sylvain, avec le texte de Manée

Michèle, avec le texte de Sylviane

 

 

Sylviane, avec le texte de Sylvie

 

 

Sylvie, avec le texte de Raphaëlle :

Raphaëlle, avec le texte de Martine :

Martine, avec le texte de Michèle

 

 

 

3 — Au cas où il vous reste du temps :

Mélangez librement plusieurs extraits repris à votre sauce des textes entendus lors des lectures.

Manée

 

 

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et pour finir positivement, un dessin qui était resté dans les oubliettes


choses passées et à venir

Date : 15 octobre 2020

Après la rencontre à l’église le samedi 26 septembre, mes gardiens et gardiennes d’expo m’envoient des messages et des photos !

une petite araignée s’est aussi installée dans une des pièces en porcelaine et verre..!


(photo S. Hulpusch)



(photo B. Combastel)

et puis, pendant ce temps-là, j’ai fini la maquette avec les 86 pages du livre avec les photos des ateliers Transat de cet été. Si tout se passe bien, il sera imprimé pour la fin de l’expo, on pourra le distribuer pour qu’il circule et que tout le monde voit ce beau travail des participant.e.s

L’expo est prolongée d’une semaine jusqu’au lundi 26 octobre, jour du finissage, j’espère que ce sera joyeux même si masqué!

& puis aussi, j’ai utilisé des « chèques lire » de cet été pour faire des emplettes pour, entre autre, les futurs ateliers de français avec Sylviane pour des personnes qui parlent d’autres langues… A utiliser, à prêter, à donner, à s’inspirer, pour créer notre propre manuel…
A la librairie L’Histoire de l’œil :

Avec entre autre des livres bilingues et poétiques des éditions marseillaises Le port a jauni
& puis aussi à l’Hydre à 1000 têtes :


Va falloir les trimbaler, mais si on peu en commander certains, on ne peut pas en découvrir d’autres si on ne les voit pas dans une librairie..! Pourquoi à Tulle tombe-t’on plus rarement sur des merveilles inconnues ?
& alors cet abécédaire, je ne sais pas si on pourra l’utiliser avec des apprenants français, mais il me fait faire des bonds de joie !!!

Respect !!!

Faut dire qu’au même moment, avec Christine, on est aux prises, à l’Encre Rouge, avec notre abécédaire ABCDire, en faire enfin et finalement la couverture… après avoir commencé le projet il y a 2 ans !
Quand on voit la liste d’illustrations de Christine, on se dit que c’est pas mal non plus, et qu’on va peut-être aussi pouvoir l’utiliser, qui sait…

Je me rappelle avoir été étonnée quand Christine T. M’avait dit que J.F. utilisait mon 1er petit abécédaire désabusé pour ses cours de FLE…


serendipité verrière

Date : 14 octobre 2020

ou de fil en aiguille…

 

ou tirer un fil comme on tire les cheveux…

 

ça me fait penser à cette sculpture vue au musée Bourdelle

 

 

J’ai découvert le travail de Pernille Braun, enfin un beau boulot avec du verre!!!

Dans l’idée, je repense à cette pièce d’Arnaud Vasseux
(sauf que ça —me— fait plaisir, quelqu’un qui explore le verre sans passer obligatoirement par le Cirva pour happy few)

et à certaines pièces en céramique de Daphné Corregan, les plus récentes,
ou des plus vieilles style bretzel…

Dans mon atelier, j’ai cet essai accroché au mur, que je lorgne de temps à autre :

Pour y repenser mieux aujourd’hui, je mets mon collier en volume

Chic, du courage et un titillement pour explorer une nouvelle piste..!!!

& puis, dans mes nombreuses recherches (à partir des limaces bijoux du post précédent), je suis tombée sur ces photos de quelqu’un qui a, lui aussi, assisté à un accouplement de limaces (une des plus belles et sensuelles choses que j’ai vues!)
Pas si loin du verre- vertige de ce post…
et je vous renvoie à un ancien post pour tout savoir..!


quelques visites

Date : 14 octobre 2020

Alors, depuis le 1er octobre, j’ai vu plein de belles choses!
Violaine était passée voir l’expo (et Tulle!) en montant à Paris pour le marché-expo de Saint Sulpice, où elle exposait.
Un nouveau mot que je ne connaissais pas : être espanté..!
A Paris, le soleil brillait entre 2 averses, et ça caillait..!
Le dimanche en arrivant de Tulle, petit tour à St Sulpice pour voir Violaine et découvrir des boulots ! Il y avait plein de choses colorées et gaies, enlevées, libres, plus que d’habitude m’a-t-il semblé.
Vous pouvez faire vos découvertes vous-même ici

Pour ma part cette sculpture accrochée au mur (comme un fer à repasser spirituel…) m’a fait de l’œil (la photo est super moche) et j’ai regretté d’être pauvre. Je me suis rabattue sur une tasse…
C’est le travail de ce jeune homme :

Chez Violaine encore, j’ai parfois mangé dans des assiettes d’Héloïse Bariol. Sa liberté de geste me plait bien !

Je serais bien repartie aussi avec un animal de Marina Le Gall

Les « petits esprits » d’Hélène Loussier sont fort beaux aussi, et n’ont rien à envier aux Kachinas :

Découverte aussi du travail de Marianne Abergel :
J’ai pas pris de photos, et sur son site, j’ai pas vu ces derniers boulots… Mais des plus anciens :

Dans un autre genre, les couronnes de cimetière revisitées (c’est moi qui les appelle comme ça) de Rose Coogan m’ont enchantée :

& puis, le soir, une autre grande découverte, de lecture : Le Démon de la colline aux loups, en avant-première, édité au Tripode, et qui sortira début 2021.
Le 1er roman d’un monsieur qui est chroniqueur judiciaire.
Une histoire forte et glauque et lumineuse aussi, simple et puissante, poussée à bout, un style qui va avec, qui vous emporte, qui m’a fait pensé à Marc Graciano dans un autre genre, avec une langue pas du tout précieuse : sorte de litanie, longues phrases dont les circonvolutions détaillées vous entrainent, puissance de la nature, de la « sauvagerie » (plutôt sauvagesse..!) descriptions et impressions mélangées.

Et puis, récit qu’on termine quasi à la dernière page du livre (237), et qui nous laisse bras ballants, un trésor dans les mains.
& l’illustratrice a le même prénom que la sœur aimée du narrateur, cela nous fait regarder autrement la couverture, comme une enveloppe au récit.

Patientez, on en reparlera!! & pendant que j’écris ça, j’ai ça sous les yeux…
Dans le livre aussi, une description incarnée de la mer vue pour la 1ère fois.

& puis, parmi les bonheurs de ces quelques jours, on trouve des dattes fraiches (j’adore ça!!) pour la fête juive de Soukot, youpi!

C’est la période idéale pour visiter les musées (et les rues de Paris sont plutôt vides, comme les bus et metro hors heures de pointe), alors, on y va !
Un petit tour à Beaubourg (seul musée ouvert en nocturne le lundi!) avec Jean-Pierre, (re)voir Globale resistance :

Jonathas de Andrade, artiste brésilien :



& puis, petit tour du musée d’art moderne, toujours des choses à revoir ou à découvrir :
 
(je ne sais pas si Dubuffet appréciait Léger ?)

Une « Femme lançant une pierre » de Picasso (1931)
& puis, Torres-Garcia, dont Jean-Pierre m’avait déjà parlé :


& pour finir, une peinture de Nolde qui me met toujours de bonne humeur :

Mardi, direction le musée des arts déco avec Violaine pour voir une expo de bijoux contemporains

elles sont belles ces broches limaces! (je ne sais pas pourquoi c’est éclairé comme ça, est-ce que la lumière abime les bijoux ou c’est pour faire plus précieux ?)

et un petit tour au musée à travers les siècles…


Découverte de François Décorchemont (recherche sur le net à partir du vase vert vu aux arts déco). Outre ses pâtes de verre, il a réalisé plein de vitraux qui donnent envie de faire une virée en Normandie!

Grâce à ce monsieur, on peut les voir

revenons au musée avec Gauguin

et deux théière japonaises bite-caillou, la classe dans un salon de thé!

On appréciera l’audace poétique…

Après ça, un détour par un pont avec ce remorqueur aussi beau qu’un jouet

& puis mercredi, tant qu’à voir des expos, direction la fondation Vuitton pour l’expo rétrospective (1975-2020) de Cindy Sherman qui vient de commencer : et elle est vraiment formidable, et c’est passionnant de voir l’évolution de son travail !!! (et si la mode peut encourager ce genre de travail, bingo!)
ci-joint les cartels, il ne vous reste plus qu’à aller voir l’expo ou vous remémorer les boulots dont il est question (parmi d’autres)…

(J’espère que mes images pourries vont vous donner envie d’y aller..!)
les « landscapes » (2010-12)

et la nouvelle série « men » (19-20)

je ne connaissais pas ses tapisseries..!

et puis d’autres pièces de la collec, avec Louise Bourgeois

Annette Messager d’il y a longtemps

et Abdel Abdessemed qui dessine sa signature comme un fil électrique

Pour redescendre sur terre, on termine par les coulisses du bâtiment :


atelier d’écriture du jeudi – N°1

Date : 5 octobre 2020

Atelier 1 – jeudi 1er octobre

Aujourd’hui, nous nous retrouvons à l’église saint-Pierre, où a lieu mon exposition !
Nous allons partir à la fois d’œuvres visuelles (peu importe que j’en sois l’auteure) et de textes.

Voilà de nouvelles têtes pour cette nouvelle session d’ateliers d’écriture, chic!

 

Choisissez une œuvre qui vous plait et vous touche + que d’autres

1 •Pensez à quelqu’un.e à qui vous aimeriez faire partager vos impressions-sensations-idées…
Écrivez-lui une page pour l’inviter/l’inciter à venir, avec :
– une description et analyse succincte de l’œuvre
– et vos impressions et divagations à partir de ces observations

(Comme nous sommes dans l’église avec une acoustique spéciale, les lectures ont un petit air de prêche, un prêche pour venir voir une expo, c’est pas banal..!)

Michèle :

 

Parmi les œuvres que j’ai détaillées, ma préférence porte sur un socle beige ajouré, le rachis, qui supporte un cerveau gris, fortement oxygéné, comme le tien (!); le tout maintenu par de délicats filets de verre, les vaisseaux.

Sylvain :

 

 

Isabelle :

 

 

Agnès :

 

 

Marie-Jo :

 

 

David :

 

 

Chantal :

 

 

Sylviane :

 

 

Martine :

 

 

Raphaëlle :

 

 

Sylvie :
Samedi dernier, tu sais que je suis allée visiter l’exposition de Fabienne Yvert à l’église st Pierre. Tu te souviens que je t’avais parlé de ce travail de mots-objets, de ses mots-sens, de ses mots-jeux, mots-couleurs, mots-formes, mots-images, mots-lumières, mots-livres, mots-lampes, mots-poissons…
Pendant ma première visite -c’était le jour de l’inauguration- mon regard s’est répandu dans tous les recoins, sur tous les murs, j’allais, curieuse, d’un mot à l’autre, d’un livre à l’autre, d’une couleur à l’autre, d’un meuble à l’autre, ivre, sans pouvoir vraiment attacher mon regard sinon à un grand livre Grand Prix Mignono 2008. Ce grand livre est précieux, il faut le toucher avec des gants blancs, il est épais, ses feuilles sont de tissus, il est entièrement cousu et brodé avec une machine spéciale. Chaque page recèle des trésors comme ces grands livres enluminés.

Manée :
texte à venir aussi..!!

2 •à partir du modèle de ces traductions d’un poème deWang Wei (Chine, VIIe siècle), adaptez votre texte pour en faire un poème.
Faites plusieurs versions, chercher des formes, travaillez le style

MARTINE :
Un phare rond au milieu de la mer
il est fait en terre car il est imaginaire
il ne brille pas
je vois vois des pages des pages tout en rondeur
je suis emmerveillé

Un phare vide
un livre sans écriture
mais des mots imaginaires
qui viennent et vont
la mer est là mais pas là
me laissant rêveur
pur fantasme

MICHÈLE :
C’est un lieu qui vibre de résonance hostile
A la moindre parole prononcée
Où la lumière des spots se joue de la pierre
Pour libérer mots et phrases. Envol.

SYLVIANE :
Un ours
plus mort que vif
pourtant, entends
l’univers qui le traverse
Rêves
la grande ourse dans le cosmos
comme des âmes qui brillent.

J’étais une chasseresse
il y a longtemps
aujourd’hui je me repose
sur ce grand tapis blanc
peau de l’ours
assagie par les années
mais toujours en prière
devant l’univers.

Sa découpe saute aux yeux
ses contours comme des vagues
sa blancheur immaculée
Aujourd’hui il ne reste que la peau
de ce géant du cosmos.

RAPHËLLE :
Exposition Fabienne Yvert
En position
Écoute les mots
Qui s’accrochent
Et qui décrochent
Les pensées
Pour toujours
Entremêlées

Ce sont les mots de Fabienne Yvert
Qui font écho à mes pensées
Elle les tort et les suspend
Reste à les lire ou les écouter

Fabienne Yvert aime le vert
Elle ne boit pas de verre
Mais fais des vers
Avec les mots,
Et des mots en verre

MARIE-JO :

SYLVAIN :
Sur les murs de la chapelle
Des mots, écris, dessinés, imprimés.
Il fait froid et tu es là,
Invisible…Immobile…

Il fait froid dans la chapelle
L’Artiste y a accroché des mots.
Il y a des livres aussi.
Tu aimais les livres.
Tu les feuillettes en silence.
Personne ne te vois.

Les mots ont pris de formes,
Se sont solidifiés… Sable et Feu.
Tu étais un homme de lettres
Soudain tu as chaud.

SYLVIE :
promenade à l’église st Pierre
j’observe à la ronde les murs de l’exposition
lettres suspendus, mots-lumières, meubles-objets
mon regard divague avec ivresse
et s’attarde sur un grand livre Grand Prix Mignono 2008
il est comme un trésor

samedi à st Pierre
Fabienne Yvert expose
Des mots, mots-toujours
ils envahissent l’espace
ils se répandent partout
protéiformes
je tourne les pages d’un grand livre
Grand Prix Mignono 2008
grand livre enluminé et cousu

ISABELLE :
Heureusement qu’il y a encore des forêts
pour se réfugier
du vacarme assourdissant
des voitures, des tondeuses, des tronçonneuses.
Alors que le chant des oiseaux est si apaisant.

3 •à partir de ce modèle d’épopée, extraits de KHOUNAN-KARA, Une épopée touva (ed. Héros-Limite)
…(j’espère que cela vous donnera envie de le lire pour en savoir plus!)
Utilisez des éléments de vos textes pour écrire une épopée

AGNÈS :

 

 

MICHÈLE :
Des hautes collines
Progressant allègrement
Il s’élança
Pour déplacer le point de vue

L’ennui le poursuivait
Toujours menaçant

Il franchit la rivière
Continuant sa course

Des jours durant
Il chevaucha sans fatigue

Pendant un bivouac
Un serpent lumineux
Lui livra le secret

Il passa sept rivières
Chevauchant nuit et jour

La porte de la ville
S’ouvrit devant lui
Apeurés les hommes
S’inclinaient à son passage

D’un élan fougueux
Il pénétra dans le sanctuaire obscur
Il s’empara du coffret d’or
Devant les gardes sidérés

(le coffret contient des mots et phrases de l’exposition à tisser en sens ou à rapporter à l’exposition)

MARTINE :

 

 

RAPHAËLLE :
Sur la mer agitée
Elle naviguait
Sur la mer agitée
Elle se rapprochait
Domptant les vagues
Évitant la baume
Avec ferveur, elle avançait.
La lumière était sombre
Mais elle voyait.
La lumière rasait l’horizon
Mais elle savait.
Quand la pluie se mit à tomber
Elle trouva tous les mots pour l’insulter
Le temps n’était pas clément
Mais elle s’en moquait
Aspirée par son élan
Ivre de mots
Elle naviguait.
Elle était prête
À affronter tous les maux de la terre
Elle n’en ferait qu’une bouchée
Ou trouverait le bon mot
Pour terrasser les démons
Les mauvaises choses et les vilains mots
Elle naviguait
Elle franchit la tempête
Ne dormit que très peu
Jusqu’à ce que les mots
Tombent d’eux-mêmes
S’agencent et s’exposent
A sa pensée
Se tordent
Avec le verre, sous le verre
Dans le vers
Fabienne Yvert avait accosté,
Dans son bateau rien n’avait bougé
Elle sortit ses mots
Et les fit naviguer
Alors sous nos pieds
Devant nos yeux
Par delà le ciel
Il ne pleuvait plus que des mots
Que l’on se passait les uns aux autres.

SYLVIANE :
Contemplant l’univers
Luttant contre les vents
qui entravaient sa marche
la grande ourse
progressait.
Derrière elle
une nuit obscure
devant elle
une à une
les étoiles s’allumaient.
Alina s’avançait
quittait la profondeur de l’univers
pour rejoindre son royaume.
Au sommet de la terre loin du reste du monde
une vieille femme l’attendait.
Elle avait revêtu sa casaque de laine
les rubans rouges
et son plus beau collier.
L’ambre brillait
rappelant la Terre
les trésors enfouis.
Alina s’approchait
reniflant les appâts
que la femme exposait.
Sa lourde patte griffue
s’abattît sur un lièvre des neiges
le sang perlait sur la fourrure immaculée
la femme récitait des prières
éloignant l’esprit voleur.
Alina se délectait
de ce festin improvisé.
La femme versa le thé
dans les tasses si fines
que la lueur des flammes
les traversait.
La femme donnait le signal
« Bois quand tu as mangé ».
Alina, d’une griffe
souleva la tasse
la porta à son museau
des volutes blanches s’échappaient
l’ourse buvait
le délicat breuvage.

Le lièvre des neiges
avait eu quatre vies
à travers les quatre éléments
l’air le faisait s’envoler quand il était traqué
l’eau l’arrêtait, il ne savait pas nager
le feu changeait la couleur des son pelage
la terre était son royaume.

Alina devint femme
à la peau blanche comme lièvre.
La vieille femme n’était plus seule.

SYLVAIN :
Petit père un jour
Descendit du nuage
D’où il observait une ville.
Depuis des semaines, des mois, des années
Il ne se passait rien.
Et puis ce jour là son attention fut attirée
Par une lumière…
Bleue la lumière.
Rien à voir avec le fameux tunnel blanc
Celui là il connaissait déjà.
Donc, d’un pas léger, aérien,
Il franchit les quelques centaines de kilomètres
Qui le séparaient de la source de cette lumière.
Des vitraux !
Bon, lui les images pieuses le laissaient plutôt perplexe
Mais là, la cause de cette lumière était un projecteur.
Projecteur allumé, qui au fait de son inclinaison
Renvoyait son rayon vers la coupole de la chapelle
Et sur un vitrail bleu.
Petit père se posa comme une plume sur le toit,
Il pleuviotait, c’était glissant.
Un des vitrails était descellé, il risqua un œil :
Ce qu’il vit émerveilla.
Des Mots, partout des Mots !
Des Mots écrits, des Mots imprimés, des Mots projetés,
Et même des Mots en verre !
Partout Lettres, Dessins illustrant des Phrases…
Il faut absolument que j’aille voir cela de plus prés se dit il.
Il descendit devant la porte de la chapelle.
De l’intérieur lui parvenaient des bruits, des chuchotements,
Des humains écrivaient avec des stylos, sur du papier…
Il y avait même une dame avec un ordinateur !!!
Sans bruit il se mêla à cette foule studieuse.
Il s’apprêtait à lire par dessus l’épaule de l’un d’eux
Lorsque dans son oreillette retentit un signal.
C’était l’heure de la relève !
Il devait remonter sur son nuage
Et donner les consignes à son remplaçant. Dommage.
Il repartit donc en se jurant que la fois prochaine
Il descendrait plus tôt.

MARIE-JO :

SYLVIE :
La petite porte grise est ouverte
Kyoyo la visiteuse s’y faufile
la porte franchie,
la visiteuse découvre des murs en alcôve
plusieurs chapelles en enfilade
des murs d’alcôves
damier serré de couleurs arc-en-ciel
cascades de mots
photographies de plages
tapis tigre
secrétaire à pattes de poule
lampes mécano
ivre, Kyoyo va, d’alcôve en alcôve

la visiteuse Kyoyo s’arrête et hésite
regarde les verres étincelants
les porcelaines baroques
les aquariums à mots-poissons

encore une alcôve
plus grande
un tapis bleu nuit mène à un ciel
lanterne blanche, le ciel s’ouvre

la visiteuse Kyoyo se retourne,
grisée de mots
rideau d’eau et de lettres
tenture de lumière

un pilastre s’élève
à son pied
Le grand livre Mignono de l’histoire du monde est ouvert
il est épais et précieux
coloré des images de nos vies
les mots se cognent aux mots
les couleurs se frottent aux couleurs
la visiteuse Kyoyo tourne les pages souples du grand livre Mignono
la machine du temps a écrit sous la dictée de Fabienne Yvert

ISABELLE :
Des forêts ravagées par les flammes .
Les oiseaux ont cessé de chanter.
Des animaux galopent pour échapper à l’incendie.
Le vent s’est levé, une épaisse fumée a envahi le ciel.
Les hommes alertés par les odeurs de bois brûlés, ont pris eux aussi la fuite.
Ils courent vers le lac.
Ce sont tous des pêcheurs, ils font monter femmes et enfants sur des barques.
Et rejoignent l’autre versant pour l’instant épargné.
Ils entendent et voient de grands oiseaux d’acier, planant au-dessus d’eux, et qui plongent leur ventre dans le lac, et remontent pour déverser sur le brasier des trombes d’eau.
Puis arrivent différents engins rouges, aux lumières clignotantes, et aux effets sonores chantants
PIN, PON, PIN, PON
Tous les villageois se demandent comment vont-ils parvenir à maîtriser ce géant de flammes.


made in bangladesh

Date : 29 septembre 2020

Ce we, à l’occasion du festival Les filles sages vont au paradis, les autres vont où elles veulent, à Tulle (avec PEC, Autour du 1er mai, et le Centre audiovisuel Simone de Beauvoir), des belles découvertes
• réjouissantes, dont voilà des extraits des films de-sur-avec Delphine Seyrig et Carole Roussopoulos

et là l’image est brouillée, mais l’extrait est plus long, et sa parole est formidable!!

et pour en savoir plus sur le film de Callisto Mc Nulty, Delphine et Carole insoumuses, ici

• & puis, ce film du Bangladesh :

60% des vêtements vendus en Europe proviennent du Bangladesh, avec 4 millions d’ouvrières textiles, le prix de 2ou 3 T.shirt vendus presque rien ici équivaut à leur mois de salaire, elles ont font 1275 par jour…

 

 


des critiques sur le net :




 

L’occasion de repenser aussi au travail Violaine Schwartz, qui a écrit COMMENT ON FREINEà partir de ces « faits divers » d’incendie et d’éboulement d’usines à Dacca
Écoutez ici, aussi, une émission sur France-Q

& aussi si vous ne connaissez pas son dernier livre
(à acheter avec celui de Nathalie Quintane,Les enfants vont bien..!)

 


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